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12 juillet 2008

Rencontres

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Je voudrais arriver à photographier l'invisible. Elle a dit cette phrase, je m'en souviens, au tout début de l'été dernier. Elle habitait notre maison, derrière la rue avec Yumi, avec le père de Yumi et les enfants - Taïo et Aomi - que Ryuta avait eus avant de la connaître. Nous regardions les photos qu'elle venait de prendre, l'ami Titan en SDF entouré de poussins, avec Kiga la chienne sur le seuil de la vieille cathédrale. Elle continue de photographier, d'approcher l'invisible et parfois, quand on se croise à Paris, elle me montre d'autres images. Depuis six jours on marche la nuit dans les rues d'Arles. C'était la nuit de la photo hier, des images projetées partout dans les rues. Après minuit, face aux photos de l'agence Magnum, au milieu des enfants épuisés elle a seulement dit que la photo était en train de mourir. Je n'étais pas d'accord. J'ai répondu par sms ce matin. Non, pas d'accord, la photo n'est pas encore moribonde.

Les photos de Litli sont partout dans les vitrines d'Harmonia Mundi, la librairie d'Arles. Tout à l'heure, Severine Thevenet viendra signer le livre avec d'autres photographes dont les livres paraissent chez Filigranes : Gilbert Garcin, Isabelle Vaillant, Nicolas Comment et d'autres dont le travail nous montre, sûrement, une petite part d'invisible. C'est à 16 heures, aujourd'hui samedi au 3 rue du Président Wilson, au beau milieu des Rencontres Internationales de la Photographie.

06 juin 2008

La première chambre noire

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© Evgen Bavcar - Veronique and the duck 

Il suffit parfois d'une image pour fasciner. Une photographie envoyée par la poste, Véronique and the duck d'Evgen Bavcar, découpée et collée dans une lettre d'enfant. D'autres fois c'est une phrase qui fascine : « À 12 ans, j'étais amoureux d'une jeune fille qui portait ses cheveux noués en une longue queue de cheval. Je me suis plongé dans sa chevelure et je n'ai depuis jamais trouvé la sortie. » Evgen Bavcar s'amuse à raconter cette histoire inventée lorsque, un peu agacé par la récurrence de la question, on lui demande comment à l'âge de 12 ans il est devenu aveugle. Une marque de l'originalité de ce personnage qui, comme pour relever le défi de son handicap, a fait de l'image sa spécialité et de la photographie son œuvre. Naturalisé français, cet artiste slovène expose un peu partout. Diplômé de philosophie, il est souvent convié à s'exprimer sur le statut de l'image. C'est en effet à ce sujet entre autres1 qu'il se consacre depuis 1976 au sein de l'Institut d'esthétique des arts contemporains (IEAC) à Paris. Mais son intégration administrative n'a pas été simple, même si, « pour les directeurs successifs de l'Institut, ma cécité n'a jamais été un problème. Et pour cause : en sciences humaines, l'acceptation que tout homme est handicapé dans son corps et dans son esprit est le point de départ de toute réflexion. » Il obtient finalement en 2001 un poste réservé d'ingénieur d'étude à l'IEAC.

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© Evgen Bavcar - Tree with swallows

Son activité de photographe artiste et son travail de chercheur sont intimement liés. « Je m'intéresse à la photographie non comme technique mais comme idée. Non à l'invention du XIXe de Niepce ou Daguerre mais à ses origines conceptuelles. Pour moi, la première chambre noire est la caverne de Platon2, explique le chercheur. Il faut distinguer le visuel, ce que voient nos yeux, du visible, ce que voit notre esprit. Le sens n'est pas donné seulement par les expériences visuelles, mais aussi par celles invisibles à l'œil. D'ailleurs la science n'aurait pas de sens, sans cela. » Cette nécessité de mettre la photographie au service de l'âme et des autres perceptions a fait dire au poète allemand Walter Aue qu'Evgen Bavcar était le quatrième inventeur de la photographie, après Niepce, Talbot et Daguerre.

Evgen B. étudie associe ses recherches sur l'image à celles que mènent des astrophysiciens tels que Peter Von-Ballmoos3, qui lui expliquait : « Nous autres astrophysiciens sommes tout aussi aveugles que toi, nous ne pouvons pas voir l'Univers, ce que nous voyons n'est qu'interprétations de ce que proposent nos techniques. En science, c'est très souvent le cas. »

Comète de Hale-BoppComment réalise-t-il ses portraits ? En évaluant les distances avec ses bras et en utilisant l'autofocus de son Leica pour la mise au point. Mais on reste surpris devant le cliché qu'il réalise en 1997 de la comète de Hale-Bopp. Il juge le résultat de ses prises de vue en les faisant décrire par sa nièce ou ses amis. Cet homme bienveillant au visage paisible, au regard bleu, au collier poivre et sel, garde un certain mystère. « J'ai été invité à Marseille comme membre du jury pour des œuvres vidéo d'artistes contemporains, on me racontait les films, explique-t-il. Un pianiste aveugle était aussi invité, poursuit-il d'un ton admiratif, on lui a demandé d'improviser sur les films muets. » Silence. « C'est cela que j'appelle l'intelligence suprême. »

Notes :

1. Il travaille aussi sur l'esthétique en philosophie, en littérature et en poésie.
2. La caverne de Platon : métaphore par laquelle Platon explique le monde concret et celui des idées.
3. Professeur d'astrophysique au Centre d'étude spatiale des rayonnements de Toulouse.


05 juin 2008

La peur du loup


 
 
 
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© Diane Ducruet - Manga photographique 

La peur du loup, c'est le titre d'un dossier de photographie.com paru au mois de mai. On y retrouve une série d'articles et de dossiers sur les quelques photographes qui ont tenté l'aventure en imaginant des livres capables de raconter d'autres histoires, à l'aide de la photographie. En voici l'édito, signé par François-Marie d'Andrimont :

« Pratiquée par tous, destinée à tous, la photo ne concerne pourtant pas tous les jeunes de 7 à 77 ans. En effet, certaines tranches d'âge sont ignorées. Où sont les enfants ? demande l'éditeur Tieri Briet. Pourquoi les albums photo destinés à la jeunesse sont-il peu nombreux ?que la photo est un langage qui ne fonctionne pas chez les plus petits..." Il comprend alors que cette théorie est née des propos tenus par Françoise Dolto sur France Inter à la findes années 70. La célèbre pédo-psychiatre qui était un prescripteur important en matière de littérature destinée à la jeunesse a dénoncé le caractère traumatisant, selon elle, des photos de Sarah Moon. Le Petit Chaperon rouge était, à cette époque, un des rares albums à utiliser la photo.
Associer photo et enfant est devenu un tabou majeur depuis quelques années. À tel point que la banale photo de classe exige des photographes d'école moultes autorisations. Début avril, lors de l'inauguration de l'exposition collective "Humain, très humain" François Hubert (Le directeur du Musée d'Aquitaine) a refusé de montrer les clichés de Christian Delecluse représentant des pères complètement nus avec leurs enfants de "peur de choquer avec les problèmes de pédophilie ou d’inceste". L'imbécile censure érigée en principe de précaution… »

Parmi les 7 000 titres qui naissent chaque année sur le marché du livre jeunesse, l’album illustré par la photographie est quasi-absent. À peine 1%. La faute aux idées reçues telles que “la photo ne convient pas aux enfants”, “la photo ne permet pas la créativité”. Force est de constater la méconnaissance de cet art, de la part des enfants mais aussi de leurs enseignants, de leurs parents... Alors au pays de la photographie, dans ce monde d’images qui nous entoure, Où sont les enfants ?
Voici le dossier que consacre Photographie.com au sujet de la photographie enfantine. Ici, nous donnons la parle aux Éditeurs, aux photographes, et à ceux qui consacrent leur temps à la transmission de leur savoir aux plus petits.
Ce sujet vous intéresse ? Vous fait réagir ? N’hésitez pas à nous faire parvenir votre sentiment sur le thème du rapport entre la photographie et les enfants à studio@photographie.com

diane475.jpg Sisyphae : un manga photographique sans éditeur
Photographies de Diane Ducruet
En 2004, lors de sa résidence d’artiste à Niort avec Joan Fontcuberta, Diane Ducruet, avait alors décidé de réaliser une "BD"/Manga photographique pour enfant/jeune ados. L’ensemble des images réalisées sur place a mis deux ans avant de prendre la forme d’une proposition mise en page par Yann Gobert, Graphiste Free-lance. Après de nombreux mails, et démarches aucun éditeur ne s’intéresse à ce projet : la relation entre photographie et enfance serait-elle si malheureuse ?
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La mer racontée aux enfants
Livres de Philip Plisson
"Il n’y a pas que le cercle des photographes intellos parisiens pour parler aux enfants. Il y a aussi dans vos provinces, des femmes et des hommes qui s’investissent pour faire rentrer la photo et la mer dans le cœur des enfants." Le célèbre et incontournable photographe de mer, Philip Plisson, nous présente ses nombreux ouvrages consacrés à la photographie de mer, dédiés aux très jeunes lecteurs.
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Livres de photographies pour enfant : François Delebecque récidive
Fort du succès rencontré par son ouvrage photographique destiné aux plus jeunes “Les animaux de la ferme”, distingué par le prix des bébés lecteurs 2008 à Nanterre le 22 mars, François Delebecque renouvelle l’expérience. Au total, traduits du français en hollandais, catalan, espagnol, suisse et allemand, pas moins de 30 000 exemplaires ont été écoulés dont la moitié à l’étranger. Des chiffres dont le photographe n’a pas a rougir quand on sait que près de 7 000 livres pour enfants, photographiques ou non, naissent chaque année.
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briet75.jpg Mais Où sont les enfants ? Pourquoi les albums jeunesse photo sont-ils si peu nombreux ?
Entretien avec Tieri Briet (co-fondateur des Éditions Où sont les enfants?)
Avant de travailler avec Où sont les enfants ?, je n’imaginais pas que la photo puisse être aussi inventive pour illustrer un texte. Elle peut, autant qu’un dessin et parfois plus, faire appel à l’imaginaire, introduire ombre et lumière entre les mots.” Ce témoignage de Catherine Leblanc, auteur du livre pour enfant Litli illustré par les photographies de Séverine Thevenet, pourrait faire taire l’idée reçue selon laquelle les enfants ne sont pas sensibles à la photographie.
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  Quand les enfants déclenchent
La photographie, un monde mystérieux
Patrick Devresse et Horric Lingenheld ont la même passion : la photographie ; la même mission : l’enseigner. Dans la même région, le Nord-Pas-de Calais, chacun à leur manière, ils interviennent auprès des plus jeunes pour leur transmettre leur savoir. Questionnés au sujet du rapport entre les enfants et la photographie, les deux passionnés se rejoignent sur de nombreux points.
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21 mai 2008

Drôles de lecteurs à Monbazillac

Les éditions Où sont les enfants ? se sont démultipliées ce week-end en prenant part à deux salons simultanés : celui qui se déroulait à Montauban et le festival Drôles de lecteurs, organisé à Monbazillac. Une expérience d'ubiquité riche d'enseignements.

Pour ma part, je vous parlerai du festival Drôles de lecteurs, dont c'était la première édition, organisé par l'association de promotion de la littérature jeunesse Eclats de Lire

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Un premier essai transformé en coup de maître puisque ce festival s'est déroulé à la perfection dans une ambiance chaleureuse, studieuse et conviviale. Eclats de lire n'avait pourtant pas choisi la facilité en organisant des rencontres et une programmation riches et variées, impliquant de nombreux intervenants d'univers différents.

Le vendredi était consacré aux rencontres avec les écoliers de Bergerac et Monbazillac. Tous les éditeurs, auteurs, illustrateurs invités au festival se sont prêtés au jeu des questions/réponses afin de piquer au vif et de satisfaire la curiosité de ces drôles de lecteurs. Où sont les enfants ? avait axé sa participation autour des photographies de Chrystelle Aguilar, qui a illustré La Nef des fous, Histoire à dormir debout et Amour à gogo. Les interventions se sont déroulées dans des très bonnes conditions grâce au travail préliminaire des enseignants qui avaient fait découvrir les albums à leurs élèves. Ces derniers étaient ravis de découvrir l'exposition des images de Chrystelle et de mieux comprendre comment ces photographies sont créées, prennent place dans l'histoire et finalement dans le livre. Ce fut aussi l'occasion de corriger moult préjugés et fausses idées sur le métier d'éditeur et d'en montrer les attraits et les aventures qu'il permet de vivre.

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 Atelier de Stéphane Nicolet, illustrateur, membre d'Eclats de lire et organisateur du festival © Monbazillac au jour le jour

 

La journée du samedi était ouverte au public, les enfants traînant leurs parents de stand en stand pour leur montrer et leur expliquer les merveilles découvertes la veille, les parents souvent heureux d'écouter l'enthousiasme de leurs enfants pour des livres, bien que parfois décontenancés par les livres originaux, atypiques qui leur étaient présentés, les éditeurs, auteurs et illustrateurs venant alors à la rescousse des enfants pour raconter leurs livres et leur maison. Des animations variées émaillaient la journée pour le plaisir des petits et des grands : ballade contée avec Dominique Corazza, Photo-conte avec Clémentine Magiera, ronde de roulottes pleines de surprises livresques, clown-dompteur de livres, chorégraphie de danse contemporaine autour des éléments traditionnels du conte, etc ...   

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 Une roulotte pleine de mystères et de surprises © Monbazillac au jour le jour

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 Un dompteur de livres plein d'humour et de poésie qui a bien fait rire les enfants

© Monbazillac au jour le jour

 

Autant de festivités auxquelles j'aurais aimé assister, notammant le photo-conte de Clémentine, mais le public était bien au rendez-vous pour cette première édition et j'étais occupée au stand toute la journée.

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Le stand Où sont les enfants ? avec l'exposition des photographies de Chrystelle Aguilar

Saurez vous reconnaître la sympathique auteur jeunesse qui feuillette nos albums ? © JML 

Quelle est donc la magie qu'Eclats de lire a su mettre en oeuvre pour faire de ce festival Drôles de lecteurs une réussite pour le public, pour les éditeurs et pour eux-mêmes ? Avant tout, je crois qu'ils ont su développer une vraie coopération avec les autres acteurs du livre de la région : les bibliothèques, les libraires, les enseignants, les conteurs... afin de créer une véritable dynamique locale qui a permis un travail en commun et en profondeur, puis l'affluence d'un public bien sensibilisé en amont. Eclats de lire bénéficie aussi d'un réseau de bénévoles agréables, bien organisés et motivés qui ont su mettre tout le monde à l'aise : les enfants, les parents, les éditeurs, les auteurs et les illustrateurs invités. Enfin, ce festival a su faire la part belle aux festivités et apporter des petits plus pleins de charme qui ont fait la différence.

Merci donc à tous ceux qui étaient là et avec qui j'ai partagé un très très agréable week-end.

Vivement l'année prochaine. 

c. 

19 mai 2008

E viva Espagna

Assistante éditoriale aux éditions Où sont les enfants ? je ne m'attendais pas à travailler avec des vrais enfants. Pourtant, dans le cadre du projet Comenius, ce sont les enfants de France, d'Espagne (Catalogne) et d'Italie (Ombrie) qui font le livre. Ils écrivent l'histoire à partir des contes folkloriques de leur région et créent l'illustration. Ce livre sera illustré par la technique du collage de photos. Mon rôle lors de ce voyage en Espagne était de présenter cette technique et son potentiel créatif aux enfants catalans.

Il est 12h, les regards des 50 élèves qui participent au projet Comenius en Espagne sont fixés sur moi. Ils ont entre 7 et 10 ans, sont de niveaux différents (du CE2 au CM2 dans notre système) et je sens qu'ils sont aussi curieux du résultat de notre rencontre que moi. C'est la première fois que j'interviens devant des enfants. Et là ils sont nombreux et nous ne parlons même pas la même langue.

Mais nous avons des alliés pour nous aider à relever le défi : un maître français, Michel et un maître espagnol, Félix, vont traduire mes propos, les questions et les exclamations de chacun pour que nous puissions nous comprendre.
La séance commence par un petit quart d'heure de théorie : Le collage dans l'histoire de l'art. Je commence, un peu angoissée, ma présentation ; les éclats de rire et les exclamations des enfants me rassurent vite. Ils accrochent avec les artistes que je leur montre, ils réagissent aux œuvres qui défilent et ne les laissent pas indifférents. Bref, ils participent et ils apprécient ce moment autant que moi.
 
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  Toutes les photographies sont de Bruno Joseph

Après la réflexion, l'action : les 2 prochaines heures sont consacrées à la mise en application de ce qu'ils viennent d'observer. Les quatre classes réunies choisissent chacune un thème : les plus petits travaillent sur les personnages, les niveaux intermédiaires sur le paysage et les plus grands sur l'architecture.
 
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A partir des brochures des 3 parcs régionaux (français, espagnol et italien), ils doivent sélectionner, découper des éléments et les réagencer sur le papier pour recomposer des univers imaginaires en fonction du thème choisi.Les enfants ont fait preuve d'une imagination et d'une créativité étonnante comme vous pouvez le découvrir sur les images qui accompagnent mon récit. Certains ont dépassé les contraintes du format du papier en rajoutant des éléments. D'autres, avec une minutie inouïe, ont composé des maisons en mosaïque de couleurs, des ciels dignes des impressionnistes et des montagnes très impressionnantes , des monstres bizarres et des animaux rigolos !
 
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Chacun a pu s'exprimer à la fin en présentant son œuvre aux autres, suscitant chaque fois de nombreuses réactions dans l'assemblée. Et dans les yeux brillait la même envie de mettre cette nouvelle découverte en œuvre dans le cadre du projet de livre.
Rendez vous sur le site du projet Comenius où les écoles participantes mettent en ligne les dernières avancées.       
 
c. 
 
 
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16 mai 2008

Dans la ville de Castan

 

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 Manuscrit de C.F. Ramuz

Juste pour dire que les photos de Marcella Barbieri sont exposées jusqu'au 31 mai à la librairie pour enfants Giannino Stoppani, à Bologne. Et qu'Où sont les enfants ? sera le 16 et 17 mai aux drôles lecteurs de Monbazillac, en Dordogne,  ainsi qu'au salon du livre jeunesse de Montauban le 17 et 18 mai.

A Monbazillac sont exposées les photographies de Chrystelle Aguilar tandis qu'à Montauban, ce sont les photos de Juliette Armagnac que l'on peut voir dans le hall de la médiathèque Montauriol. Et tant qu'à vivre loin de son jardin, on se réjouit rien qu'à l'idée de croiser Michel Piquemal et Oscar Brenifer dans la vieille ville de Félix Castan. Parce que c'est à lui qu'on pense en revenant à Montauban, à ce qu'il écrivait et à ce qu'il a martelé tout en forgeant son œuvre : « On n'est pas le produit d'un sol, on est le produit de l'action qu'on y mène. » 

Et comment raconter l'importance de Castan ? Il faudrait des nuits, et ce n'est pas Claude Sicre ou Michel Lablanquie qui diront le contraire, des nuits entières pour arpenter la pensée transcontinentale de Castan. Des Conversations Socratiques à Toulouse jusqu'à la Linha Imaginòt, « une ligne imaginaire qui tente de relier symboliquement les gens qui, chez eux s'organisent pour défendre la création, le respect des cultures, et l'échange de la solidarité, pour mener à la démocratisation absolue » (Claude Sicre). Castan n'imaginait rien d'autre que de manifester la beauté sur la terre, la beauté ici et maintenant et sa pensée immédiate, courageuse, inventive, partagée, perpétuée aujourd'hui dans la musique des Fabulous Trobadors, de Massilia Sound System et de Bernard Lubat.

Ils sont où les enfants de Castan ? 

T. 

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12 mai 2008

La Marcella

 

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Marcella Barbieri est une magicienne. Cette fois ce n'est pas seulement Où sont les enfants ? qui le raconte, mais l'équipe de VillaBar pour qui elle est venue faire des images : Elle arrive avec un gros sac dont elle sort un néon pour faire une épée de la Guerre des Etoiles, une longue vue en carton, des tissus rouges, verts, bleus, qu'on peut suspendre aux murs pour transformer un bar en palais vénitien, et tout un attirail de carnaval. Poser pour elle est facile, c'est un jeu. Les acteurs se reposent sous son objectif et les non acteurs deviennent acteurs. Et les photos ressemblent à des explosions de couleurs.

Et maintenant la Marcella a un site où l'on peut voir ses photos prises la nuit : http://www.marcellabarbieri.net/nuits.html 

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Litli au féminin

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Dans une école élémentaire du centre de Reykjavik, Severine Thevenet a rencontré une classe d'enfants âgés de 8 à 10 ans. Rosa Elin Davidsdottir l'accompagnait, qui lui servait aussi d'interprète auprès des enfants qui n'étaient pas anglophones. Certains d'entre eux ont dessiné Litli, mais une petite fille a eu l'idée d'inventer Litla, la petite sœur de Litli, perdue dans la nature avec son baluchon. Severine se souvient surtout de ce que Litla aimait bien le rose et qu'elle était partie à la recherche de son frère.

Ici, très loin de Reykjavik, deux petites filles du village viennent d'amener au local la vipère qu'elles sont très fières d'avoir capturée à mains nues.  La plus courageuse des deux tient la tête du serpent entre ses doigts, «c'est comme ça que j'ai vu faire à la télé». Son petit frère l'a pourtant prévenue  : les pythons ça peut vous cracher dans les yeux ! Alors elle porte les lunettes noires de sa maman.

A Reykjavik Saga a 12 ans et sait déjà qu'elle deviendra écrivain. Elle a écrit pour Severine l'histoire de Litli sans famille. Il est seul, triste et se souvient que sa famille habite quelque part en Islande. C'est en partant chercher les siens qu'il rencontre un premier elfe. La suite, il faudra la traduire, puis la donner à lire.

T.

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10 mai 2008

Mises en scène

C'est une habitude prise depuis longtemps. Elle me garde dans un coin de chez eux les journaux. Quand je viens je repars avec. J'ai déchiré la une du Monde des livres du samedi 19 avril 2008 pour l'afficher chez moi. Je l'ai coincée dans l'étagère, elle vient cacher les livres qui dorment désormais en-dessous.

C'est une photographie d'Ellen Kooi, déjà vue ici. A la foire de Bologne, j'ai fouillé trois jours entiers, passé et repassé des dizaines de fois devant le stand de Maschietto editore qui affichait en grand le travail de Virgilio Sieni. Hansel et Gretel perdus dans la forêt des contes. Je sais qu'il y a désormais quelque chose de moi qui cherche la mise en scène. Tu m'as dit tout à l'heure c'est l'une des bordures de la photographie. Croire qu'elle est là pour figer les choses, se débattre avec l'idée du temps, du noir et blanc, batailler - s'obstiner à inscrire des lieux et des gens dans la mémoire d'un temps mort.

Les images de Virgilio Sieni, de Mireille Loup, d'Ellen Kooi sont à l'exact opposé de cela. Elles fabriquent du merveilleux en triturant le réel. L'image est comme tirée d'un songe ou d'un film qu'on n'aurait jamais vu. A priori, tout est normal - dans cette forêt, on peut se promener, mais les dimensions sont faussées, les couleurs criées et c'est dans cette brèche là que vient s'engouffrer le rêve. L'étrange. C'est dans cette faille que les livres s'inventent.

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© Ellen Kooi, Bloemendaal

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© Ellen Kooi, Houtwielen Ballonnen

09 mai 2008

Juliette et les enfants

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Quand elle photographie Juliette s'amuse. Quand c'est avec des enfants cela s'appelle un atelier et c'est aussi son travail. D'autres images comme celles-ci, élaborées avec des enfants, sont visibles sur le blog qui lui tient lieu de journal d'atelier. Cela se passe à Agen, dans la bibliothèque municipale où intervient aussi Henri Meunier. Les enfants d'Agen ont de la chance, comme à Montauban où Juliette expose ses photos d'Alice au Pays des merveilles, et où elle rencontrera plusieurs classes jusqu'au salon du livre jeunesse, le 17 et 18 mai.

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