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10 juin 2009

Les enfants et les mamies voyagent

Les photos de Litli voyagent ces derniers jours, d'Angoulème à Arles, d'Arles à Saint-Etienne, de Saint-Etienne à L'Horme. Et mardi 16 juin à 16 h 30, Severine Thevenet dédicacera Litli à la librairie Lune et L'autre, à Saint-Etienne.

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Quant à Mamie Violette, elle voyage aussi...
En avril dernier, on la croisait sur le marché d'Apt, en plein salon du livre.

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© Marie-Georges Picard

28 février 2009

Chronique clandestine

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Avenue de Tarascon, cela faisait des mois que les troncs des arbres étaient cerclés de peinture. Hier ils les ont coupés. Je déteste ça. Il est entré avec un bouquet de fleurs. Il avait un sourire jusqu'aux oreilles. Il regardait les doudous, son bouquet à la main, son sourire aux oreilles, et ça m'a fait rire. Elle s'appelle Oléane.


Sur les listes de réassort, j'ai vu qu'on avait vendu le livre de Deligny. J'ai regardé. J'ai vu à qui on l'avait vendu. M'étonne pas. Un jeune homme est venu demander Oliver Twist. Dans quelle édition ? Il a dit "euh... enfant".


Et puis, à midi trente, la librairie fermait pour le déjeuner. Sauf qu'il restait deux personnes dedans. Deux femmes. La mère et la fille, peut-être. L'une regardait Au pays de Titus (Claudine Galea, Goele Dewenckel, Rouergue), l'autre Litli. J'avais très très faim. Mais je ne pouvais quand même pas leur dire on ferme. Elle sont parties avec une pile de livres. Je crois que j'avais oublié les arbres morts.


A quatorze heures trente, quand la librairie a ouvert à nouveau, elles attendaient devant la vitrine. Comme deux enfants. Elles ont acheté un autre exemplaire de Litli. J'ai demandé pour qui. Deux garçons, deux frères. Elle m'a dit "on ne peut pas leur en donner un pour deux".


Avenue de la Violette, il reste encore des branches. Et des oiseaux.



m.

21 janvier 2009

De la naissance à toujours

Il y avait de la neige sur les pentes du Ventoux. On a traversé L'argentelle et la Combe-Tourmente - et à l'arrivée, c'était presque Beaubourg. La médiathèque de L'Horme domine la vallée comme une cabane perchée dans des arbres de fer, et si l'on vient la nuit, il paraît que les panneaux de sortie brillent au-dehors, au cas où les livres voudraient s'enfuir.

On venait porter Litli et marcher encore dans ses pas, creuser un peu plus le voyage de ce bout d'homme pour le prix Couleurs du monde. Il y avait une pile de livres sur les tables, et tu faisais ce geste d'ouvrir et de les poser debouts, face aux autres. Et puis tes premiers mots c'était le sésame qui ouvrait toutes les portes de tous les livres du monde. Parce que tu as parlé d'amour. Celui qui transforme des rêves en livres. Tu as raconté la naissance de Litli, les heures à imaginer, les mots à découper, l'idée qui vient à la fin d'une journée, les allers-retours de l'imprimeur au relieur, les enfants qui dorment avec sous l'oreiller.

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Il y avait tant de regards que je ne savais pas où regarder. Tant de questions dans les silences jusqu'aux mots hésitants qui demandent "c'est un livre pour quel âge ?". C'est ma question favorite. Quelqu'un a très bien répondu pour toi. Elle a dit "pour moi Litli c'est de la naissance à toujours". Je n'avais pas de carnet blanc où poser à la hâte tous les mots que j'avais pris au vol, mais cette phrase-là je l'ai retenue. Merci bien. On s'en resservira.

On n'arrivait pas à partir. Tu avais les dix livres empilés dans tes bras. Dix questions - ils sont là.
Sur la route du retour, un pendule aux yeux noirs tournait sur toi qui dort. La radio débattait des utopies. Le meilleur des mondes impossibles. Un peu plus tôt, quelqu'un avait remarqué que des dix livres édités, Litli était le seul sans photographies d'enfant dedans. Elle avait les cheveux courts, Le Parapluie Vert et ça t'apprendra à vivre dans son sac. Elle a dit mais si. Mais si. Y'a un enfant dans Litli.

m.

09 janvier 2009

Rencontre aux Couleurs du monde

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Isabelle Blanchard est conseillère d'éducation populaire et de jeunesse dans la Loire. A la fête du livre de Saint-Etienne, qui interrogeait l'idée du bonheur en octobre, c'est elle qui est venue annoncer la bonne nouvelle à Severine : Litli soliquiétude faisait partie de la sélection du prix Couleurs du monde. Et quand elle racontait, on devinait oui combien elle avait pu défendre Litli : 8 albums avaient été choisis à partir du thème de cette année, «  D’un lieu de vie à l’autre ». On ne sait pas si Isabelle B. parle de chacun des 8 livres avec la même émotion, mais à l'écouter raconter sa rencontre avec  Litli, on réalise un peu mieux ce que le petit personnage déclenche d'attachement chez certains lecteurs, au point que des enfants s'endorment avec le livre glissé sous l'oreiller, comme un doudou dans le noir, un talisman pour éloigner les cauchemars.

Alors ce jeudi 15 janvier, nous rencontrerons des animateurs et des bibliothécaires de la Loire pour raconter l'histoire de ce livre, le premier de la collection En chemin et puis d'autres livres à venir, Les lettres qui piquent, La classe de Madame Lampion, L'avenir ou Mamie Violette, autant de livres qu'on prépare avec Catherine Leblanc ou Severine Thevenet. La rencontre aura lieu à la médiathèque de L'Horme, près de Saint-Etienne à 14h. La neige n'est pas un obstacle, rien qu'une mutation accélérée du paysage, comme un principe de dépaysement. On apportera des images, des fragments de textes et les premières double-pages, promis. Curieux d'autres regards, soucieux de l'enfance et de cette idée si précieuse à force d'être reniée par les vieux ministères : L'éducation populaire. Parce que le peuple des enfants est maintenant en chemin, on l'a vu à Athènes, dans l'attente de demain au plus vite.

25 novembre 2008

A la Soupe de l'Espace

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Après Contrebandes à Toulon, l'exposition des photos originales de Litli Soliquiétude est accrochée, depuis le 15 novembre, à la librairie La Soupe de l'espace, à Hyères, une toute nouvelle librairie dont c'était la première exposition.
Et Severine, qui n'a pas peur des voyages, a fait le périple depuis Bruxelles pour y dédicacer ses livres,  raconter avec ses mots et son sourire l'aventure des prises de vues en Islande, juste avant de repartir en famille pour le Japon, puis de passer par Lyon où elle animera un atelier à la librairie A titre d'aile, le 13 décembre.

08 mai 2008

Thór et Litli

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Bien avant que Litli ne devienne un livre, alors qu'elle séjournait en Islande, Severine a rencontré Thór Vilhjámsson à deux reprises, à deux ans d'intervalle. T. Vilhjámsson est un écrivain islandais qui a vécu à Paris et traduit dans sa langue certains des livres de Marguerite Yourcenar, d'Umberto Eco ou, bien plus périlleux encore tant leur langue est chargée de trouvailles, ceux de Raymond Roussel et de Victor Segalen. Comme souvent les voyageurs, Severine inscrit dans ses carnets la teneur de ses conversations et c'est un stratagème précieux pour qui veut déjouer l'oubli, sauver un peu des mots qu'on prononce et ceux qu'on entend. En juillet 2007, alors qu'elle était venue travailler la maquette de Litli à Vaillac, pendant ces longues journées d'été où nous cherchions avec Catherine le bon chemin entre phrases et photos, un peu inquiets à l'idée de se perdre dans le dédale des images, Severine m'a raconté les remarques de Thór Vilhjámsson sur son projet de livre. Il venait d'en découvrir les premières photographies déjà reliées comme un livre et il avait eu, lui aussi, ce sentiment que j'éprouverais quelques semaines plus tard en découvrant les mêmes images : il y avait dans l'ébauche de ce livre un présent, quelque chose qui s'offre comme un cadeau au regard et dans son enthousiasme, T. Vilhjámsson avait imaginé le pire : les éditeurs ne cherchent plus que des produits rentables et ce projet de livre est trop différent, trop inclassable pour trouver sa place dans le marché du livre.
 

2019775431.gifThór Vilhjámsson est un écrivain de la démesure. Régis Boyer, l'un de ses traducteurs en français, écrit qu'il est bien dommage que sa langue soit si difficile, si rebelle aussi à la traduction en raison de sa passion néologique et de ses jongleries syntaxiques. Dans l'un des romans qu'il a traduit pour Actes Sud en 1991, La mousse grise brûle, Thór Vilhjámsson écrit en parlant de l'Islande : « A l’instant même, il se trouva dans une autre réalité, dans un autre pays où rien ne ressemblait à celui-ci, où les forces primitives étaient aux prises. Le temps y était si vaste que sa vitesse s’abolissait. Avec des gens qui n’avaient rien à voir en face de ceux d’ici, des gens qui tiraient leur croissance et leur force de la peine que chacun avait à atteindre l’autre, chemin aride de l’un vers l’autre, long chemin. Silence. » C'est bien ce pays que Litli est allé arpenter, comme si d'instinct Severine devinait que ces terres inhabitées convenaient seules à son récit de la soliquiétude. Je crois que la rencontre entre l'auteur de ces lignes et les premières images de Litli a donné la certitude à Severine qu'elle devait aller au bout du livre imaginé. Ce n'est pas rien. Alors merci au vieil écrivain qui a su voir, le premier, la force d'un livre encore à naître.

T. 

07 mai 2008

Questions d'enfants

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Premier café avant l'aube. Sous l'œil du coq que la lumière de la cuisine a réveillé, désolé mon vieux. De l'autre côté de la vitre, ta tête hagarde de volatile préhistorique, c'est aussi le premier regard échangé quand je lève les yeux de mon livre - La nostalgie aborigène qu'Elzbieta vient de publier chez L'art à la page : un livre offert par Madeline, un livre avec des points d'interrogation, une ribambelle au fil des pages. Sa manière à elle d'écrire l'enfance qu'elle raconte : « Qu'y avait-il au-delà ? Nous savions à peine la petite ville, la plage semée de méduses, la campagne alentour. »

Je roule jusqu'au local d'Où sont les enfants ?, juste avant les premières lueurs sur le causse. Au bord de la route un blaireau qui boitille, deux chevreuils que mes phares viennent déranger et le premier oiseau face à moi, la buse endormie sur le grand chêne du virage. Les questions d'enfant que pose Elzbieta ne s'en vont pas non plus avec la route qui monte de virage en virage, du vallon jusqu'au village sur le causse : « Lorsqu'on a plus de terre à soi, dans quel jardin creuser un petit tombeau ? » Il y a des points d'interrogation définitifs et ce matin je pars avec.

Mais aujourd'hui, avant d'aller accrocher l'exposition de Juliette Armagnac à Montauban, avant de retrouver Laurence Carrara à l'I.U.F.M., je connais mon bonheur à l'avance : Lire le manuscrit reçu de Catherine Leblanc, les premières pages au moins, relire les mots de Lucien, un enfant de 8 ans qui interroge Litli avec ses mots sur le site Lecture & Cie« Est-ce que Litli a découvert le monde ? Est-ce qu'il a rêvé ? Est-ce qu'il a trouvé ce qu'il cherchait ? »

Questions d'enfant : d'emblée elles vont au cœur du livre me dit Severine au téléphone. Ces petits bonheurs d'éditeur, c'est bien assez pour déjeuner seul face au coq insomniaque. Les points d'interrogation d'Elzbieta avec le goût d'une pomme et du café pour faire face : « Où s'ancre la mémoire des vagabonds ? » Est-ce que quelqu'un par ici aurait la réponse ? 

 T.

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La nostalgie aborigène. Elzbieta.

Edts L'art à la page.
Format : 15 x 20 cm -

Tirage : 1000 exemplaires - Parution : 19 février 2008

06 mai 2008

Lent retour

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1442762398.JPGSeverine est rentrée d'Islande, quelque part aujourd'hui entre Lyon, Paris et Bruxelles avec son âme de nomade, habituée à jouer dans les rues avec ses marionnettes, on a parfois du mal à la suivre. Dans ses bagages elle a le livre de Litli qu'elle montre aux libraires, partout où elle va, saltimbanque obstinée, ambassadrice infatigable. On apprend. Voilà ce que c'est que faire des livres avec une artiste des rues. Elle a aussi ramené plusieurs photos de ses rencontres qu'on montrera.
 
Et raconter plus tard la rencontre de Litli et des enfants de Reykjavik.
 
 
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21 avril 2008

Nouvelles de Litli en Islande

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© Severine Thevenet & Où sont les enfants ?
 
Litli et Severine sont arrivés en Islande où les nuits sont presque douces, plus longues que par ici.
L'exposition est en cours d'accrochage, visible dès vendredi 25 avril à 17h. On peut aussi prendre de leurs nouvelles par ici.

 

04 avril 2008

Litli dans les villes

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En avril Litli ira dans les villes. Autant que ses jambes pourront le porter il ira. Avant-hier au Bouscat près de Bordeaux, hier à Bologne en Italie et demain au salon du livre jeunesse à Sucé sur Erdre, près de Nantes. Et puis Litli va aussi dans ces villes où les libraires racontent son périple, comme à Grenoble où Gaëlle, de la librairie La Dérive, raconte sa rencontre avec le petit bonhomme en chemin : " Litli, c'est un album lourd -c'est peut-être fait exprès pour qu'on ne s'envole pas en lisant le texte délicat de Catherine Leblanc?, au beau papier qui sent bon. La couverture est bien épaisse, en carton brut -serait-ce un rappel du caractère sauvage de la nature ? "  Son analyse enthousiaste du livre, on peut la lire sur le blog de Gawou la libraire et rajouter un commentaire au passage, parce qu'apprendre les rencontres de Litli avec ses premiers lecteurs, c'est pour nous forcément passionnant.

Passionnant comme les mots d'Eliabar, libraire elle aussi qui écrit sur son blog Des livres, des filles et un ou deux hippopotames "... c'est un album qui touche, là, juste là, notre âme d'enfant qui a grandi... un peu." Ces mots sont pour Severine qui a porté les images de Litli dans sa besace de saltimbanque, ces mots sont pour Catherine qui a inventé les mots du vrai voyage jusqu'aux confins. Ce sont des mots qui comptent déjà dans l'existence de Litli.

Ailleurs encore - une autre ville, un autre site - il y a les mots de môsieur J, autour de Litli et de 8h32, dans lesquels il reprend le premier entretien paru sur Ricochet. Et justement, justement Ricochet vient de mettre en ligne cet entretien plus récent, paru en novembre dans la lettre de Ricochet. Ricochet est un lieu de mémoire, un lieu où les aventures se racontent au fil des ans. Le chemin de Litli passera aussi par ce site, source d'une mémoire attentive et patiente.