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28 octobre 2009

Comme un arc en ciel

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C'est une photo reçue d'Adelap ( Alexandra de Lapierre qui flâne pour vous ). Et le début d'une histoire.

« Il s'agit toujours d'une rencontre, d'une rencontre qui pourrait se faire ou qui ne s'est jamais faite... Alexandra, appareil au poing, traque les êtres, les objets, les lieux au moment de leur rencontre, mais surtout avant, après et évoque même quelquefois uniquement la probabilité d'une rencontre. »

C. Faou-Cresson

09 juillet 2009

A l'atelier du midi

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C'est ce soir que Lucie Pastureau dédicace son livre Le grand saut, un livre d'artiste composé à partir de photographies de famille. C'est aussi l'occasion pour Où sont les enfants ? de présenter les livres déjà parus et le travail mené avec les photographes, que ce soit pour la conception des albums ou dans les différents projets menés avec les écoles.

Le rendez-vous est à 18h30, à L'atelier du midi, 1 rue du Sauvage à Arles.

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25 juillet 2008

Kamil Vojnar

Peut-être que c'est quelque chose qui reviendra souvent. Les photos des couvertures. Les rencontres que les livres donnent.

"Je pensais qu'un livre était comme un arbre, un animal - une chose qui naît" (Clarice Lispector, in La femme qui tuait les poissons).

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Dans mon sac le badge des rencontres de la photographie à Arles - et combien de fois devant combien d'images les pieds ont cessé leur course cet été ? - mais la seule qui me reste, dans ce soir lourd d'orage, c'est une image de Kamil Vojnar, en couverture du livre de Jean Rhys, L'oiseau moqueur et autres nouvelles.


L'histoire est belle. C'est le début de juillet et on a pris place tout en haut du cloître des Célestins pour assister à Faunes, d'Olivier Dubois. Avant qu'il entre dans ce lieu magnifique, c'est Christophe Honoré qui l'a filmé. Et dans cette projection, Olivier Dubois lit un livre. Il est allongé à Paris dans une chambre d'hôtel, le film est tourné dans un vieux noir et blanc un peu sale, et l'extrait qu'il lit me plait. "Comment s'obliger à écrire un poème (au moins un) chaque matin ?"

Du livre on ne voit que la couverture, très vite. Et cette image me poursuit.

C'est quelques jours plus tard et Romain me tend le livre. Reçu par erreur à la librairie, à la place d'un autre. Non, pas par erreur. Ou alors le genre d'erreur qui fait douter du hasard. Je le parcours, vite, à la recherche des mots déjà entendus. Et je tiens dans mes mains cette couverture magnifique.

Kamil Vojnar fait des images d'un autre temps. Des flous, des anges, de l'eau, du ciel. Des photographies imprimées sur du papier japonais, très mince, retouchées légèrement avec du pétrole, et vernies à la cire.

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L'image d'une couverture aperçue dans un film. Deux rencontres, Kamil Vojnar et Jean Rhys. "La juste moyenne détruit l'âme", écrivait cette femme dont je vais maintenant chercher les livres. J'ai bien peur qu'aujourd'hui, ses mots à elle soient associés à ses images à lui.

m.



 

14 mai 2008

les photos des couvertures

C'est une maison d'où je ne repars jamais sans livres et sans fleurs. Dimanche, j'y ai feuilleté longuement Prenez soin de vous, de Sophie Calle, pendant que Noé faisait la course avec ses voitures. Alors dans mon sac, au retour, deux roses et Loin, un roman de Victoria Lancellotta. Sur la couverture, une photo de Francesca Woodman. C'est le mois d'août 2003. La journée, la librairie, et le midi, d'autres librairies. J'achète En ce bas monde juste pour la couverture du livre. C'est aussi une photographie de Francesca Woodman.

 

1158882355.2.jpgFrancesca Woodman a mis fin à ses jours le 19 janvier 1981, à l'âge de vingt-deux ans. Elle a laissé derrière elle plus de huit cent clichés, qui la mettent en scène la plupart du temps. L'identité, l'intime, la mise à nu : l'oeuvre de Francesca Woodman questionne le corps et l'existence dans des décors de rêves ou de cauchemars, des atmosphères étranges, mélancoliques, parfois surréalistes et souvent inquiétantes. On ne sait jamais vraiment ce qui opère en nous lorsqu'une image ne nous quitte pas. Dans chacune des librairies où je me rends, je cherche En ce bas monde.



En écrivant ces mots une autre image prend forme. Celle d'une autre librairie, à Grenoble, il y a longtemps, où j'avais trouvé Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas. Les textes de Christian Bobin et les photographies d'Edouart Boubat. Je ne sais pas dans quelle mesure les deux hommes sont maintenant associés pour moi. Je ne sais plus depuis longtemps lequel des deux m'a donné l'autre - lequel m'a appris à lire l'autre.

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m.

 

26 décembre 2007

Le sens du lieu

 

Les photographies de détails qui figurent ci-contre ont été prises par Anabell Guerrero dans le centre pour réfugiés et émigrants de Sangatte, près de Calais et du tunnel sous la Manche. Ce centre a été récemment fermé sur ordre des gouvernements français et britannique. Il abritait plusieurs centaines de personnes, qui espéraient pour bon nombre d’entre elles pouvoir gagner le Royaume-Uni. L’homme qui figure sur les photographies – Anabell Guerrero souhaite ne pas révéler son nom – vient de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre).

Mois après mois, des millions de personnes quittent leur pays. Elles partent parce qu’il n’y a rien là-bas, sauf tout ce qu’elles ont, et qui ne suffit pas pour nourrir leurs enfants. Naguère, cela suffisait. Cette pauvreté est le fait du nouveau capitalisme.

Au terme d’un long et terrible voyage, après avoir connu la bassesse dont les autres sont capables, après en être arrivés à croire en leur propre courage incomparable et obstiné, les émigrants se retrouvent à attendre dans quelque centre de transit étranger, et tout ce qu’il leur reste de leur continent d’origine c’est eux-mêmes : leurs mains, leurs yeux, leurs pieds, leurs épaules, leur corps, ce qu’ils portent et ce qu’ils rabattent sur leur visage la nuit pour dormir, faute de toit.

Les images d’Anabell Guerrero nous aident à comprendre que les doigts d’un homme peuvent être tout ce qu’il reste d’un lopin de terre labourée, ses paumes ce qu’il reste du lit d’une rivière, et que ses yeux renferment une réunion de famille à laquelle il ne peut se joindre. Portrait d’un continent émigrant.

John Berger - Dix dépêches sur le sens du lieu. Août 2005.

23 décembre 2007

La vie des enfants

 

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William Ropp, voyage au mexique 

L'écriture de Francis Marmande ne va pas souvent aux photographes. En 2005, il écrivait à propos d'une exposition de William Ropp à Ombres blanches : « Tous les enfants photographiés par Ropp nous regardent. Ils posent un regard dur, terrible, pénétrant, sur le monde. Ils ont cet air de tristesse des enfants qui savent : la sévérité des enfants qu'on ne voit pas qu'aux enfants pauvres, leur façon unique de prendre l'air vieux.»

« La méthode Ropp n'a pas varié : « L'appareil photographique solidement campé sur son trépied et dans l'obscurité la plus totale. Là, je laisse les enfants livrés à eux-mêmes avec pour seule recommandation de ne point trop bouger. Commence alors ce que d'aucuns appellent la danse de la lumière », l'inquiétante familiarité de l'enfance.» (La vie des enfants, Le Monde, 29 septembre 2005)

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 William Ropp, voyage au mexique

Les photos d'enfants de William Ropp me font penser à ce que je viens de lire de Maryvette Balcou, dans un article où elle raconte et interroge ce travail qui consiste à écrire pour des enfants : « Ce qui inquiète les enfants, ce ne sont pas les sujets graves auxquels ils sont tôt ou tard confrontés, mais c'est notre silence. En tant qu'adultes, nous ne devons pas avoir peur de nous interroger avec eux dans le doute, le rêve et les interrogations. »

Oui. Ce qui inquiète les enfants, c'est notre silence. Et ce bruit continu, bavardage & radio, musique & tv qu'on produit pour l'enfouir. Au lieu de choisir seulement les mots qui résonneront. 

William Ropp - Children. Editions de l'Œil, Montreuil, 2005. 

Maryvette Balcou - Ecrire pour (avec ) des enfants à la Réunion. Expressions - N° 30 

28 août 2007

Une pensée qui voit

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"Les bêtises proférées devant les tableaux sont dues à l'incapacité, pour beaucoup de personnes, d'avoir une pensée qui voit ce que les yeux regardent. Leurs yeux regardent et leur pensée ne voit pas. Elle substitue à ce qui est regard des idées qui leur semblent intéressantes. Ces personnes ne peuvent avoir une pensée sans idées, c'est-à-dire une pensée qui voit, et par là même ils ne connaissent pas le mystère qu'une telle pensée évoque."

René Magritte

27 août 2007

Jeux d'enfants

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Image et texte de Romann Ramshorn.

Quand on a découvert le travail de Romain R., il habitait Istambul. Il y photographiait les chats, la vie des rues en noir et blanc, avec cette impression qu'il arpente et repère le même territoire foisonnant où on va avec nos livres, celui où jouent ensemble l'image photographique et l'écriture. Aujourd'hui c'est à Bordeaux qu'il habite, mais son travail continue d'interroger la même frontière. Sur son site, en haut d'une page est écrit : "Sans poésie, la photographie serait une erreur."

Il a raison. Il n'y a qu'à regarder ses images. 1000 fois raison.

04 janvier 2007

Parce qu'ils sont encore des enfants (Correspondance)

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©Mathieu Pernot

Pas d'inquiétude, ce n'est qu'une tentative de vœux.
Rien de grave. Petit rituel du bonheur clandestin.
Mais si nos vies changeaient vraiment de chemin tout en changeant d'année ?
La Roumanie et la Bulgarie viennent de rallier l'Europe. Et après tout, si la vieille europe est un foutoir, on peut s'y sentir foutrement bien, et plus on est de fous plus ça rigole, plus ça gueule dans toutes les langues, plus ça prie dans toutes les religions, plus ça compte avec d'anciennes monnaies déjà mortes et fantômes, plus ça réinvente d'autres langues métissées & mal foutues pour continuer d'inventer une littérature que personne n'avait prévu, et plus ça fout le bordel dans les frontières et les flux migratoires. Tant mieux. Mais l'important, je le dis comme je pense, c'est bien la place qu'on va laisser aux Roms. Petit peuple mal vu. Les Roms sont une nation sans pays. Un peuple sans terre et qui n'en veut surtout pas. Alors les Roms on quelque chose d'important à nous apprendre. Quelque chose d'inouï, d'inoubliable. Il faut les écouter chanter quand ils enterrent les morts des pogroms. Ils ne crient pas vengeance, ils continuent la vie, c'est à dire inventer le voyage, la traversée. Tant mieux pour nous. Moi l'europe j'en veux encore, encore plus si l'europe est le seul coin du monde où l'on invente un lieu de passage aux fils du vent là-bas, et si ensuite on est capables de libérer du même coup les enfants par ici. Les enfants d'ici sont des prisonniers politiques. Ne l'oublions pas. Prisonniers d'une réalité pathogène, d'un monde adulte et vieillissant. Alors oui laissons leur le passage. C'est notre vœu le plus sincère.
Tieri Briet, éditeur de livres gitans pour les enfants de Schengen.

medium_02sia-pc-tobogan-16.jpgEt si, dans nos premiers jours de 2007, chacun de nous plantait un arbre, dans une terre sans frontières, avec pour seule ambition de l'aider à grandir et de le voir accueillir, non pas des cadeaux, mais des feuilles d'écriture portant les noms de ceux que l'on aime, parents, enfants, amis, frères, soeurs ? Et si chaque bourgeon devenait un mot, un autre nom, une invitation à la vie, un instant d'attention, un mouvement vers ceux qui attendent qu'on reconnaisse leur existence ? Ceux qui sont perpétuellement intermittents des réalités qui les entourent, ceux qui fuient sur des barques lorsque la nuit tombe, ceux que l'on ne connaît pas encore mais qu'il faudrait que l'on puisse rencontrer, ceux qui souffrent de notre manque de vigilance et de nos excès d'individualisme, ceux qui sont derrière des barreaux symboliques, virtuels ou réels, ceux qui se cachent au fond des forêts sombres, ceux qui n'osent plus regarder quelqu'un droit dans les yeux, et ceux qui parce qu'ils sont encore des enfants, regarderaient cette plantation comme un espoir, un élan qui les aiderait peut-être à avoir envie de grimper encore plus haut, jusqu'à ce qu'ils trouvent enfin un ciel sans trop de nuages...
Maryvette Balcou

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©Mouloud Akkouche - Epouvantail à Soulomès -
Pour éloigner les oiseaux de mauvais augure.

Ce que tu écris sur les roms me fait penser aux textes de Panait Istrati... Je partage complètement ce que que tu écris et me permets d'ajouter: '' Les corps des adultes sont souvent trop étroits pour contenir leurs rêves d'enfant ''....
Amitiés.
Mouloud Akkouche

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© Elisabeth Blanchet

Merci à toi, ton message me touche profondément, ayant toujours eu de très fortes affinités avec les fils du vent, les tziganes et les indiens sont mes compagnons d'enfance justement et sans doute aussi mes guides encore aujourd'hui.
Restons libres pour créer des réactions sans chaînes...
"Lis des livres et délivre"
Cathy Garcia - Revue Nouveaux Délits

Des voeux de bonheur, vous avez raison. Ça c'est grave. Et ça fout la trouille. Ça fige les gens, ça les enterre vivants.
Mais une tentative, c'est léger, joyeux, un peu anarchique et inattendu. Et c'est tout ce que j'aime !
Alors très bonne tentative d'année 2007 et à bientôt.
Muriele Charlet-Dreyfus
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©Stéphanie Quitté

29 décembre 2006

Le ventre de la mer

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©Robert Frank

C'était le début du premier accouchement.
La mer allait expulser le personnage d'une histoire.
Ainsi commençait le récit d'une vie différente, inconnue, entre l'énorme océan face à nous et la pluie revenue.

«1955. Je traverse les États. Pendant un an. 500 rouleaux de film. Je vais dans les bureaux de poste, les Woolworths, les magasins à 10 cents, les gares routières. Je dors dans des petits hôtels pas chers. Vers 7 heures du matin, je vais au bar du coin. Je travaille tout le temps. Je parle peu. J’essaye de ne pas être vu. Un jour dans l’Arkansas, les flics m’arrêtent : Qu’est-ce que vous faites là ?" Robert Frank