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08 mai 2008

Thór et Litli

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Bien avant que Litli ne devienne un livre, alors qu'elle séjournait en Islande, Severine a rencontré Thór Vilhjámsson à deux reprises, à deux ans d'intervalle. T. Vilhjámsson est un écrivain islandais qui a vécu à Paris et traduit dans sa langue certains des livres de Marguerite Yourcenar, d'Umberto Eco ou, bien plus périlleux encore tant leur langue est chargée de trouvailles, ceux de Raymond Roussel et de Victor Segalen. Comme souvent les voyageurs, Severine inscrit dans ses carnets la teneur de ses conversations et c'est un stratagème précieux pour qui veut déjouer l'oubli, sauver un peu des mots qu'on prononce et ceux qu'on entend. En juillet 2007, alors qu'elle était venue travailler la maquette de Litli à Vaillac, pendant ces longues journées d'été où nous cherchions avec Catherine le bon chemin entre phrases et photos, un peu inquiets à l'idée de se perdre dans le dédale des images, Severine m'a raconté les remarques de Thór Vilhjámsson sur son projet de livre. Il venait d'en découvrir les premières photographies déjà reliées comme un livre et il avait eu, lui aussi, ce sentiment que j'éprouverais quelques semaines plus tard en découvrant les mêmes images : il y avait dans l'ébauche de ce livre un présent, quelque chose qui s'offre comme un cadeau au regard et dans son enthousiasme, T. Vilhjámsson avait imaginé le pire : les éditeurs ne cherchent plus que des produits rentables et ce projet de livre est trop différent, trop inclassable pour trouver sa place dans le marché du livre.
 

2019775431.gifThór Vilhjámsson est un écrivain de la démesure. Régis Boyer, l'un de ses traducteurs en français, écrit qu'il est bien dommage que sa langue soit si difficile, si rebelle aussi à la traduction en raison de sa passion néologique et de ses jongleries syntaxiques. Dans l'un des romans qu'il a traduit pour Actes Sud en 1991, La mousse grise brûle, Thór Vilhjámsson écrit en parlant de l'Islande : « A l’instant même, il se trouva dans une autre réalité, dans un autre pays où rien ne ressemblait à celui-ci, où les forces primitives étaient aux prises. Le temps y était si vaste que sa vitesse s’abolissait. Avec des gens qui n’avaient rien à voir en face de ceux d’ici, des gens qui tiraient leur croissance et leur force de la peine que chacun avait à atteindre l’autre, chemin aride de l’un vers l’autre, long chemin. Silence. » C'est bien ce pays que Litli est allé arpenter, comme si d'instinct Severine devinait que ces terres inhabitées convenaient seules à son récit de la soliquiétude. Je crois que la rencontre entre l'auteur de ces lignes et les premières images de Litli a donné la certitude à Severine qu'elle devait aller au bout du livre imaginé. Ce n'est pas rien. Alors merci au vieil écrivain qui a su voir, le premier, la force d'un livre encore à naître.

T. 

06 mai 2008

Lent retour

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1442762398.JPGSeverine est rentrée d'Islande, quelque part aujourd'hui entre Lyon, Paris et Bruxelles avec son âme de nomade, habituée à jouer dans les rues avec ses marionnettes, on a parfois du mal à la suivre. Dans ses bagages elle a le livre de Litli qu'elle montre aux libraires, partout où elle va, saltimbanque obstinée, ambassadrice infatigable. On apprend. Voilà ce que c'est que faire des livres avec une artiste des rues. Elle a aussi ramené plusieurs photos de ses rencontres qu'on montrera.
 
Et raconter plus tard la rencontre de Litli et des enfants de Reykjavik.
 
 
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29 avril 2008

Enfants de Reykjavik

 

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Severine Thevenet et Yumi, sa fille de deux ans, sont allées toutes les deux à la rencontre des enfants de Reykjavik avec Litli. Pour ceux qui comprennent un peu l'Islandais, on peut lire plus de détails sur le site de l'éducation et des écoles de Reykjavik : Litli fer í leiðangur

22 avril 2008

Images du petit garçon qui s'en va tout seul

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Litli en Islande © Severine Thevenet & Où sont les enfants ?

 
C'est un message reçu de Nathalie, qui anime le site Lecture & Cie :

« En passant... vous livrer simplement les impressions de mes enfants suite à la première lecture que je leur ai faite de l'album "Litli Soliquiétude"... Le plus grand (8 ans 1/2) : "C'est vraiment étrange, il est tout petit dans le monde qui est gigantesque à côté de lui... je crois qu'il voudrait devenir grand". Le plus petit (4 ans 1/2) : "Il marche tout seul sur son chemin à lui." "Il est heureux quand il dort dans l'herbe, il est tout bien".

Voilà... ils en ont reparlé ce matin au petit-déjeuner, le plus petit voulait revoir les "images du petit garçon qui s'en va tout seul", le plus grand m'a dit que ce livre "on dirait un peu de la poésie"... Bon chemin à Litli ! »

15 avril 2008

Un message pour Claire Gros

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Le lectorat face au peuple des enfants
 
Presque minuit. En remontant de Perpignan ce matin je suis passé par Toulouse prendre 800 exemplaires de Litli chez le relieur. Les livres sont rangés par cartons de 25 et les amortisseurs de la vieille Laguna touchent maintenant le sol dans les virages. Je les porterai à La Ferrière, chez Littéral demain après la banque s'il y assez de sous. 428 km aller et pareil au retour. En passant par le local d'Où sont les enfants ? il y a un message de Claire Gros sur l'écran : « Comme vous le savez sûrement, cet album a le mérite de susciter la discussion. Mon opinion est que c'est un très bel ouvrage artistique, un livre d'auteur, mais je reste sceptique sur sa capacité à rencontrer son lectorat. » C'est l'argument avec les mots pour mieux tomber des nues. Le mot lectorat déjà je n'ai jamais aimé. Lectorat comme Agrégat de lecteurs, un gros conglomérat d'enfants forcés à lire n'importe quoi avec le bon label et les bons sentiments. Je ne m'énerve pas : Le petit bonhomme suit son chemin et il suffirait qu'il rencontre un seul gamin, rien qu'un seul lecteur pour Litli, un enfant pas prévu avec les yeux silencieux dans les pages et ça suffirait au bonheur. A Saint-Vincent de Tyrosse où j'ai passé deux jours - Le livre dans la ville - j'ai rencontré deux jumeaux. Des enfants de sept ou huit ans et j'ai oublié leurs prénoms. Pas leurs yeux. L'un des deux frères portait un sweat marqué Hawk. Les deux avaient les yeux rivés au livre, le dernier de Litli, des yeux noirs et sérieux, obstinés. C'est celui-là qu'ils voulaient, le dernier Litli. Et les parents - c'est très rare alors je l'écris - les parents n'ont pas discuté le choix des enfants. Ils ont tourné les pages ensemble et dit OK. On le prend. D'habitude c'est l'inverse alors ici je l'écris. Un père, une mère et leurs jumeaux de sept ans est-ce que c'est eux le lectorat ? Claire Gros dirige le site Choisir un livre. Elle est sceptique m'écrit-elle. Est-ce que Litli a la capacité de rencontrer son lectorat ? Je réponds en expliquant, en faisant suivre les premiers articles, celui de Griffon et celui de Citrouille, celui de Gawou et d'Eliabar. Caroline me dit «Te fatigue pas c'est pas la peine.» Le livre qu'a reçu Claire Gros en service de presse, à combien d'enfants l'a-t'elle montré ? Pour de vrai. Je voudrais savoir pour de vrai la rencontre et c'est la seule question, demain je téléphone. Maintenant non c'est la nuit et la musique du Velvet, de 2pac et De La Soul en sourdine. Je charge d'autres cartons dans la voiture, des 8h32, des Amour à gogo et des Prénom Camille. L'amour pour les livres qu'on fabrique est dans le geste des cartons qu'on va caler avec tendresse au fond du coffre, la nuit. Le début du voyage pour les livres orphelins. Je pense au peuple des enfants, au poids massif des Litli à bout de bras et puis Madeline appelle : T'as-lu ce commentaire d'une maman sur le blog de Gawou ? Gawou la libraire. Bien sûr que non, plus le temps de rien lire, 4000 km sur la route en six jours. Alors je lis. Je recopie les mots d'une maman :    « belle rencontre!!
Samedi après midi je flânais dans une librairie (espace culturel du Centre Leclerc de GAP), je cherchais un livre pour mon petit garçon (et un peu pour moi aussi!!) et tout à coup je découvre "Litli": j'ai immédiatement senti un truc particulier sans même l'avoir ouvert. C'est une petite merveille de pureté, les photos sont sublimes et pour ma part ce livre fait directement appel à l'enfant qui est en moi ! Quand je l'ai offert à mon enfant (en lui demandant de me le prêter un peu quand même!!) il est immédiatement rentré dans l'histoire, il a tout observé ! pour lui LITLI rêve et quand il rêve il a plus peur d'aller voir ce qu'il ne connait pas!!et du coup ça l'aide à dormir, il met son livre sous son oreiller depuis samedi soir; mon mari a adoré aussi ,chacun le lie et se l'appropie à sa façon.Pas de doute c'est le plus beau livre pour enfant ( et pour grand !)que je n'ai jamais rencontré!je vais passer le message autour de moi...à quelques personnes qui ont une bonne capacité à faire appel à l'enfant qui est en eux! merci! »

Le message est signé kikou. Sans majuscule. C'est un message pour Claire Gros. Direct au cœur du lectorat.

Litli à Reykjavik

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© Severine Thevenet - Jardin de baby alone 

L'exposition des photos de Litli sera visible à Reykjavik, à la bibliothèque de la ville, à partir du vendredi 25 avril. Vernissage à 17h. Si le cœur vous en dit on se retrouve là-bas. Litli y sera avec Severine, un peu comme une cérémonie : retourner avec le livre dans le paysage des images. Et pour ceux qui redoutent le Grand Nord, l'expo sera aussi visible en juin à Pradines, pour les rencontres autour du livre jeunesse que la Bibliothèque Départementale du Lot y organise. En juillet, Litli sera présent à Arles, à l'occasion des Rencontres Internationales de la Photographie. Et puis ensuite Litli ne demande plus qu'à voyager, aussi loin qu'il pourra. Après l'été il est prévu qu'il aille du côté de Grenoble, puis dans les Landes et même jusqu'en Espagne.

Mais d'ici-là, Severine Thevenet participera à un atelier destiné à un public d'enfants autour de ses photos - le dimanche 27 avril -  15h à la Bibliothèque de Reykjavik. Elle interviendra également dans les écoles et, le mercredi 30 avril, à l’Alliance française pour un atelier lors du cours de français pour enfants. On racontera les rencontres, les visages, les mains qui tourneront les pages. Avec des phrases et des photos, promis, un peu comme dans les livres qu'on voudrait fabriquer.

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09 avril 2008

Journal d'un libraire

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Litli & Severine au milieu de nulle part, en Islande 
 
C'est un libraire de Lyon croisé un jour d'hiver, je m'en souviens, quand on portait nous-mêmes les livres jusqu'aux lointaines librairies. C'est un libraire qui tient son journal, chaque jour un autre livre, un lecteur insatiable, un chercheur de livres. Le journal d'un libraire est en ligne. On y a découvert, souvent, des livres jamais vus avant. Et la façon dont il raconte Litli sonne particulièrement juste. Alors on recopie ses mots ici, en le remerciant :

    « Le titre d'abord : "Litli soliquiétude". Litli veut dire "petit" en islandais. Soliquiétude : "un état de solitude voulue pour approcher du sentiment de la tranquilité douce de celui qui marche, et fait naître le monde en chemin." Après le titre et sa signification (très intéressante non !?), la page du titre avec sous celui-ci la photo d'une cabane bien singulière. On y arrive par une rampe, par un petit pont, elle est adossée à un arbre en pleine nature, sans doute l'endroit où l'on pourrait gôuter à la vie la plus simple et la plus riche. Quel rapport avec le reste de l'album ? A voir... L'album débute sur une petite chambre magnifique en noir et blanc, incroyable de finesse, de minutie, de goût. Dans son lit, une poupée, un petit personnage. Juste une couleur au mur, la photo d'un paysage magnifique et antédiluvien. C'est le réveil. "Tu marches toujours sur les mêmes lignes". Lignes de pavés disjoints, on continue dans le noir et blanc. Ce petit être a tout le charme d'une histoire sans fin. Quand on est lyonnais, on distingue derrière les Subsistances et les bâtiments qui l'entourent mais on s'en fout un peu de ça. "De l'air entre les pavés". Une phrase énigmatique et fortement symbolique: "Si tu regardes longtemps, même une pierre finit par s'ouvrir." Le texte, très sobre est de catherine Leblanc. Commence donc une fable à la fois très symbolique et très lumineuse. Un éveil. On peut ouvrir les pages en grand et même une chute vertigineuse entre les mêmes pavés ne nous fait plus peur. Nous sommes au seuil de quelque chose. "Là-bas grandit ce que tu ne connais pas." Nous étions au seuil d'un autre monde, pas si loin, sous nos pieds. Cet autre monde vient du fond des âges, grandiose, magnifique, sauvage. "Tu peux aller là où commence le bleu." Juste le vent, la terre vivante. "Regarde, tu fais naître le monde." La naissance à autre chose, l'éveil à la vie, franchir le pas d'une vie, de la 1312576498.jpgcréation. Un récit initiatique dont la lecture est presque écrite en nous, au fin fond ou déjà à la surface du monde et des choses. La plus grande simplicité donne parfois la clé pour nos vies souvent enfermées, stériles. Je vous rassure, c'est bel et bien un livre pour enfant, mais pas n'importe lequel et pas le énième: un petit chef-d'oeuvre! Dernière page, la lumière du jour pénètre dans la chambre colorée cette fois que nous avions vue au début. Ne reste plus au mur en noir et blanc que la photo au début, elle seule colorée. Ce voyage est terminé, sans doute amené par la clarté du jour qui pénétre dans la chambre (et un voyage en Islande pour l'auteur). Litli a été récupéré un jour par Séverine Thevenet qui nous donne cette histoire en images (en photos). Elle veut rendre visible l'invisible, c'est réussi. Catherine Leblanc, auteur du texte, dit de manière très touchante :"Plus je grandis, plus j'écris pour les petits." C'est une première, le libraire est un peu "illuminé" par ce livre. Alors prenez vraiment le temps de le lire en ayant fait un peu de vide avant, si vous en avez l'occasion, ne passez pas à côté comme on le fait trop souvent avec les choses essentielles... »

04 avril 2008

Litli dans les villes

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En avril Litli ira dans les villes. Autant que ses jambes pourront le porter il ira. Avant-hier au Bouscat près de Bordeaux, hier à Bologne en Italie et demain au salon du livre jeunesse à Sucé sur Erdre, près de Nantes. Et puis Litli va aussi dans ces villes où les libraires racontent son périple, comme à Grenoble où Gaëlle, de la librairie La Dérive, raconte sa rencontre avec le petit bonhomme en chemin : " Litli, c'est un album lourd -c'est peut-être fait exprès pour qu'on ne s'envole pas en lisant le texte délicat de Catherine Leblanc?, au beau papier qui sent bon. La couverture est bien épaisse, en carton brut -serait-ce un rappel du caractère sauvage de la nature ? "  Son analyse enthousiaste du livre, on peut la lire sur le blog de Gawou la libraire et rajouter un commentaire au passage, parce qu'apprendre les rencontres de Litli avec ses premiers lecteurs, c'est pour nous forcément passionnant.

Passionnant comme les mots d'Eliabar, libraire elle aussi qui écrit sur son blog Des livres, des filles et un ou deux hippopotames "... c'est un album qui touche, là, juste là, notre âme d'enfant qui a grandi... un peu." Ces mots sont pour Severine qui a porté les images de Litli dans sa besace de saltimbanque, ces mots sont pour Catherine qui a inventé les mots du vrai voyage jusqu'aux confins. Ce sont des mots qui comptent déjà dans l'existence de Litli.

Ailleurs encore - une autre ville, un autre site - il y a les mots de môsieur J, autour de Litli et de 8h32, dans lesquels il reprend le premier entretien paru sur Ricochet. Et justement, justement Ricochet vient de mettre en ligne cet entretien plus récent, paru en novembre dans la lettre de Ricochet. Ricochet est un lieu de mémoire, un lieu où les aventures se racontent au fil des ans. Le chemin de Litli passera aussi par ce site, source d'une mémoire attentive et patiente.

10 mars 2008

Le mot «petit» en islandais

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Litli est le dixième livre d'Où sont les enfants ?. La dixième aventure. Avec ce drôle de mot, soliquiétude, qui mélange la solitude à la quiétude, le silence à la sérénité. Litli veut dire « petit », en islandais. C'est un petit bonhomme, dans une ville en noir et blanc, qui « marche toujours sur les mêmes lignes ». Mais il y a la couleur, ailleurs, sur les murs de la chambre et bientôt sous ses pas. « Si tu regardes longtemps, même une pierre finit par s'ouvrir ».

Un livre – un beau livre – c'est un voyage. On laisse les villes, et les pavés, et l'habitude et on « fait naître le monde », ailleurs. Les mots de Catherine Leblanc s'effacent lorsqu'il n'y a rien à dire de plus que ces géants dans le paysage. La dernière image montre Litli dans une chambre en couleur. La photo au mur est en noir et blanc. Entre la première et la dernière image, Litli a trouvé. Ce que l'on ne trouve peut-être que dans l'ailleurs et la solitude, ce que l'on ne trouve peut-être qu'en dehors de soi. L'invisible ?
 
Madeline Roth 
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  Les formes remontent du fond des âges