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10 novembre 2009

Apprendre la vie (essayer, vite)

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Entracte © Estelle DOUGIER

C'est une lettre qu'on reçoit de temps en temps, qu'on met de côté pour la lire le soir ou le matin, quand le téléphone ne sonne plus et que les enfants dorment tous. Dans chacune de ces lettres, je le sais, c'est comme une promesse, il y a de vraies trouvailles, textes et pensées autour de l'enfance et de l'éducation. Et ce matin est arrivée la 24ème lettre : Elle s'appelle LEA, c'est la lettre mensuelle de l'éducation Authentique du CREA - Apprendre la vie (Cercle de réflexion pour une éducation authentique)
Sommaire de la 24ème lettre :

- Je suis seul, mais pas solitaire ou isolé.
- " Eduquer, c'est actuellement dompter, dresser, domestiquer. Il n'y a aucune raison pour que les gouvernements changent de système". Le pédagogue qui écrivait ces lignes a été fusillé.
- L'apprenant a le droit de n'apprendre que ce qui a du sens pour lui... et il a d'autres droits.

L'EA est gratuite : envoyer un message vide à
appvie-crea@yahoo.fr

ou 6 timbres (pour 6 numéros) à CREA , F-71300 MARY


Et on ne résiste pas à l'envie de recopier ici les droits imprescriptibles de l'apprenant :


1. Le droit de ne pas être constamment attentif
2. Le droit à son for intérieur
3. Le droit de n’apprendre que ce qui a du sens
4. Le droit de ne pas obéir six à huit heures par jour
5. Le droit de bouger
6. Le droit de ne pas tenir toutes ses promesses
7. Le droit de ne pas aimer l’école et de le dire
8. Le droit de choisir avec qui l’on veut travailler
9. Le droit de ne pas coopérer à son propre procès
10. Le droit d’exister comme une personne


Philippe Perrenoud, 1995

21 octobre 2009

Photo reçue

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© Estelle Dougier, Montmartre.

Le métier d'éditeur est un travail solitaire et L'atelier des roues où on travaille est encore rempli de bureaux vides. Mais le fait d'éditer des livres avec à l'intérieur des photos amène, en plus du boulot habituel une joie secrète, primordiale aujourd'hui. Dans les messages qu'on reçoit, il y a souvent des images. Simple fichier en pièce jointe, à mes yeux c'est quand même un cadeau. J'imprime les images avec ma vieille imprimante, je la scotche au mur face auquel je travaille et ça me donne envie de continuer. Et l'idée de montrer ici certaines de ces images. Celle-ci par exemple, envoyée par Estelle Dougier et dont la légende pourrait être Où sont les enfants ? Je dis ça à cause du poème de Catherine Leblanc, ils sont loin devant elle écrit, comme la gamine sur la photo. Avant-hier, lundi matin c'était plusieurs photos d'Alexandra de Lapierre que je vous montrerai, comme un fou rire avec ses deux enfants.

20 octobre 2009

Sujet photo-sensible

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© Angelle, octobre 2009

C'est une photo trouvée. Je ne l'ai pas ramassée dans un train comme un journal abandonné,  personne ne l'avait oubliée sur un banc mais j'aurais aimé avoir cette image entre les mains, la ramener le soir à la maison et la montrer à mes enfants. Cette photo je l'ai trouvée sur un site, Angelle d'un jour où je vais presque chaque jour depuis 4 ans. Parce qu'une photographe y dépose ses images, presque chaque jour, et qu'il s'est établi peu à peu une correspondance entre mon regard et ses images à elle. Un jour, dans la pièce où j'écris j'accrocherai sur le mur cette image de l'enfant qui regarde.  Un peu à droite de la fenêtre par où je regarde, moi aussi, les arbres et les signaux de la forêt qui appellent.

29 septembre 2009

Mireille Loup

Nocturnes-MireilleLoup.jpgAlors rendez-vous demain mercredi, de 18h30 à 21h à la Galerie Magda Danysz, 78 rue  Amelot, 75011 Paris.

On y présentera Nocturnes et les garçons, au milieu des photos originales de Mireille Loup. Un tirage de tête, limité à 100 exemplaires, a été réalisé à cette occasion.

Et pour présenter Mireille Loup, rien de mieux que ce portrait en dernière page de Nocturnes :

Mireille Loup déteste les jours où rien ne se passe. Les dimanches de pluie, par exemple. On attend, le nez morveux et la bouche baveuse, derrière la fenêtre. Aussi, Mireille a passé le temps en fabriquant des choses dans sa chambre : des dessins d'abord, puis des photographies lorsqu'elle a grandi. Fabriquer illuminait ses dimanches, et bientôt tous les jours de la semaine. C'est comme ça qu'elle est devenue photographe.

« Mireille Loup » est son vrai nom. Ses parents l'ont appelée Mireille pour rimer avec soleil et merveille. Mais ils n'ont pas pensé que ça rimait aussi avec vieille et bouteille. Mireille s'appelle Loup parce que ses ancêtres vivaient dans la montagne, sans jamais parler à personne. Sauvages comme des loups. Heureusement, l'époque a changé.

Mireille parle énormément et à tout le monde. Elle parle parfois sans s'arrêter et ses amis baîllent d'épuisement à force de l'écouter. Un jour, ils lui ont dit qu'elle pourrait peut-être parler en silence (ses amis sont des coquins). C'est à ce moment que Mireille a eu l'idée d'écrire. Ecrire, c'est parler en silence !

Mireille aime faire l'idiote : danser n'importe comment devant la glace, ou prononcer à toute vitesse des dizaines de mots grossiers. Mireille est rigolote, surtout quand elle est fatiguée : elle mélange les mots et s'emmêle à la bandoulière de son apparail photo. Elle adore dévorer des pizzas tout en s'écriant : « Oh, non, je suis trop grosse ! » ou avaler gloutonnement crêpes et pâtes, en répétant : « Je dois manger au moins cinq fruits et légumes par jour ! »

Mireille Loup n'est vraiment pas raisonnable.

Les pages de Nocturnes

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Nocturnes et les garçons perdus, pages 20 et 21

Pour vous donner une idée, on vient de mettre en ligne six double-pages de Nocturnes. On en mettra plein d'autres, promis, dès qu'on rentrera de Paris. En attendant, on remercie tous ceux qui nous auront aidé à inventer ce livre.

Merci à Louis Bernard et Théo Baudet pour leur patience et leur beauté.

Merci aux jeunes lecteurs et correcteurs attentifs, Victor Dekowski, Chloé Berger, Julianna Bonamy, Anas Boudaaoua, Iman Boukili, Damien Bourdin, Violaine Bouyssou, Cédric Cailleteau, Aline Clerc, Melvin Degoul, Eva Djerfaf, Apolline Dumeril, Mélissa Germain, Clémence Grégoire, Elvin Guilloton, Laurie Lejart, Clément Lefevre, Céline Lim, Elise Louin, Thidianne M'backé, Lucas Mariani, Elsa Marques, Thomas Melix, Angélique Mouillard, Alizé Namuroy, Alexis Ocio-Rieprecht, Anaëlle Peron, Coraline Perrin, Florian Pleut, Lucie Remy, Mathias Tritscheler, Emilie Veaux, ainsi qu'aux grands, Philippe Lemaire et Marie Dekowski.

Merci à l'association Rhizome pour leur initiative Art at School,
la Biennale internationale de la photographie et des arts visuels de Liège,
le Centre Photographique d'Île de France,
le Centre de Photographie de Lectoure.

Merci enfin à Dorothée Luczak, Nathalie Giraudeau, Magda Danysz, François Saint-Pierre, Stéphane Jourdois et Emilie Clérici.

La conception graphique de Nocturnes a été confiée à Mimigrafika qu'on remercie elle aussi pour sa patience et sa présence dans les moments un peu durs. La correction du texte a été confiée à Anne Descours dont l'amitié et le regard demeurent précieux. La photogravure a été réalisée par Christophe Laloi et Aline Phanariotis pour Voies Off. Le suivi d'imprimerie a été assuré par Alexandre Dahan. Merci encore à vous.

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Nocturnes et les garçons perdus, pages 6 et 7

24 septembre 2009

Invitation

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A l'occasion de la parution de leur nouveau livre, Où sont les enfants ? vous invite à une rencontre en présence de Mireille Loup, le mercredi 30 septembre, à partir de 18h30 à la Galerie Magda Danysz, 78 rue  Amelot, 75011 Paris.

Après Litli Soliquiétude, il s'agit du deuxième livre de la collection En chemin. Ce conte de la nuit nous entraîne sur les sentiers philosophiques de l'absence et des secrets. Mireille Loup écrit dans la tradition de James Mathew Barry et lui rend hommage. Tapis volants, gouffre magique et coffre aux cauchemars animent cet univers propre aux enfants et à leur envie de grandes aventures.

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Nocturnes ou les garçons perdus, pages 14 et 15

Tirages de tête limités à 100 exemplaires accompagnés d'un tirage original 17 X 17 cm, signés par l'artiste.

03 septembre 2009

Expos

En septembre, Lucie Pastureau expose à Paris ( VANDERSTEGEN, 1 rue Gustave Goublier, 75010. Vernissage le jeudi 10 septembre, à 18h30) ainsi qu'à Arles, où l'exposition Proche(s) est prolongée à L'atelier du midi. Quant à Séverine Thévenet, elle montrera les photos de Litli soliquiétude à Liège, dans le cadre de l'exposition "Emerveillements" ( Les Brasseurs, rue des brasseurs, 6. Liège. Vernissage le samedi 12 septembre, à 18h)

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:: how to disappear completely

and never be found ::

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dorothée smith + lucie pastureau

illustration sonore : Sir Alice

une proposition d’abel llavall-ubach

 

En référence au titre du guide écrit par l’américain Doug Richmond expliquant pas à pas comment réussir un changement d’identité et à celui du morceau aérien du groupe anglais Radiohead, cette exposition rassemble le travail de deux jeunes photographes - Dorothée Smith et Lucie Pastureau - sur le thème de la jeunesse et de la construction identitaire.

Les photos de Lucie Pastureau racontent, sur le registre de l’album de famille, cette période aux frontières floues, entre l’adolescence et l’âge adulte. Les clichés sont pris sur le vif et capturent des instants de partage et d’intimité. On observe, dans la droite lignée de « l’école » de Boston, une esthétique sans calcul ni mise en scène. Seule compte la transmission d’une expérience privée où les sujets se définissent par rapport à leurs pairs.

Aussi, le parti pris esthétique renvoie ces expériences collectives au passé : « and never be found again…. »…. sauf en photos, qui une fois exposées au public, s’octroient une certaine valeur documentaire et rendent compte des codes et des rites initiatiques d’une tranche de vie.

29 juillet 2009

Dans les photos qu'on n'oublie pas : Le grenier d'Estelle Dougier

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© Estelle Dougier - « Le grenier », 2007

Dans le courrier qu'on reçoit il y a parfois des ébauches de livres. Quelques photos et une idée. D'autres fois le livre existe déjà, objet précieux et important entre nos mains qui viennent d'ouvrir l'enveloppe. « Le grenier » est un de ces livres qu'on n'oublie pas, qu'on a gardé longtemps en hésitant. Un livre avec des photos d'Estelle Dougier et un poème d'Eléonore Cannone, qui avait fait paraître la même année  « Elle, pinces et dépendance», son premier roman aux éditions de l'Altiplano. Et puis un jour on décide que «Le grenier» ne sera pas un livre d'Où sont les enfants ? Une décision à contre cœur, parce que le texte est habité par l'esprit de l'enfance, au moins autant que les images. Il y a l'émerveillement des yeux qui découvrent, et en même temps la nostalgie pour une enfance passée. Cette nostalgie que les enfants ne peuvent pas ressentir. C'est ce projet, et quelques autres reçus au fil des mois, qui nous a fait imaginer une collection de photolittérature qui ne s'adresserait pas aux enfants.
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© Estelle Dougier - « Le grenier », 2007

Pendant l'été, Estelle Dougier est venue aux Rencontres d'Arles. L'occasion de croiser une photographe dont nous avions pu suivre depuis deux ans le travail, et d'imaginer avec elle d'autres livres. Le hasard a fait qu'elle avait exposé l'été dernier à L'atelier du midi, rue du Sauvage, ce lieu où Lucie Pastureau et Lionel Pralus montraient leur travail en juillet. Voici ce qu'Estelle disait des photographies du Grenier, à l'occasion d'une interview pour le webzine Platform (numéro 5) : « De façon générale, je suis très attirée par l'univers de l'enfance et des souvenirs qui y sont liés. J'ai eu l'idée ( je ne sais pas vraiment comment ) de faire des photographies d'un vieux grenier où l'on retrouverait des souvenirs de ces moments passés à travers de vieux jouets, d'anciens objets oubliés... J'aime ce type de lieu un peu fermé, à la fois nostalgique et poétique.»

D'autres photos d'Estelle Dougier sont visibles sur son site. Elles explorent les mondes de la nuit, de l'enfance et du spectacle tout autour de la rue Lepic où elle habite à Paris, dans d'autres villes à l'étranger où elle promène ce regard solitaire qui s'en va explorer. Il faut l'écouter raconter ses marches la nuit dans les villes, à l'affût des lumières et des reflets, son vieil Hasselblad 501 CM posé sans pied à même le sol. Accroupie au dessus du boitier, elle cherche l'image et inquiète un peu les noctambules qui viennent l'interroger, si bien qu'ils peuvent se retrouver eux aussi à l'intérieur de l'image. La photographie peut devenir ce piège que provoquent la nuit les rencontres.

A lire aussi : Estelle Dougier, poésie et nostalgie sur lesPHOTOGRAPHES.com
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© Estelle Dougier

27 juillet 2009

La dernière heure

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samedi 25 juillet 2009, 05h00, Bondieuse (Bourgogne), © angelle

Dans la nuit de vendredi à samedi furent mises en ligne les deux dernières images d'Angelle et Marilia Destot. L'ensemble des 48 photographies, mises en ligne jour après jour sur LA MEME HEURE, QUELQUE PART AILLEURS... interroge le temps d'une étrange manière, à travers le regard de deux archivistes du sensible, attentives l'une et l'autre au passage des heures et des jours, du jour à la nuit à travers deux continents. Le temps est le véritable sujet de la photographie, comme en attestent les écrits et les images de Denis Roche. Ici, c'est le travail de deux amies photographes qui en apporte la preuve par petites touches, heure après heure, sans rien théoriser pour pouvoir approcher le mystère du regard.

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vendredi 24 juillet 2009, 23h00, New York, © Marilia Destot

24 juillet 2009

Fascinations photographiques

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Angelle, 1-2-3 soleil, Petite Série #5

En revenant fouiller dans les photographies du site d'Angelle, on trouve des images qui fascinent. Plein. Certaines sont assemblées trois par trois, (rubrique 1-2-3 soleil !), petits triptyques pour raconter parfois une histoire bleue, parfois une histoire plume : ébauches de récits photographiques qui amènent, avec beaucoup de douceur et de précaution, celui qui regarde à mettre en route sa machine à histoires. Et c'est là que se situe la force opératoire des photographies d'Angelle : les images captent un fragile dispositif de narration qui ébranle, dans nos pensées, l'ancienne envie de voir naître une histoire. Et si le monde qu'elle photographie porte en lui tant d'histoires prêtes à se laisser inventer, c'est que nos existences peuvent encore renouer avec le conte.

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Je recopie ce qu'Angelle écrit de ce travail :

De la patiente distillation de dix années de photographie, j'ai extrait ces quinze triptyques. Des images qui s'enchaînent sur un rythme ternaire, amorces narratives ou juxtapositions d'atmosphères, selon les séries.

Dans ce dernier cas (série plume, série verte, par exemple), il s'agit avant tout de recréer un état d'âme : le désir, la tristesse, l'ennui, l'attente, la joie des retrouvailles... Le regroupement est travaillé dans une perspective plus sensible que logique : couleurs, qualité du grain, dosage du flou et de la netteté, etc. sont les dénominateurs communs immédiatement évidents de ces agencements.

Dans le cas des suites plus narratives (série noire, série de traverse, par exemple), la progression se veut davantage linéaire. Tout aussi bien que d'un mini-scénario, il peut être question d'une simple pensée qui traverse un personnage pour prendre forme dans les images suivantes. Et il n'y a pas de place pour un épilogue !

Les séquences sont donc suggérées, de manière à laisser au visiteur la possibilité de s'échapper du "sens de lecture" et de projeter ses propres interprétations ou fantasmes.

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L'exposition 1-2-3 soleil ! a été accueillie en Pologne, à la galerie Bunkier de Cracovie, en septembre 1999. Auparavant, elle avait été présentée en région parisienne à Montreuil (hall de la Bibliothèque centrale Robert Desnos) en décembre 1997 ainsi qu'en avril 1998 à Livry-Gargan (Château de la forêt).

Tirages couleur sur papier 18 x 24 cm, encadrés au format 30 x 40 cm.