Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 février 2010

Avoir feu et lieu

Avant la parution de Septième et L'avenir, Edith de CL et Daniel Andorc'h travaillent depuis quelques jours à actualiser le blog de Focale. Et pour commencer par le commencement, Edith a ouvert le dictionnaire historique de la langue française à "FOCALE" :

 

34 Ilford 125.jpg
© Sara

Focal, ale, aux

adj. et n.f.

dérivé savant (1761) du latin classique focus "foyer" ; on relève en latin médiéval le dérivé focalis "qui concerne le bois à brûler" (1320) et en moyen français tenir focale résidence "avoir feu et lieu" (XVème siècle, attestation isolée).

Focal s'emploie en physique, sans qu'il y ait un souvenir d'un emploi ancien, et signifie "qui concerne le foyer d'un instrument optique". Distance focale (1761 au sens mod.) s'emploie aussi en photographie d'où la focale, non féminin pour "longueur focale". Au figuré, l'adjectif signifie "central" (mil.XXème siècle).

Focaliser, v. tr. (1929, sans doute antérieur) s'emploie en physique et au figuré (1967) pour "concentrer en un point". En dérivent FOCALISATION, FOCALISABLE, FOCALISATEUR/TRICE, FOCALISEUR.

Édith

16 février 2009

Focale

orlédec08hd019.jpg

Photographie de Lucie Pastureau pour Septième

Inventer des livres prend du temps. Parfois cela dévore les journées tout autour, et puis cela déforme jusqu'au regard. A force on lit, on dévisage, on pense l'amour et les paysages en format 14 X 20, et puis on apprend à attendre. On garde en tête le très beau texte de Jean-François Manier, de Cheyne éditeur, qu'on a même affiché sur un mur, en guise d'espoir :

« Le livre est un tel enjeu qu'il exige d'autres critères de valeur que sa seule vitesse de rotation. Et je crois même que son irremplaçable richesse tient à ses lenteurs, à ses pesanteurs. Ce sont ces contraintes qui font du livre cette liberté qui dure. Oui il faut un autre temps pour le livre: un temps pour l'écrivain face à son oeuvre, pour l'artisan face aux papiers, aux encres, un temps aussi pour le bibliothécaire en ses choix, le libraire en son commerce, comme pour le lecteur en son plaisir. »

Où sont les enfants ? réfléchit depuis deux ans à une collection de romans pour adolescents, avec des photos évidemment, puisque tel est l'enjeu, le rêve, le cap qui nous donne en vie. Pas des romans photos, non, l'appelation serait trompeuse. Peu à peu on a aussi forgé ce mot, Photolittérature. Et pour cette collection, FOCALE, des romans qui donneraient à lire et à voir l'adolescence, dans ce qu'elle a d'intense, de précieux, de fragile et d'unique.

Et puis un jour d'été on découvre le travail de
Lucie Pastureau. Et l'adolescence est là, évidente, flagrante, immensément touchante et palpable, le grain des peaux, les nuits d'hiver et les zones franches.

Lucie Pastureau fabrique depuis l'automne des images à partir du texte Septième, un roman de Madeline Roth qu'on lui a donné très vite après cette première rencontre. La démarche inverse aurait consisté à trouver le texte à partir de l'univers d'un photographe, mais ici, l'enjeu pour Où sont les enfants ? était de faire correspondre deux univers, l'un se disant par la langue et l'autre par les images, de faire qu'ils se fécondent pour assembler leurs différences en un seul livre. C'est la première image visible de Septième, l'un des deux premiers livres à paraître pour commencer la collection FOCALE.