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12 mai 2006

Comment raconter ?

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Expo d'Où sont les enfants ?
Image tirée de l'album "Histoire à dormir debout", de Maryvette Balcou et Chrystelle Aguilar.

A ce jour, 809 personnes ont apporté leur soutien à Alex et David en signant la pétition.
La population d'un tout petit village.
Cela veut-il dire qu'ils sont plusieurs dizaines de millions d'adultes à se moquer du sort qu'on réserve aux enfants réfugiés en France ?
Et combien de parents à se moquer de ces enfances que l'administration française continue de bazarder, année après année ?

14:15 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfants

11 mai 2006

La chasse aux enfants

A ce jour, 751 personnes ont signé la pétition de soutien à Alex et David.
A quoi servent les pétitions, demanderez-vous ? Elles servent en premier lieu à apporter la preuve de notre volonté, envers et contre un silence de plus en plus totalitaire, d'être encore quelques uns à refuser les horreurs commises au nom de la protection des frontières et de l'espace Schengen. Aujourd'hui, ce sont deux petits garçons qui risquent d'être expulsés avec leur mère. Si leur enfance est déjà à moitié saccagée, c'est leur survie même qui est menacée aujourd'hui, comme ces milliers de demandeurs d'asile expulsés chaque année hors de France."

L'adresse où vous pourrez signer en ligne : http://www.PetitionOnline.com/lyon1er/petition-sign.html?

Refusons un gouvernement qui traite les enfants de cette manière.
Refusons un gouvernement qui traite l’école de cette manière.

10:20 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfants

09 mai 2006

Lettre d'enfant

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expulsion rue de la Fraternité,
Paris, 2 sept 2005 © AFP

"Alex Babaian
Hôtel "Patio des Terreaux"
9, rue Ste Catherine
69001 Lyon


Monsieur,

Je m'appelle Alex et j'ai 10 ans. Il y a presque 4 ans, ma maman, mon petit frère et moi, avons dû quitter l'Azerbaïdjian pour fuir, d'une part, la persécution dont sont victimes les Arméniens et, d'autre part, fuir notre père très violent qui battait ma maman et ne s'occupait pas de nous.

Après être passés par la Russie et l'Allemagne, nous sommes arrivés en novembre 2005 en France.

Avec mon petit frère, nous allons à l'école à Lyon 1er, nous commençons à bien parler le français (nous parlons d'ailleurs couramment le russe et l'allemand). Nous aimons beaucoup la France et nous rêvons d'un avenir dans ce pays. Vous qui avez des enfants vous comprenez sans doute nos peurs et nos inquiétudes.

Malheureusement, la Préfecture a décidé de nous expulser via l'Allemagne. Je ne sais pas quoi faire. Je me sens surtout responsable de ma familie, en tant qu'aîné, mais que faire à mon âge ? C'est pour cela que je vous écris, pour vous demander votre aide en urgence puisque la Préfecture va décider de notre sort.
S'il vous plaît, aidez-nous, nous voulons enfin avoir ce qu'ont la plupart des enfants de notre âge : une vie stable et un avenir plus sûr, ne pas changer sans arrêt de pays et surtout pas retourner en Azerbaïdjan, ce qui serait vraiment dangereux pour nous en tant qu'Arméniens, vu la situation politique actuelle !
Merci d'avoir pris un peu de temps pour lire ces lignes, s'il vous plaît faites quelque chose pour nous... nous sommes dans une situation désespérée.
Au revoir
Alex Babaian"

Cette lettre a été écrite par un enfant de dix ans, réfugié à Lyon.
Nous recopions ici le communiqué du Réseau Education Sans Frontière de Lyon :

Depuis le 2O avril, une mère et ses deux enfants Alex et David devraient avoir quitté le pays. Ils ont deux fois échappé à une arrestation à leur domicile, la police voulant embarquer toute la famille et un des enfants étant heureusement absent. Le 20 avril, la famille était convoquée pour le départ à l’aéroport.
Ils sont aujourd’hui sous la protection du milieu scolaire, enseignants, parents d’élèves et du quartier. Des personnalités lyonnaises ou nationales se sont proposées pour les protéger.
Les deux enfants, Alex 10 ans et David 7 ans, sont scolarisés à l’école Victor Hugo, dans le 1er arrondissement, depuis leur arrivée en novembre 2005.
Ils ont fui l’Azerbaidjan, en 1999, avec leur mère victime de persécutions liées à son origine arménienne (guerre Azerbaïdjan-Arménie de 1988 et persécutions contre les Arméniens). Ils se sont réfugiés tout d’abord en Russie mais les discriminations ont continué. Ils ont rejoint alors l’Allemagne, en 2003, pays où ils ont vécu près de trois ans mais où la mère a été déboutée de sa demande d’asile. Retour bref en Russie où en raison d’un climat d’insécurité constant elle est venue à Lyon avec ses deux fils en novembre 2005. De plus cette mère est poursuivie par son ancien compagnon, père de ses enfants, qui l’a violemment maltraitée.
C’est donc à la suite d’une longue histoire que Alex, David et leur mère se sont retrouvés en France où ils espèrent trouver enfin la sécurité. David est parti quand il était un nourrisson et son frère n’avait que trois ans.


La préfecture s’appuie sur un accord dit de Dublin II entre les pays de l’espace Schengen pour demander l’expulsion de cette famille. Nous demandons qu’on laisse un peu souffler ces gamins et leur mère plutôt que de se les renvoyer d’un pays à l’autre. Nous demandons que leur demande d’asile soit examinée en France. Est-ce si inimaginable ?


Mercredi 10 mai à la conférence de presse, des représentants du collectif de soutien seront là pour expliquer leur décision de s’engager aux côtés de cette famille.

Pour le Réseau Education Sans Frontières Catherine Tourier

D'autres infos sont consultables sur un blog créé pour soutenir la famille Babaïan : http:/aleketdavid.blog.20minutes.fr

16:45 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : enfants

13 avril 2006

Inventer d'autres écoles

Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rebellion, de bienfaisance.
René Char

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Nane chavem nane bacht.
Pas de bonheur sans enfants.
Proverbe rom

Dans les textes de l'Education Nationale, l'école existe pour tous les enfants. Dans la réalité, les choses ne sont pas aussi évidentes. Toujours sur la route, les Tsiganes ont de plus en plus de difficultés pour stationner, et trouver comment scolariser leurs s enfants.
Depuis de nombreuses années, Yvon Massardier rêvait d'un camion scolaire. Le 24 mai 1988, il a créé une Association, L'A.R.I.V., avec laquelle a été tentée l'invention d'une école mobile. L'expérience a débuté en octobre 1993. Les instituteurs, s'arrêtent sur les terrains ou stationnent les Gens du Voyage. Cette école est adaptée au monde du voyage.
Elle est un trait d'union avec l'école traditionnelle.
Depuis 1994, à la fin de chaque année, des enfants auront appris à lire.Une belle victoire sur ce qui semblait à peu près impossible. Depuis, un deuxième camion a pris la route depuis octobre 2004.

L'aventure d'Yvon Massardier est retracée sur http://mayvon.chez-alice.fr/


Yvon Massardier avec la famille Weis

Education Sans Frontières

Appel du Réseau Education Sans Frontières
Pétition nationale : nous les prenons sous notre protection !
mardi 11 avril 2006.

(Bien sûr il y a urgence, bien sûr nous avons signé.
Des deux mains. Et nous vous invitons à en faire autant.
Ou à nous expliquer pourquoi vous ne signeriez pas, ça nous intéresse.
L'adresse d'Education sans frontières : http://www.educationsansfrontieres.org/
ien à vous.
Antonin & Tieri.)

"Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents tombera. Des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, verront leur avenir et leur vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police.

Pour des milliers d’enfants et de jeunes majeurs, le 30 juin 2006 ne marquera pas le début des vacances d’été, mais bien le commencement d’un calvaire. En effet, à cette date, le sursis que M. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers scolarisés et aux parents d’enfants scolarisés tombera. Suspendues parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient, les expulsions reprendront.

Ainsi, en guise de vacances, des milliers de jeunes et d’enfants joueront aux fugitifs, en vrai, avec ou sans leurs parents, guettant les bruits de pas à l’heure du laitier, tremblant à la vue d’un uniforme et vivant dans la hantise de perdre à jamais leur école, leurs enseignants, leurs copains. S’ils sont arrêtés, le grand jeu de leur été sera un petit rôle dans un film policier sordide : l’interpellation, seul ou en famille, les parents rudoyés, 48 heures de garde à vue dans une cellule de commissariat puis deux ou quatre semaines en rétention, crasse, bruit, violence et promiscuité assurés, et, pour finir, un aller-simple vers un pays qu’ils ne connaissent pas ou plus, dont certains ne parlent pas (ou plus) la langue, papa-maman menottés, entravés comme des bêtes et attachés à leurs sièges.

A l’arrivée, ce sera pour la plupart l’extrême misère : pas de logement ou le bidonville, pas de travail et pas d’espoir d’en trouver. Des persécutions, parfois les plus atroces, contre ceux que la France a débouté du droit d’asile. Ils paieront pour les raisons pour lesquelles ils avaient fui et certains pour avoir dénoncé leurs tortionnaires à l’étranger. Pour les enfants, pas d’école, dans des pays où la scolarisation est un luxe. C’est ce gâchis qui se cache derrière les chiffres records d’expulsions annoncés avec satisfaction par le ministre de l’Intérieur : des milliers de vies propulsées dans l’indigence et parfois achevées sous la torture !

Nous ne laisserons pas détruire la vie de ces enfants, de ces adolescents et de leurs parents. Ils sont nos élèves, les copains de nos élèves ou de nos enfants. Ils ont commencé d’étudier dans ce pays, ils en parlent la langue, ils ont les mêmes joies et, hélas, des soucis bien plus grands que les camarades de leur âge. S’ils décident (ou, pour les plus jeunes, si leurs parents décident) d’échapper à une expulsion honteuse, nous les y aiderons comme nous avons aidé Rachel et Jonathan à Sens, Samuel à Pau, Ming et Wei-Ying à Evreux. Nous sommes solidaires de ceux qui les accueilleraient. S’ils demandent asile, nous ne fermerons pas notre porte.

Cela contrevient aux lois en vigueur. Mais l’enseignement que nous avons à dispenser à nos élèves ou l’éducation que nous devons à nos enfants ne peut pas être l’exemple de la soumission à un ordre injuste. Chacun a en mémoire les épisodes où face à des persécutions insupportables, chacun a dû faire des choix. Et où ne pas choisir était choisir de laisser faire. Et pas seulement dans les périodes de dictature. Rosa Parks, emprisonnée à Atlanta en 1951 pour avoir enfreint les lois ségrégationnistes aurait-elle dû se soumettre au prétexte que ces lois avaient été « démocratiquement » prises ? Le général Paris de la Bollardière, mis aux arrêts pour avoir dénoncé les tortures de l’armée française en Algérie, aurait-il dû se taire parce que la France était une démocratie ?

Nous ne laisserons pas se commettre des infamies en notre nom.

12 avril 2006

DENYS COLOMB DE DAUNANT

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Denys Colom de Daunant vient de mourir, à l'âge de 84 ans.
Comme l'écrit son éditeur, Le diable Vauvert, Denys vient de rejoindre le paradis des chevaux sauvages.
Et nous voulions lui rendre hommage. Si les Edts Où sont les enfants ? sont nées un jour, c'est parce qu'enfants nous avions lu Crin-Blanc, ce livre gitan que Denys Colomb de Daunant avait écrit avec Albert Lamorisse. Un livre avec des photos pour raconter la vie sauvage de Folco, petit garçon de Camargue. Un livre gitan, pour reprendre l'expression de Stéphane Nicolet à propos de nos livres. Etrange concept : Un livre gitan, un livre fils du vent : Donc un livre pour donner envie de vivre libre. C'est bien l'histoire de Crin Blanc. Un livre pour ensauvager les enfants. Un livre comme ceux qu'on veut inventer ici et maintenant.

"Célèbre pour avoir écrit le film et l'histoire de Crin Blanc avec Albert
Lamorisse, fils d'une grande famille protestante nîmoise, grand cavalier,
manadier, photographe, poète, réalisateur et écrivain, Denys Colomb était un
homme extraordinaire devenu un sage, qui avait eu une vie passionnée et
aventureuse. Il a vécu sa vie au Mas Cacharel en Camargue, entouré de
l'amitié d'artistes aujourd'hui mythiques, tels Angel Peralta, Conchita
Citron, Dali, Pagnol, Hemingway, Chagall, Picasso.
L'écriture fut toujours pour lui une nécessité et une pratique continue."

Nous lui avions rendu visite en 2004, au moment où nous cogitions le projet d'Où sont les enfants ?
Nous avions découvert, en plus d'un auteur, un incroyable photographe. Il faudra un jour donner aux enfants d'autres livres remplis de ses images.

02 janvier 2006

Bonne nouvelle ?

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Envie d'une bonne nouvelle ?
Il se pourrait que cette année, les gamins aient deux ou trois choses à nous apprendre.
Et vite si possible.
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