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07 février 2007

Le silence des photographes

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© Odile Pascal

Les photographes ne sont pas des gens comme les autres. Ils pratiquent le silence dans un monde où le bavardage doit régner. Ils écrivent peu, s'en vont ailleurs fabriquer leurs images, refont surface sans songer à donner de leurs nouvelles. Parfois ils envoient des images. Pas besoin d'autres mots. A regarder on devine où ils vont. Ce matin, c'est cette image qu'Odile Pascal nous envoie. Comme on aime partager, on la dépose aussi ici.

24 décembre 2006

Terre d'enfants

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C'est une vieille dame, un beau visage, une existence qu'on a envie de raconter pour tenter de comprendre les milliers d'images qu'elle a pu ramener de ses rencontres : voyages au loin, rencontres d'enfants. Dominique Darbois est née le 5 avril 1925 à Paris. Résistante pendant la seconde guerre mondiale, résistante à seize ans, elle est arrêtée et emprisonnée à Drancy pendant deux ans. A la libération, elle s'engage dans des activités militaires en France et au Tonkin, puis devient l'assistante du photographe Pierre Jahan en 1946 tout en suivant les cours de l'École du Louvre en auditeur libre, avant de commencer sa carrière à elle, sa vie de photographe attentive aux enfants et aux femmes. C'est en 1951 qu'elle effectue son premier voyage, une mission exploratoire de près d'un an en Guyane, d'où elle rapporte les photographies du premier titre de la célèbre collection de livres pour enfants "Les enfants du monde".

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©Dominique Darbois - Moscou, 1965.

Une vingtaine d'albums seront édités chez Nathan, entre 1953 et 1975, dont la mémoire ne s'efface pas chez ceux qui, enfants, ont eu la chance d'en tourner les pages et de s'imaginer d'autres façons de vivre. Après l'enfant d'Amazonie, il y aura l'enfant africain, l'enfant esquimau (Achouna le petit esquimau, 1958), l'enfant mexicain ou lapon (Aslak le petit lapon, Nathan, 1964), Faouzi, le petit égyptien (1965), puis Moriko, cette fillette japonaise. “Je suis (je crois…) un être éminemment social, raconte Dominique Darbois, ayant toujours refusé de se laisser enfermer dans des frontières, quelles qu’elles soient, matérielles ou mentales, ayant toujours éprouvé une soif de connaître les autres, proches ou lointains, au-delà des différences apparentes, et, donc de communiquer avec eux. Mon désir d’évasion m’a conduite à essayer, poursuit elle, de déceler par un regard, une attitude que j’ai voulu fixer, nos points communs, nos différences. Après tout ce temps passé à explorer les lieux et les humains, j’espère avoir réussi à transmettre ma conviction que ce monde, dans sa diversité et sa complexité, est UN : le nôtre, notre monde à tous. Mes photos y sont-elles parvenues ? À vous de le dire.”
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©Dominique Darbois - Guyane - 1952

20 décembre 2006

Les photos d'Alice Sidoli

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Il s'était passé quelque chose. En découvrant cette image, il y a plus d'un an, nous avions pensé qu'Alice Sidoli était capable de saisir quelque chose de l'enfance après quoi nous étions à l'affût. Difficile d'expliquer pourquoi cette intuition ne s'en allait pas. Nous avions cherché à voir d'elle d'autres images. Il y en avait beaucoup sur le site de BaSoH, le collectif de photographes auquel elle appartient. Alice travaillait pour la presse. On pouvait voir ses reportages sur les rues de New York, sur le travail d'une sage-femme du 11ème arrondissement à Paris, sur une maternité de Vitry-sur-Seine, sur la prévention du sida au Maroc ou sur les sans-abri en région parisienne.

Nous avions envie d'imaginer un livre avec elle. Un livre pour les enfants, à partir de cette façon différente qu'elle avait de composer ses photos.

En janvier 2007 sortiront deux livres dont Alice Sidoli aura conçu les images. "8h32", le prochain album d'Où sont les enfants?, avec un texte de Stéphane Servant, un texte réglé au millimètre, un peu comme on ajuste le mécanisme d'une horloge. Et aux Editions de l'Amourier, "Primitifs en position d'entraver", un texte de Tieri Briet où viennent résonner une vingtaine d'images composées spécialement pour le livre. Ces deux livres amènent la peuve que les photos d'Alice savent rendre compte d'une solitude étrange, celle que les enfants peuvent traverser dans l'attente, et celles que les frontières de Schengen érigent aujourd'hui comme une loi : la solitude des clandestins. Deux solitudes difficiles à capturer à travers des images. Mais elles sont là, présentes à travers ces deux livres, capables de restituer la joie qui va y éclater, et même la force qui y prépare en silence son premier coup d'éclat.

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©Alice Sidoli

15 décembre 2006

En revenant de Montreuil

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Nous sommes lents. Et c'est une façon de travailler qui nous ressemble. Si nous avons découvert, à Montreuil, nombre de photographes passionnants venus nous montrer leurs images, il nous a fallu du temps ensuite pour repenser aux univers ainsi arpentés. Pour imaginer le commencement d'un livre possible à partir d'images qui surgissaient. Comme ces photographies d'Odile PASCAL, jeune photographe venue du sud avec des images où résonnent la peinture et l'univers mental des contes. En découvrant ses recherches et celles de quelques autres, nous avons pu renforcer cette intuition que la photographie avait bien de véritables histoires à raconter aux enfants.

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Odile PASCAL pratique une magie sombre pour rendre compte d'une vision où le récit vient fonctionner en écho. C'est trouble et attirant. Précis et pictural, avec une invention dans l'usage des couleurs et la diffraction des lumières qui n'est pas sans rappeler la technique du glacis qu'utilisaient certains peintres à l'huile comme Le Tintoret à Venise ou Rembrandt à Leyden. Alors ça nous passionne, ça se mélange aussi avec les livres en chantier. Nous ne résistons pas à l'envie d'en montrer quelques images. Pour le plaisir et pour la gourmandise.

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© Odile Pascal

11 octobre 2006

LES PRUNELLES D'ANGELLE

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7 d'un coup
(série 18 #2)
Photographie d'Angelle

Angelle fait des photos tous les jours. Elle les publie sur des sites comme "Les prunelles d'Angelle", sur http://les.prunelles.free.fr/

Ce qui nous fascine dans ses images, c'est qu'elles contiennent toutes le germe d'une histoire. Comme si le désir d'un récit en train de naître était lié à chaque fois au désir de photographier. Quelquefois, les images sont effectivement organisées en séquences et, sans aucun texte, racontent bel et bien une histoire. C'est le cas pour la série "7 d'un coup", dont cette image est extraite. C'est le cas pour d'autres séries, comme "Feux de croisement" ou "Duologue", qui explorent jusqu'à ses limites la capacité qu'ont les images de générer un récit.

Il y a dans ce travail photographique une maîtrise d'œuvre, une vision d'ensemble capable d'assumer entièrement la charge littéraire des images, une capacité qui d'habitude n'est pas contenue dans la façon qu'ont les photographes de produire leurs images. Et pour le montrer, mieux vaut laisser parler les images d'Angelle.
Les trois photos ci-dessous constituent la "Petite série #6". Non seulement elles décrivent quelque chose qui ressurgit de l'enfance, mais elles en font le récit, sans besoin d'aucun mot. Il suffit de regarder :

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Ces trois images pourraient être au cœur d'un livre pour enfants. Elles ont ce pouvoir de raconter à l'enfant ce passage inquiétant et fascinant de la veille au sommeil, elles racontent l'endormissement et l'attrait qu'ont les rêves à la fin d'une journée. Et surtout, elles répondent à cette bêtise qu'on rencontre tous les jours, quand on entend rabâcher ici et là que la photo serait trop réaliste pour l'imaginaire des enfants.

Antonin Quetal

07 mai 2006

AGUILAR

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A 33 ans, Chrystelle Aguilar a choisi sa vie et elle s'y tient, une vie de mère et d'amoureuse au fond des bois, pas loin d'un village au sud du Lot où elle est essuie des verres au fond du café, un troquet surréaliste et humain où vont trinquer paysans et artistes. C'est sa vie à elle, et c'est à partir de sa vie qu'elle essaye de poser un regard sur le monde qu'elle traverse. La différence c'est que son regard à elle est un peu plus précis, plus exigeant aussi. Et elle utilise la photographie pour le rendre visible. La photo ? Une technique précise et exigeante, justement. Alors quand elle travaille aux photos d'Où sont les enfants?, on pourrait dire qu'elle est presque chiante mais non, elle est avant tout précise et exigeante. Egale à elle-même. Attentive aux enfants. Et soucieuse de leur raconter ce qu'on fabrique en s'efforçant de faire une image. Expliquer pourquoi toutes ces heures pour dessiner ce trait de lumière jaune, tout près de leur visage d'enfant impatient.

Chrystelle Aguilar photographie aussi les corps de femmes, les mises en scène de théâtre et tourne en vidéo des courts-métrages qu'elle écrit. C'est la vie qu'elle s'est choisie, entre son fils et son amoureux, au fond des bois. Une vie de photographe attentive aux humains.

Tieri Briet

04 mai 2006

Heures supplémentaires

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Les journées ne sont pas assez longues.
Les travaux pour boucler l'expo d'Où sont les enfants ? n'en finissent pas et toute l'équipe est sur le pont.

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24 avril 2006

L'affiche

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Laure BEX vient de mettre la dernière touche à l'affiche de l'expo Où sont les enfants ? qui aura lieu du 3 au 31 mai 2006, dans le cadre des rencontres de Ricochet à la bibliothèque de Bogny-sur-Meuse, près de Charleville-Mézières.
Bibliothèque Municipale de Bogny-sur-Meuse
Place de l'Hôtel de Ville
08120 Bogny-sur-Meuse

22 mars 2006

Chrystelle Aguilar : Photographier Où sont les enfants ?

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C'est la première expo des Editions Où sont les enfants ?
Une expo pour raconter le travail de prises de vues, les journées passées à photographier des enfants pour raconter une histoire à travers un livre d'images. Cette exposition sera composée de 30 cadres comprenant une ou plusieurs photographies, plusieurs documents et éléments de décor.
L'exposition montrera les images réalisées par Chrystelle pour trois de nos livres, ainsi que d'autres photos racontant la relation particulière qu'elle sait nouer avec les enfants comédiens.
Elle sera inaugurée pour la première fois aux rencontres de Ricochet, festival autour de l'image à Charleville-Mézière, du 16 au 21 mai 2006.
Je recopie ici ce texte qu'a écrit Jean Louis Chomette pour raconter le travail de Chrystelle :

"Chrystelle Aguilar est sûrement photographe, mais ce n’est pas le plus important, c’est  son œil qui compte. Avoir l’œil, c’est savoir être assez patient, assez têtu pour vouloir ce moment là et pas un autre, c’est penser l’image et garder l’instinct pour le cadre, ça, Chrystelle sait le faire parce que plus que  faire une photographie, ce sont les autres qui l’intéressent, ce qu’ils font, ce qu’ils sont. Autodidacte, elle ne tombe pas dans le piège du regard sur l’autre comme le sociologue, mais comme faisant partie d’un tout si passionnant à comprendre : nous autres, donc elle-même.

C’est elle qui librement a posé son regard, essayant d’en saisir les expressions les plus sensibles pour les resservir aux enfants à travers ce livre. Chrystelle Aguilar pense la photographie avec son cœur et sa sensibilité, pas avec son esprit."

Sinon vous connaissez le site Ricochet ?
Le Portail européen sur la littérature jeunesse !
Un site à aller arpenter sur , sérieux, ça vaut la peine et le temps de tout lire.

29 décembre 2005

Les images de Juliette Armagnac

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Décembre est plein de givre et d'images à découvrir.
Des visions dans lesquelles cheminer l'œil grand ouvert.
Celles de Juliette Armagnac, visions & images, font résonner le monde vertigineux de Lewis Caroll.
C'est difficile à expliquer.
Sans l'illustrer, elle donne un équivalent à cette vision irréductible qu'avait L. Caroll de l'enfance, de la situation humaine que l'enfance représente, opposée par nature à ce monde que les adultes construisent tout autour, sans jamais rien y comprendre.
J.A. n'a pourtant pas lu le texte d'Alice au pays des merveilles. Elle se souvient du dessin animé qu'enfant, elle regardait jusqu'à en apprendre par cœur chaque réplique.
Devenue grande à son tour, avec beaucoup de prudence et d'audace, elle construit un autre pays des merveilles pour les enfants d'aujourd'hui.

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