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28 février 2009

Chronique clandestine

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Avenue de Tarascon, cela faisait des mois que les troncs des arbres étaient cerclés de peinture. Hier ils les ont coupés. Je déteste ça. Il est entré avec un bouquet de fleurs. Il avait un sourire jusqu'aux oreilles. Il regardait les doudous, son bouquet à la main, son sourire aux oreilles, et ça m'a fait rire. Elle s'appelle Oléane.


Sur les listes de réassort, j'ai vu qu'on avait vendu le livre de Deligny. J'ai regardé. J'ai vu à qui on l'avait vendu. M'étonne pas. Un jeune homme est venu demander Oliver Twist. Dans quelle édition ? Il a dit "euh... enfant".


Et puis, à midi trente, la librairie fermait pour le déjeuner. Sauf qu'il restait deux personnes dedans. Deux femmes. La mère et la fille, peut-être. L'une regardait Au pays de Titus (Claudine Galea, Goele Dewenckel, Rouergue), l'autre Litli. J'avais très très faim. Mais je ne pouvais quand même pas leur dire on ferme. Elle sont parties avec une pile de livres. Je crois que j'avais oublié les arbres morts.


A quatorze heures trente, quand la librairie a ouvert à nouveau, elles attendaient devant la vitrine. Comme deux enfants. Elles ont acheté un autre exemplaire de Litli. J'ai demandé pour qui. Deux garçons, deux frères. Elle m'a dit "on ne peut pas leur en donner un pour deux".


Avenue de la Violette, il reste encore des branches. Et des oiseaux.



m.