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12 novembre 2009

Appel

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© Tamara Dean

Le 20 novembre sera le 20ème anniversaire de la Convention des droits de l'enfant.

Chaque jour de novembre, d'octobre et de septembre, chaque jour de cette année, de celle d'avant le gouvernement français s'emploie à nier ces droits. Pour mettre en place une politique de préférence nationale digne du F.Haine, des enfants sont séparés de leur parents,  détenus derrière les murs de centres de rétention, puis renvoyés dans un pays qu'ils avaient fui. Ici, place de la mairie d'Arles, RESF nous invite à une mise en scène pour alerter l'opinion, vite. C'est le samedi 21 novembre, à partir de 10 heures avec chiens et enfants.

(“Pour moi, ces gens-là (Besson, Hortefeux et leur chef), ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible” déclarait Marie NDiaye dans une interview des inrocks.)

05 janvier 2008

Comptes de fées

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"Cendrillon attend que les éditeurs français osent publier de vrais livres pour enfants… et que les parents arrêtent de n’acheter que “Petit Ours Brun”! Magda n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. Et elle écrit, à propos de littérature jeunesse, un texte qui va à l'essentiel :  "Je trouve que l’édition pour enfants s’est aseptisée à mort, que tous ces bouquins où l’on conte les bêtises javellisées d’enfants propres sur eux me font bailler d’ennui… Relisons les contes de Grimm ou les contes traditionnels asiatiques. Ogres, sorcières, monstres, poisson aux mille dents… jeunes vierges qui ne veulent pas quitter la maison de leur père, princes qui doivent affronter mille obstacles pour enlever la princesse… les enfants ne sont pas traumatisés par ces histoires. Elles sont le reflet de leur imaginaire et de leur inconscient. Elles sont réellement adaptées à leurs envies de lecture, de rêve, et elles leur permettent de vivre leur perversité sans avoir à l’expier."

Pour lire la suite, c'est sur Ce que tu lis

01 septembre 2007

Conditionner les enfants

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© Thierry Ardouin, Tendance floue.
Manifestation de soutien aux sans-papiers, 31 mars 2007.


Le système contemporain, par défiance, par cynisme, par sa logique propre surtout, bannit l’exubérance de la vie hors de ses rouages. Son efficacité est fondée sur la reproduction à l’identique de mécanismes stériles mais exacts, de programmes sinistres mais disciplinés. Ces machines et ces organisations portent en elles la ruine de ce qui veut vivre. Inversement : la vie est une provocation continuelle à détruire ce qui prétend lui imposer des normes. Le foisonnement désordonné et irrépressible qui la caractérise est une menace insoutenable pour ce monde.

La lutte est ouverte depuis longtemps maintenant, entre les êtres humains et une entité autre, non vivante, de l’ordre du système total. Appelons-la la « Mégamachine ». Nombreux sont ceux qui sont passés à son service. Ils veulent nous persuader que notre salut se trouve dans notre acceptation de ses normes, que cette acceptation ne serait pas soumission, mais libération.

Ces adorateurs de l’ordre non vivant prétendent nous faire endosser leur perspective réaliste d’acceptation du système. Pour cela, l’idéologie qui postule la nécessité du travail joue le rôle central. L’un de ses principaux objectifs actuels est de conditionner au travail ce qui, dans l’humanité, représente la part de vie la plus exubérante : les enfants.

Philippe Godard. L'exubérance de la vie.
Lire la suite. Extrait de Au travail les enfants !
Préface de Raoul Vaneigem. Edts Homnisphères. Collection Expression directe.

02 juin 2007

Neli, 8 ans, vient d'être libérée

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Centre de rétention de Marseille

On est loin de la littérature jeunesse. Et en même temps on est au cœur. Le sort de Neli, le sort des enfants sans papiers change le sens des livres qu'on peut faire en France, aujourd'hui, à destination des enfants. Ces gamins qu'on arrête, qu'on emprisonne et qu'on expulse empêchent de continuer, d'inventer des livres quand il faudrait seulement se battre pour empêcher les vies brisées, les vies d'enfants massacrées par nos lois invivables. Neli vient d'être libérée mais ce n'est pas de la clémence. Faut pas rêver. Seulement un vice de procédure. Si à Toulouse le préfet avait fait correctement son boulot de salaud, Neli et sa famille seraient encore derrière les grillages du centre de rétention de Marseille.

Communiqué du Réseau Education Sans Frontières du jeudi 31 mai 2007, 13h

Le cauchemar se termine pour Neli, 8 ans, et ses parents

La famille AL KHALILI devrait être libérée dans l’après midi du centre de rétention de Marseille après deux nuits passées enfermée.
Trimballée en voiture depuis Toulouse dans la journée du mardi 29 mai, cette famille sans papiers d’origine russe avait été raflée dans son hôtel à 6h du matin. Depuis, aussi bien à Toulouse qu’à Marseille, une vigilance extrême et une mobilisation spontanée se sont développées. Ce matin, tout comme la veille, une cinquantaine de personne se rassemblait devant le centre de rétention de Marseille à l’occasion de l’audience devant le Juge des Libertés et de la Détention (JLD)

Finalement la Juge a décidé de rendre la liberté à Neli et ses parents pour diverses irrégularités dans la procédure d’arrestation et de mise en rétention :
- absence de signature de la préfecture de Haute Garonne saisissant le JLD
- arrestation déloyale et douteuse le 29 mai à Toulouse car la PAF de Marseille était prévenue dès le 25 mai de l’arrivée de cette famille !
- non justification du transfert vers Marseille alors que le centre de rétention de Toulouse pouvait (malheureusement) enfermer cette famille (attestation de la Cimade de places libres), ce qui a porté atteinte pendant plus de 7h aux droits de la défense

En toute logique, puisque la famille est désormais libre, les avocats de la famille Al Khalili vont demander l’annulation de l’audience au TA de Marseille vendredi 1er Juin (appel contre l’OQTF pris en urgence suite à l’arrestation de cette famille qui n’a plus lieu d’être car la procédure vient d’être cassée).
La famille Al Khalili doit passer devant le TA de Toulouse le 26 juin pour contester l’OQTF pris antérieurement contre elle. Elle doit donc retourner à Toulouse au plus vite et Neli retrouver ses camarades de classe dès demain.

RESF reste extrêmement vigilant notamment en cas d’appel du parquet de la décision du JLD.
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31 mai 2007

"Est ce que je suis en prison ? Je veux retourner à l'école ! "

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Non, ce n'était pas difficile à imaginer, trop prévisible. La pire des politiques appliquée aux sans-droits, sans le moindre souci du sort réservé aux enfants, des vies qu'on pourrira à partir des racines. Néli, 8 ans, vient de passer sa première nuit au centre de rétention de Marseille. La première nuit d’une enfant dans cette prison, comme elle l’appelle.

Arrivée la veille depuis Toulouse, cette famille avait été raflée à 6h du matin dans sa chambre d’hôtel, bien qu’ayant introduit un recours contre un arrêté d’expulsion. Seul leur fils de 18 ans, sorti, y a échappé. Mais que va-t-il faire seul ?

D’origine arménienne, née à Bakou en Azerbaïdjan, Mme Al Khalili n’est reconnue par aucun de ces deux pays. Seront-ils expulsés vers la Russie dont M. Khalili a la nationalité alors qu’ils vivent depuis 5 ans en France ?

Le RESF de Toulouse connaît bien cette famille et c’est probablement pour casser une éventuelle mobilisation locale que celle-ci a été acheminée à Marseille. Mais ici non plus, nous ne laisserons pas faire ça en notre nom. Nous ne laisserons pas briser l’avenir de Néli, dont les droits fondamentaux (et notamment celui d’aller à l’école) sont garantis par les chartes, traités et autres conventions internationales.

A l’occasion du passage de la famille devant le Juge des Libertés et de la Détention qui doit statuer sur leur sort,
le RESF appelle à un grand rassemblement

JEUDI 31 MAI à 10H
devant le centre de rétention
(26 Bd des Peintures 13014, M° Bougainville)
Contact sur ce dossier :
Marseille : Armelle 06 28 63 29 21 / Bernadette : 06 87 42 39 27
Toulouse : Yamina VIERGE 06 22 56 60 74 / Jean François MIGNARD 06 13 82 55 51
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23 février 2007

Jouer avec le feu

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© Philip-Lorca diCorcia - DeBruce

Des émeutes ont lieu en France. Les journaux n'en parlent pas. Le mot d'ordre semble avoir été donné de faire silence, comme pour étouffer le feu qui continue de couver, comme s'il s'agissait d'une menace pour la vacuité des débats liés aux Présidentielles. Pourtant, les arrestations se multiplient. Parmi ceux qu'on arrête, la proportion d'enfants ne cesse de grandir. Des enfants plus nombreux, plus jeunes aussi.

Fin 2005, 577 mineurs avaient été présentés aux juges pour enfants à la suite des émeutes. En 2007, aucun chiffre n'a encore été publié, mais les arrestations continuent.

10 février 2007

Les lois pédophiles du Baby marketing

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En France, un enfant reçoit 20 000 messages publicitaires chaque année, et 40 000 aux Etats-Unis. Si le dressage des êtres humains est une tradition dont, hormis Michel Foucault et Patrick Champagne, l'histoire n'a pas encore vraiment été écrite, les techniques de ce dressage, elles, ont été récupérées et développées par les publicitaires.

Ainsi l'univers mental d'un enfant est-il violé 20 000 fois par an. Je dis violé parce que les publicitaires jouent avec le fonctionnement affectif et imaginaire des gamins. Aujourd'hui, on enseigne le "baby marketing", comme l'une de ces techniques fabuleuses du marketing situationnel : medium_117405401_6p.2.jpg"Le retour sur investissement est énorme," explique Hélène Huteau, journaliste à Stratégies. Dans les écoles de communication où s'est formée une nouvelle génération de publicitaires, on étudie donc aujourd'hui le dessin animé et la littérature jeunesse, pour comprendre mieux comment coloniser en profondeur la pensée et l'inconscient de l'enfant. C'est ce que j'ai pu comprendre en étant invité dans une de ces écoles, pour raconter les rapports de l'enfant avec la photographie. Inutile de préciser que j'ai décliné l'invitation par un courrier un peu énervé. Pourtant, aucun de ces violeurs d'enfants d'un nouveau genre n'a encore été inquiété par la justice.

Sur le site de BabyAdgency, on explique aux annonceurs que "la naissance d'un enfant génère une frénésie d'achats qui se portent sur tous les secteurs." Bonne nouvelle, mais comment faire ? Alors c'est expliqué sur le site : "Recrutez une clientèle surconsommatrice de 2 300 000 foyers en pratiquant le baby marketing, et en utilisant le savoir-faire de BabyAdgency."

Et la stratégie BabyAdgency est implacable. Les enfants n'ont aucune chance d'y échapper, et les parents n'y songent même pas. Le piège qu'on leur fabrique est une nasse qui s'étend de l'école à la maison, du gymnase aux salles de cinéma, une nasse aux dimensions d'une société marchande où on leur gave le cerveau comme s'il était devenu extensible. Ce n'est plus de la chair à canon qu'enfantent les mères, mais de la chair à pubs, c'est plus joli et ça sent bon.

Anne Krupicka, enseignante au Centre européen des produits de l’enfant, écrit dans L’enfant consommateur : « Comprendre comment se forment les préférences de l’enfant pour certaines marques est d’autant plus important que ces dernières vont durablement structurer ses choix de consommation. » Si les chercheurs en marketing travaillent à comprendre les mécaniques du désir chez l'enfant, c'est seulement pour les falsifier, les détourner au profit d'un produit qui va ensuite proliférer, devenir un enjeu dans sa vie. Cela s'appelle aussi bien violer la conscience d'un être sous influence. Mais en France, en Europe (Suède exceptée), cela n'est pas encore un crime.

Le 24 mai 2007, jour de mon anniversaire, BabyAdgency organisera un séminaire de propagande publicitaire. Leurs complices y seront Suzanne Goirand, directrice de Classes Junior, cabinet de marketing spécialisé en produits et services pour l'enfant ; Stéphane Barthélémy, président d'Adress Company, spécialiste des fichiers postaux, téléphoniques et e-mail de jeunes parents ; Stéphane Moullé-Berteaux, directeur commercial du groupe Bleucom, leader de la presse prénatale ; Amalric Poncet, directeur général de magicmaman.com, site leader sur la cible des futures et jeunes mamans et Christophe Cassagne, Gérant de Cdclik, spécialiste de la cible des professionnels de l'enfance.

Inscrivez-vous, vous y apprendrez l'évolution de l'image de l'enfant, de la mère et du père dans la communication parentale, l'univers des supports media et hors-media dédiés à la cible des futurs et des jeunes parents, les 24 Erreurs de communication à éviter, les 18 Lois de la Communication maternelle de BabyAdgency, les différents fichiers de futurs et jeunes parents, l'utilisation des circuits de prescription (sages-femmes, puéricultrices, gynécologues, pédiatres), l'utilisation d'Internet pour toucher les jeunes familles, les 7 séquences d'une opération type de communication maternelle.

Passionnant, non ?
Inscrivez-vous vite : Frais d'inscription par participant : 850 € HT (+ TVA 19,6 %) soit 1016,60 € TTC. Soit un mois de salaire minimum pour une journée de formation, deux mois et demi de RMI mais mieux vaut le savoir, il n'y aura pas de tarif réduit accordé. Mais ce sera le jour de mon anniversaire, au diable l'avarice si l'on peut y apprendre tant de choses sur la manière de vendre n'importe quoi aux enfants...

14 janvier 2007

Where are the children (W.A.T.CH)

medium_Adriana_Portillo.2.jpgOù sont les enfants ?

Quand Adriana Portillo est arrivée chez son père, à Guatemala City, il y avait des militaires partout. Ils lui dirent que son père et sa belle-mère étaient certainement partis avec ses deux petites filles, Rosaura et Glenda. Dans la maison, les soldats étaient occupés à laver le sol. L’armée annonça par la suite qu’elle avait découvert une cache de la guérilla communiste, bourrée d’armes et d’explosifs, mais que les criminels avaient eu le temps de s’enfuir. Cependant, des témoins avaient vu la police arrêter le père d’Adriana sur son lieu de travail tandis que sa belle-mère, ses filles et d’autres proches étaient enlevés par les militaires. Cela se passait en septembre 1981. Adriana Portillo n’a pas eu de nouvelles de ses enfants et de ses parents depuis cette date. Aujourd’hui, au siège des Nations Unies à Genève, elle demande au gouvernement guatémaltèque d’ouvrir enfin une enquête sur les disparitions.

Adriana Portillo vit à présent aux Etats-Unis où elle a fondé l’association « Where Are The Children » (WATCH) dont l’objectif est de faire la lumière sur les 6 000 enfants que la police et l’armée du Guatemala ont fait disparaître au cours des années quatre-vingts. Au total, plus de 200 000 personnes auraient été victimes de ces pratiques dont l’objectif était de semer la peur et l’incertitude dans les esprits afin de décourager toute forme de rébellion. Avec la fin de la guerre civile, en 1996, l’espoir revint d’obtenir justice mais, jusqu'à présent, l’impunité prévaut dans ce pays laminé par plus de trente années d’horreurs et de génocide des populations indigènes. Les membres de la commission d’enquête mise en place par l’Eglise catholique font l’objet d’intimidations constantes. En 1998, l’évêque Juan Gerardi fut même assassiné juste après avoir rendu public son rapport sur les violations des droits de l’homme commises durant la guerre. Pourtant, Adriana Portillo garde l’espoir : si ses parents ont certainement été assassinés, ses filles ont pu être épargnées du fait de leur âge et vivent sans doute quelque part actuellement : certains enfants ont, en effet, été élevés par des militaires guatémaltèques et d’autres ont été adoptés à l’étranger...

04 mai 2006

Une vitrine à la campagne

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Le local d'Où sont les enfants à Labastide-Murat, pas loin de Vaillac.
C'est l'ancien local de l'office de tourisme, situé à l'angle de deux rues sur le chemin des écoliers. On est aussi tout près de l'Auberge du Roy de Naples, qui nous sert de salle de réunion. Les trois grandes vitrines nous permettent d'afficher beaucoup d'images, des dessins d'enfants et toute l'info qu'on recueille à propose de l'actualité en Edition Jeunesse.
N'hésitez pas à nous envoyer affiches, tracts et infos : les écoliers de Labastide-Murat aiment être tenus au courant, et le village est aussi une étape sur le chemin des pèlerins de St Jacques de Compostelle.

18 février 2006

3495 signatures



Aujourd'hui 18 février 2006, la pétition des opposants à la fermeture de la bibliothèque de Clamart a recueilli 3495 signatures. Une goutte d'eau quand on réfléchit à la violence symbolique de cette bêtise à laquelle le ministère de la culture vient de renoncer. S'il s'agissait d'une banque qui brûlait, l'évènement serait à la Une des journaux télévisés et des quotidiens qui leur emboitent le pas. Mais une bibliothèque qu'on condamne et qu'on rouvre au pays des lois Perben, de la criminalisation de l'enfance, du "Manifeste pour la défense du droit fondamental d'être accueilli et de pouvoir s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère" signé par les députés de la majorité, ceux-là mêmes qui rédigent nos lois aujourd'hui, une bibliothèque qu'on condamne ça ne veut plus rien dire. N'est-ce pas dans ce gouvernement qu'un ministre de l'éducation nous expliquait que "TOUT LE MONDE NE PEUT PAS COMPRENDRE VERLAINE." La preuve en est donc faite et le Collectif "Pour que vivent nos cités" pourra afficher "J'allais par des chemins perfides" sur les murs de Clamart.

Clamart retrouve «la Joie par les livres»
Réouverture de la bibliothèque pour enfants après accord entre la mairie et le ministère.
par Ange-Dominique BOUZET - (Libération - vendredi 17 février 2006)

Après deux semaines de mobilisation populaire pour la sauver, la bibliothèque la Joie par les livres, à Clamart, va reprendre ses activités et accueillir à nouveau les enfants, dès demain. Le collectif «Pour que vivent nos cités», qui a obtenu ce résultat en occupant les lieux, devrait les abandonner à midi aujourd'hui... Non sans avoir préparé les conditions d'une animation festive demain, pour la réouverture.

Transaction. La «JPL», mythique petite bibliothèque pour enfants implantée dans la ZEP de la cité de la Plaine il y a quarante ans, est devenue célèbre à travers le monde pour son action exemplaire en faveur de la lecture dans les milieux défavorisés. Elle avait fermé le 3 février sur décision du ministère de la Culture .

L'émoi suscité par cet oukase, et la résistance des parents ont néanmoins incité la municipalité et le ministère à revoir leurs positions. A l'issue d'une rencontre entre Philippe Kaltenbach (maire PS de Clamart) et Benoît Yvert, directeur du livre au ministère, les deux instances publiques sont parvenues à une transaction. D'un côté, pour calmer les inquiétudes invoquées par le ministère quant à la «sécurité» des lieux, la municipalité (propriétaire du bâtiment) s'est engagée à procéder à des travaux, dont les plus urgents ont été effectués cette semaine.

De l'autre, l'Etat, principal financier de La Joie par les livres, promet (de concert avec la ville) de «maintenir les moyens humains et matériels pour assurer la poursuite des activités de la bibliothèque». Une «instance de concertation» devra enfin «définir les missions de la bibliothèque, afin que ce lieu puisse poursuivre et développer ses activités».

Futur hypothéqué. Le flou des formulations officielles quant aux subventions à venir, et le refus de l'Etat d'associer le collectif des habitants à la future «instance de concertation» ne lèvent évidemment pas toute inquiétude. La complexité du statut associatif de La Joie par les livres (dont la bibliothèque se double d'un centre de documentation installé à Paris, qui édite des revues), implique une refonte. Or, il semble clair que l'Etat souhaiterait se désinvestir de la structure de Clamart pour ne garder que la partie parisienne des activités de l'association, tandis que la mairie, qui nourrit de son côté un projet de grande médiathèque pour 2007, a tendance à considérer que la petite bibliothèque de proximité de la cité de la Plaine fera alors double emploi. Même si le futur apparaît donc hypothéqué, la crise de ces deux dernières semaines aura eu un effet positif, en soulignant la sensibilité du dossier et l'attachement des habitants de la ZEP à la JPL.

Demain, la bibliothèque ronde retrouvera (momentanément ?) ses lecteurs et leurs parents. En fanfare. A 14 h 30, le maire et le directeur du livre seront de la partie, mais aussi des amis de la JPL, personnalités politiques (Jack Ralite) et auteurs jeunesse (Claude Ponti). Aux murs, il y aura une exposition de photos de Marc Riboud, représentant la bibliothèque hier (lors de son inauguration) et aujourd'hui (pendant l'occupation du collectif)...

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