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24 juin 2008

Alice

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© Alice Sidoli / Où sont les enfants ?

Image réalisée pour l'album La chaise vide (à paraître). 

C'était il y a quelques années. Ils jouaient dehors, l'enfant et le vieil homme, attablés. Je suis entrée pour les photographier à travers la vitre. J'aimais l'idée de leur voler cette intimité, tout en m'effaçant assez pour la leur laisser. C'était aussi, je crois, une manière d'être en-dehors, mais de témoigner.

Lorsque j'ai développé la pellicule, elle m'a dit « Tu as un regard ». Il y a des phrases d'elle qui m'ont marquée. Je sais depuis qu'écrire est aussi une façon de regarder. De donner des images, de les faire naître, lorsqu'elles-ci sont si imprégnées en nous que l'on tourne parfois une heure pour trouver trois mots, les trois mots justes qui diront, précisément, ce que l'on a vu.

Alice Sidoli est photographe, et nul besoin de la connaître pour ça. Juste à regarder ses images. Mais marcher avec elle, dans les nuits d'une ville orange, en donne la certitude. Elle s'arrête à chaque coin de rue. Elle guette les détails des ombres sur les murs, elle sait les passants, les mains tendues, les lumières et les courbes, les choses dans l'air, les routes à prendre. Elle a ce que Michael Freeman, et d'autres, appellent « l'oeil du photographe. « Cette façon si particulière de déceler en chaque chose vue une image potentielle ».

m.

18 juin 2008

Les enfants de Lectoure

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C'est une classe de CE2, la classe du directeur de l'école Gambetta à Lectoure. Je le dis, j'ai tendance à admirer ceux qui apprennent à lire aux enfants, fonction presque sacrée dont on oublie vite l'importance à force de débats sur la bonne méthode. Mais quand en plus ces enseignants dirigent une école, et qu'ils se lancent dans un projet avec Où sont les enfants ?, il faudrait au moins inventer un nouvel ordre du mérite à la Légion d'honneur. Ce héros de la nation s'appelle Serge Jourdana, et ses élèves ont appris dans sa classe à aimer les livres, aimer pour de vrai, je l'ai vu.

Dans la tête ils ont aussi l'idée de faire un livre, un vrai livre comme ils disent. Alors il faut écrire une histoire, apprendre à fabriquer les phrases, à construire l'ossature d'un récit et puis avec Juliette Armagnac, mettre en scène les photos qui serviront d'illustrations au livre. L'idée de ce projet est venue de Marie Paule Fontano, bibliothécaire dans la même ville, au milieu des champs entre Auch et Agen. Depuis l'hiver on avance avec elle, avec son énergie à elle, on essaye d'avancer en cherchant comment écrire et imager ce livre avec 28 enfants. Et ce n'est pas simple à mener, encore moins à raconter.

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Le livre retrace la quête d'un livre disparu. Est-ce parce qu'Alberto Manguel est venu raconter sa passion des livres entre les murs de la bibliothèque ? Ou tout simplement parce que la classe participe au Prix des Incorruptibles ? C'est un livre dont les pouvoirs dépassent ceux de la littérature, et relèvent bien plutôt de la haute magie. Il faudra lutter pour retrouver ce livre, et les enfants on le sait sont des héros intrépides, prêts à affronter les pires crapules dans les rues de Lectoure.
 
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Tout à l'heure, à l'IUFM d'Auch on racontera ce travail et je n'ai pas pensé à demander aussi qu'un enfant puisse raconter. Quatre adultes entourent ce projet - un enseignant, une photographe, une bibliothécaire et un éditeur - mais les 28 enfants ont apporté leur énergie, leurs envies, leur mémoire de lecteur et leurs talents d'apprentis comédiens. Comment raconter ce que devient ce livre dans leurs pensées, et ce qu'ils en attendent ? Trop tard. Mais c'est sûrement le plus précieux, et qu'il faudra écouter. Peut-être en trainant dans la cour de récré où, le premier jour je m'en souviens, presque toutes les petites filles ne portaient que du rose.

T.B. 

06 juin 2008

les photos du dimanche

ça fait des jours que je cherche les mots pour raconter une image.

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C'est une photographie d'Isabelle Vaillant publiée dans la revue Envols d'Enfance. Alors quand je ne trouve pas les mots, je cherche ailleurs, ce que les autres ont dit avant moi. Je fouille pendant des heures dans cette toile gigantesque et terrifiante qui fait parfois oublier que des livres attendent sur la table près du lit. Hier soir, j'ai renoncé. J'ai pensé : tu ne pourras pas dire, à quel point cette image te touche. J'ai éteint l'ordinateur et j'ai pris le livre tout en haut de la pile. Les déferlantes, de Claudie Gallay. J'ai compris alors pourquoi cette image d'Isabelle Vaillant m'accompagnait autant. Parce qu'elle a soudain donné pour moi un visage à la narratrice de ce livre, qui cherche dans les vagues l'enfance qui ne guérit pas.

Lange--mother%20and%20child.jpgCe soir j'ai refait le chemin des autres jours. Qui m'a menée des photographies d'Isabelle Vaillant à celles d'Hugues de Wurstemberger et même, en cherchant encore, à celles de Dorothea Lange. C'est la couverture de L'histoire de Bone, de Dorothy Allison. ça rend un peu fou, Internet. On trouve des images quand on cherche des mots. Des bavardages quand on aspire au silence.

J'ai juste quelques pages à finir et Les déferlantes me quitteront. Avec cette image, qui reste. "Il faut du temps pour comprendre, pour découvrir que l'enfance, c'était la certitude de l'immensité." (Isabelle Vaillant)

m.

 

La première chambre noire

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© Evgen Bavcar - Veronique and the duck 

Il suffit parfois d'une image pour fasciner. Une photographie envoyée par la poste, Véronique and the duck d'Evgen Bavcar, découpée et collée dans une lettre d'enfant. D'autres fois c'est une phrase qui fascine : « À 12 ans, j'étais amoureux d'une jeune fille qui portait ses cheveux noués en une longue queue de cheval. Je me suis plongé dans sa chevelure et je n'ai depuis jamais trouvé la sortie. » Evgen Bavcar s'amuse à raconter cette histoire inventée lorsque, un peu agacé par la récurrence de la question, on lui demande comment à l'âge de 12 ans il est devenu aveugle. Une marque de l'originalité de ce personnage qui, comme pour relever le défi de son handicap, a fait de l'image sa spécialité et de la photographie son œuvre. Naturalisé français, cet artiste slovène expose un peu partout. Diplômé de philosophie, il est souvent convié à s'exprimer sur le statut de l'image. C'est en effet à ce sujet entre autres1 qu'il se consacre depuis 1976 au sein de l'Institut d'esthétique des arts contemporains (IEAC) à Paris. Mais son intégration administrative n'a pas été simple, même si, « pour les directeurs successifs de l'Institut, ma cécité n'a jamais été un problème. Et pour cause : en sciences humaines, l'acceptation que tout homme est handicapé dans son corps et dans son esprit est le point de départ de toute réflexion. » Il obtient finalement en 2001 un poste réservé d'ingénieur d'étude à l'IEAC.

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© Evgen Bavcar - Tree with swallows

Son activité de photographe artiste et son travail de chercheur sont intimement liés. « Je m'intéresse à la photographie non comme technique mais comme idée. Non à l'invention du XIXe de Niepce ou Daguerre mais à ses origines conceptuelles. Pour moi, la première chambre noire est la caverne de Platon2, explique le chercheur. Il faut distinguer le visuel, ce que voient nos yeux, du visible, ce que voit notre esprit. Le sens n'est pas donné seulement par les expériences visuelles, mais aussi par celles invisibles à l'œil. D'ailleurs la science n'aurait pas de sens, sans cela. » Cette nécessité de mettre la photographie au service de l'âme et des autres perceptions a fait dire au poète allemand Walter Aue qu'Evgen Bavcar était le quatrième inventeur de la photographie, après Niepce, Talbot et Daguerre.

Evgen B. étudie associe ses recherches sur l'image à celles que mènent des astrophysiciens tels que Peter Von-Ballmoos3, qui lui expliquait : « Nous autres astrophysiciens sommes tout aussi aveugles que toi, nous ne pouvons pas voir l'Univers, ce que nous voyons n'est qu'interprétations de ce que proposent nos techniques. En science, c'est très souvent le cas. »

Comète de Hale-BoppComment réalise-t-il ses portraits ? En évaluant les distances avec ses bras et en utilisant l'autofocus de son Leica pour la mise au point. Mais on reste surpris devant le cliché qu'il réalise en 1997 de la comète de Hale-Bopp. Il juge le résultat de ses prises de vue en les faisant décrire par sa nièce ou ses amis. Cet homme bienveillant au visage paisible, au regard bleu, au collier poivre et sel, garde un certain mystère. « J'ai été invité à Marseille comme membre du jury pour des œuvres vidéo d'artistes contemporains, on me racontait les films, explique-t-il. Un pianiste aveugle était aussi invité, poursuit-il d'un ton admiratif, on lui a demandé d'improviser sur les films muets. » Silence. « C'est cela que j'appelle l'intelligence suprême. »

Notes :

1. Il travaille aussi sur l'esthétique en philosophie, en littérature et en poésie.
2. La caverne de Platon : métaphore par laquelle Platon explique le monde concret et celui des idées.
3. Professeur d'astrophysique au Centre d'étude spatiale des rayonnements de Toulouse.


05 juin 2008

La peur du loup


 
 
 
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© Diane Ducruet - Manga photographique 

La peur du loup, c'est le titre d'un dossier de photographie.com paru au mois de mai. On y retrouve une série d'articles et de dossiers sur les quelques photographes qui ont tenté l'aventure en imaginant des livres capables de raconter d'autres histoires, à l'aide de la photographie. En voici l'édito, signé par François-Marie d'Andrimont :

« Pratiquée par tous, destinée à tous, la photo ne concerne pourtant pas tous les jeunes de 7 à 77 ans. En effet, certaines tranches d'âge sont ignorées. Où sont les enfants ? demande l'éditeur Tieri Briet. Pourquoi les albums photo destinés à la jeunesse sont-il peu nombreux ?que la photo est un langage qui ne fonctionne pas chez les plus petits..." Il comprend alors que cette théorie est née des propos tenus par Françoise Dolto sur France Inter à la findes années 70. La célèbre pédo-psychiatre qui était un prescripteur important en matière de littérature destinée à la jeunesse a dénoncé le caractère traumatisant, selon elle, des photos de Sarah Moon. Le Petit Chaperon rouge était, à cette époque, un des rares albums à utiliser la photo.
Associer photo et enfant est devenu un tabou majeur depuis quelques années. À tel point que la banale photo de classe exige des photographes d'école moultes autorisations. Début avril, lors de l'inauguration de l'exposition collective "Humain, très humain" François Hubert (Le directeur du Musée d'Aquitaine) a refusé de montrer les clichés de Christian Delecluse représentant des pères complètement nus avec leurs enfants de "peur de choquer avec les problèmes de pédophilie ou d’inceste". L'imbécile censure érigée en principe de précaution… »

Parmi les 7 000 titres qui naissent chaque année sur le marché du livre jeunesse, l’album illustré par la photographie est quasi-absent. À peine 1%. La faute aux idées reçues telles que “la photo ne convient pas aux enfants”, “la photo ne permet pas la créativité”. Force est de constater la méconnaissance de cet art, de la part des enfants mais aussi de leurs enseignants, de leurs parents... Alors au pays de la photographie, dans ce monde d’images qui nous entoure, Où sont les enfants ?
Voici le dossier que consacre Photographie.com au sujet de la photographie enfantine. Ici, nous donnons la parle aux Éditeurs, aux photographes, et à ceux qui consacrent leur temps à la transmission de leur savoir aux plus petits.
Ce sujet vous intéresse ? Vous fait réagir ? N’hésitez pas à nous faire parvenir votre sentiment sur le thème du rapport entre la photographie et les enfants à studio@photographie.com

diane475.jpg Sisyphae : un manga photographique sans éditeur
Photographies de Diane Ducruet
En 2004, lors de sa résidence d’artiste à Niort avec Joan Fontcuberta, Diane Ducruet, avait alors décidé de réaliser une "BD"/Manga photographique pour enfant/jeune ados. L’ensemble des images réalisées sur place a mis deux ans avant de prendre la forme d’une proposition mise en page par Yann Gobert, Graphiste Free-lance. Après de nombreux mails, et démarches aucun éditeur ne s’intéresse à ce projet : la relation entre photographie et enfance serait-elle si malheureuse ?
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La mer racontée aux enfants
Livres de Philip Plisson
"Il n’y a pas que le cercle des photographes intellos parisiens pour parler aux enfants. Il y a aussi dans vos provinces, des femmes et des hommes qui s’investissent pour faire rentrer la photo et la mer dans le cœur des enfants." Le célèbre et incontournable photographe de mer, Philip Plisson, nous présente ses nombreux ouvrages consacrés à la photographie de mer, dédiés aux très jeunes lecteurs.
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Livres de photographies pour enfant : François Delebecque récidive
Fort du succès rencontré par son ouvrage photographique destiné aux plus jeunes “Les animaux de la ferme”, distingué par le prix des bébés lecteurs 2008 à Nanterre le 22 mars, François Delebecque renouvelle l’expérience. Au total, traduits du français en hollandais, catalan, espagnol, suisse et allemand, pas moins de 30 000 exemplaires ont été écoulés dont la moitié à l’étranger. Des chiffres dont le photographe n’a pas a rougir quand on sait que près de 7 000 livres pour enfants, photographiques ou non, naissent chaque année.
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briet75.jpg Mais Où sont les enfants ? Pourquoi les albums jeunesse photo sont-ils si peu nombreux ?
Entretien avec Tieri Briet (co-fondateur des Éditions Où sont les enfants?)
Avant de travailler avec Où sont les enfants ?, je n’imaginais pas que la photo puisse être aussi inventive pour illustrer un texte. Elle peut, autant qu’un dessin et parfois plus, faire appel à l’imaginaire, introduire ombre et lumière entre les mots.” Ce témoignage de Catherine Leblanc, auteur du livre pour enfant Litli illustré par les photographies de Séverine Thevenet, pourrait faire taire l’idée reçue selon laquelle les enfants ne sont pas sensibles à la photographie.
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  Quand les enfants déclenchent
La photographie, un monde mystérieux
Patrick Devresse et Horric Lingenheld ont la même passion : la photographie ; la même mission : l’enseigner. Dans la même région, le Nord-Pas-de Calais, chacun à leur manière, ils interviennent auprès des plus jeunes pour leur transmettre leur savoir. Questionnés au sujet du rapport entre les enfants et la photographie, les deux passionnés se rejoignent sur de nombreux points.
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21 mai 2008

Drôles de lecteurs à Monbazillac

Les éditions Où sont les enfants ? se sont démultipliées ce week-end en prenant part à deux salons simultanés : celui qui se déroulait à Montauban et le festival Drôles de lecteurs, organisé à Monbazillac. Une expérience d'ubiquité riche d'enseignements.

Pour ma part, je vous parlerai du festival Drôles de lecteurs, dont c'était la première édition, organisé par l'association de promotion de la littérature jeunesse Eclats de Lire

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Un premier essai transformé en coup de maître puisque ce festival s'est déroulé à la perfection dans une ambiance chaleureuse, studieuse et conviviale. Eclats de lire n'avait pourtant pas choisi la facilité en organisant des rencontres et une programmation riches et variées, impliquant de nombreux intervenants d'univers différents.

Le vendredi était consacré aux rencontres avec les écoliers de Bergerac et Monbazillac. Tous les éditeurs, auteurs, illustrateurs invités au festival se sont prêtés au jeu des questions/réponses afin de piquer au vif et de satisfaire la curiosité de ces drôles de lecteurs. Où sont les enfants ? avait axé sa participation autour des photographies de Chrystelle Aguilar, qui a illustré La Nef des fous, Histoire à dormir debout et Amour à gogo. Les interventions se sont déroulées dans des très bonnes conditions grâce au travail préliminaire des enseignants qui avaient fait découvrir les albums à leurs élèves. Ces derniers étaient ravis de découvrir l'exposition des images de Chrystelle et de mieux comprendre comment ces photographies sont créées, prennent place dans l'histoire et finalement dans le livre. Ce fut aussi l'occasion de corriger moult préjugés et fausses idées sur le métier d'éditeur et d'en montrer les attraits et les aventures qu'il permet de vivre.

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 Atelier de Stéphane Nicolet, illustrateur, membre d'Eclats de lire et organisateur du festival © Monbazillac au jour le jour

 

La journée du samedi était ouverte au public, les enfants traînant leurs parents de stand en stand pour leur montrer et leur expliquer les merveilles découvertes la veille, les parents souvent heureux d'écouter l'enthousiasme de leurs enfants pour des livres, bien que parfois décontenancés par les livres originaux, atypiques qui leur étaient présentés, les éditeurs, auteurs et illustrateurs venant alors à la rescousse des enfants pour raconter leurs livres et leur maison. Des animations variées émaillaient la journée pour le plaisir des petits et des grands : ballade contée avec Dominique Corazza, Photo-conte avec Clémentine Magiera, ronde de roulottes pleines de surprises livresques, clown-dompteur de livres, chorégraphie de danse contemporaine autour des éléments traditionnels du conte, etc ...   

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 Une roulotte pleine de mystères et de surprises © Monbazillac au jour le jour

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 Un dompteur de livres plein d'humour et de poésie qui a bien fait rire les enfants

© Monbazillac au jour le jour

 

Autant de festivités auxquelles j'aurais aimé assister, notammant le photo-conte de Clémentine, mais le public était bien au rendez-vous pour cette première édition et j'étais occupée au stand toute la journée.

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Le stand Où sont les enfants ? avec l'exposition des photographies de Chrystelle Aguilar

Saurez vous reconnaître la sympathique auteur jeunesse qui feuillette nos albums ? © JML 

Quelle est donc la magie qu'Eclats de lire a su mettre en oeuvre pour faire de ce festival Drôles de lecteurs une réussite pour le public, pour les éditeurs et pour eux-mêmes ? Avant tout, je crois qu'ils ont su développer une vraie coopération avec les autres acteurs du livre de la région : les bibliothèques, les libraires, les enseignants, les conteurs... afin de créer une véritable dynamique locale qui a permis un travail en commun et en profondeur, puis l'affluence d'un public bien sensibilisé en amont. Eclats de lire bénéficie aussi d'un réseau de bénévoles agréables, bien organisés et motivés qui ont su mettre tout le monde à l'aise : les enfants, les parents, les éditeurs, les auteurs et les illustrateurs invités. Enfin, ce festival a su faire la part belle aux festivités et apporter des petits plus pleins de charme qui ont fait la différence.

Merci donc à tous ceux qui étaient là et avec qui j'ai partagé un très très agréable week-end.

Vivement l'année prochaine. 

c. 

19 mai 2008

E viva Espagna

Assistante éditoriale aux éditions Où sont les enfants ? je ne m'attendais pas à travailler avec des vrais enfants. Pourtant, dans le cadre du projet Comenius, ce sont les enfants de France, d'Espagne (Catalogne) et d'Italie (Ombrie) qui font le livre. Ils écrivent l'histoire à partir des contes folkloriques de leur région et créent l'illustration. Ce livre sera illustré par la technique du collage de photos. Mon rôle lors de ce voyage en Espagne était de présenter cette technique et son potentiel créatif aux enfants catalans.

Il est 12h, les regards des 50 élèves qui participent au projet Comenius en Espagne sont fixés sur moi. Ils ont entre 7 et 10 ans, sont de niveaux différents (du CE2 au CM2 dans notre système) et je sens qu'ils sont aussi curieux du résultat de notre rencontre que moi. C'est la première fois que j'interviens devant des enfants. Et là ils sont nombreux et nous ne parlons même pas la même langue.

Mais nous avons des alliés pour nous aider à relever le défi : un maître français, Michel et un maître espagnol, Félix, vont traduire mes propos, les questions et les exclamations de chacun pour que nous puissions nous comprendre.
La séance commence par un petit quart d'heure de théorie : Le collage dans l'histoire de l'art. Je commence, un peu angoissée, ma présentation ; les éclats de rire et les exclamations des enfants me rassurent vite. Ils accrochent avec les artistes que je leur montre, ils réagissent aux œuvres qui défilent et ne les laissent pas indifférents. Bref, ils participent et ils apprécient ce moment autant que moi.
 
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  Toutes les photographies sont de Bruno Joseph

Après la réflexion, l'action : les 2 prochaines heures sont consacrées à la mise en application de ce qu'ils viennent d'observer. Les quatre classes réunies choisissent chacune un thème : les plus petits travaillent sur les personnages, les niveaux intermédiaires sur le paysage et les plus grands sur l'architecture.
 
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A partir des brochures des 3 parcs régionaux (français, espagnol et italien), ils doivent sélectionner, découper des éléments et les réagencer sur le papier pour recomposer des univers imaginaires en fonction du thème choisi.Les enfants ont fait preuve d'une imagination et d'une créativité étonnante comme vous pouvez le découvrir sur les images qui accompagnent mon récit. Certains ont dépassé les contraintes du format du papier en rajoutant des éléments. D'autres, avec une minutie inouïe, ont composé des maisons en mosaïque de couleurs, des ciels dignes des impressionnistes et des montagnes très impressionnantes , des monstres bizarres et des animaux rigolos !
 
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Chacun a pu s'exprimer à la fin en présentant son œuvre aux autres, suscitant chaque fois de nombreuses réactions dans l'assemblée. Et dans les yeux brillait la même envie de mettre cette nouvelle découverte en œuvre dans le cadre du projet de livre.
Rendez vous sur le site du projet Comenius où les écoles participantes mettent en ligne les dernières avancées.       
 
c. 
 
 
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16 mai 2008

Dans la ville de Castan

 

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 Manuscrit de C.F. Ramuz

Juste pour dire que les photos de Marcella Barbieri sont exposées jusqu'au 31 mai à la librairie pour enfants Giannino Stoppani, à Bologne. Et qu'Où sont les enfants ? sera le 16 et 17 mai aux drôles lecteurs de Monbazillac, en Dordogne,  ainsi qu'au salon du livre jeunesse de Montauban le 17 et 18 mai.

A Monbazillac sont exposées les photographies de Chrystelle Aguilar tandis qu'à Montauban, ce sont les photos de Juliette Armagnac que l'on peut voir dans le hall de la médiathèque Montauriol. Et tant qu'à vivre loin de son jardin, on se réjouit rien qu'à l'idée de croiser Michel Piquemal et Oscar Brenifer dans la vieille ville de Félix Castan. Parce que c'est à lui qu'on pense en revenant à Montauban, à ce qu'il écrivait et à ce qu'il a martelé tout en forgeant son œuvre : « On n'est pas le produit d'un sol, on est le produit de l'action qu'on y mène. » 

Et comment raconter l'importance de Castan ? Il faudrait des nuits, et ce n'est pas Claude Sicre ou Michel Lablanquie qui diront le contraire, des nuits entières pour arpenter la pensée transcontinentale de Castan. Des Conversations Socratiques à Toulouse jusqu'à la Linha Imaginòt, « une ligne imaginaire qui tente de relier symboliquement les gens qui, chez eux s'organisent pour défendre la création, le respect des cultures, et l'échange de la solidarité, pour mener à la démocratisation absolue » (Claude Sicre). Castan n'imaginait rien d'autre que de manifester la beauté sur la terre, la beauté ici et maintenant et sa pensée immédiate, courageuse, inventive, partagée, perpétuée aujourd'hui dans la musique des Fabulous Trobadors, de Massilia Sound System et de Bernard Lubat.

Ils sont où les enfants de Castan ? 

T. 

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14 mai 2008

les photos des couvertures

C'est une maison d'où je ne repars jamais sans livres et sans fleurs. Dimanche, j'y ai feuilleté longuement Prenez soin de vous, de Sophie Calle, pendant que Noé faisait la course avec ses voitures. Alors dans mon sac, au retour, deux roses et Loin, un roman de Victoria Lancellotta. Sur la couverture, une photo de Francesca Woodman. C'est le mois d'août 2003. La journée, la librairie, et le midi, d'autres librairies. J'achète En ce bas monde juste pour la couverture du livre. C'est aussi une photographie de Francesca Woodman.

 

1158882355.2.jpgFrancesca Woodman a mis fin à ses jours le 19 janvier 1981, à l'âge de vingt-deux ans. Elle a laissé derrière elle plus de huit cent clichés, qui la mettent en scène la plupart du temps. L'identité, l'intime, la mise à nu : l'oeuvre de Francesca Woodman questionne le corps et l'existence dans des décors de rêves ou de cauchemars, des atmosphères étranges, mélancoliques, parfois surréalistes et souvent inquiétantes. On ne sait jamais vraiment ce qui opère en nous lorsqu'une image ne nous quitte pas. Dans chacune des librairies où je me rends, je cherche En ce bas monde.



En écrivant ces mots une autre image prend forme. Celle d'une autre librairie, à Grenoble, il y a longtemps, où j'avais trouvé Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas. Les textes de Christian Bobin et les photographies d'Edouart Boubat. Je ne sais pas dans quelle mesure les deux hommes sont maintenant associés pour moi. Je ne sais plus depuis longtemps lequel des deux m'a donné l'autre - lequel m'a appris à lire l'autre.

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m.

 

12 mai 2008

La Marcella

 

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Marcella Barbieri est une magicienne. Cette fois ce n'est pas seulement Où sont les enfants ? qui le raconte, mais l'équipe de VillaBar pour qui elle est venue faire des images : Elle arrive avec un gros sac dont elle sort un néon pour faire une épée de la Guerre des Etoiles, une longue vue en carton, des tissus rouges, verts, bleus, qu'on peut suspendre aux murs pour transformer un bar en palais vénitien, et tout un attirail de carnaval. Poser pour elle est facile, c'est un jeu. Les acteurs se reposent sous son objectif et les non acteurs deviennent acteurs. Et les photos ressemblent à des explosions de couleurs.

Et maintenant la Marcella a un site où l'on peut voir ses photos prises la nuit : http://www.marcellabarbieri.net/nuits.html 

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