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09 mars 2010

Les messages des vieilles dames

seve2.JPGEn amont de la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne 2010, la médiathèque du Tonkin accueille une exposition de Séverine Thévenet, autour de son dernier album, Ma grand-mère dans un corps sage, un livre édité chez La cabane sur le chien, dans lequel Mamie Violette évoque le temps qui passe ; son regard tendre et drôle nous ouvre les yeux sur l'importance de la transmission.

De Mamie Violette, l'auteur dit : Il y a des choses qui ne s'achètent pas et l'importance d'un grand-parent de coeur ou de sang pour un enfant n'a pas de prix. De plus, une des marionnettes de Séverine Thévenet est installée sur le parvis de la médiathèque.
Au fil des jours, les passants sont témoins de sa “résistance” : à la vie au plein air, au monde en mouvement...

Séverine Thévenet viendra à la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne les samedi 8 et dimanche 9 mai, toujours en compagnie de Mamie Violette, 1,30 m. Toutes les deux, elles déambuleront et iront à la rencontre des gens. Peut-être que Mamie Violette vous écrira un petit mot à vous aussi...

Cette exposition est l'occasion de découvrir l'univers de Séverine Thévenet, avec notamment des illustrations inédites d'un imagier à paraître en 2010, des imprimés de la maquette du livre Ma grand-mère ou l'enfance dans un corps sage, des photographies de son précédent ouvrage Litli, et enfin, un drôle de livre objet intitulé Vie privée d'un banc public.

Sur le blogre, on peut suivre la rencontre de Mamie Violette avec les personnes âgées de la Résidence du Tonkin.

"Au fil du temps", du 9 mars au 3 avril 2010.
Médiathèque du Tonkin, 2 bis promenade du lys orangé, 69 100 Villeurbanne

24 février 2010

La chambre abandonnée de Sara

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Le domino

Pour travailler aux romans de Focale, Edith est venue passer quelques jours du côté d'Arles. Dans la voiture sous la pluie, face au Rhône, elle m'a raconté Résurrection, le film qu'elle vient tout juste de terminer avec Sara : la construction des décors dans la chambre, le jeu de patience avec les poupées, l'émotion de ceux qui ont assisté à la première projection. Sur le site de Sara, j'ai trouvé quelques photographies de La dispute, un récit photographique pour continuer le film. Sara, qui est aussi la fée-marraine d'Où sont les enfants ?, nous a autorisé à les reproduire ici. Pour le plaisir de regarder.

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Eulalie

« L’idée de Résurrection a deux origines, raconte Sara. Mes rêves nocturnes d’abord. Après chaque deuil que j’ai vécu depuis ma jeunesse, j’ai fait ce rêve de la personne morte (humaine ou animale) revenant vivante, proche de moi et pourtant ignorante de ma présence. Je la voyais se mouvoir avec effort comme s’il lui était difficile d’avancer. Pourtant elle allait quelque part. Mais elle restait inaccessible.
Une rencontre dans la bibliothèque de Saint Germain en Laye ensuite, avec une classe de moyenne maternelle à qui j’ai “lu” mon album “du Temps”. Une discussion s’est élevée entre ces enfants au sujet du chien noir qui surgit dans la seconde moitié du livre : certains soutenaient qu’il était une réincarnation du chien mort, d’autres ont répliqué qu’il avait simplement ressuscité. Quelques libres-penseurs ont haussé les épaules en affirmant que quand on était mort, on ne revivait pas.
Mes rêves auraient pu m’évoquer les “revenants”. La discussion de ces enfants, si claire, si affirmée, m’a décidé à choisir la résurrection de la poupée morte.
»

À partir de février ou mars, l'exposition La chambre abandonnée, composée d'un film de 8mn et d'un récit photo circulera dans les bibliothèques de Seine Saint-Denis.

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Colère

04 janvier 2010

OK Severine

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Comme toute bonne voyouse qui se respecte, je n'ai jamais aimé noël ou alors peut être au tout debut.

Le jour ou j'ai appris que le père noël n'existait pas, je crois que ma vie a basculé ;)

Un Monde s'effondrait, j'ai commencé par perdre une partie de ma naïveté (heureusement) mais surtout par connaître le sentiment de trahison...

Mais maintenant que je suis grande je ne peux plus noircir le tableau alors avec Yu on en a fait un beau sapin de noël des villes.

J'espère qu'il vous plaira et si un père noel inventé viendrait a visiter cette page alors voici ma liste:

-Une maison pour les enfants perdus et seuls

-moins de colère (en commencant par la mienne)

-plus de respect

-toutes ces choses qui n'arriveront jamais mais qu'on proclame depuis la nuit des temps.

Je vous souhaite une belle fin d'année...

Seve / Severine Thévenet

Volé sur le Journal d'une voyouse, parce qu'on aime bien les voyouses.
De plus en plus.


(Et pour ceux qui ne l'ont pas encore rencontrée, Yu c'est Yumi, une très petite fille, la grande alliée de Severine, jeune enfant au sourire de voyouse.)

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Severine Thevenet, mariographe.

28 octobre 2009

Comme un arc en ciel

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C'est une photo reçue d'Adelap ( Alexandra de Lapierre qui flâne pour vous ). Et le début d'une histoire.

« Il s'agit toujours d'une rencontre, d'une rencontre qui pourrait se faire ou qui ne s'est jamais faite... Alexandra, appareil au poing, traque les êtres, les objets, les lieux au moment de leur rencontre, mais surtout avant, après et évoque même quelquefois uniquement la probabilité d'une rencontre. »

C. Faou-Cresson

21 octobre 2009

Photo reçue

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© Estelle Dougier, Montmartre.

Le métier d'éditeur est un travail solitaire et L'atelier des roues où on travaille est encore rempli de bureaux vides. Mais le fait d'éditer des livres avec à l'intérieur des photos amène, en plus du boulot habituel une joie secrète, primordiale aujourd'hui. Dans les messages qu'on reçoit, il y a souvent des images. Simple fichier en pièce jointe, à mes yeux c'est quand même un cadeau. J'imprime les images avec ma vieille imprimante, je la scotche au mur face auquel je travaille et ça me donne envie de continuer. Et l'idée de montrer ici certaines de ces images. Celle-ci par exemple, envoyée par Estelle Dougier et dont la légende pourrait être Où sont les enfants ? Je dis ça à cause du poème de Catherine Leblanc, ils sont loin devant elle écrit, comme la gamine sur la photo. Avant-hier, lundi matin c'était plusieurs photos d'Alexandra de Lapierre que je vous montrerai, comme un fou rire avec ses deux enfants.

20 octobre 2009

Sujet photo-sensible

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© Angelle, octobre 2009

C'est une photo trouvée. Je ne l'ai pas ramassée dans un train comme un journal abandonné,  personne ne l'avait oubliée sur un banc mais j'aurais aimé avoir cette image entre les mains, la ramener le soir à la maison et la montrer à mes enfants. Cette photo je l'ai trouvée sur un site, Angelle d'un jour où je vais presque chaque jour depuis 4 ans. Parce qu'une photographe y dépose ses images, presque chaque jour, et qu'il s'est établi peu à peu une correspondance entre mon regard et ses images à elle. Un jour, dans la pièce où j'écris j'accrocherai sur le mur cette image de l'enfant qui regarde.  Un peu à droite de la fenêtre par où je regarde, moi aussi, les arbres et les signaux de la forêt qui appellent.

29 septembre 2009

Mireille Loup

Nocturnes-MireilleLoup.jpgAlors rendez-vous demain mercredi, de 18h30 à 21h à la Galerie Magda Danysz, 78 rue  Amelot, 75011 Paris.

On y présentera Nocturnes et les garçons, au milieu des photos originales de Mireille Loup. Un tirage de tête, limité à 100 exemplaires, a été réalisé à cette occasion.

Et pour présenter Mireille Loup, rien de mieux que ce portrait en dernière page de Nocturnes :

Mireille Loup déteste les jours où rien ne se passe. Les dimanches de pluie, par exemple. On attend, le nez morveux et la bouche baveuse, derrière la fenêtre. Aussi, Mireille a passé le temps en fabriquant des choses dans sa chambre : des dessins d'abord, puis des photographies lorsqu'elle a grandi. Fabriquer illuminait ses dimanches, et bientôt tous les jours de la semaine. C'est comme ça qu'elle est devenue photographe.

« Mireille Loup » est son vrai nom. Ses parents l'ont appelée Mireille pour rimer avec soleil et merveille. Mais ils n'ont pas pensé que ça rimait aussi avec vieille et bouteille. Mireille s'appelle Loup parce que ses ancêtres vivaient dans la montagne, sans jamais parler à personne. Sauvages comme des loups. Heureusement, l'époque a changé.

Mireille parle énormément et à tout le monde. Elle parle parfois sans s'arrêter et ses amis baîllent d'épuisement à force de l'écouter. Un jour, ils lui ont dit qu'elle pourrait peut-être parler en silence (ses amis sont des coquins). C'est à ce moment que Mireille a eu l'idée d'écrire. Ecrire, c'est parler en silence !

Mireille aime faire l'idiote : danser n'importe comment devant la glace, ou prononcer à toute vitesse des dizaines de mots grossiers. Mireille est rigolote, surtout quand elle est fatiguée : elle mélange les mots et s'emmêle à la bandoulière de son apparail photo. Elle adore dévorer des pizzas tout en s'écriant : « Oh, non, je suis trop grosse ! » ou avaler gloutonnement crêpes et pâtes, en répétant : « Je dois manger au moins cinq fruits et légumes par jour ! »

Mireille Loup n'est vraiment pas raisonnable.

03 septembre 2009

Expos

En septembre, Lucie Pastureau expose à Paris ( VANDERSTEGEN, 1 rue Gustave Goublier, 75010. Vernissage le jeudi 10 septembre, à 18h30) ainsi qu'à Arles, où l'exposition Proche(s) est prolongée à L'atelier du midi. Quant à Séverine Thévenet, elle montrera les photos de Litli soliquiétude à Liège, dans le cadre de l'exposition "Emerveillements" ( Les Brasseurs, rue des brasseurs, 6. Liège. Vernissage le samedi 12 septembre, à 18h)

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:: how to disappear completely

and never be found ::

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dorothée smith + lucie pastureau

illustration sonore : Sir Alice

une proposition d’abel llavall-ubach

 

En référence au titre du guide écrit par l’américain Doug Richmond expliquant pas à pas comment réussir un changement d’identité et à celui du morceau aérien du groupe anglais Radiohead, cette exposition rassemble le travail de deux jeunes photographes - Dorothée Smith et Lucie Pastureau - sur le thème de la jeunesse et de la construction identitaire.

Les photos de Lucie Pastureau racontent, sur le registre de l’album de famille, cette période aux frontières floues, entre l’adolescence et l’âge adulte. Les clichés sont pris sur le vif et capturent des instants de partage et d’intimité. On observe, dans la droite lignée de « l’école » de Boston, une esthétique sans calcul ni mise en scène. Seule compte la transmission d’une expérience privée où les sujets se définissent par rapport à leurs pairs.

Aussi, le parti pris esthétique renvoie ces expériences collectives au passé : « and never be found again…. »…. sauf en photos, qui une fois exposées au public, s’octroient une certaine valeur documentaire et rendent compte des codes et des rites initiatiques d’une tranche de vie.

29 juillet 2009

Dans les photos qu'on n'oublie pas : Le grenier d'Estelle Dougier

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© Estelle Dougier - « Le grenier », 2007

Dans le courrier qu'on reçoit il y a parfois des ébauches de livres. Quelques photos et une idée. D'autres fois le livre existe déjà, objet précieux et important entre nos mains qui viennent d'ouvrir l'enveloppe. « Le grenier » est un de ces livres qu'on n'oublie pas, qu'on a gardé longtemps en hésitant. Un livre avec des photos d'Estelle Dougier et un poème d'Eléonore Cannone, qui avait fait paraître la même année  « Elle, pinces et dépendance», son premier roman aux éditions de l'Altiplano. Et puis un jour on décide que «Le grenier» ne sera pas un livre d'Où sont les enfants ? Une décision à contre cœur, parce que le texte est habité par l'esprit de l'enfance, au moins autant que les images. Il y a l'émerveillement des yeux qui découvrent, et en même temps la nostalgie pour une enfance passée. Cette nostalgie que les enfants ne peuvent pas ressentir. C'est ce projet, et quelques autres reçus au fil des mois, qui nous a fait imaginer une collection de photolittérature qui ne s'adresserait pas aux enfants.
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© Estelle Dougier - « Le grenier », 2007

Pendant l'été, Estelle Dougier est venue aux Rencontres d'Arles. L'occasion de croiser une photographe dont nous avions pu suivre depuis deux ans le travail, et d'imaginer avec elle d'autres livres. Le hasard a fait qu'elle avait exposé l'été dernier à L'atelier du midi, rue du Sauvage, ce lieu où Lucie Pastureau et Lionel Pralus montraient leur travail en juillet. Voici ce qu'Estelle disait des photographies du Grenier, à l'occasion d'une interview pour le webzine Platform (numéro 5) : « De façon générale, je suis très attirée par l'univers de l'enfance et des souvenirs qui y sont liés. J'ai eu l'idée ( je ne sais pas vraiment comment ) de faire des photographies d'un vieux grenier où l'on retrouverait des souvenirs de ces moments passés à travers de vieux jouets, d'anciens objets oubliés... J'aime ce type de lieu un peu fermé, à la fois nostalgique et poétique.»

D'autres photos d'Estelle Dougier sont visibles sur son site. Elles explorent les mondes de la nuit, de l'enfance et du spectacle tout autour de la rue Lepic où elle habite à Paris, dans d'autres villes à l'étranger où elle promène ce regard solitaire qui s'en va explorer. Il faut l'écouter raconter ses marches la nuit dans les villes, à l'affût des lumières et des reflets, son vieil Hasselblad 501 CM posé sans pied à même le sol. Accroupie au dessus du boitier, elle cherche l'image et inquiète un peu les noctambules qui viennent l'interroger, si bien qu'ils peuvent se retrouver eux aussi à l'intérieur de l'image. La photographie peut devenir ce piège que provoquent la nuit les rencontres.

A lire aussi : Estelle Dougier, poésie et nostalgie sur lesPHOTOGRAPHES.com
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© Estelle Dougier

27 juillet 2009

La dernière heure

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samedi 25 juillet 2009, 05h00, Bondieuse (Bourgogne), © angelle

Dans la nuit de vendredi à samedi furent mises en ligne les deux dernières images d'Angelle et Marilia Destot. L'ensemble des 48 photographies, mises en ligne jour après jour sur LA MEME HEURE, QUELQUE PART AILLEURS... interroge le temps d'une étrange manière, à travers le regard de deux archivistes du sensible, attentives l'une et l'autre au passage des heures et des jours, du jour à la nuit à travers deux continents. Le temps est le véritable sujet de la photographie, comme en attestent les écrits et les images de Denis Roche. Ici, c'est le travail de deux amies photographes qui en apporte la preuve par petites touches, heure après heure, sans rien théoriser pour pouvoir approcher le mystère du regard.

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vendredi 24 juillet 2009, 23h00, New York, © Marilia Destot