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04 janvier 2010

OK Severine

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Comme toute bonne voyouse qui se respecte, je n'ai jamais aimé noël ou alors peut être au tout debut.

Le jour ou j'ai appris que le père noël n'existait pas, je crois que ma vie a basculé ;)

Un Monde s'effondrait, j'ai commencé par perdre une partie de ma naïveté (heureusement) mais surtout par connaître le sentiment de trahison...

Mais maintenant que je suis grande je ne peux plus noircir le tableau alors avec Yu on en a fait un beau sapin de noël des villes.

J'espère qu'il vous plaira et si un père noel inventé viendrait a visiter cette page alors voici ma liste:

-Une maison pour les enfants perdus et seuls

-moins de colère (en commencant par la mienne)

-plus de respect

-toutes ces choses qui n'arriveront jamais mais qu'on proclame depuis la nuit des temps.

Je vous souhaite une belle fin d'année...

Seve / Severine Thévenet

Volé sur le Journal d'une voyouse, parce qu'on aime bien les voyouses.
De plus en plus.


(Et pour ceux qui ne l'ont pas encore rencontrée, Yu c'est Yumi, une très petite fille, la grande alliée de Severine, jeune enfant au sourire de voyouse.)

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Severine Thevenet, mariographe.

11 décembre 2009

Portes ouvertes le 18 décembre

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La première fois

En Arles, la Maison des Éditeurs n’a pas un an d’existence.
Peu à peu, des entreprises viennent s’y installer, comme cette semaine L'oiseau Indigo Diffusion, porté par Isabelle Gremillet.
Pas encore une année mais le désir de travailler à plusieurs est déjà là : boire des cafés, partager des enthousiasmes et des découvertes, apprendre de l’autre, échanger des infos et des regards.

Une Maison des Éditeurs pourrait être tout cela et beaucoup plus, presque une utopie au quotidien et ce 18 décembre, un vendredi, c’est une première fois, la volonté d’ouvrir les portes et de montrer un travail d’édition entrain de se faire.
En collaboration avec le Prides -Livres & Disques- et la Ville d’Arles, d’autres rendez-vous seront programmés
en 2010.
Alors à suivre…

Le 18 décembre, de 15 à 19h
à la Maison des éditeurs et des industries culturelles
Atelier des Roues, 7 rue Yvan Audouard, 13200 ARLES
rencontre avec les éditeurs
La fabrique sensible - livres d'artistes
&
Où sont les enfants ? - livres jeunesse
et les auteurs
pour une présentation de livres :
Instant de doute, de Michèle Sylvander
Dédales d’Avignon, de Max Char volen
&
Nocturnes ou les garçons perdus, de Mireille Loup.

Des vidéos des 3 artistes seront présentées,
ainsi que la Bibliothèque Mobile de Andrea Blum,
des peintures de Max Char volen
et des photographies de Mireille Loup

Cet événement sera également l’occasion de rencontrer les entreprises implantées sur le site :
- La Compagnie Events

- MAIN, Festival international de création numérique en temps réel
- La Cuisine et TACA, l'agenda culturel du pays d'Arles

Et à partir de 18 heures on pourra boire un verre, pirouette cacahuètes..
Portes ouvertes organisées avec le soutien de la Ville d’Arles et du Prides Livres et Disques.

 

17 novembre 2009

La nuit, les livres, la connaissance de l'impossible qu'on avait à huit ans

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La nuit les livres reprennent ce pouvoir qu'ils perdent le jour aux yeux des adultes. La nuit la puissance leur revient, ils redeviennent talismans entre les mains des enfants. A nouveau ils peuvent répandre - La rivière à l'envers - l'ancien appel des forêts primitives où va le lecteur pour se perdre. A nouveau l'amitié animale dans leurs yeux juste avant le sommeil - Chien bleu, Crin Blanc -

Je n'oublie pas ce petit garçon dont la maman nous a écrit : son fils avait deux ans, il glissait Litli soliquiétude sous son oreiller pour faire venir le bonhomme dans son rêve.

Dans La vie matérielle, Duras me parle à l'oreille de cette enfance presque nue face aux livres. Et morte elle a gardé cette voix éraillée de vieille femme prête à rire, elle veut me murmurer des horreurs qui font peur, des horreurs que j'essaie seulement d'écouter les yeux fermés, juste avant que le sommeil ne revienne : « C'est vrai, je confirme ce que je disais à Veinstein, il ne s'agit pas de souffrance mais de la confirmation d'un désespoir initial, d'enfance presque, on pourrait dire, juste, comme si tout à coup on retrouvait la connaissance de l'impossible qu'on avait à huit ans, devant les choses, les gens, devant la mer, la vie, devant la limitation de son propre corps, devant les arbres de la forêt auxquels on ne pouvait pas accéder sans risquer de se tuer, devant les départs sur les paquebots de ligne comme pour toujours, toujours, devant la mère qui pleure le père mort dans un chagrin que l'on sait enfantin et qui cependant peut nous l'enlever. » (Duras. Les forêts de Racine. La vie Matérielle, P.O.L., 1987)

La nuit c'est la force des livres, puisque après les avoir refermés près du lit ils reviennent. A travers veille et sommeil, ils envahissent le peu de mémoire qui restait, les yeux qu'on garde ouverts dans le noir, la rivière à l'envers dont les mots continuent.

T.

28 octobre 2009

Comme un arc en ciel

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C'est une photo reçue d'Adelap ( Alexandra de Lapierre qui flâne pour vous ). Et le début d'une histoire.

« Il s'agit toujours d'une rencontre, d'une rencontre qui pourrait se faire ou qui ne s'est jamais faite... Alexandra, appareil au poing, traque les êtres, les objets, les lieux au moment de leur rencontre, mais surtout avant, après et évoque même quelquefois uniquement la probabilité d'une rencontre. »

C. Faou-Cresson

16 septembre 2008

Les photographies

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© Taraf Zélie Bordela

C'est un passage. Et un apprentissage en même temps alors on continue, on continue d'inventer des livres tant qu'on pourra. C'est pendant les déménagements que les photos se perdent, écrit Duras dans La vie matérielle. Pour ma mère, la photo d'un enfant petit était sacrée. Pour revoir son enfant petit, on en passait par la photo. On le fait toujours. C'est mystérieux.

Et plus loin : Je crois  qu'au contraire de ce qu'auraient cru les gens et de ce qu'on croit encore, la photo aide à l'oubli. Elle a plutôt cette fonction dans le monde moderne. Elle écrivait ce livre en 1987, l'année où je suis allé la voir un soir, parler de l'écriture, des livres et de cette idée qu'ils sont adressés à quelqu'un, autant qu'une lettre dans une enveloppe, avec un nom écrit dessus. Les livres d'Où sont les enfants ? sont adressés aux enfants. Certains d'entre eux nous écrivent, ils disent que le livre est arrivé à destination, merci beaucoup, comme Lucien qui a huit ans. Je crois que Litli s'adressait à Lucien, et qu'en faisant le livre on ne savait pas très bien, on espérait quand même un peu. Oui. C'est difficile à avouer. On espérait juste que Lucien existe et qu'il rencontre un our le livre.

Les livres qu'on prépare, ils sont pour Juan venu d'Argentine jusqu'à Espedaillac. Maintenant que je sais je peux le dire. Ils sont pour Eliane aussi qui s'ennuie le dimanche à Limoges, pour Noé et son cousin Igor, Nasser à Beyrouth et Terek le tchétchène réfugié au village, pour eux oui, pour Gaëlle qui a cinq ans et Severo qui en a presque neuf, les yeux ouverts la nuit à Tarascon où il habite avec sa tante et Maria, sa maman sans papiers. Je parle des livres qu'on veut, ceux qu'on s'obstine à façonner. Des livres qui auraient le pouvoir de raconter un morceau du monde à Juan, à Igor & Noé parce qu'il ne voient pas pourquoi il est tellement zarbi, ce monde-là. Zarbi et palpitant (dans les photos parfois un cœur palpite, et les enfants le savent, ils regardent et ils savent). Il y a 20 livres qu'on prépare, impatients comme Noé à deux ans, 20 livres à dessiner avec à l'intérieur un cœur assez puissant.

 T.

02 septembre 2007

Pour en finir avec les images pieuses

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 La sagesse est instinct

De l'enfance à la vieillesse
 qui n'est qu'un retour à l'enfance,
 l'état adulte
 n'est trop souvent que velléités,
 leurres et prétentions d'omnipotence.
 Par opposition, l'enfance,
 toujours sous ou surestimée,
 devient infirmité ou handicap, âge d'or, vert paradis ou
 fatalité irrémédiable.
 A trop la protéger, on lui ment.
 A trop la bercer, on l'endort ou la fragilise.
 Seule, la vérité –toujours synonyme de cruauté –,
 simplement et sainement dite,
 peut favoriser
 la juste interprétation personnelle du monde et,
  pour la transmettre,
 Le livre pour la jeunesse
 est son instrument idéal


Ce texte figurait en première page du premier catalogue de François Ruy-Vidal, en 1967, et constitue en somme une profession de foi naïve mais sincère en faveur du livre pour la jeunesse. Elle témoigne aussi des intentions de l'éditeur de ne pas se cantonner, en matière de textes et d'illustrations, dans les territoires prudemment circonscrits par la tradition éditoriale de l'époque. C'était le début d'une aventure éditoriale impressionnante, semée d'embûches et d'opposants, car il s'agissait alors, pour F. Ruy-Vidal et Harlin Quist, de créer un nouveau type de livre où "le discours graphique acquerrait son statut et l’illustration s’émancipait de son insignifiance et de sa connotation gentillette d’image pieuse. Elle briguait même son rôle d’œuvre à part entière."

Tous les écrits de François Ruy-Vidal sont consultables ici. On vous le dit, c'est un trésor à aller lire. A la naissance de cette idée que la littérature pouvait s'écrire en couleurs.

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© Alain Gauthier - Livre fleur - 1984 
Affiche de l'exposition La littérature en couleurs,
conçue par Janine et Jean-Marie Despinette.