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30 décembre 2005

La chasse à l'enfant

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"C'est la meute des honnêtes gens
qui fait la chasse à l'enfant."
Jacques Prévert


© Enfants bagnards à Belle-Île en mer

Tant pis. Disons-le haut et fort : Les enfants sont aujourd'hui une catégorie sociale entièrement sous contrôle, sans droits de parole ou droits de vote, une petite population reniée et constamment salopée dans les règles et le respect de l'ordre adulte.

Par millions, les enfants subissent une domination absolue, organisée et totalitaire de la part de ceux qu'ils appellent les grandes personnes. Domination qui, parce qu'elle n'est jamais pensée en tant que telle, s'exerce sans restriction aucune et dans le cadre de la légalité. Prisonniers politiques d'un monde qui a massacré l'enfance nue pour mieux infantiliser des populations d'adultes asservis, les enfants doivent endurer aujourd'hui une école chronophage et liberticide, un ordre marchand dont ils sont la proie privilégiée et, pire encore, une répression sexuelle qui leur enlève jusqu'à la naissance du désir et de l'éros, puisque la sexualité de l'enfant n'est plus pensée autrement que comme délit - répréhensible - ou comme pathologie - à soigner de force.

Alors tant pis, redisons-le haut et fort : Les sociétés vieillissantes de l'ère post-industrielle ont besoin de dévorer leurs enfants, en commençant par la cervelle, les parties génitales et les deux yeux qui sont tendres et goûteux, comme chacun sait pourvu qu'il ait l'imaginaire juste un peu cannibale. L'infanticide généralisé, sous couvert d'éducation nationale et de protection sociale, est devenu peu à peu une règle collective nulle part énoncée, partout mise en œuvre avec la rigueur et l'acharnement dont nos administrations sont garantes.

Aujourd'hui, dans l'Europe de Schengen et dans une Amérique fanatisée par l'Axe du mal, le peuple des enfants subit ce génocide silencieux et démesuré, masqué de guirlandes lumineuses et constamment enseveli par l'industrie du jouet et des loisirs. Comme si les enfants d'aujourd'hui étaient à l'enfance nue et immémoriale ce que le gibier d'élevage est à la faune sauvage.
Où peut survivre alors l'être-petite-fille raconté par Lewis Caroll ?
Dans quelle vallée habite encore le petit-garçon-étranger-qui-retourne-aux-forêts ?
Tout porte à croire que ces deux créatures de la nuit des temps constituent une sous-population menacée d'extinction. Mais où sont leurs cadavres ? Dans quels charniers ont-ils été ensevelis à l'abri des regards ?
Comme d'habitude les caméras n'ont rien vu, aveugles, éblouies par ailleurs. C'est qu'autour de nous des corps d'enfants continuent de survivre et de faire illusion. Mais regardez mieux : leurs cerveaux, leurs regards et leurs désirs ont été colonisés, dénaturés, répréhendés par une société qui, avant toutes choses, a pris l'enfance nue en horreur.

Repues et vieillissantes, dévitalisées et malades, nos sociétés sont devenues infantiphages et affamées, ultime logique de survie que nous impose une gérontocratie qui règne partout sans partage.

Tieri Briet

10:05 Publié dans Propaganda | Lien permanent | Commentaires (1)

21 décembre 2005

L'ensauvagement des enfants



Dans l'europe vieillissante, celle de Schengen et de l'OCDE, les enfants semblent subir cette vieillesse de corps et d'esprit qui partout se répand. Une baisse d'intensité, un imaginaire de plus en plus fade que la littérature jeunesse engendre comme une épidémie. Des enfants appellent au secours, refusant d'approcher même un livre qu'ils devinent comme un piège. Et nous ne comprenons pas leur refus, cet instinct qui leur dicte de ne pas y mettre les yeux. Plus à l'Est comme au Sud, des enfants perdus traversent nos frontières en refusant de partager la vie d'esclave et d'ennui que leurs parents réitèrent tous les jours. Dans leur refus il y a une alerte à la mort, une tentative d'échappée.
Il faudra inventer d'autres livres.

"Notre turbulence étrange ne s'accompagnait d'aucun cri.
Je ne crois pas qu'on ait vu enfants plus remuants et plus silencieux. Car, espiègles, aimant la solitude et la paix, garçons et filles se cachent à qui mieux mieux, dans un arbre, sur un toit d'un appentis, ou dans un grenier à foin."
(Colette - La Maison de Claudine, Ch. 1 : Où sont les enfants ?)

10:30 Publié dans Propaganda | Lien permanent | Commentaires (0)

15 décembre 2005

Où sont les enfants ?

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Les enfants regardent le monde.
Donnons-leur des livres qui ne baissent pas les yeux.

Si la photographie apprend l'intensité du regard, si les histoires
interrogent le monde et les vies qu'on y donne aux enfants
d'aujourd'hui, cela veut dire qu'il faut pour l'enfance des
livres différents, des livres où photos et récits entrent en
résonance pour interroger et raconter le monde autrement.

Il y a dans l'enfance une volonté d'ouvrir les yeux et
de chercher, au creux du monde, d'autres histoires qui
aident à grandir libre, à inventer dans la réalité des
chemins qui bifurquent jusqu'à l'imaginaire.

Les livres d' "Où sont les enfants ?" veulent ouvrir
la littérature à partir d'images plus ancrées, scruter
le monde et non pas l'enjoliver.
Parce que le livre photo pour enfants permet
de travailler les rapports féconds du rêve et de
la réalité. Comme si l'une des fonctions de
la photo consistait à ramener au réel ce qui
relève de l'imaginaire et du poétique.
"Contribuer à ce qu'un livre soit un
livre", écrit François Ruy-Vidal. Un
livre, c'est à dire un météore dans le
ciel mental de l'enfance ; et non pas un produit
imposé et conçu à 100 000 exemplaires par la
nouvelle économie du livre.

10:25 Publié dans Propaganda | Lien permanent | Commentaires (6)