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12 novembre 2009

Appel

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© Tamara Dean

Le 20 novembre sera le 20ème anniversaire de la Convention des droits de l'enfant.

Chaque jour de novembre, d'octobre et de septembre, chaque jour de cette année, de celle d'avant le gouvernement français s'emploie à nier ces droits. Pour mettre en place une politique de préférence nationale digne du F.Haine, des enfants sont séparés de leur parents,  détenus derrière les murs de centres de rétention, puis renvoyés dans un pays qu'ils avaient fui. Ici, place de la mairie d'Arles, RESF nous invite à une mise en scène pour alerter l'opinion, vite. C'est le samedi 21 novembre, à partir de 10 heures avec chiens et enfants.

(“Pour moi, ces gens-là (Besson, Hortefeux et leur chef), ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible” déclarait Marie NDiaye dans une interview des inrocks.)

09 septembre 2009

Dixième famille et la générosité inventive


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Arthur Tress, Shadow. The prisoner, 1974


Dixieme famille ok.gifC'est un portail qu'on vient de découvrir, celui de la Générosité inventive et c'est une notion qui nous parle. La démarche de l'association Dixième famille est particulièrement innovante et, semble-t'il, fructueuse : Neuf familles se rassemblent pour en aider une dixième, en difficulté ou en détresse sociale.

Le site de Dixième famille est ici, lié à un autre blog, Solidaricielblog où nous venons de découvrir un article sur nos livres, touchés qu'ils soient remarqués par des militants confrontés avant tout à l'urgence sociale.

« Très petit – je n’avais pas trois ans – je demandais souvent à mes parents pourquoi les riches ne mettaient pas la moitié de leur fortune dans une gigantesque boite qui servirait aux ″très pauvres″ en cas de besoin?

Quelques vies plus tard, - j’ai 55 ans - je n’ai pas renoncé à mon rêve en me disant que je n’avais qu’à remplacer l’argent de la boite par le savoir. C’est ainsi qu’est né dixiemefamille.com» C'est ce qu'explique Gary Généreux, président et fondateur de Dixième famille. Dans la charte de l'association, on trouve aussi ces 4 constats :

« Pour cesser de se battre, partageons quelque chose. » ( Jean Monet )
« Toute société quel que soit son niveau socioculturel et économique, possède en son sein 8 à 10% d'individus animés de pulsions altruistes. Le problème demeurant de les “synergiser”, en dépit de la micro atomisation de la population urbaine. » ( Edgar Morin )
« Personne ne sait tout, tout le monde sait quelque chose. » ( Michel Serres )
Et enfin Pierre Bourdieu, parlant de la violence symbolique des institutions « la toute puissance d'une hégémonie culturelle qui légitime les inégalités sociales ».


L’ECHO DES GALAXIES N°3(mercredi 26 août 2009)

DECOUVRIR LE MONDE AUTREMENT

La photo a plein d’histoires à raconter aux enfants

En cette période de rentrée scolaire, il est nécessaire de rappeler que de nombreux écoliers sont fâchés avec la lecture et qu’un élève ayant des difficultés à déchiffrer un texte, aura des lacunes dans les différentes matières enseignées.

L’apprentissage se fait dans un premier temps par l’observation, l’écoute et dans la transcription pour finir.

En tant que parents, nous en sommes les vecteurs permettant  leur apprentissage, alors faisons un effort en leurs proposant et en mettant des ouvrages à leurs dispositions. Pour les petits budgets, il existe des bibliothèques de prêts, des bourses aux livres …

Les livres se déclinent de bien des manières et il y en a pour tous les goûts sur tous les sujets, J’ai découvert un petit éditeur pas loin de chez moi qui fait des choses formidables,

Les livres qu’il présente sont des albums racontant des histoires par l’image.

C’est magnifique, drôle et émouvant…pour un moment à partager en famille.

Vous pourrez découvrir les diaporamas de ces albums sur le lien suivant: http://ousontlesenfants.hautetfort.com

Editions, où sont les enfants à Vaillac dans le Lot…vous ne serez pas déçu.

LES ENFANTS REGARDENT LE MONDE.

DONNONS-LEUR DES LIVRES

QUI NE BAISSENT PAS LES YEUX.

 

24 février 2009

Rapid Eye Movement

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© Cécile Menendez - Rapid Eye Movement

Depuis longtemps, depuis l'exposition cet automne à Voies off je voulais parler ici des images de Cécile Menendez. Parce qu'elles racontent, dans Rapid Eye Movement, le cœur secret et silencieux de ce partage des jours entre parents et enfants, entre mari et femme. Le récit se fait à la première personne, une première personne intensive, attendrie ou bouleversée, parce que celle qui raconte en photos est aussi une maman, une femme amoureuse, l'enfant d'un père qui a pris maintenant le visage d'un grand-père. Et parce que tous ces liens, filiaux et amoureux, viennent faire trembler l'image avec la voix nouée. Alors parler de ces images est périlleux. J'ai essayé, essayé et renoncé, incapable de trouver les mots pour nommer ce qui bouleverse dans chaque présence, des mots qui ne fausseraient pas la haute intensité d'intimité que ces photos apportent à qui veut regarder.

Pour la collection Focale, Cécile Menendez a accepté de réaliser les photographies de L'avenir, un roman de Catherine Leblanc. Et pour nous ça a été tout de suite un grand bonheur, imaginer maintenant qu'il y aura ces images, intensives et intimes, pour faire face à un récit qui porte lui aussi sa charge brute d'émotion.

 

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© Cécile Menendez - En attendant la mort annoncée de mon père

 

11 décembre 2008

Enseignants en résistance pédagogique

p1010012_jpgmid.jpgLe collectif des enseignants en résistance est aujourd'hui fédéré par un blog : Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école. C'est aux parents, aujourd'hui, de soutenir ces initiatives. Un mouvement s'organise, dont on peut suivre les avancées et les débats sur ce blog. Bien sûr il y a urgence, mais il n'est pas trop tard :

" La résistance pédagogique est un choix clair, assumé, responsable. "

On y trouvera notamment le texte d' Hendatho, "La désobéissance civile, une radicalité constructive", qui dénombre sept principes essentiels et capables de donner une cohérence éthique et une efficacité politique à cette notion parfois floue de désobéissance civile, initiée par Henry David Thoreau en 1849, lorsqu'il refusa de payer une taxe destinée à financer la guerre que les Etats-Unis déclarèrent au Mexique. En conclusion du texte d'Hendatho, cette évidence utile à méditer :

" La désobéissance civile, en tant que "radicalité constructive" bien comprise, ne s'oppose pas à la démocratie, mais vise à la renforcer en structurant efficacement les nécessaires contre-pouvoirs citoyens. "

Sur le blog un forum, des pétitions permettent d'apporter un soutien à ces enseignants qui, de façon individuelle ou collective maintenant, ont eu le courage de refuser d'appliquer des réformes qu'ils jugeaient avant tout destructrices.

21 mai 2008

Drôles de lecteurs à Monbazillac

Les éditions Où sont les enfants ? se sont démultipliées ce week-end en prenant part à deux salons simultanés : celui qui se déroulait à Montauban et le festival Drôles de lecteurs, organisé à Monbazillac. Une expérience d'ubiquité riche d'enseignements.

Pour ma part, je vous parlerai du festival Drôles de lecteurs, dont c'était la première édition, organisé par l'association de promotion de la littérature jeunesse Eclats de Lire

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Un premier essai transformé en coup de maître puisque ce festival s'est déroulé à la perfection dans une ambiance chaleureuse, studieuse et conviviale. Eclats de lire n'avait pourtant pas choisi la facilité en organisant des rencontres et une programmation riches et variées, impliquant de nombreux intervenants d'univers différents.

Le vendredi était consacré aux rencontres avec les écoliers de Bergerac et Monbazillac. Tous les éditeurs, auteurs, illustrateurs invités au festival se sont prêtés au jeu des questions/réponses afin de piquer au vif et de satisfaire la curiosité de ces drôles de lecteurs. Où sont les enfants ? avait axé sa participation autour des photographies de Chrystelle Aguilar, qui a illustré La Nef des fous, Histoire à dormir debout et Amour à gogo. Les interventions se sont déroulées dans des très bonnes conditions grâce au travail préliminaire des enseignants qui avaient fait découvrir les albums à leurs élèves. Ces derniers étaient ravis de découvrir l'exposition des images de Chrystelle et de mieux comprendre comment ces photographies sont créées, prennent place dans l'histoire et finalement dans le livre. Ce fut aussi l'occasion de corriger moult préjugés et fausses idées sur le métier d'éditeur et d'en montrer les attraits et les aventures qu'il permet de vivre.

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 Atelier de Stéphane Nicolet, illustrateur, membre d'Eclats de lire et organisateur du festival © Monbazillac au jour le jour

 

La journée du samedi était ouverte au public, les enfants traînant leurs parents de stand en stand pour leur montrer et leur expliquer les merveilles découvertes la veille, les parents souvent heureux d'écouter l'enthousiasme de leurs enfants pour des livres, bien que parfois décontenancés par les livres originaux, atypiques qui leur étaient présentés, les éditeurs, auteurs et illustrateurs venant alors à la rescousse des enfants pour raconter leurs livres et leur maison. Des animations variées émaillaient la journée pour le plaisir des petits et des grands : ballade contée avec Dominique Corazza, Photo-conte avec Clémentine Magiera, ronde de roulottes pleines de surprises livresques, clown-dompteur de livres, chorégraphie de danse contemporaine autour des éléments traditionnels du conte, etc ...   

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 Une roulotte pleine de mystères et de surprises © Monbazillac au jour le jour

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 Un dompteur de livres plein d'humour et de poésie qui a bien fait rire les enfants

© Monbazillac au jour le jour

 

Autant de festivités auxquelles j'aurais aimé assister, notammant le photo-conte de Clémentine, mais le public était bien au rendez-vous pour cette première édition et j'étais occupée au stand toute la journée.

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Le stand Où sont les enfants ? avec l'exposition des photographies de Chrystelle Aguilar

Saurez vous reconnaître la sympathique auteur jeunesse qui feuillette nos albums ? © JML 

Quelle est donc la magie qu'Eclats de lire a su mettre en oeuvre pour faire de ce festival Drôles de lecteurs une réussite pour le public, pour les éditeurs et pour eux-mêmes ? Avant tout, je crois qu'ils ont su développer une vraie coopération avec les autres acteurs du livre de la région : les bibliothèques, les libraires, les enseignants, les conteurs... afin de créer une véritable dynamique locale qui a permis un travail en commun et en profondeur, puis l'affluence d'un public bien sensibilisé en amont. Eclats de lire bénéficie aussi d'un réseau de bénévoles agréables, bien organisés et motivés qui ont su mettre tout le monde à l'aise : les enfants, les parents, les éditeurs, les auteurs et les illustrateurs invités. Enfin, ce festival a su faire la part belle aux festivités et apporter des petits plus pleins de charme qui ont fait la différence.

Merci donc à tous ceux qui étaient là et avec qui j'ai partagé un très très agréable week-end.

Vivement l'année prochaine. 

c. 

19 mai 2008

E viva Espagna

Assistante éditoriale aux éditions Où sont les enfants ? je ne m'attendais pas à travailler avec des vrais enfants. Pourtant, dans le cadre du projet Comenius, ce sont les enfants de France, d'Espagne (Catalogne) et d'Italie (Ombrie) qui font le livre. Ils écrivent l'histoire à partir des contes folkloriques de leur région et créent l'illustration. Ce livre sera illustré par la technique du collage de photos. Mon rôle lors de ce voyage en Espagne était de présenter cette technique et son potentiel créatif aux enfants catalans.

Il est 12h, les regards des 50 élèves qui participent au projet Comenius en Espagne sont fixés sur moi. Ils ont entre 7 et 10 ans, sont de niveaux différents (du CE2 au CM2 dans notre système) et je sens qu'ils sont aussi curieux du résultat de notre rencontre que moi. C'est la première fois que j'interviens devant des enfants. Et là ils sont nombreux et nous ne parlons même pas la même langue.

Mais nous avons des alliés pour nous aider à relever le défi : un maître français, Michel et un maître espagnol, Félix, vont traduire mes propos, les questions et les exclamations de chacun pour que nous puissions nous comprendre.
La séance commence par un petit quart d'heure de théorie : Le collage dans l'histoire de l'art. Je commence, un peu angoissée, ma présentation ; les éclats de rire et les exclamations des enfants me rassurent vite. Ils accrochent avec les artistes que je leur montre, ils réagissent aux œuvres qui défilent et ne les laissent pas indifférents. Bref, ils participent et ils apprécient ce moment autant que moi.
 
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  Toutes les photographies sont de Bruno Joseph

Après la réflexion, l'action : les 2 prochaines heures sont consacrées à la mise en application de ce qu'ils viennent d'observer. Les quatre classes réunies choisissent chacune un thème : les plus petits travaillent sur les personnages, les niveaux intermédiaires sur le paysage et les plus grands sur l'architecture.
 
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A partir des brochures des 3 parcs régionaux (français, espagnol et italien), ils doivent sélectionner, découper des éléments et les réagencer sur le papier pour recomposer des univers imaginaires en fonction du thème choisi.Les enfants ont fait preuve d'une imagination et d'une créativité étonnante comme vous pouvez le découvrir sur les images qui accompagnent mon récit. Certains ont dépassé les contraintes du format du papier en rajoutant des éléments. D'autres, avec une minutie inouïe, ont composé des maisons en mosaïque de couleurs, des ciels dignes des impressionnistes et des montagnes très impressionnantes , des monstres bizarres et des animaux rigolos !
 
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Chacun a pu s'exprimer à la fin en présentant son œuvre aux autres, suscitant chaque fois de nombreuses réactions dans l'assemblée. Et dans les yeux brillait la même envie de mettre cette nouvelle découverte en œuvre dans le cadre du projet de livre.
Rendez vous sur le site du projet Comenius où les écoles participantes mettent en ligne les dernières avancées.       
 
c. 
 
 
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12 mai 2008

Litli au féminin

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Dans une école élémentaire du centre de Reykjavik, Severine Thevenet a rencontré une classe d'enfants âgés de 8 à 10 ans. Rosa Elin Davidsdottir l'accompagnait, qui lui servait aussi d'interprète auprès des enfants qui n'étaient pas anglophones. Certains d'entre eux ont dessiné Litli, mais une petite fille a eu l'idée d'inventer Litla, la petite sœur de Litli, perdue dans la nature avec son baluchon. Severine se souvient surtout de ce que Litla aimait bien le rose et qu'elle était partie à la recherche de son frère.

Ici, très loin de Reykjavik, deux petites filles du village viennent d'amener au local la vipère qu'elles sont très fières d'avoir capturée à mains nues.  La plus courageuse des deux tient la tête du serpent entre ses doigts, «c'est comme ça que j'ai vu faire à la télé». Son petit frère l'a pourtant prévenue  : les pythons ça peut vous cracher dans les yeux ! Alors elle porte les lunettes noires de sa maman.

A Reykjavik Saga a 12 ans et sait déjà qu'elle deviendra écrivain. Elle a écrit pour Severine l'histoire de Litli sans famille. Il est seul, triste et se souvient que sa famille habite quelque part en Islande. C'est en partant chercher les siens qu'il rencontre un premier elfe. La suite, il faudra la traduire, puis la donner à lire.

T.

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06 mai 2008

Lent retour

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1442762398.JPGSeverine est rentrée d'Islande, quelque part aujourd'hui entre Lyon, Paris et Bruxelles avec son âme de nomade, habituée à jouer dans les rues avec ses marionnettes, on a parfois du mal à la suivre. Dans ses bagages elle a le livre de Litli qu'elle montre aux libraires, partout où elle va, saltimbanque obstinée, ambassadrice infatigable. On apprend. Voilà ce que c'est que faire des livres avec une artiste des rues. Elle a aussi ramené plusieurs photos de ses rencontres qu'on montrera.
 
Et raconter plus tard la rencontre de Litli et des enfants de Reykjavik.
 
 
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05 mai 2008

Histoires de cœur


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© Susanna Majuri - Ammæli (Anniversaire) - 2007 

Susanna Majuri a accroché ses photographies dans un village entre Sarrant et Lectoure. C'est à Miradoux, loin de tout mais pas trop d'où on vit, quelque part dans le Gers et il faut se garer devant l'église, chercher dans les ruelles à 14 heures quand le soleil va cogner. Rien n'indique le lieu où sont cachées les photos, les volets sont fermés et il faut chercher un peu, s'approcher d'une halle où des enfants jouent dans l'ombre sur un sol de ciment. Deux filles et un garçon qui s'ennuient comme on s'ennuie dans les villages. La bibliothèque est fermée, pas d'autre lieu où aller alors ils laissent tomber le ballon, la trottinette et parlent à cette femme blonde qui leur demande ce qu'ils pensent des photos. Il y a sept ou huit images dans une salle nue et une mauvaise lumière qui éblouit. Eux disent que ça parle d'amour. Des filles qui se suicident pour des histoires d'amour et c'est tout.

Peut-être qu'ils en veulent plus. Plus d'images, plus d'histoires. Ils ont piqué les rampes d'accès qu'ils transforment en tremplin pour la trottinette. L'exposition porte un titre qui voudrait raconter : Histoires de cœur, ça suffit pour l'envie d'aller voir mais pas ce samedi au soleil. Personne ne vient regarder, personne ne sait que les photos semblent arrachées d'un film qu'on ne pourra pas voir, un film qui n'existe même pas, l'histoire d'une jeune femme toujours seule dont le visage est caché. Elle est perdue, errante. Et elle cherche une autre présence que les lieux dissimulent. Face à elle, au dessus du cheval il y a deux mots inscrits à la peinture rouge, HAFA LOKAO, et les enfants de Miradoux ne savent pas ce qu'en finlandais ça veut dire. Qui sait ? On ne sait pas non plus de quoi c'est l'anniversaire et tant mieux, le point d'interrogation que garde une photo qu'on a pourtant scrutée, longtemps regardée c'est la montée des sentiments dans l'image.

En Finlande ils sont plusieurs photographes à approcher ce qui tremble, difficile à montrer. Dans le catalogue d'une exposition au musée de la photo, à Helsinki, Haari Laasko écrivait : « La photographie est souvent un art des petits moments, et donc idyllique. Le mot idylle vient de eidylion, ce qui signifiait à l'origine petite image. Les idylles alors abritaient toujours une idée de petitesse en elles. Dans son étymologie enfantine, l'idylle était aussi petite qu'un enfant, l'enfance d'une image. » C'est une définition que j'ai envie d'aimer, de questionner. Que j'apprendrais par cœur si j'avais la mémoire.

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 © Susanna Majuri - Salme - 2007

Plus d'info sur l'expo : Cheminements  

09 avril 2008

Journal d'un libraire

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Litli & Severine au milieu de nulle part, en Islande 
 
C'est un libraire de Lyon croisé un jour d'hiver, je m'en souviens, quand on portait nous-mêmes les livres jusqu'aux lointaines librairies. C'est un libraire qui tient son journal, chaque jour un autre livre, un lecteur insatiable, un chercheur de livres. Le journal d'un libraire est en ligne. On y a découvert, souvent, des livres jamais vus avant. Et la façon dont il raconte Litli sonne particulièrement juste. Alors on recopie ses mots ici, en le remerciant :

    « Le titre d'abord : "Litli soliquiétude". Litli veut dire "petit" en islandais. Soliquiétude : "un état de solitude voulue pour approcher du sentiment de la tranquilité douce de celui qui marche, et fait naître le monde en chemin." Après le titre et sa signification (très intéressante non !?), la page du titre avec sous celui-ci la photo d'une cabane bien singulière. On y arrive par une rampe, par un petit pont, elle est adossée à un arbre en pleine nature, sans doute l'endroit où l'on pourrait gôuter à la vie la plus simple et la plus riche. Quel rapport avec le reste de l'album ? A voir... L'album débute sur une petite chambre magnifique en noir et blanc, incroyable de finesse, de minutie, de goût. Dans son lit, une poupée, un petit personnage. Juste une couleur au mur, la photo d'un paysage magnifique et antédiluvien. C'est le réveil. "Tu marches toujours sur les mêmes lignes". Lignes de pavés disjoints, on continue dans le noir et blanc. Ce petit être a tout le charme d'une histoire sans fin. Quand on est lyonnais, on distingue derrière les Subsistances et les bâtiments qui l'entourent mais on s'en fout un peu de ça. "De l'air entre les pavés". Une phrase énigmatique et fortement symbolique: "Si tu regardes longtemps, même une pierre finit par s'ouvrir." Le texte, très sobre est de catherine Leblanc. Commence donc une fable à la fois très symbolique et très lumineuse. Un éveil. On peut ouvrir les pages en grand et même une chute vertigineuse entre les mêmes pavés ne nous fait plus peur. Nous sommes au seuil de quelque chose. "Là-bas grandit ce que tu ne connais pas." Nous étions au seuil d'un autre monde, pas si loin, sous nos pieds. Cet autre monde vient du fond des âges, grandiose, magnifique, sauvage. "Tu peux aller là où commence le bleu." Juste le vent, la terre vivante. "Regarde, tu fais naître le monde." La naissance à autre chose, l'éveil à la vie, franchir le pas d'une vie, de la 1312576498.jpgcréation. Un récit initiatique dont la lecture est presque écrite en nous, au fin fond ou déjà à la surface du monde et des choses. La plus grande simplicité donne parfois la clé pour nos vies souvent enfermées, stériles. Je vous rassure, c'est bel et bien un livre pour enfant, mais pas n'importe lequel et pas le énième: un petit chef-d'oeuvre! Dernière page, la lumière du jour pénètre dans la chambre colorée cette fois que nous avions vue au début. Ne reste plus au mur en noir et blanc que la photo au début, elle seule colorée. Ce voyage est terminé, sans doute amené par la clarté du jour qui pénétre dans la chambre (et un voyage en Islande pour l'auteur). Litli a été récupéré un jour par Séverine Thevenet qui nous donne cette histoire en images (en photos). Elle veut rendre visible l'invisible, c'est réussi. Catherine Leblanc, auteur du texte, dit de manière très touchante :"Plus je grandis, plus j'écris pour les petits." C'est une première, le libraire est un peu "illuminé" par ce livre. Alors prenez vraiment le temps de le lire en ayant fait un peu de vide avant, si vous en avez l'occasion, ne passez pas à côté comme on le fait trop souvent avec les choses essentielles... »