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07 mai 2008

Questions d'enfants

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Premier café avant l'aube. Sous l'œil du coq que la lumière de la cuisine a réveillé, désolé mon vieux. De l'autre côté de la vitre, ta tête hagarde de volatile préhistorique, c'est aussi le premier regard échangé quand je lève les yeux de mon livre - La nostalgie aborigène qu'Elzbieta vient de publier chez L'art à la page : un livre offert par Madeline, un livre avec des points d'interrogation, une ribambelle au fil des pages. Sa manière à elle d'écrire l'enfance qu'elle raconte : « Qu'y avait-il au-delà ? Nous savions à peine la petite ville, la plage semée de méduses, la campagne alentour. »

Je roule jusqu'au local d'Où sont les enfants ?, juste avant les premières lueurs sur le causse. Au bord de la route un blaireau qui boitille, deux chevreuils que mes phares viennent déranger et le premier oiseau face à moi, la buse endormie sur le grand chêne du virage. Les questions d'enfant que pose Elzbieta ne s'en vont pas non plus avec la route qui monte de virage en virage, du vallon jusqu'au village sur le causse : « Lorsqu'on a plus de terre à soi, dans quel jardin creuser un petit tombeau ? » Il y a des points d'interrogation définitifs et ce matin je pars avec.

Mais aujourd'hui, avant d'aller accrocher l'exposition de Juliette Armagnac à Montauban, avant de retrouver Laurence Carrara à l'I.U.F.M., je connais mon bonheur à l'avance : Lire le manuscrit reçu de Catherine Leblanc, les premières pages au moins, relire les mots de Lucien, un enfant de 8 ans qui interroge Litli avec ses mots sur le site Lecture & Cie« Est-ce que Litli a découvert le monde ? Est-ce qu'il a rêvé ? Est-ce qu'il a trouvé ce qu'il cherchait ? »

Questions d'enfant : d'emblée elles vont au cœur du livre me dit Severine au téléphone. Ces petits bonheurs d'éditeur, c'est bien assez pour déjeuner seul face au coq insomniaque. Les points d'interrogation d'Elzbieta avec le goût d'une pomme et du café pour faire face : « Où s'ancre la mémoire des vagabonds ? » Est-ce que quelqu'un par ici aurait la réponse ? 

 T.

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La nostalgie aborigène. Elzbieta.

Edts L'art à la page.
Format : 15 x 20 cm -

Tirage : 1000 exemplaires - Parution : 19 février 2008

06 mai 2008

Lent retour

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1442762398.JPGSeverine est rentrée d'Islande, quelque part aujourd'hui entre Lyon, Paris et Bruxelles avec son âme de nomade, habituée à jouer dans les rues avec ses marionnettes, on a parfois du mal à la suivre. Dans ses bagages elle a le livre de Litli qu'elle montre aux libraires, partout où elle va, saltimbanque obstinée, ambassadrice infatigable. On apprend. Voilà ce que c'est que faire des livres avec une artiste des rues. Elle a aussi ramené plusieurs photos de ses rencontres qu'on montrera.
 
Et raconter plus tard la rencontre de Litli et des enfants de Reykjavik.
 
 
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29 avril 2008

Enfants de Reykjavik

 

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Severine Thevenet et Yumi, sa fille de deux ans, sont allées toutes les deux à la rencontre des enfants de Reykjavik avec Litli. Pour ceux qui comprennent un peu l'Islandais, on peut lire plus de détails sur le site de l'éducation et des écoles de Reykjavik : Litli fer í leiðangur

22 avril 2008

Images du petit garçon qui s'en va tout seul

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Litli en Islande © Severine Thevenet & Où sont les enfants ?

 
C'est un message reçu de Nathalie, qui anime le site Lecture & Cie :

« En passant... vous livrer simplement les impressions de mes enfants suite à la première lecture que je leur ai faite de l'album "Litli Soliquiétude"... Le plus grand (8 ans 1/2) : "C'est vraiment étrange, il est tout petit dans le monde qui est gigantesque à côté de lui... je crois qu'il voudrait devenir grand". Le plus petit (4 ans 1/2) : "Il marche tout seul sur son chemin à lui." "Il est heureux quand il dort dans l'herbe, il est tout bien".

Voilà... ils en ont reparlé ce matin au petit-déjeuner, le plus petit voulait revoir les "images du petit garçon qui s'en va tout seul", le plus grand m'a dit que ce livre "on dirait un peu de la poésie"... Bon chemin à Litli ! »

21 avril 2008

Nouvelles de Litli en Islande

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© Severine Thevenet & Où sont les enfants ?
 
Litli et Severine sont arrivés en Islande où les nuits sont presque douces, plus longues que par ici.
L'exposition est en cours d'accrochage, visible dès vendredi 25 avril à 17h. On peut aussi prendre de leurs nouvelles par ici.

 

15 avril 2008

Un message pour Claire Gros

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Le lectorat face au peuple des enfants
 
Presque minuit. En remontant de Perpignan ce matin je suis passé par Toulouse prendre 800 exemplaires de Litli chez le relieur. Les livres sont rangés par cartons de 25 et les amortisseurs de la vieille Laguna touchent maintenant le sol dans les virages. Je les porterai à La Ferrière, chez Littéral demain après la banque s'il y assez de sous. 428 km aller et pareil au retour. En passant par le local d'Où sont les enfants ? il y a un message de Claire Gros sur l'écran : « Comme vous le savez sûrement, cet album a le mérite de susciter la discussion. Mon opinion est que c'est un très bel ouvrage artistique, un livre d'auteur, mais je reste sceptique sur sa capacité à rencontrer son lectorat. » C'est l'argument avec les mots pour mieux tomber des nues. Le mot lectorat déjà je n'ai jamais aimé. Lectorat comme Agrégat de lecteurs, un gros conglomérat d'enfants forcés à lire n'importe quoi avec le bon label et les bons sentiments. Je ne m'énerve pas : Le petit bonhomme suit son chemin et il suffirait qu'il rencontre un seul gamin, rien qu'un seul lecteur pour Litli, un enfant pas prévu avec les yeux silencieux dans les pages et ça suffirait au bonheur. A Saint-Vincent de Tyrosse où j'ai passé deux jours - Le livre dans la ville - j'ai rencontré deux jumeaux. Des enfants de sept ou huit ans et j'ai oublié leurs prénoms. Pas leurs yeux. L'un des deux frères portait un sweat marqué Hawk. Les deux avaient les yeux rivés au livre, le dernier de Litli, des yeux noirs et sérieux, obstinés. C'est celui-là qu'ils voulaient, le dernier Litli. Et les parents - c'est très rare alors je l'écris - les parents n'ont pas discuté le choix des enfants. Ils ont tourné les pages ensemble et dit OK. On le prend. D'habitude c'est l'inverse alors ici je l'écris. Un père, une mère et leurs jumeaux de sept ans est-ce que c'est eux le lectorat ? Claire Gros dirige le site Choisir un livre. Elle est sceptique m'écrit-elle. Est-ce que Litli a la capacité de rencontrer son lectorat ? Je réponds en expliquant, en faisant suivre les premiers articles, celui de Griffon et celui de Citrouille, celui de Gawou et d'Eliabar. Caroline me dit «Te fatigue pas c'est pas la peine.» Le livre qu'a reçu Claire Gros en service de presse, à combien d'enfants l'a-t'elle montré ? Pour de vrai. Je voudrais savoir pour de vrai la rencontre et c'est la seule question, demain je téléphone. Maintenant non c'est la nuit et la musique du Velvet, de 2pac et De La Soul en sourdine. Je charge d'autres cartons dans la voiture, des 8h32, des Amour à gogo et des Prénom Camille. L'amour pour les livres qu'on fabrique est dans le geste des cartons qu'on va caler avec tendresse au fond du coffre, la nuit. Le début du voyage pour les livres orphelins. Je pense au peuple des enfants, au poids massif des Litli à bout de bras et puis Madeline appelle : T'as-lu ce commentaire d'une maman sur le blog de Gawou ? Gawou la libraire. Bien sûr que non, plus le temps de rien lire, 4000 km sur la route en six jours. Alors je lis. Je recopie les mots d'une maman :    « belle rencontre!!
Samedi après midi je flânais dans une librairie (espace culturel du Centre Leclerc de GAP), je cherchais un livre pour mon petit garçon (et un peu pour moi aussi!!) et tout à coup je découvre "Litli": j'ai immédiatement senti un truc particulier sans même l'avoir ouvert. C'est une petite merveille de pureté, les photos sont sublimes et pour ma part ce livre fait directement appel à l'enfant qui est en moi ! Quand je l'ai offert à mon enfant (en lui demandant de me le prêter un peu quand même!!) il est immédiatement rentré dans l'histoire, il a tout observé ! pour lui LITLI rêve et quand il rêve il a plus peur d'aller voir ce qu'il ne connait pas!!et du coup ça l'aide à dormir, il met son livre sous son oreiller depuis samedi soir; mon mari a adoré aussi ,chacun le lie et se l'appropie à sa façon.Pas de doute c'est le plus beau livre pour enfant ( et pour grand !)que je n'ai jamais rencontré!je vais passer le message autour de moi...à quelques personnes qui ont une bonne capacité à faire appel à l'enfant qui est en eux! merci! »

Le message est signé kikou. Sans majuscule. C'est un message pour Claire Gros. Direct au cœur du lectorat.

09 avril 2008

Journal d'un libraire

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Litli & Severine au milieu de nulle part, en Islande 
 
C'est un libraire de Lyon croisé un jour d'hiver, je m'en souviens, quand on portait nous-mêmes les livres jusqu'aux lointaines librairies. C'est un libraire qui tient son journal, chaque jour un autre livre, un lecteur insatiable, un chercheur de livres. Le journal d'un libraire est en ligne. On y a découvert, souvent, des livres jamais vus avant. Et la façon dont il raconte Litli sonne particulièrement juste. Alors on recopie ses mots ici, en le remerciant :

    « Le titre d'abord : "Litli soliquiétude". Litli veut dire "petit" en islandais. Soliquiétude : "un état de solitude voulue pour approcher du sentiment de la tranquilité douce de celui qui marche, et fait naître le monde en chemin." Après le titre et sa signification (très intéressante non !?), la page du titre avec sous celui-ci la photo d'une cabane bien singulière. On y arrive par une rampe, par un petit pont, elle est adossée à un arbre en pleine nature, sans doute l'endroit où l'on pourrait gôuter à la vie la plus simple et la plus riche. Quel rapport avec le reste de l'album ? A voir... L'album débute sur une petite chambre magnifique en noir et blanc, incroyable de finesse, de minutie, de goût. Dans son lit, une poupée, un petit personnage. Juste une couleur au mur, la photo d'un paysage magnifique et antédiluvien. C'est le réveil. "Tu marches toujours sur les mêmes lignes". Lignes de pavés disjoints, on continue dans le noir et blanc. Ce petit être a tout le charme d'une histoire sans fin. Quand on est lyonnais, on distingue derrière les Subsistances et les bâtiments qui l'entourent mais on s'en fout un peu de ça. "De l'air entre les pavés". Une phrase énigmatique et fortement symbolique: "Si tu regardes longtemps, même une pierre finit par s'ouvrir." Le texte, très sobre est de catherine Leblanc. Commence donc une fable à la fois très symbolique et très lumineuse. Un éveil. On peut ouvrir les pages en grand et même une chute vertigineuse entre les mêmes pavés ne nous fait plus peur. Nous sommes au seuil de quelque chose. "Là-bas grandit ce que tu ne connais pas." Nous étions au seuil d'un autre monde, pas si loin, sous nos pieds. Cet autre monde vient du fond des âges, grandiose, magnifique, sauvage. "Tu peux aller là où commence le bleu." Juste le vent, la terre vivante. "Regarde, tu fais naître le monde." La naissance à autre chose, l'éveil à la vie, franchir le pas d'une vie, de la 1312576498.jpgcréation. Un récit initiatique dont la lecture est presque écrite en nous, au fin fond ou déjà à la surface du monde et des choses. La plus grande simplicité donne parfois la clé pour nos vies souvent enfermées, stériles. Je vous rassure, c'est bel et bien un livre pour enfant, mais pas n'importe lequel et pas le énième: un petit chef-d'oeuvre! Dernière page, la lumière du jour pénètre dans la chambre colorée cette fois que nous avions vue au début. Ne reste plus au mur en noir et blanc que la photo au début, elle seule colorée. Ce voyage est terminé, sans doute amené par la clarté du jour qui pénétre dans la chambre (et un voyage en Islande pour l'auteur). Litli a été récupéré un jour par Séverine Thevenet qui nous donne cette histoire en images (en photos). Elle veut rendre visible l'invisible, c'est réussi. Catherine Leblanc, auteur du texte, dit de manière très touchante :"Plus je grandis, plus j'écris pour les petits." C'est une première, le libraire est un peu "illuminé" par ce livre. Alors prenez vraiment le temps de le lire en ayant fait un peu de vide avant, si vous en avez l'occasion, ne passez pas à côté comme on le fait trop souvent avec les choses essentielles... »