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10 février 2007

Les lois pédophiles du Baby marketing

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En France, un enfant reçoit 20 000 messages publicitaires chaque année, et 40 000 aux Etats-Unis. Si le dressage des êtres humains est une tradition dont, hormis Michel Foucault et Patrick Champagne, l'histoire n'a pas encore vraiment été écrite, les techniques de ce dressage, elles, ont été récupérées et développées par les publicitaires.

Ainsi l'univers mental d'un enfant est-il violé 20 000 fois par an. Je dis violé parce que les publicitaires jouent avec le fonctionnement affectif et imaginaire des gamins. Aujourd'hui, on enseigne le "baby marketing", comme l'une de ces techniques fabuleuses du marketing situationnel : medium_117405401_6p.2.jpg"Le retour sur investissement est énorme," explique Hélène Huteau, journaliste à Stratégies. Dans les écoles de communication où s'est formée une nouvelle génération de publicitaires, on étudie donc aujourd'hui le dessin animé et la littérature jeunesse, pour comprendre mieux comment coloniser en profondeur la pensée et l'inconscient de l'enfant. C'est ce que j'ai pu comprendre en étant invité dans une de ces écoles, pour raconter les rapports de l'enfant avec la photographie. Inutile de préciser que j'ai décliné l'invitation par un courrier un peu énervé. Pourtant, aucun de ces violeurs d'enfants d'un nouveau genre n'a encore été inquiété par la justice.

Sur le site de BabyAdgency, on explique aux annonceurs que "la naissance d'un enfant génère une frénésie d'achats qui se portent sur tous les secteurs." Bonne nouvelle, mais comment faire ? Alors c'est expliqué sur le site : "Recrutez une clientèle surconsommatrice de 2 300 000 foyers en pratiquant le baby marketing, et en utilisant le savoir-faire de BabyAdgency."

Et la stratégie BabyAdgency est implacable. Les enfants n'ont aucune chance d'y échapper, et les parents n'y songent même pas. Le piège qu'on leur fabrique est une nasse qui s'étend de l'école à la maison, du gymnase aux salles de cinéma, une nasse aux dimensions d'une société marchande où on leur gave le cerveau comme s'il était devenu extensible. Ce n'est plus de la chair à canon qu'enfantent les mères, mais de la chair à pubs, c'est plus joli et ça sent bon.

Anne Krupicka, enseignante au Centre européen des produits de l’enfant, écrit dans L’enfant consommateur : « Comprendre comment se forment les préférences de l’enfant pour certaines marques est d’autant plus important que ces dernières vont durablement structurer ses choix de consommation. » Si les chercheurs en marketing travaillent à comprendre les mécaniques du désir chez l'enfant, c'est seulement pour les falsifier, les détourner au profit d'un produit qui va ensuite proliférer, devenir un enjeu dans sa vie. Cela s'appelle aussi bien violer la conscience d'un être sous influence. Mais en France, en Europe (Suède exceptée), cela n'est pas encore un crime.

Le 24 mai 2007, jour de mon anniversaire, BabyAdgency organisera un séminaire de propagande publicitaire. Leurs complices y seront Suzanne Goirand, directrice de Classes Junior, cabinet de marketing spécialisé en produits et services pour l'enfant ; Stéphane Barthélémy, président d'Adress Company, spécialiste des fichiers postaux, téléphoniques et e-mail de jeunes parents ; Stéphane Moullé-Berteaux, directeur commercial du groupe Bleucom, leader de la presse prénatale ; Amalric Poncet, directeur général de magicmaman.com, site leader sur la cible des futures et jeunes mamans et Christophe Cassagne, Gérant de Cdclik, spécialiste de la cible des professionnels de l'enfance.

Inscrivez-vous, vous y apprendrez l'évolution de l'image de l'enfant, de la mère et du père dans la communication parentale, l'univers des supports media et hors-media dédiés à la cible des futurs et des jeunes parents, les 24 Erreurs de communication à éviter, les 18 Lois de la Communication maternelle de BabyAdgency, les différents fichiers de futurs et jeunes parents, l'utilisation des circuits de prescription (sages-femmes, puéricultrices, gynécologues, pédiatres), l'utilisation d'Internet pour toucher les jeunes familles, les 7 séquences d'une opération type de communication maternelle.

Passionnant, non ?
Inscrivez-vous vite : Frais d'inscription par participant : 850 € HT (+ TVA 19,6 %) soit 1016,60 € TTC. Soit un mois de salaire minimum pour une journée de formation, deux mois et demi de RMI mais mieux vaut le savoir, il n'y aura pas de tarif réduit accordé. Mais ce sera le jour de mon anniversaire, au diable l'avarice si l'on peut y apprendre tant de choses sur la manière de vendre n'importe quoi aux enfants...