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13 mai 2009

L'été les rencontres d'Arles : The world of attentive eyes


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Bohdan Holomicek,Somewhere near sedlcany, 1986.


 

Waouh. Il a dit ça un soir au milieu du repas. Tu sais ce qu'il y aura cet été aux rencontres ? Avec un sourire. Et Théo avait le même.

Cet été à Arles
il y aura :

luciesdb.jpgEt cet été, à Arles, Lucie Pastureau exposera à L'Atelier du Midi. On va courir partout regarder.


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Lucien Clergue, Passion de St Martin, 1996


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Willy Ronis, Leçon d'écriture

22 avril 2009

Encore "Enfin seule"

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Enfin seule, pages 6 et 7

 

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Enfin seule, page 8 et 9

21 avril 2009

Enfin seule

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Chahu-Bohu est une collection qui existe depuis le tout début, depuis qu'on s'imaginait Disparue comme un premier  livre, presque un manifeste à nos yeux, avec dans ses images l'intensité et la présence que la photographie pouvait promettre.

Durant ces trois années d'édition, Chahu-Bohu est resté au centre du projet d'Où sont les enfants ?, regroupant à elle seule 7 des 10 albums parus :

Histoire à dormir debout,
Petite brouette de survie,
Amour à gogo,
Melle Zazie et les femmes nues,
8h32
Prénom Camille.

C'est aussi une collection qui incarne complètement cette utopie tenace et multicolore, une utopie de mots et de papiers qui nous pousse à continuer, obstinés et patients, attentifs à ce qui dans l'enfance demeure irréductible. Inventer des livres comme les enfants s'imaginent d'autres vies dans leurs jeux, des vies qui donnent envie et ne renoncent à rien.

Dans les cartons du déménagement dormaient d'autres albums qui incarnaient l'esprit Chahu-Bohu. Enfin seule est le premier de ceux-là, qui paraîtra au mois de mai. Né d'un texte de Manu Causse et des images de Juliette Armagnac, dans la complicité d'une petite fille qui joue à l'acrobate alpiniste, qui escalade les arbres comme on explore une maison de la cave au grenier, avec dans le regard et la voix la certitude qu'une aventure se joue entre les branches.

Comme d'autres livres de Chahu-Bohu, Enfin seule capture et restitue un monde qu'un enfant porte et partage. Les tatouages du petit garçon voyageur de Petite brouette de survie, le jardin imaginaire de Camille dans Prénom Camille, ce sont des univers propres à l'enfance et qui donnent aux enfants-comédiens, à Wanny pour Enfin seule, ce statut de complices et de créateurs à part entière, co-auteurs d'un livre où les enfants lecteurs reconnaîtront beaucoup d'eux-mêmes.

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25 mars 2009

Le raccomodeur de poussières

519.jpgMaryvette Balcou a publié cet hiver un roman, Le raccomodeur de poussières, aux éditions La Cheminante. Elle quittera bientôt La Réunion et la colline aux camélias pour signer son dernier livre, ainsi que ses autres ouvrages le 4 avril, à la librairie La Terrasse de Gutenberg. Une occasion de rencontre, dans une petite librairie du 12ème arrondissement où les expos, je m'en souviens pour avoir habité tout près, valent souvent le détour.

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12 mars 2009

Nocturnes ou les garçons perdus

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© Mireille Loup, Pierres, Esquives

Il faut des choses qui donnent la force.
Des mots et des images, n'importe où dans les livres, dans les rêves et sur les peaux dans la rue, dans la couleur broyée des tableaux qui traverse les siècles.

Je crois qu' Où sont les enfants ? tient debout avec des rêves qui ne s'en iront pas. Au printemps paraîtra ce livre qu'on rêve depuis presque deux ans, Nocturnes ou les garçons perdus. Lorsqu'on a découvert 
Nocturnes, la série des premières photos, il y avait presque un livre sous nos yeux. Ne restait qu'à le faire. Ça y est. Je crois que Mireille Loup, dans son travail, a réussi précisément ce que l'on cherche, ce que l'on traque avec passion : raconter en aventures. Raconter avec le matériau des rêves.

Pour devenir grand, prendre un tapis volant, sept mots magiques et dix-huit détails d’amour. Mélanger longtemps.

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© Mireille Loup

« Chaque soir, la maman de Nicéphore l’aide à mettre un pyjama. Celui qu’il préfère est en velours de coton. C’est vraiment le plus doux. Chaque soir, Nicéphore court jusque dans son lit. Sa maman vient le recouvrir de la couette. Elle lui cale son doudou au creux de l’épaule, une vachette noir et blanc avec un petit ruban autour du cou. Elle leur donne à chacun un baiser. Ses lèvres sont aussi lisses que des quartiers de mandarine. Ensuite, elle sort de la chambre en prononçant sept mots. Elle dit qu’en les mettant bout à bout et dans l’ordre ces mots forment une phrase magique : « Rêve de grandes aventures, mon bel enfant. »

(…) Et chaque soir en s’endormant, Nicéphore s’imagine le grand frère qu’il n’a jamais eu. »


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© Mireille Loup

Nocturnes ou les garçons perdus sera le deuxième livre, après Litli Soliquiétude, de la collection En chemin. Toilé de bleu, imprimé et relié par des artisans plutôt que des industriels, le livre raconte une aventure à travers une autre nuit où le bleu a redoublé d'intensité. De la ville aux forêts, des désirs aux frayeurs, Mireille Loup a creusé la couleur bleue avec l'absolue liberté que portent encore certains regards d'enfant. Cela donne à voir une oeuvre de photographe, mais également un travail d'écrivain capable d'explorer l'enfance et son langage.


Il faudra parler de Nocturnes, encore et souvent, pour essayer de raconter l'invention de ce livre, et l'exploration d'une artiste qui a trouvé l'accès oublié aux images de l'enfance.  

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© Mireille Loup. Mem (Mémoire morte) - Odalisque, diptyque

10 mars 2009

Expos

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Mireille Loup expose Nocturnes ou les garçons perdus aux Photographiques du Mans, du 7 au 29 mars. Il y aura les images du livre à paraître en mai chez Où sont les enfants ?, deuxième opus de la collection En chemin. La programmation des Photographiques 2009 fait la part belle aux photos d'enfants, puisque les photos de Dominique Darbois, Terre d'enfances, y seront également exposées.
Quant à Lucie Pastureau, elle expose en ce moment dans le cadre du Prix des lectures de Portfolios Mois de la Photo-OFF 2008. L'exposition aura lieu jusqu'au 28 mars 2009, à la galerie Jeune Création, 6 Villa Guelma à Paris XVIIIème (M°Pigalle).
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02 mars 2009

Immemory

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C'est un journal où des photos racontent et interrogent, où les enfants sont importants, où un cœur de père n'a pas peur de l'enfance qui bouleverse et vient se dire sans tricher. Nom de blog Immemory. Et les questions sont importantes, comme celles qu'inventent les enfants dans l'attente du feu rouge, ou juste avant d'éteindre la lumière :

  • A quoi ça sert de lire des livres ?
  • Venir au monde ?
  • Où sont les enfants ?
  • Pourquoi écrire ?
  • Que font donc les enfants, quand ils deviennent grands ? (reprenant la question et le poème de Maryvette Balcou)
  • Et cette question de Simone Weill : Où trouver l'énergie pour un acte sans contrepartie ?
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28 février 2009

Chronique clandestine

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Avenue de Tarascon, cela faisait des mois que les troncs des arbres étaient cerclés de peinture. Hier ils les ont coupés. Je déteste ça. Il est entré avec un bouquet de fleurs. Il avait un sourire jusqu'aux oreilles. Il regardait les doudous, son bouquet à la main, son sourire aux oreilles, et ça m'a fait rire. Elle s'appelle Oléane.


Sur les listes de réassort, j'ai vu qu'on avait vendu le livre de Deligny. J'ai regardé. J'ai vu à qui on l'avait vendu. M'étonne pas. Un jeune homme est venu demander Oliver Twist. Dans quelle édition ? Il a dit "euh... enfant".


Et puis, à midi trente, la librairie fermait pour le déjeuner. Sauf qu'il restait deux personnes dedans. Deux femmes. La mère et la fille, peut-être. L'une regardait Au pays de Titus (Claudine Galea, Goele Dewenckel, Rouergue), l'autre Litli. J'avais très très faim. Mais je ne pouvais quand même pas leur dire on ferme. Elle sont parties avec une pile de livres. Je crois que j'avais oublié les arbres morts.


A quatorze heures trente, quand la librairie a ouvert à nouveau, elles attendaient devant la vitrine. Comme deux enfants. Elles ont acheté un autre exemplaire de Litli. J'ai demandé pour qui. Deux garçons, deux frères. Elle m'a dit "on ne peut pas leur en donner un pour deux".


Avenue de la Violette, il reste encore des branches. Et des oiseaux.



m.

27 février 2009

Besoin des images

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Quand les images viennent à manquer, ou quand elles s'appauvrissent tout autour regardez mieux, il y a ce journal photographique, angelle d'un jour, ou une femme abandonne ses photos comme des lettres sur la table. Elle raconte ses rencontres où la vie s'écarquille. Aucune indication de lieu, pas de date pour indiquer d'où viennent ces visions d'humanité à l'écart, traversées de paysages face aux vieilles solitudes. Regardez, on peut s'imaginer des vies entières, fabriquer en pensée un roman à partir des indices rassemblés en image sur la table, vite, avant que la nuit ne revienne. Dans ce monde apparaissent des vieillards, des enfants s'en vont loin d'anciens jouets, des passages humains ne servent qu'aux animaux, ou alors aux seuls amis des animaux qui veulent encore provoquer la rencontre. A force de revenir à ce blog on apprend, on vérifie la certitude d'être devenus, tous, dans le vivier des images sujets photosensibles repartis en errance. Vacillant, les yeux ouverts regardez, regardez mieux.

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24 février 2009

Rapid Eye Movement

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© Cécile Menendez - Rapid Eye Movement

Depuis longtemps, depuis l'exposition cet automne à Voies off je voulais parler ici des images de Cécile Menendez. Parce qu'elles racontent, dans Rapid Eye Movement, le cœur secret et silencieux de ce partage des jours entre parents et enfants, entre mari et femme. Le récit se fait à la première personne, une première personne intensive, attendrie ou bouleversée, parce que celle qui raconte en photos est aussi une maman, une femme amoureuse, l'enfant d'un père qui a pris maintenant le visage d'un grand-père. Et parce que tous ces liens, filiaux et amoureux, viennent faire trembler l'image avec la voix nouée. Alors parler de ces images est périlleux. J'ai essayé, essayé et renoncé, incapable de trouver les mots pour nommer ce qui bouleverse dans chaque présence, des mots qui ne fausseraient pas la haute intensité d'intimité que ces photos apportent à qui veut regarder.

Pour la collection Focale, Cécile Menendez a accepté de réaliser les photographies de L'avenir, un roman de Catherine Leblanc. Et pour nous ça a été tout de suite un grand bonheur, imaginer maintenant qu'il y aura ces images, intensives et intimes, pour faire face à un récit qui porte lui aussi sa charge brute d'émotion.

 

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© Cécile Menendez - En attendant la mort annoncée de mon père