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10 mai 2008

Mises en scène

C'est une habitude prise depuis longtemps. Elle me garde dans un coin de chez eux les journaux. Quand je viens je repars avec. J'ai déchiré la une du Monde des livres du samedi 19 avril 2008 pour l'afficher chez moi. Je l'ai coincée dans l'étagère, elle vient cacher les livres qui dorment désormais en-dessous.

C'est une photographie d'Ellen Kooi, déjà vue ici. A la foire de Bologne, j'ai fouillé trois jours entiers, passé et repassé des dizaines de fois devant le stand de Maschietto editore qui affichait en grand le travail de Virgilio Sieni. Hansel et Gretel perdus dans la forêt des contes. Je sais qu'il y a désormais quelque chose de moi qui cherche la mise en scène. Tu m'as dit tout à l'heure c'est l'une des bordures de la photographie. Croire qu'elle est là pour figer les choses, se débattre avec l'idée du temps, du noir et blanc, batailler - s'obstiner à inscrire des lieux et des gens dans la mémoire d'un temps mort.

Les images de Virgilio Sieni, de Mireille Loup, d'Ellen Kooi sont à l'exact opposé de cela. Elles fabriquent du merveilleux en triturant le réel. L'image est comme tirée d'un songe ou d'un film qu'on n'aurait jamais vu. A priori, tout est normal - dans cette forêt, on peut se promener, mais les dimensions sont faussées, les couleurs criées et c'est dans cette brèche là que vient s'engouffrer le rêve. L'étrange. C'est dans cette faille que les livres s'inventent.

m.
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© Ellen Kooi, Bloemendaal

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© Ellen Kooi, Houtwielen Ballonnen