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22 juin 2009

Un atelier écrits-photos à Grenoble

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© Xavier Noël

XavierNoel1b.jpgDu mardi 7 au vendredi 10 juillet, de retour de Vancouver, Mano Gentil animera à la librairie Les Modernes, à Grenoble, un atelier d'écriture autour du roman photo. Ouvert aux enfants à partir de onze ans, cet atelier s'inspirera de photographies empruntées à l'arthothèque de Grenoble. "Et comme à l'accoutumée, l'atelier d'écriture sera totalement en dehors des pratiques scolaires avec deux maitres mots : plaisir et liberté. Il est très difficile d'apprivoiser l'un ou l'autre parce que c'est une chose qu'on ne nous apprends que trop rarement. Le rôle de l'écrivain sera ici de faire naître des idées et des images et de les mettre en mots".

Mano Gentil publie des romans depuis 1996 et plus particulièrement pour la jeunesse depuis 2000, comme Le Photographe, un très beau texte aux éditions Syros et récemment réédité. Où sont les enfants ? travaille avec elle à un projet d'album pour tout-petits, à partir des photographies de Xavier Noël. Xavier a mené un travail étonnant sur la lettre et l'écriture, sorte d'archéologie qui pourrait servir de petits cailloux blancs aux apprentis-lecteurs.  Il est aussi l'auteur d'une biographie de Paschal Grousset, écrivain et journaliste incendiaire qui fût ministre de la Commune de Paris avant d'être déporté en Nouvelle-Calédonie, évadé, avant d'écrire des romans signés... Jules Verne et d'inventer l'olympisme. Cent ans après son décès, sa biographie paraîtra aux Impressions Nouvelles en décembre 2009.


02 mars 2009

Immemory

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C'est un journal où des photos racontent et interrogent, où les enfants sont importants, où un cœur de père n'a pas peur de l'enfance qui bouleverse et vient se dire sans tricher. Nom de blog Immemory. Et les questions sont importantes, comme celles qu'inventent les enfants dans l'attente du feu rouge, ou juste avant d'éteindre la lumière :

  • A quoi ça sert de lire des livres ?
  • Venir au monde ?
  • Où sont les enfants ?
  • Pourquoi écrire ?
  • Que font donc les enfants, quand ils deviennent grands ? (reprenant la question et le poème de Maryvette Balcou)
  • Et cette question de Simone Weill : Où trouver l'énergie pour un acte sans contrepartie ?
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27 février 2009

Besoin des images

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Quand les images viennent à manquer, ou quand elles s'appauvrissent tout autour regardez mieux, il y a ce journal photographique, angelle d'un jour, ou une femme abandonne ses photos comme des lettres sur la table. Elle raconte ses rencontres où la vie s'écarquille. Aucune indication de lieu, pas de date pour indiquer d'où viennent ces visions d'humanité à l'écart, traversées de paysages face aux vieilles solitudes. Regardez, on peut s'imaginer des vies entières, fabriquer en pensée un roman à partir des indices rassemblés en image sur la table, vite, avant que la nuit ne revienne. Dans ce monde apparaissent des vieillards, des enfants s'en vont loin d'anciens jouets, des passages humains ne servent qu'aux animaux, ou alors aux seuls amis des animaux qui veulent encore provoquer la rencontre. A force de revenir à ce blog on apprend, on vérifie la certitude d'être devenus, tous, dans le vivier des images sujets photosensibles repartis en errance. Vacillant, les yeux ouverts regardez, regardez mieux.

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06 juin 2008

La première chambre noire

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© Evgen Bavcar - Veronique and the duck 

Il suffit parfois d'une image pour fasciner. Une photographie envoyée par la poste, Véronique and the duck d'Evgen Bavcar, découpée et collée dans une lettre d'enfant. D'autres fois c'est une phrase qui fascine : « À 12 ans, j'étais amoureux d'une jeune fille qui portait ses cheveux noués en une longue queue de cheval. Je me suis plongé dans sa chevelure et je n'ai depuis jamais trouvé la sortie. » Evgen Bavcar s'amuse à raconter cette histoire inventée lorsque, un peu agacé par la récurrence de la question, on lui demande comment à l'âge de 12 ans il est devenu aveugle. Une marque de l'originalité de ce personnage qui, comme pour relever le défi de son handicap, a fait de l'image sa spécialité et de la photographie son œuvre. Naturalisé français, cet artiste slovène expose un peu partout. Diplômé de philosophie, il est souvent convié à s'exprimer sur le statut de l'image. C'est en effet à ce sujet entre autres1 qu'il se consacre depuis 1976 au sein de l'Institut d'esthétique des arts contemporains (IEAC) à Paris. Mais son intégration administrative n'a pas été simple, même si, « pour les directeurs successifs de l'Institut, ma cécité n'a jamais été un problème. Et pour cause : en sciences humaines, l'acceptation que tout homme est handicapé dans son corps et dans son esprit est le point de départ de toute réflexion. » Il obtient finalement en 2001 un poste réservé d'ingénieur d'étude à l'IEAC.

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© Evgen Bavcar - Tree with swallows

Son activité de photographe artiste et son travail de chercheur sont intimement liés. « Je m'intéresse à la photographie non comme technique mais comme idée. Non à l'invention du XIXe de Niepce ou Daguerre mais à ses origines conceptuelles. Pour moi, la première chambre noire est la caverne de Platon2, explique le chercheur. Il faut distinguer le visuel, ce que voient nos yeux, du visible, ce que voit notre esprit. Le sens n'est pas donné seulement par les expériences visuelles, mais aussi par celles invisibles à l'œil. D'ailleurs la science n'aurait pas de sens, sans cela. » Cette nécessité de mettre la photographie au service de l'âme et des autres perceptions a fait dire au poète allemand Walter Aue qu'Evgen Bavcar était le quatrième inventeur de la photographie, après Niepce, Talbot et Daguerre.

Evgen B. étudie associe ses recherches sur l'image à celles que mènent des astrophysiciens tels que Peter Von-Ballmoos3, qui lui expliquait : « Nous autres astrophysiciens sommes tout aussi aveugles que toi, nous ne pouvons pas voir l'Univers, ce que nous voyons n'est qu'interprétations de ce que proposent nos techniques. En science, c'est très souvent le cas. »

Comète de Hale-BoppComment réalise-t-il ses portraits ? En évaluant les distances avec ses bras et en utilisant l'autofocus de son Leica pour la mise au point. Mais on reste surpris devant le cliché qu'il réalise en 1997 de la comète de Hale-Bopp. Il juge le résultat de ses prises de vue en les faisant décrire par sa nièce ou ses amis. Cet homme bienveillant au visage paisible, au regard bleu, au collier poivre et sel, garde un certain mystère. « J'ai été invité à Marseille comme membre du jury pour des œuvres vidéo d'artistes contemporains, on me racontait les films, explique-t-il. Un pianiste aveugle était aussi invité, poursuit-il d'un ton admiratif, on lui a demandé d'improviser sur les films muets. » Silence. « C'est cela que j'appelle l'intelligence suprême. »

Notes :

1. Il travaille aussi sur l'esthétique en philosophie, en littérature et en poésie.
2. La caverne de Platon : métaphore par laquelle Platon explique le monde concret et celui des idées.
3. Professeur d'astrophysique au Centre d'étude spatiale des rayonnements de Toulouse.


18 avril 2008

Photographier les anges


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Il n'y a pas tant de repaires aujourd'hui où des contrebandiers explorent les fulgurances de la photo-littérature. Ces repaires forment un réseau à peu près clandestin où s'invente une autre littérature, une littérature dont les secousses psycho-géographiques risquent de modifier les perspectives d'un paysage mental encore vivable. C'est un ouvroir comme autrefois celui de l'Oulipo. Un ouvroir de littérature potentielle où la photo vient décupler l'impact des mots à l'intérieur de la pensée. C'est un ouvroir dangereux, comme toutes les tentatives de haute intensité.
 
«La dernière auberge raconte une histoire ouverte, onirique. Loin des scénarios aussi limpides que balisés les mots suggèrent plus qu’ils ne racontent, ils dévoilent plus qu’ils ne confessent. J’ai eu l’impression aussi que cela parlait du jour et de la nuit. Un ange se promène au Manoir de VillaBar et tente d’entraîner les fêtards du Manoir sur les routes de perdition. Il y parvient, et Dieu-Saturne n’y peut rien : il arrive trop tard pour sauver ses ouailles.»
 
VillaBar est une folie. Une folie comme seuls en portent ceux qu'ici on appelle des Furieux. Le dernier visage de cette folie est un roman photo, le septième produit par AlmaSoror. Les photos sont de Marcella Barbieri la magicienne, Isabelle Ferrier Trismégiste et Sara, Fée Marraine d'Où sont les enfants ? Les acteurs sont les clients du Piston Pélican qui ne rateraient, pour rien au monde, ce rendez-vous à 19h, chaque troisième dimanche du mois au Pélican, un bar de la rue de Bagnolet à Paris.
 
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Un extrait de l'histoire : « La fête continue. Conciliabules, entre parasites qui cherchent un peu de miettes, d’argent et de distraction. Ils se pâment dans la jeunesse et l’insouciance. Seuls quelques êtres diffèrent. Ceux-là soupçonnent l’issue. » C'est une écriture d'action directe, aussi mystérieuse que les images. Avec à l'intérieur les échos d'une poésie de guerilla, lent retour des bandes sonores et des poèmes hurlés dans les films de F.J.Ossang, Le trésor des Iles Chiennes ou Docteur Chance. Le même mariage y opérait, autrement :  un texte arraché à des images en danger, des scènes volées à des comédiens en pleine fièvre.
 
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26 janvier 2008

Fiction étrange

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Bernard Faucon a arrêté de prendre des photos en 1995. Il n'est pas mort, il a décidé d'arrêter mais ses images ne s'oublient pas. J'ai retrouvé ces phrases de lui dans une interview qu'avait faite Hervé Guibert pour Le Monde, en 1981, à l'occasion de la sortie de son premier livre, Les grandes vacances :

« Je nourris mes images d'une expérience de l'enfance à laquelle je reviens toujours : chaque fois que je me mets en condition de penser à une image, chaque fois que je veux la préciser, j'ai recours à une expérience primitive. Pour moi, c'est une garantie d'authenticité. Cette expérience rassemble des moments, pas très nombreux, qui se recoupent très bien, où j'ai eu conscience de vivre quelque chose d'unique, et que je me suis promis à l'époque de ne jamais oublier, avec insistance. Ces expériences ont un décor : certains paysages, certains mouvements à l'intérieur de ce paysage où je marche, où je cours, où je vole quelquefois. » 

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 « Je me vois sortant de ma chambre, à une heure du crépuscule, et je dois parcourir une distance qui me sépare de la maison familiale, ou de l'endroit où je vais prendre mon repas. Je sors toujours d'un endroit où je suis protégé et je cours vers autre chose. Je passe d'un lieu intime à un lieu de mise en commun. Alors le paysage m'envahit, j'éprouve le crépuscule et les courants du vent. J'ai toujours besoin de confronter mes influences à ces sensations premières. »

« De plus en plus, les mots qui me viennent pour parler de photo sont des termes qui font appel au surnaturel, transfiguration, miracle, éblouissement. Ça n'a pas de connotation religieuse, c'est l'idée du décrochage, du changement de plan. Á partir d'un certain moment, tu ne peux pas rester lié à l'enfance sans aboutir à l'égoïsme. La seule chose qui peut te sauver d'un arrêt du temps, d'un centrement sur soi, d'une pétrification de tous les centres d'intérêt, est une certaine folie, non pas une folie destructrice, non pas une folie d'en bas, mais une folie d'en haut, une extrapolation de soi-même au lieu d'un arrêt sur soi. Comme si à un moment donné, au lieu de chercher l'enfance derrière soi, il fallait la chercher devant soi. C'est probablement pourquoi, de plus en plus, les enfants disparaissent de mes photos. Dans ma dernière photo, il n'y a plus qu'un enfant en très gros plan, et flou, comme une référence obligatoire : il est en train de disparaître du cadre. Cette disparition mettra du temps. J'imagine de nombreuses récidives...»

L'EXPERIENCE PREMIERE

Entretien avec Bernard Faucon. Le Monde, 1981. Réédité dans La photo, inéluctablement. Recueil d'articles sur la photographie. Hervé Guibert. Gallimard, 1999.

25 janvier 2008

La venue des images

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Cette image je l'ai reçue hier de Madeline. Inconnue, visage d'enfant qui sait et interroge et quand l'image arrive jusqu'à l'écran où je travaille, j'écoute qu'on me parle d'enfant sorcier, du lien à interroger entre la pensée des enfants et celles que déploient les chamanes.

Alors a lieu l'incarnation, et aussitôt l'image devient le visage de l'enfant sorcier. Ce matin je veux savoir d'où vient l'image reçue, je pose la question à m. au téléphone. C'est un recadrage d'une photo de Sabine Weiss, prise en 1950, « L'enfant à la bougie». Ma mère avait l'âge sûrement de cet enfant en 1950 et je calcule, j'imagine la vie de l'enfant photographié, ce que faisait Deligny à l'époque face à d'autres enfants en prise, eux, avec une sorcelerie mentale qui foudroie et écarte.
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Je crois à la nécessité des images pour penser ce que l'enfant nous apprend. Hier encore j'ai reçu ce message qui me trouble. D'habitude Juliette Armagnac m'envoie les images qu'elle invente. Je les reçois comme des cadeaux, somptueux & capables de bouleverser. Elle sait l'attente dans laquelle je veux vivre, l'attente d'images comme les siennes où, souvent, j'apprends quelque chose de ce bloc obscur de l'enfance. Hier elle m'écrit ce message à propos d'une affiche : 8fac5816f181daf23a1e346737e537a6.jpg« Je viens de voir la nouvelle affiche sur le blog, et je l'avais déjà vue sur le site de TAXIE. Autant la première affiche est magique, toute en imagination et en douceur, autant celle-ci est, de mon point de vue terriblement ambigüe...
En fait, non, je ne la trouve pas ambigüe du tout, les sens sont flagrants : coup de flash sur un enfant torse nu, culotte apparente, grosse trace de rouge à lèvre sur le ventre et des yeux voyeurs partout sur le corps...
J'aime bien l'idée de dessiner sur le corps, des yeux et de l'envie de mordre la vie à pleine dent...
Mais c'est une bouche de grande personne, et les yeux ont l'air angoissés... On dirait qu'on dit : "Nous on regarde dans la culotte des enfants..."
Je sais ton désir de prendre des risques, de briser les taboos, mais là, le message que je reçois va à l'encontre de la liberté des enfants... Je ne sais pas dans quelle mesure je peux donner mon opinion sur les visuels d'Où dont les enfants ?, mais je préfère être franche, celui là m'a fait franchement peur...»
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Dans un texte à propos du Voyage au bout de la nuit et des illustrations de Tardi, Laurie Viala invente la notion d' «outre-texte». C'est une idée que je fais tourner depuis quelques jours : « Le genre merveilleux ne s'évanouit que ponctuellement dans le texte célinien, mais il est partout en sommeil et se manifeste par intermittence. Il n'est pas innocent que Ferdinand dans Mort à Crédit soit incapable d'écrire La légende du Roi Krogold, car c'est peut-être à ce moment que l'illustrateur peut et doit prendre le relais. Ce domaine de l'outre-texte appartient aux adaptateurs, au premier rang desquels le lecteur. Cet « autre monde » à la fois légendaire et mythique reste indicible pour l'auteur. Il ne peut que signaler son existence, donner quelques fugaces impressions, mais les mots ne peuvent le contenir ».

Depuis je bute face à la question qui demeure : les photographes peuvent-ils, peuvent-elles capturer cet « autre monde », travailler sur le terrain de l' outre-texte ? Et qui apportera la réponse jusque ici ?

27 décembre 2007

Anabell Guerrero

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Les Wayus, dont la photographe Anabell Guerrero fait surgir la force à travers ses portraits de femmes, ignorent les frontières. Ils vivent à cheval sur la péninsule de la Guajira colombienne et l’Etat de Zulia au Venezuela, dans la région la plus sèche et la plus aride de la côte caraïbe. Au long des siècles, ils ont défendu leurs droits, leur culture, leur territoire : contre les conquistadores, contre la bourgeoisie créole de l’indépendance, contre les gouvernements qui veulent les assimiler et les transnationales qui entendent les piller.

Organisées des deux côtés de la frontière, les femmes résistent. Malgré la guerre civile qui déchire la Colombie et détruit le tissu social. Malgré les massacres et les déplacements forcés. Ces femmes ont un statut particulier dans cette société organisée autour d’un système de filiation matrilinéaire, dans lequel l’autorité masculine incombe aux oncles maternels. Selon leurs croyances, la mère des Wayus est Iwa, la pluie du printemps... Comme le leur a enseigné l’araignée Welekeru, les femmes tissent les vêtements aux motifs inspirés de la nature qui les entoure. Elles tissent les hamacs des jeunes mariés. Et, avec les cactus du désert, elles tissent les toitures, les barrières des enclos et les murs du cimetière. Elles laissent à leurs aînées le soin de conter les méandres d’une organisation familiale complexe. Leur parole est entendue et respectée, qu’elles soient chamanes ou députées.

 

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Anabell Guerrero, née à Caracas, a mené un long travail sur les Wayus, qu’elle a commencé à photographier dès 1998. Depuis 2004, elle vit en « résidence de création » à Evry, où elle travaille notamment sur une œuvre monumentale, Voix du monde, destinée à la place des Droits-de-l’Homme-et-du-Citoyen de la ville, et dont l’artiste présente la préfiguration à la galerie du Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de l’Essonne, du 4 octobre au 10 novembre 2006 (place de l’Agora, 91000 Evry). Parallèlement, Anabell Guerrero vient de publier Totems (textes de Cecira Armitano et Edouard Glissant) et Aux frontières (textes de John Berger, Christian Caujolle, Cecira Armitano), aux éditions Atlantica, Biarritz.

Françoise Escarpit - août 2006

Edouard Glissant - Il n'est frontière qu'on n'outrepasse

26 décembre 2007

A partir d'une seule image

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Amy Stein - Domesticated 8

Cette image d'Amy Stein pourrait servir à écrire les premières pages d'un conte pour aujourd'hui, jour de noël. Un conte pour les enfants. Un autre livre d'Où sont les enfants, il faut tellement de temps pour faire un livre. Alors qu'il suffit d'une image pour commencer le travail mental, la fabrication des images, la préparation d'une maquette. Cette image est un appel à écrire. Il faudrait la donner à ceux qui cherchent encore les mots, comme un cadeau pour écrire des phrases inconnues d'eux.

Ou bien je deviens fou à force d'imaginer un livre quand une photo commence à raconter ? 

24 décembre 2007

Trois images de Johan Simen

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Johan Simen - Evidence of Things Unseen, 2000
Plusieurs photographes, à commencer par Sarah Moon et jusqu'à Severine Thevenet aujourd'hui, semblent partager cette idée qu'en regardant longtemps un enfant peut distinguer ce que nous, adultes avec des yeux d'adultes, sommes devenus incapables de voir.

 
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Johan Simen - Evidence of Things Unseen, 2000
Et cette idée me parle, je crois qu'elle ne me quitte plus et en présence d'un enfant, je passe de plus en plus de temps à guetter ce que fixe face à lui son regard immobile. La pupille ne semble pas devoir régler sa vision sur les objets qui l'entourent, mais scrute au contraire l'espace entre les choses, occupée à creuser le vide au devant pour y trouver matière à nourrir les pensées qui en naissent.
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Johan Simen - Evidence of Things Unseen, 2000

Et ce regard perdu, fixé trop longtemps sur le vide, semble gêner nombre d'adultes qui l'associent d'emblée, dans leurs remontrances et leurs plaintes, aux pensées dangereuses, nocives pour son avenir, d'un gamin occupé à rêver.