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13 avril 2007

Zosia Zija

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©Zosia Zija


Zosia Zija vit et travaille à Varsovie, comme comédienne et photographe. Ses portraits d'enfants semblent raconter le début d'une histoire, une histoire simple et archaïque, un peu comme celles que raconte Clarissa Pinkola Estés pour guérir ses patientes.

S'il existe des blessures de l'enfance, on peut imaginer que certaines images liées au monde de la petite enfance puissent avoir, elles aussi, la capacité d'agir sur ces blessures comme un baume, un onguent dont l'effet bénéfique passerait par le regard porté chaque jour à ces images. D'anciennes médecines croyaient à la puissance opératoire des images. Elles donnaient au regard la capacité d'incorporer la puissance contenue dans l'image, et de la rendre active autant qu'une molécule agissant au contact d'autres organes. Les historiens de la médecine parlent d'images opératoires, ces dessins que le patient plaçait au contact d'une plaie, d'une fièvre ou d'une morsure venimeuse. La photographie donnant naissance à des images reproductibles, on pourrait donc imaginer l'hypothèse que certaines photos, comme celles de Josef Koudelka ou de Zosia Zija par exemple, auraient ce pouvoir de guérison collective sur nombre de regards blessés, altérés par d'anciens traumatismes qu'ils auraient partagé.

Serait-ce donner trop de pouvoir à ces photographes que d'imaginer, pour certaines de leurs images, une fonction d'ex-voto ou bien de talisman quand on sait combien de leurs photos sont punaisées au mur d'une chambre, encadrées et exposées au milieu d'une salle à manger qu'envahissent d'autres images maléfiques, comme celles de la télévision ou d'un magazine mal imprimé à des milliers d'exemplaires ? Images protectrices, fragiles, intimes, instinctives, images sommées de monter la garde face aux nuées d'images nocives que déversent, chaque jour et sous nos yeux déjà repus, la presse et la télévision.

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©Zosia Zija

15 mars 2007

1,2,3 photos de William Eggleston

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Quand on dit que la photo a plein d'histoires à raconter aux enfants !

Ces trois images appartiennent à des moments différents dans l'œuvre de William Eggleston. Mais il suffit de les rapprocher pour qu'une constellation s'organise, un petit monde de résonnances au creux duquel s'amorcent des embryons d'histoires, proches de ces "narrats" auxquels travaille Antoine Volodine : "J'appelle narrats des instantanés romanesques qui fixent une situation, des émotions, un conflit vibrant entre mémoire et réalité, entre imaginaire et souvenir. C'est une séquence poétique à partir de quoi toute rêverie est possible, pour les interprètes de l'action comme pour les lecteurs." (A. Volodine, Des anges mineurs, Le Seuil, 1999.)

Un narrat visuel, c'est ce que composent ici les trois images d'Eggleston.

13 mars 2007

2 photos de Stefan Rohner

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Photos de Stefan Rohner, issues de la série Daily life.

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Pour voir d'autres images de Stefan Rohner, c'est par ici...

14 décembre 2006

Partir faire des photos

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Chrystelle Aguilar et Lucie à la plage en décembre.

Quand on part faire des photos pour raconter une histoire, quand on a imaginé une vingtaine de clichés pour résonner avec un texte de Maryvette Balcou, il faut prendre en compte ce danger d'affronter la tempête sur une plage du côté de Paimpol, face à l'île de Bréhat et à l'océan qui se retire, juste un peu plus sombre que le ciel de Bretagne.

Chrystelle Aguilar est capable d'attendre toute une journée la lumière qu'elle recherche pour jouer dans les cheveux de l'enfant rousse. C'est elles, cette lumière et cette enfant, qui raconteront une partie de l'histoire à la première personne. Mais la lumière ne viendra pas. L'enfant continuera de jouer, de ramasser des coquillages en buvant de la grenadine, et nous n'aurons qu'à revenir guetter la lumière au printemps, jouer avec l'enfant qui dessinera dans le sable ce qu'elle veut voir dans la photo, puis dans le livre : sa part d'invention à elle.

07 mai 2006

Roger BALLEN, photos du bestiaire de l'enfance.

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Roar
2002 (Shadow Chamber) - 60 x 60 cm - © Roger Ballen

Roger BALLEN photographie des enfants, des bestioles et cela donne un bestiaire étrange où, comme dans les contes, les histoires se construisent par la confrontation d'enfants avec d'incroyables animaux. Cela se passe dans une usine à fabriquer des imaginaires à l'état brut, ceux des enfants qu'il photographie et avec qui, peu à peu, à partir de leurs jouets et de leur réalité sociale, il va construire une image.

La relation de l'enfant avec l'animal, ici apparemment ludique, touche cependant à une vérité profonde de la condition humaine, la part d'animalité, le "devenir animal", pour reprendre l'énoncé de Gilles Deleuze. Les sujets rampent, grimpent sur les meubles, ouvrent la bouche pour des rugissements silencieux (Roar, 2000), et adoptent parfois la même attitude que l'animal (Woman, man and dog, 1995).

"J'ai fait venir parfois à côté des têtes humaines des objets, des arbres ou des animaux parce que je ne suis pas encore sûr des limites auxquelles le corps du moi humain peut s'arrêter" (Antonin Artaud, Le Visage humain)

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Room of the Ninja Turtles
2003 (Shadow Chamber) - 60 x 60 cm - © Roger Ballen

Avant de devenir photographe, Roger Ballen a suivi des études de géologue et voyagé, au début des années 70, du Caire à l'Asie tout en arpentant l'Afrique dont il est originaire. Il a l'habitude de parler longtemps pour apprendre à connaître l'univers des enfants qu'il photographie, entre New-York et Johannesburg. Et ses photos, parce qu'elles sont porteuses d'un imaginaire bien réel et expérimenté par les enfants qu'il met en scène, nous dévoilent une enfance sans édulcorants, loin des imageries commerciales qu'on a pris l'habitude d'attacher au petit monde de l'enfant-roi.

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Skew mask
2002 (Shadow Chamber) - 60 x 60 cm - © Roger Ballen

Ici l'enfant est guerrier ou tortue, chasseur préhistorique mal lavé, le contraire inquiétant des gamins de pacotille que nous fabriquent les agences de pub. Ce sont des photos qu'on n'oublie pas. Et elles sont exposées à la Bibliothèque Nationale, jusqu'au 21 mai 2006, au site Richelieu.

29 décembre 2005

Duane Michals

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© Duane Michals