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11 décembre 2008

Enseignants en résistance pédagogique

p1010012_jpgmid.jpgLe collectif des enseignants en résistance est aujourd'hui fédéré par un blog : Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école. C'est aux parents, aujourd'hui, de soutenir ces initiatives. Un mouvement s'organise, dont on peut suivre les avancées et les débats sur ce blog. Bien sûr il y a urgence, mais il n'est pas trop tard :

" La résistance pédagogique est un choix clair, assumé, responsable. "

On y trouvera notamment le texte d' Hendatho, "La désobéissance civile, une radicalité constructive", qui dénombre sept principes essentiels et capables de donner une cohérence éthique et une efficacité politique à cette notion parfois floue de désobéissance civile, initiée par Henry David Thoreau en 1849, lorsqu'il refusa de payer une taxe destinée à financer la guerre que les Etats-Unis déclarèrent au Mexique. En conclusion du texte d'Hendatho, cette évidence utile à méditer :

" La désobéissance civile, en tant que "radicalité constructive" bien comprise, ne s'oppose pas à la démocratie, mais vise à la renforcer en structurant efficacement les nécessaires contre-pouvoirs citoyens. "

Sur le blog un forum, des pétitions permettent d'apporter un soutien à ces enseignants qui, de façon individuelle ou collective maintenant, ont eu le courage de refuser d'appliquer des réformes qu'ils jugeaient avant tout destructrices.

18 juin 2008

Les enfants de Lectoure

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C'est une classe de CE2, la classe du directeur de l'école Gambetta à Lectoure. Je le dis, j'ai tendance à admirer ceux qui apprennent à lire aux enfants, fonction presque sacrée dont on oublie vite l'importance à force de débats sur la bonne méthode. Mais quand en plus ces enseignants dirigent une école, et qu'ils se lancent dans un projet avec Où sont les enfants ?, il faudrait au moins inventer un nouvel ordre du mérite à la Légion d'honneur. Ce héros de la nation s'appelle Serge Jourdana, et ses élèves ont appris dans sa classe à aimer les livres, aimer pour de vrai, je l'ai vu.

Dans la tête ils ont aussi l'idée de faire un livre, un vrai livre comme ils disent. Alors il faut écrire une histoire, apprendre à fabriquer les phrases, à construire l'ossature d'un récit et puis avec Juliette Armagnac, mettre en scène les photos qui serviront d'illustrations au livre. L'idée de ce projet est venue de Marie Paule Fontano, bibliothécaire dans la même ville, au milieu des champs entre Auch et Agen. Depuis l'hiver on avance avec elle, avec son énergie à elle, on essaye d'avancer en cherchant comment écrire et imager ce livre avec 28 enfants. Et ce n'est pas simple à mener, encore moins à raconter.

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Le livre retrace la quête d'un livre disparu. Est-ce parce qu'Alberto Manguel est venu raconter sa passion des livres entre les murs de la bibliothèque ? Ou tout simplement parce que la classe participe au Prix des Incorruptibles ? C'est un livre dont les pouvoirs dépassent ceux de la littérature, et relèvent bien plutôt de la haute magie. Il faudra lutter pour retrouver ce livre, et les enfants on le sait sont des héros intrépides, prêts à affronter les pires crapules dans les rues de Lectoure.
 
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Tout à l'heure, à l'IUFM d'Auch on racontera ce travail et je n'ai pas pensé à demander aussi qu'un enfant puisse raconter. Quatre adultes entourent ce projet - un enseignant, une photographe, une bibliothécaire et un éditeur - mais les 28 enfants ont apporté leur énergie, leurs envies, leur mémoire de lecteur et leurs talents d'apprentis comédiens. Comment raconter ce que devient ce livre dans leurs pensées, et ce qu'ils en attendent ? Trop tard. Mais c'est sûrement le plus précieux, et qu'il faudra écouter. Peut-être en trainant dans la cour de récré où, le premier jour je m'en souviens, presque toutes les petites filles ne portaient que du rose.

T.B. 

09 février 2008

L'autre plaisir

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© Isabelle Simon

L'autre plaisir, tout aussi impur, vient des photos qu'on découvre. Des photographes nous envoient leurs images, qu'elles arrivent par la poste ou par e-mail, ces images montrent des livres possibles, des livres qu'on imagine, des livres auxquels on n'aurait pas osé rêver. Isabelle Simon, il y a longtemps qu'on a envie d'un livre avec ses photos. De temps en temps on se croise, elle a dans son sac des images auxquelles elle travaille, toujours en train d'explorer mise en scène et photo. Á St-Paul elle nous montre des collages, c'est de la contrebande, un monde à la Prévert.

 
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 © Mireille Loup
 
Quand Mireille Loup expose, elle nous envoie aussi des images. Les photos de sa dernière série, Nocturnes ou les garçons perdus seront exposées au Musée d’art moderne et musée d’art contemporain de Liège, à partir du 16 février, à l'occasion de la 6ème Biennale internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège. On les accroche au mur du local, et ses photos accompagnent les journées de travail, en attendant de devenir les pages d'un livre.
 
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  © Rozenn Quéré
 
ed3ac6ee0cf23d3702af31077c344df9.gifEt quand Rozenn Quéré écrit à Où sont les enfants ? , elle signe avec ses drôles de «schyzochromes», des photos pleines d'humour qui ont donné naissance au dernier livre du Mouton cerise

 

27 novembre 2007

Les enfants sont des gens importants

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 Couverture de Litli soliquiétude

Marion est à Montreuil. Seule en voiture, le coffre bourré de livres avec un plan ridicule pour arriver là-bas sans se perdre. Montreuil en métro n'a rien à voir avec Montreuil en voiture. En plus il y a le ciel, les feux rouges et les camions qui viennent livrer au milieu du passage.

Alors hier on a acheté un diable à Montauban. Pour arrêter de se casser le dos à chaque salon, on avait pris la décision en revenant de Toulouse. Depuis le début d'Où sont les enfants?, j'ai cette idée en tête qu'un jour on aura un vrai diable. Et qu'à partir de là on pourra jouer dans la catégorie des pros. On l'a choisi dans un magasin-labyrinthe pas loin de l'autoroute, un diable pliable avec lequel on bouge 80 kg de littérature jeunesse d'un coup d'épaules.

Mais à Toulouse rien n'était simple. On a décidé d'y aller avec Laure Duchaussoy, pour comprendre un peu comment on allait le fabriquer ce dixième livre. Un livre un peu plus compliqué, pas habituel si bien que les imprimeurs s'y arrachent encore les cheveux. Et les façonneurs sont comme les imprimeurs, la même famille, toujours logés autour d'une zone industrielle impossible à trouver. Monsieur Ruiz a pris le temps et nous a expliqué la technique, le ruban et la dorure. Une seule couleur pour tout écrire, sinon c'est les devis qui explosent. 
 
Ne reste plus qu'à trouver les derniers mots, ceux qu'on écrit au dos du livre, pour vous donner l'envie d'ouvrir quand même un peu les pages. On a essayé plein de phrases, mais l'intérieur en a si peu qu'en rajouter une à la fin c'est difficile. Presque impossible. Vingt fois qu'on la réécrit, vingt fois qu'on la rature. Catherine et Severine n'en peuvent plus de l'attendre, ce livre avec cette phrase entre leurs mains. Et cette impatience je peux la comprendre. Dix livres et dix fois j'ai perdu le sommeil moi aussi.  
 
A Montreuil on sera au stand GM3, avec Tertium-éditions. Merci à Mireille Veyssière d'avoir partagé son espace avec nous.
 
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  Litli soliquiétude - Severine Thevenet, Catherine Leblanc
 

 

07 octobre 2007

Voir Tiguida

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Tiguida et la potion magique, page 18 

 

Pour les curieux, pour les fanas, pour ceux qui vivent loin des librairies, et puis tous ceux qui auraient besoin du livre avec la vraie recette de la potion magique, on vient de mettre des pages de Tiguida en ligne. Vous pouvez allez voir par ici.

A bientôt. 

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 Tiguida et la potion magique, page 20
 
 

25 septembre 2007

La ville des photographes

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© Marcella Barbieri - Sans titre, 2007

Pour avancer les livres il faut aussi des voyages. Aller-retour à Paris pour rencontrer plusieurs photographes. Premier rendez-vous tôt le matin rue du poteau, près de la mairie du XVIIIème avec Marcella Barbieri. On a trouvé un texte très proche de ses images, un texte nocturne et aussi dense qu'un poème, écrit par Cathy Dutruch pendant l'été : "Et si moi je veux la lune ?" Une histoire qui raconte aux enfants cette exigence oubliée, piétinée au milieu de ce grand refoulement autoritariste qu'on traverse : Soyons réalistes, demandons l'impossible ! La littérature jeunesse pourrait aussi devenir l'un des derniers refuges d'utopies. Des utopies concrètes pour organiser la survie d'un imaginaire encore libre, dégagé, obstiné.
 
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 © Dialogue de l'image - Autoportrait de Valentin
 
A deux rues de là habitent Christine et Léa Talabard, deux des responsables de l'association Dialogues de l'image. C'est Isabelle Dubois, stagiaire à Où sont les enfants ? cet été, qui a imaginé un livre à partir du travail fabuleux que mène l'association depuis 1991. Pour redonner confiance à des enfants ou à de jeunes exclus, elle les initie à une pratique artistique très concrète, celle de la camera oscura ou du sténopé. C'est avec cet appareil photo primitif, bricolé dans une boite en métal qu'ils vont apprendre à montrer ce qu'ils voient, eux, de la ville où ils vivent, de Marseille à Beyrouth, de Naples à Alexandrie.
 
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 © Tendance Floue - Olivier Culmann
Zéphir, Lune et Mélusine - Sunset Ranch,
Mecca, Californie, 14.IV.2007 
 
Dernier rendez-vous avec le monde de la photo à Montreuil, dans un local où viennent travailler les photographes de Tendance Floue. Le lieu ressemble à une immense salle de rédaction, en plus calme. On dirait qu'ici le travail consiste avant tout à regarder des images. Sur écrans ou planches contact, les yeux rivés. Et le regard est souvent plus juste d'avoir lieu en silence. Là aussi, à parler avec Clémentine Semeria, à consulter leurs archives on sent qu'il y a des livres à inventer. Des livres destinés aux enfants, capables de la même intensité que leurs derniers ouvrages, Made in China ou Sommes-nous ?, ce livre fabuleux qu'il faut montrer et retenir. 

14 juin 2007

Festival des jeunes auteurs à Saint Geoirs

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Samedi, j'ai récupéré Stéphane Servant à la gare de Lyon pour aller au festival des jeunes auteurs à Saint Geoirs, entre Lyon et Grenoble. Je l'attendais sur le quai, au train de 11h56, avec 8h32 à la main pour qu'il me reconnaisse. La route a été longue mais le déplacement en valait la peine. L'accueil, l'équipe des organisateurs étaient suffisamment formidables pour donner l'envie d'y retourner. D'autres auteurs et illustrateurs jeunesse et BD étaient de la partie.

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Stéphane a dédicacé ses ouvrages, la troupe de cirque Filyfolia a fait des interventions.

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Autour des livres et des auteurs, les enfants avaient le choix: ateliers de slam, arts plastiques avec des illustrateurs, une exposition autour du développement durable se tenait dans le hall de l'école, une conteuse présentait les aventures de ses marionnettes

Samedi soirée au gîte. Les filles avaient des chambres, les garçons des dortoirs où la nuit fût plutôt agitée !
Quand Stéphane est reparti prendre son train, fatigué, il a laissé une trace de son passage, un mot pour les lecteurs.

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Marion Duquerroy

02 juin 2007

Neli, 8 ans, vient d'être libérée

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Centre de rétention de Marseille

On est loin de la littérature jeunesse. Et en même temps on est au cœur. Le sort de Neli, le sort des enfants sans papiers change le sens des livres qu'on peut faire en France, aujourd'hui, à destination des enfants. Ces gamins qu'on arrête, qu'on emprisonne et qu'on expulse empêchent de continuer, d'inventer des livres quand il faudrait seulement se battre pour empêcher les vies brisées, les vies d'enfants massacrées par nos lois invivables. Neli vient d'être libérée mais ce n'est pas de la clémence. Faut pas rêver. Seulement un vice de procédure. Si à Toulouse le préfet avait fait correctement son boulot de salaud, Neli et sa famille seraient encore derrière les grillages du centre de rétention de Marseille.

Communiqué du Réseau Education Sans Frontières du jeudi 31 mai 2007, 13h

Le cauchemar se termine pour Neli, 8 ans, et ses parents

La famille AL KHALILI devrait être libérée dans l’après midi du centre de rétention de Marseille après deux nuits passées enfermée.
Trimballée en voiture depuis Toulouse dans la journée du mardi 29 mai, cette famille sans papiers d’origine russe avait été raflée dans son hôtel à 6h du matin. Depuis, aussi bien à Toulouse qu’à Marseille, une vigilance extrême et une mobilisation spontanée se sont développées. Ce matin, tout comme la veille, une cinquantaine de personne se rassemblait devant le centre de rétention de Marseille à l’occasion de l’audience devant le Juge des Libertés et de la Détention (JLD)

Finalement la Juge a décidé de rendre la liberté à Neli et ses parents pour diverses irrégularités dans la procédure d’arrestation et de mise en rétention :
- absence de signature de la préfecture de Haute Garonne saisissant le JLD
- arrestation déloyale et douteuse le 29 mai à Toulouse car la PAF de Marseille était prévenue dès le 25 mai de l’arrivée de cette famille !
- non justification du transfert vers Marseille alors que le centre de rétention de Toulouse pouvait (malheureusement) enfermer cette famille (attestation de la Cimade de places libres), ce qui a porté atteinte pendant plus de 7h aux droits de la défense

En toute logique, puisque la famille est désormais libre, les avocats de la famille Al Khalili vont demander l’annulation de l’audience au TA de Marseille vendredi 1er Juin (appel contre l’OQTF pris en urgence suite à l’arrestation de cette famille qui n’a plus lieu d’être car la procédure vient d’être cassée).
La famille Al Khalili doit passer devant le TA de Toulouse le 26 juin pour contester l’OQTF pris antérieurement contre elle. Elle doit donc retourner à Toulouse au plus vite et Neli retrouver ses camarades de classe dès demain.

RESF reste extrêmement vigilant notamment en cas d’appel du parquet de la décision du JLD.
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15 mai 2007

La vie des livres loin d'ici

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© Alejandro Martinez, Terek lisant 8h32, 6 mai 2007

 

8h32 circule. Et vers 13h45, juste avant la levée du courrier, nous en portons un plein cabas jusqu'à la Poste de Labastide-Murat. Il y a dedans les services de presse et les premières commandes des librairies. Le cœur bat, on emballe 8h32 dans du papier bulle, du carton double épaisseur et du papier craft par dessus. Les mains sont pleines de scotch mais la solidité du paquet, c'est important. Frédéric Tamain, le libraire de L'herbe des talus à Dijon nous a expliqué ça un jour. Il a raison. Empaqueter avec amour, parce que dedans ce sont nos livres qui s'en vont vivre leur vie. Marion est devenue experte et il est arrivé que les libraires nous félicitent de l'emballage. Elle peut être fière, Marion. Parfois aussi on reçoit un message, un article et on se dit que c'est ça, la vie que les livres partent vivre loin d'ici... Danny Barthélémy, l'une des organisatrices de la Fête du Livre jeunesse dans l'Hérault, est la première à nous avoir écrit et ce qu'elle souligne, à la fin de son message, est quelque chose qu'on n'aurait pas pensé à mettre en avant : " ... En plus, j'aime bien les histoires qui finissent sur l'amour... c'est tellement important dans la vie : il faut le dire aux enfants." Elle a raison Danny. Dire aux enfants l'importance de l'amour. Presque une idée pour un album à venir. Le premier article sur 8h32, c'est Madeline Roth qui l'a écrit pour Citrouille. Et ses articles ressemblent aux chroniques qu'elle fait chaque semaine sur le blog des librairies jeunesse, des chroniques où l'air de rien, l'art du récit fait passer quelque chose qu'on ne trouve, d'habitude, qu'à l'intérieur de ces livres métis qu'on appelle des romans. Elle écrit : " Le dernier album publié par Où sont les enfants? est arrivé à la librairie un samedi d’avril, à 9h28, alors que l’on ne l’attendait plus. Et peut-être qu’un jour je vous raconterai cette histoire toute particulière. 8h32, c’est l’heure exacte à laquelle le temps s’arrête, suspend son vol, on cligne des yeux, et voilà ce qu’on a vu. On pense parfois que la poésie (parce que le texte de Stéphane Servant est un vrai poème), c’est bien trop vivant pour se figer sur des pages, on pense parfois que ce qu’on a sous les yeux ferait une photo magnifique mais on ne la prend pas. On a tort. Stéphane Servant, Alice Sidoli et Laure Bex ont composé un album qui, le temps de cette fameuse minute, dit la vie à travers les yeux d’un enfant. On avance dans le texte comme sur la pointe des pieds. Les photographies d’Alice Sidoli éclatent de couleurs. Et la mise en page de Laure Bex est incroyablement habile, elle permet l’exacte rencontre entre les mots et l’image, elle fond le texte dans l’image. 8h32 réussit quelque chose d’étonnant : pour dire le temps qui passe dans la tête d’un enfant, les mots, comme les photos, disent ce qui s’envole, ce qui s’échappe, ce qui court, ce qui bouge. C’est un album extrêmement vivant, où les photos, à l’inverse des imagiers, ne figent rien. Le temps d’une minute, un enfant naît et quelqu’un s’en va, les avions passent et les fleurs s’ouvrent, et l’enfant qui s’ennuyait peut décider de changer le monde." Merci à toi Madeline d'écrire comme tu écris.

13 mai 2007

Le monde d'Alice

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© Alice Sidoli

 

Les photos d'Alice Sidoli, visibles sur le photoblog Le monde d'Alice, racontent une vision de l'enfance. Quelque chose de l'enfance qu'aucune école ne pourra formater. Quelque chose d'irréductible, de sauvage et qui ressemble à un jeu perpétuel, une fringale d'aventures avant que l'âge adulte ne déboule. Cela revient de photo en photo, de plus en plus marqué avec le temps, insistant : chemin d'artiste cernant mieux sa vision à mesure qu'elle s'étend, image après image.


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En découvrant ses images, il y a presque deux ans, c'est cette vision de l'enfance qui avait provoqué l'envie d'inventer avec elle un album. 8h32 vient de paraître et dejà deux autres projets d'albums sont lancés, histoire de faire circuler encore cette façon qu'elle a de raconter l'enfance : aujourd'hui, les photos de Plastick sont prises pour la plupart, une pré-maquette existe et bientôt viendront d'autres prises de vues pour Salut l'ami, un album écrit par Viviane Tourtet, responsable de l'association Les bancs publics sur le site de laquelle, justement, nous avions découvert les photos d'Alice. Des photos, des histoires, trois albums et la boucle sera bouclée...

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