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12 février 2007

Enfants citoyens de demain

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Même s'il est de plus en plus obsédé par le spectre de sarko, Thierry Lenain est toujours aussi actif sur le net. Il a créé un forum autour de la parution de Melle Zazie et les femmes nues, dans lequel les discussions n'ont pas manqué d'être vives ou au moins passionnées. Ce site est consultable ici. Nous en recopions le dernier commentaire, posté par Jessica Blanc, marionnettiste, ce dimanche 11 février :

"Bonjour à tous. Je connais Thierry Lenain depuis un ptit moment (Dis donc, ça fait 8 ans maintenant). Je viens de découvrir son site, et virtuelement, ce livre. La plupart des livres de Thierry Lenain sont des vrais coup de coeur pour moi. Et celui-ci ne fait pas exception. Il dit tout fort ce que j'ai pu resentir comme gêne ou malaise, en étant petite face à ses femmes nues. J'étais pas aidée par ma mère sûrement, pour qui le sexe était sale, les choses du corps, un tabou. Mais ces images là n'avaient rien de libérateur pour autant. C'était comme une autre sorte d'enfermement du corps, une façon de le limiter, de le réduire. Aujourd'hui, je suis maman, d'une petite fille et d'un garçon. Et j'ai bien envie de trouver "Zazie et les femmes nues" en librairie, pour leur faire partager. J'aime ces livres qui, après, permettent de discuter.
Je suis marionnettiste. Mon métier à moi aussi c'est de raconter des histoires, de produire des images; je suis femme de photographe aussi. Et à vrai dire, j'étais surprise par ces critiques. J'aime ces images et je les trouve très libres. Elles me laissent libre. Ces enfants qui s'amusent, je les trouve plus vrais comme ça. Je crois que ces histoires de filles - garçons, y a un âge où c'est important de s'amuser avec. Les enfants ont besoin de ça. Et j'crois, qu'au contraire, ils se reconnaîtront dans les enfants.
J'aime ce coté "féministe" mais comme je crois au "féminisme mixte" c'est un superbe livre pour aborder le sujet avec les filles et les garçons. (Et je pense que les garçons aussi souffrent de certaines représentations de la "virilité"). Quand on a parlé de "raccolage passif", on est plusieurs qui aurions aimé que Mr Sarko l'applique à la pub, plutôt que de chasser les prostituées. Mais c'est comme si ce raccolage passif là n'existait pas, alors qu'il est bien plus présent, omniprésent.
J'aime aussi le coté citoyen, c'est la démarche des anti-pub. Reconquérir l'espace public, par la liberté d'expression. Une démarche citoyenne, mais pas permise par cette société. Alors vivent tous ceux, qui nous aident à rester ou devenir libres dans nos têtes, à apprendre à nos enfants, que les citoyens de demain, c'est eux. Et qu'ils peuvent réagir. Merci encore à ces deux artistes."

Jessica Blanc.

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© Alice Sidoli / Basoh

05 janvier 2007

MERCI DE RENDRE LES LIVRES POUR ENFANTS AUX ENFANTS

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Repris du Blog de Thierry Lenain ce commentaire de l'article paru sur Sitartmag :

Evidemment, comment pourrais-je le cacher (et pourquoi le cacherais-je d'ailleurs ?), une critique comme ça, ça fait sacrément plaisir, façon cadeau de Noël qu'on n'a pas l'idée une seule seconde d'aller revendre sur ebay. Mais au-delà du plaisir narcissique qu'il m'apporte, c'est la pertinence réellement critique du propos qui m'enthousiasme. Blandine Longre propose en effet au lecteur adulte (éventuellement médiateur) d'outrepasser son seul goût (quel qu'il soit) pour le travail graphique de Magali Schmitzler et de s'intéresser (avec exigence) au rapport que ce travail entretient avec le texte (écrit, je le rappelle, pour un destinataire bien plus jeune que lui, l'adulte médiateur ou non). Et cela me semble être, particulièrement en matière de critique de livres jeunesse, une "distanciation" salutaire à l'heure où, de plus en plus souvent et de façon finalement fort ennuyeuse, les adultes n'apprécient plus les livres pour enfants qu'à l'applaudimètre de leurs propres et seules émotions de lecteurs adultes, comme si ces livres là avaient été écrits pour eux - les plus retors étant capables, pour justifier cette prise d'otage, de faire de leur penchants esthétiques et littéraires ceux des enfants ou, encore plus pernicieusement, ceux au niveau desquels il serait de la plus extrème urgence que les enfants se hissent.

Libérez le livre de jeunesse ! Rendez-nous nos camarades !

Cela sera mon voeu pour cette année 2007…

Thierry Lenain

04 janvier 2007

ZAZIE, LE RETOUR

medium_zazie1.jpgUne nouvelle critique de Zazie vient d'être mise en ligne sur Sitartmag. On ne résiste pas au plaisir de vous la faire lire. Et puis vous pouvez aussi feuilleter l'album en cliquant sur l'image Zazie (colonne de droite, albums photos). Alors bonne lecture, et laissez-nous votre sentiment dans les commentaires.

"ZAZIE, le retour
Qui ne connaît pas Zazie, la célèbre héroïne ré-inventée par Thierry Lenain ? On se souvient de Mademoiselle Zazie veut un bébé ou de Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? qui abordaient déjà très intelligemment (et facétieusement) la question des relations entre filles et garçons et des découvertes successives que font les enfants vivant en mixité, différents mais égaux. Cette nouvelle tranche de vie, Mademoiselle Zazie et les femmes nues, se démarque néanmoins des aventures précédentes de la petite fille : c’est ici un album, "illustré" par des photographies – selon la ligne éditoriale des éditions Où sont les enfants ? ; des clichés énergiquement retravaillés par Magali Schmitzler, qui accompagnent le texte avec vivacité.

Zazie s’offusque ici « des femmes nues » qui pullulent sur « les portes des magasins, sur le cul des bus, et jusque dans le regard des hommes. » La pudeur de Zazie n’est pas à confondre avec de la pudibonderie, et ce n’est évidemment pas la nudité en tant que telle qui choque la petite et ses copines (en témoigne la dernière scène de l’histoire), mais l’étalage outrancier de corps anonymes, qui mettent en scène des femmes morcelées devenues objets, offertes aux regards salaces des passants. Et quand Max, l’amoureux de Zazie, se met à ressembler à ces hommes qui profitent de cette exhibition, l’héroïne est furieuse et décide de passer à l’action !
On appréciera ou non les cadrages en oblique, on admirera ou non le travail graphique, selon son penchant pour les bleus et les roses fluorescents qui habillent les photographies, encadrant les visages ou recouvrant tout ou partie des personnages ; mais d’un point de vue narratif, le choix des teintes et le parti pris des aplats « flashy » méritent d'être analysés et viennent judicieusement en contrepoint du travail des publicitaires qui recouvrent les murs d’images elles aussi retravaillées – des images qui stigmatisent le corps et le dégradent, en l'associant à des produits marchands ; des images "idéalisées", en opposition avec les images de Magali Schmitzler qui montrent les enfants tels qu'ils sont.

Encore une fois, par le biais d’un texte (en apparence...) limpide et d’une histoire très simple, Thierry Lenain pousse son lecteur – jeune ou moins jeune – à aller au cœur des questions et à s’interroger. L’album met évidemment en cause la prolifération d’images qui nous assaillent chaque jour, le trop-plein visuel qui souvent brasse du vide. Mais surtout, le récit pose la question de la relation au corps. Quel enfant, à un âge où sa pudeur naissante l’incite à explorer la notion d’intimité et sa propre sexualité, n’a pas été étonné de voir des corps étalés, dans des poses le plus souvent lascives, voire pornographiques, en pleine rue ou sur les kiosques à journaux ? La prétendue liberté des adultes n’entrave-t-elle pas celle des enfants, à qui on ne donne plus l’occasion de se découvrir progressivement et à qui on impose des visions réductrices de la sexualité, de l'intime, du féminin et des relations entre les genres ? Zazie a raison de se sentir si mal à l’aise face à ce spectacle qui lui donne « l’impression d’être nue, elle aussi », d’être déshabillée en public, contre son gré, et d’être atteinte dans sa pudeur toute naturelle et dans l’intégrité de son corps, qui n’appartient qu’à elle. La véritable violence est là, dans cette banalisation exagérée qui choque les enfants... n’en déplaise aux adultes qui ne croient plus à la notion de limite ou qui s'imaginent faire preuve d'ouverture en montrant tout et n'importe quoi à des enfants en phase de construction identitaire. Bravo à l'énergique Zazie de réagir !"

Blandine Longre (décembre 2006)

Blandine Longre, agrégée d’anglais, est l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique, orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse, au théâtre (texte et représentation) et aux relations qu’entretiennent fiction et réel.

10 octobre 2006

La couve de Zazie

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La couverture de Zazie est presque prête. Le livre de Thierry Lenain et Magali Schmitzler doit partir bientôt à l'imprimerie, et sera là pour le Salon de Montreuil.
Samedi 21 octobre, nous rencontrerons Avoutra, Guillaume, Oriane, Paikan, Salomé et Vincent, les six enfants du livre à la bibliothèque de Souillac. Ils découvriront la maquette et ce sera l'occasion de parler de la suite à donner à notre aventure.

04 juillet 2006

Jouer à Zazie

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Après deux jours passés à jouer Max, Zazie et leurs copains, on se met à l'ombre pour regarder les photos de Magali. Plusieurs centaines d'images mises en scène à partir du story-board, dans les rues de Brive et autour d'une piscine. Malgré le plein soleil et la chaleur de canicule, les enfants rejouent les scènes sans rechigner, le texte bien en tête et curieux d'imaginer le livre qui sortira de toute cette agitation.

29 juin 2006

Zazie et les femmes nues

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© Magali Schmitzler

Les prises de vues de "Zazie et les femmes nues" sont lancées. Elles auront lieu aux premiers jours des vacances de juillet, avec six enfants venus des écoles de Saint-Cernin, Labastide-Murat et Souillac : Salomé, Oriane, Avoutra, Paëkan, Guillaume et Vincent incarneront les personnages de Zazie, de Max et de leurs copains pour une histoire qui raconte la difficulté des enfants d'aujourd'hui face à la nudité, celle qui s'affiche sur les murs des villes et dans les magazines. Le texte de Thierry Lenain, refusé par de nombreux éditeurs, a ce courage de parler du rapport qu'ont les enfants avec ces photos conçues pour vendre et détourner le désir. Comment réagissent les enfants face à ces femmes nues qui harcèlent le regard ? De quelle manière ces images viennent-elles troubler le rapport qu'ils ont avec la nudité, à commencer par la leur ? Le texte aborde ces questions à travers le personnage de Zazie, une petite fille déjà croisée dans d'autres albums de Thierry Lenain, et qui cette fois se rebiffe. C'est une révolte d'enfant que le livre raconte, une révolte face à l'insupportable et une discussion entre filles et garçons qui, sur cette question, ne partagent pas le même avis.

Magali Schmitzler viendra de Paris réaliser ces photos à partir du texte de Thierry Lenain. Photographe, graphiste et maman, elle a réalisé de nombreuses couvertures pour les romans jeunesse parus chez Rageot. Elle utilise l'image photographique pour façonner un monde plus mystérieux, où les visages deviennent des masques et où les regards gagnent en intensité. Ses créations sont visibles sur http://www.loeilcurieux.com/