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12 mars 2009

Nocturnes ou les garçons perdus

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© Mireille Loup, Pierres, Esquives

Il faut des choses qui donnent la force.
Des mots et des images, n'importe où dans les livres, dans les rêves et sur les peaux dans la rue, dans la couleur broyée des tableaux qui traverse les siècles.

Je crois qu' Où sont les enfants ? tient debout avec des rêves qui ne s'en iront pas. Au printemps paraîtra ce livre qu'on rêve depuis presque deux ans, Nocturnes ou les garçons perdus. Lorsqu'on a découvert 
Nocturnes, la série des premières photos, il y avait presque un livre sous nos yeux. Ne restait qu'à le faire. Ça y est. Je crois que Mireille Loup, dans son travail, a réussi précisément ce que l'on cherche, ce que l'on traque avec passion : raconter en aventures. Raconter avec le matériau des rêves.

Pour devenir grand, prendre un tapis volant, sept mots magiques et dix-huit détails d’amour. Mélanger longtemps.

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© Mireille Loup

« Chaque soir, la maman de Nicéphore l’aide à mettre un pyjama. Celui qu’il préfère est en velours de coton. C’est vraiment le plus doux. Chaque soir, Nicéphore court jusque dans son lit. Sa maman vient le recouvrir de la couette. Elle lui cale son doudou au creux de l’épaule, une vachette noir et blanc avec un petit ruban autour du cou. Elle leur donne à chacun un baiser. Ses lèvres sont aussi lisses que des quartiers de mandarine. Ensuite, elle sort de la chambre en prononçant sept mots. Elle dit qu’en les mettant bout à bout et dans l’ordre ces mots forment une phrase magique : « Rêve de grandes aventures, mon bel enfant. »

(…) Et chaque soir en s’endormant, Nicéphore s’imagine le grand frère qu’il n’a jamais eu. »


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© Mireille Loup

Nocturnes ou les garçons perdus sera le deuxième livre, après Litli Soliquiétude, de la collection En chemin. Toilé de bleu, imprimé et relié par des artisans plutôt que des industriels, le livre raconte une aventure à travers une autre nuit où le bleu a redoublé d'intensité. De la ville aux forêts, des désirs aux frayeurs, Mireille Loup a creusé la couleur bleue avec l'absolue liberté que portent encore certains regards d'enfant. Cela donne à voir une oeuvre de photographe, mais également un travail d'écrivain capable d'explorer l'enfance et son langage.


Il faudra parler de Nocturnes, encore et souvent, pour essayer de raconter l'invention de ce livre, et l'exploration d'une artiste qui a trouvé l'accès oublié aux images de l'enfance.  

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© Mireille Loup. Mem (Mémoire morte) - Odalisque, diptyque

10 mars 2009

Expos

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Mireille Loup expose Nocturnes ou les garçons perdus aux Photographiques du Mans, du 7 au 29 mars. Il y aura les images du livre à paraître en mai chez Où sont les enfants ?, deuxième opus de la collection En chemin. La programmation des Photographiques 2009 fait la part belle aux photos d'enfants, puisque les photos de Dominique Darbois, Terre d'enfances, y seront également exposées.
Quant à Lucie Pastureau, elle expose en ce moment dans le cadre du Prix des lectures de Portfolios Mois de la Photo-OFF 2008. L'exposition aura lieu jusqu'au 28 mars 2009, à la galerie Jeune Création, 6 Villa Guelma à Paris XVIIIème (M°Pigalle).
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15 mars 2007

1,2,3 photos de William Eggleston

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Quand on dit que la photo a plein d'histoires à raconter aux enfants !

Ces trois images appartiennent à des moments différents dans l'œuvre de William Eggleston. Mais il suffit de les rapprocher pour qu'une constellation s'organise, un petit monde de résonnances au creux duquel s'amorcent des embryons d'histoires, proches de ces "narrats" auxquels travaille Antoine Volodine : "J'appelle narrats des instantanés romanesques qui fixent une situation, des émotions, un conflit vibrant entre mémoire et réalité, entre imaginaire et souvenir. C'est une séquence poétique à partir de quoi toute rêverie est possible, pour les interprètes de l'action comme pour les lecteurs." (A. Volodine, Des anges mineurs, Le Seuil, 1999.)

Un narrat visuel, c'est ce que composent ici les trois images d'Eggleston.