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29 mai 2007

Des livres qui surgissent

765ad4bcfe8d63b9e2ef09665fd8781d.jpgLes écrivains avec qui nous travaillons ont des livres qui naissent un peu partout. Alors on essaye de suivre comme on peut, et de lire aussi au fur et à mesure que paraissent albums et poèmes :

Catherine Leblanc, avec qui nous préparons "La classe de Mme Lampion" (illustré par des photos d'Angelle), vient de réaliser l'adaptation française de "La petite fille et l'arbre aux corneilles", un album de Riita Jalonen paru en avril chez Oskar jeunesse.

Et puis l'un de ses recueils de poèmes :"le monde n'est jamais fini", paru en 2005 chez La renarde rouge, vient tout juste d'être sélectionné pour le prix Lire et faire lire 2007. Les poèmes de Catherine seront donc lus dans les écoles et je me dis que ce n'est pas si fréquent, pour les enfants, de lire une poète bien vivante.

8fef50a3fe8711d6ff96aa0887292266.jpgStéphane Servant, lui, vient de publier "Cœur d'Alice" chez Rue du Monde et "Le machin", un livre pour les plus petits chez Didier Jeunesse. Avec "8h32" ça fait une jolie moisson. Stéphane présentera ses albums à la librairie Tire-Lire, à Toulouse au mois de juin.

Quant à Magali Turquin, avec qui nous préparons l'album "Tout cela" (photographies de Sandrine Bourguignon) et la collection TAPATOUVU, elle vient de publier Papa-barque aux éditions du Jasmin. Nous on dit bravo ! Comme au feu d'artifice !

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05 mai 2007

En attendant dimanche

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Illustration de Stéphane Servant, pour annoncer la sortie de 8h32 sur son blog.

Marion : "Avez-vous déjà fait "tourner le monde"?"

Stéphane : Je crois que c'était mon seul but durant un bon nombre d'années. Jusqu'au jour où, comme le héros de "8h32", j'ai compris que le monde, c'était ici et maintenant.

16 avril 2007

L'aventure est au coin du jardin

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© Juliette ARMAGNAC pour Où sont les enfants ?
Octobre 2006

 
Mousse : Lit d'enfant. Nouveau-né, dentelle et bonne fée. Oreiller d'écureuil. Nourriture de nuage, vrai lit de rivière. Ne contient ni bruit ni souffle. Enfant-fougère silencieux. Boîte à source.
Ne jamais séparer la mousse de l'enfant.

Cathy DUTRUCH (Extrait de "Je suis au jardin" - 2004)

La preuve que certaines écritures, peut-être plus que d'autres, peuvent résonner à l'intérieur d'une image photographique. Amplification des deux sensualités. Multiplication de la poésie par l'image. Entrelacement du visuel et de l'écrit sous les yeux qui s'écarquillent et relisent, irrigués.

12 mars 2007

AlmaSoror, l'âme sœur

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©Edith de Cornulier-Lucinière, image extraite de la nouvelle "John Peshran-Boor".

De temps en temps, quand elle en a le temps, Edith de Cornulier-Lucinière nous envoie des phrases de Vaneigem. Ce genre de phrase par exemple : « Ils élèvent l'enfant de la même façon qu'ils se lèvent chaque matin : en renonçant à ce qu'ils aiment ». Le matin ça secoue, surtout quand on est au milieu des factures, des colis de livres à envoyer, des coups de fil à la banque.

Il faut bien l'avouer, au risque d'en faire une légende, mais Edith de Cornulier-Lucinière est une très jeune et très belle femme. Et non seulement elle porte cette beauté qui intimide, mais elle en fabrique aussi, de la beauté : en faisant 1000 choses en même temps, en allant là où personne ne l'attend, en écrivant des histoires et des articles, en tournant des films et en éditant un journal pas comme les autres, AlmaSoror, que je vous conseille d'aller lire aussi vite que possible. On pourrait dire d'Alma Soror que c'est le plus beau journal du monde, au sens où l'entendait Michel Butel quand il sortait L'autre journal, puis Encore pendant la première guerre du golfe, deux aventures journalistiques qui façonnèrent, au fil des années 80 et 90, une idée assez fulgurante de la beauté et de l'attente. Alma Soror est de la même veine : un journal tellement beau qu'on ose à peine y croire, mois après mois. On écarquille les yeux en lisant le sommaire, on se dit qu'elle est folle et puis on lit, on se passionne et on se dit qu'elle a raison d'être folle. Mais la beauté d'AlmaSoror a cet éclat supplémentaire d'être à peu près clandestine.

Le 20 février 2007 paraissait la sixième édition du journal d'AlmaSoror, libre expression, vastes champs.

Si le journal d'AlmaSoror est français, il peut publier des articles dans n'importe quelle langue.
Mais il ne mélange pas seulement les langues : les sciences pures et la pensée philosophique et littéraire s'y côtoient pour pouvoir à nouveau s'épouser, comme aux temps anciens.

06 février 2007

Ceux qui écrivent et ceux qui lisent

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Editeur, c'est un métier de rencontres. De lectures et de rencontres.
Et de milliers de kilomètres aussi. L'un ne va pas sans l'autre.
Mais derrière ce qu'on lit il y a des femmes et des hommes qui écrivent.
Quelquefois on les croise, on se parle, on se reconnaît.
En octobre dernier, le premier texte qu'on a reçu de Cathy Dutruch ne ressemblait à rien de ce que j'avais pu lire jusque-là.
Il m'intriguait. Le titre en était un prénom d'enfant : MALOU
Quand on lit tous les textes qu'on reçoit, parfois une dizaine par semaine, on peut aussi se perdre.
Perdre patience, parce que la détérioration de l'enfance semble gagner du terrain.
Elle sert aux marchands, et les marchands vont vite, ils aiment accélerer.
"Une société qui soumet les ressources affectives au principe d'économie vieillit prématurément l'enfant dans l'adulte et infantilise l'adulte dans un enfant qui ne naîtra jamais à sa destinée d'homme,"écrivait Raoul Vaneigem.
Alors pour les enfants on a envie d'autres textes. Des textes pour ralentir le regard, et lui apprendre à scruter mieux.
Alors d'un coup on a envie d'entrer dans des textes qui portent en eux un monde. Un monde où l'on ne reconnaît plus aucune des certitudes avec lesquelles d'habitude on s'oriente à peu près. Et ça décape, ça laisse haletant, un peu hagard. Malou m'a donné cette impression de perdre mes repères. Comme d'autres fois les histoires de Maryvette Balcou, de Stéphane Servant, de Catherine Leblanc, de Thierry lenain, de Sandrine Bourguignon, d'Edith de Cornulier-Lucinère ou de Magali Turquin. De ces premières lectures surgit l'envie de tout lire, tout ce qui a pu être écrit de cette main, chacun des mots liés à cette existence qui vient me remuer, et parler à l'enfant d'une voix pas encore repérée, une voix dont les enfants auront besoin pour croire encore que le monde va pouvoir palpiter sous leurs mains.
On lit un texte et c'est un surgissement. Le mot n'existe peut-être pas. Il faudrait dire Effraction.
Les textes de Cathy Dutruch font effraction, ils font surgir une compréhension du monde qui je crois manque encore aux enfants. Une compréhension farouche et qui n'avait pas lieu jusqu'à présent. Dont il faut faire des livres.
Et pour finir encore une phrase de Vaneigem :
« Ils élèvent l'enfant de la même façon qu'ils se lèvent chaque matin : en renonçant à ce qu'ils aiment ».
(Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire)