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15 février 2007

Le temps des enfants

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©Alice Sidoli - collectif BasoH

Le temps nouveau est le temps des enfants

Pendant des siècles, la mentalité des enfants n'a pas changé sensiblement. Elle est restée le reflet d'une lutte de pouvoir : devenir grand pour échapper aux brimades et en infliger aux plus faibles. C'est ce qu'on nommait la cruauté de l'enfance.

En quelques années, elle s'est mise soudain à évoluer. Ce fut d'abord un certain désarroi, un refus de vieillir et de s'intégrer au monde absurde et odieux des adultes. Comme ce monde-là se donnait sans réplique pour le seul possible, un certain goût de la mort traduisit le désenchantement d'une démarche sans issue. Puis s'affirma la résolution de grandir autrement, de devenir un homme qui porte les fruits d'une enfance heureuse, non le bois stérile de sa négation. Exclu d'une histoire faite dans le mépris de la nature et de l'humain, l'enfant y entre le temps d'en tourner la dernière page, de claquer la porte sur l'archaïsme d'une civilisation qui, en somme, n'intéresse plus personne.

Sa présence a suffi pour porter au moulin de l'opinion publique de nouvelles banalités qui feront farine. L'enfant n'est pas né pour produire mais pour recréer la vie qui l'a créé. Il naît dans la gratuité de l'amour et la gratuité de l'amour est le fondement de son apprentissage, car il n'est plus vrai que la main, pour utiliser habilement un outil, doive désapprendre à caresser et à jouer, comme il n'est plus vrai qu'apprendre à vivre soit apprendre à souffrir, à se mutiler, à se sacrifier, à se décarcasser, ni que l'affection doive se prostituer en marchandage de famille, d'école, de société pour s'étonner ensuite que les petits instruits fassent de bien grands tourmentés.

A ceux qui se mettent aujourd'hui à étudier sa paradoxale nouveauté, il est presque utile de le rappeler : l'enfant n'est pas issu d'une autre planète, il porte en gestation une planète radicalement autre.

Etudier le comportement de l'embryon et du bébé ne prendra sa véritable importance que dans un projet plus vaste, dans une volonté de restaurer la spécificité de l'enfant, d'empêcher que sévisse plus longtemps l'entreprise de dénaturation qui le détruit comme elle détruit la terre entière.

En l'enfant comme en ce qui subsiste de flore et de faune bat le coeur d'une vie sans partage. Dans la rumeur de mort qui rythme la progression de la planète vers son économie définitive, il tient au salut de chacun qu'une telle musique nous ensorcelle.
Raoul Vaneigem, Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire, Chapitre 4.

Raoul Vaneigem vit retiré dans la campagne belge qui l’a vu naître. C’est dans ce repaire qu’il écrit. Et quand il n’écrit pas, il se promène, contemple son jardin, échange avec son voisin des livres contre des légumes, relit ses classiques (Nietzsche, Marx, Shakespeare, Montaigne, Fourier, Kafka), écoute beaucoup de musique, dont il dit avoir besoin : il se dit mélomane « jusqu’à Schubert ».

10 janvier 2007

Pas de bonheur sans enfants

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©Thierry Rambaud

Nane chavem nane bacht.
Pas de bonheur sans enfants.
Proverbe rom

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©Thierry Rambaud

21 juin 2006

Un collectif d'éditeurs se crée

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Illustration de Stéphane Servant

Un collectif d'éditeurs jeunesse vient de se créer : Le collectif Miradie, qui rassemble un peu plus d'une vingtaine d'éditeurs pour soutenir les enfants menacés d'expulsion avec leurs familles. En voici l'appel :

Appel des éditeurs

Parce que nous éditons des livres pour enfants, nous restons attentifs à la situation faite aujourd'hui, en France, à certains enfants qu'on appelle "sans papiers". Et parce que le sort qui leur est fait est devenu inacceptable, les membres du Collectif Miradie lancent un appel à venir en aide à ces enfants. Menacés d'expulsion, ils sont voués par milliers à la pire des incertitudes quant à leur avenir, et c'est leur enfance même qui se trouve désormais soumise à un harcèlement administratif digne des pires répressions.

Quelle que soit l'histoire de leurs familles à travers les frontières, ces enfants ne sont pas des proies, encore moins des ennemis. Ils ont le droit de vivre dans ce pays que leurs parents ont choisi pour leur donner une enfance digne de ce nom, ne serait-ce qu'en les plaçant à l'abri de la misère et des guerres qu'ils ont été forcés de fuir.

A travers ce collectif, des éditeurs jeunesse se sont réunis pour s'opposer à une politique aveugle et inhumaine. A nos yeux, la création et l'édition de livres pour enfants ne peut se faire à l'intérieur d'un pays qui par ailleurs se prépare à expulser certains de ces enfants. Autant que les autres, et peut-être même plus encore, ces enfants sans papiers auront besoin de paix et de livres pour cheminer dans l'existence. En accord avec RESF et le Collectif Aïssata, nous dénonçons publiquement les expulsions passées, présentes et à venir. Le Collectif Miradie encourage chacun à rejoindre le mouvement de désobéissance civile qui se met en place pour protéger les enfants, à signer la pétition nationale de RESF et à s'opposer de toute urgence, par tous les moyens imaginables, aux expulsions d'enfants que les préfectures entendent multiplier dès le 30 juin 2006. Le Collectif Miradie veut utiliser les livres jeunesse édités par ses membres comme une protection symbolique, un rempart destiné à mettre ces enfants à l'abri des persécutions dont ils sont les victimes. Leurs papiers, ce sont nos livres. Et nous en sommes fiers.

Le blog du collectif Miradie : http://editeurs.hautetfort.com/

12 juin 2006

Des livres qu'on expulse

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Samedi matin le totem et le tipi constitué avec les livres envoyés par 100 illustrateurs et écrivains jeunesse n'étaient plus dans le halll de la médiathèque d'Orléans. Disparu, le tipi signé collectivement par eux pour Mohamed et Aïssata, et confié à la Médiathèque d'Orléans en attendant que les deux enfants puissent disposer paisiblement de ces livres... Le directeur de la médiathèque, estimant qu'il ne disposait pas des autorisations nécessaires de la mairie, l'a envoyé au placard.

Voici la lettre que Maryvette Balcou a fait parvenir au directeur de la Médiathèque d'Orléans.

Monsieur,

Tout en étant à dix mille kilomètres de la métropole, j'ai appris que les
livres offerts généreusement par plusieurs auteurs pour la jeunesse, et
destinés à protéger les enfants qui n'ont pas demandé à quitter la France,
ont été sortis de la médiathèque, supposée être un "temple" des livres et de
la lecture. Je me permets de réagir vivement contre ce fait, car en tant
qu'auteur, je ne puis comprendre le bien fondé de telles actions. Nous
écrivons pour que la lecture puisse éveiller les esprits, sans barrières,
sans exclusions. Lorsque nous offrons le temps que nous consacrons à
l'écriture, c'est parce que nous savons que des enfants ont besoin de nos
mots, de nos histoires, et de notre soutien protecteur. Nos livres sont des
portes ouvertes sur le monde, et la France se doit, me semble-t-il, de
ressembler à l'image que nous avons des livres. J'ose espérer que l'action
qui a été menée dans la médiathèque n'a été qu'une sorte d'erreur, et je
suis certaine que vous ne manquerez pas l'occasion de vous enrichir de cette
magnifique expérience de soutien aux plus déshérités, et de solidarité
nationale. Il suffirait, pour cela, que vous puissiez être heureux et fier
de prendre la décision... de remettre les livres protecteurs là où les murs
que vous avez construits ont précisément le pouvoir... de les protéger.
En vous remerciant d'avance, avec une corbeille de mots métissés, remplis
d'espoir et de soleil.
Maryvette Balcou

09:20 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tipi

01 juin 2006

Des nouvelles d'Aïssata et des siens

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Aujourd'hui, 1er juin, à peine 30 jours avant l'ouverture de la chasse aux enfants annoncée par le Ministère de l'Intérieur, les livres des 134 auteurs et illustrateurs qui ont rejoint le Collectif Aïssata continuent d'arriver. Il y a les livres d'auteurs qu'on aime lire, ceux d'illustrateurs dont on est heureux de découvrir les noms et les images sur le site, et puis il y a nos livres à nous, Où sont les enfants ?, postés hier et pas encore arrivés.

Là-bas, le comité de soutien local a commencé à réaliser un tipi avec tous ces livres. Un lieu de refuge symbolique. Un abri pour le peuple des enfants menacés. Le tipi sera exposé à la médiathèque d'Orléans, au milieu de banderoles qui dénoncent et racontent.

Ce qui se passe autour de ces deux enfants est important, même si la presse n'apporte à ce jour aucun écho à cette mobilisation. Une médiathèque est entrée en résistance, avec à ses côtés des parents, des enseignants et ceux qui inventent des livres pour les enfants, écrivains et illustrateurs. Cette résistance qui s'invente aujourd'hui, nous devons lui faire un écho aussi large que possible.

Par ailleurs, un collectif de poètes vient de se créer pour apporter son aide à Astrid-Mira, une petite fille qui a eu 7 ans voici deux jours, menacée d'expulsion elle aussi avec sa maman. Vous pouvez apporter votre soutien à Astrid-Mira par le site http://poetes.hautetfort.com/
Eux aussi ont besoin de vos signatures, de vos idées, de votre volonté de ne pas oublier le sort qui est fait, dans notre pays, à une mère qui a voulu sauver son enfant de la guerre.

25 mai 2006

Des lois écrites pour saccager des vies d'enfants

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Dessin d'Alex Babaïan, petit garçon menacé d'expulsion vers l'Azerbaïdjan

Aujourd'hui, 101 auteurs et illustrateurs jeunesse ont rejoint le Collectif Aïssata pour protéger deux enfants d'une nouvelle expulsion. En offrant leurs livres, ils forment une barrière symbolique, fragile et monumentale pour qu'ils puissent continuer leurs vies d'écoliers, leur vie de famille sans avoir peur quand on frappe à leur porte, quand un monsieur en uniforme attend on ne sait quoi à la sortie de l'école.

12:20 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfants

24 mai 2006

Comment raconter l'injustice ?

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74 auteurs et illustrateurs jeunesse avec Aïssata et Mohamed, parce qu'il faut que nos lois changent

Parce qu'ils et elles sont du côté de l'enfance, ils et elles s'opposent à ces lois qui vont pourrir la vie de milliers d'enfants en France. Face à ces raffles qui se préparent et s'annoncent dans un pays qui semble anesthésié, ils sont 74 à avoir rejoint le Collectif Aïssata :

Ils et elles se nomment Anne-Marie Abitan, Beatrice Alemagna, Jeanne Ashbé, Ramona Badescu, Maryvette Balcou, Olivier Balez, Lilian Bathelot, Sylvie Baussier, Alain Bellet, Stéphanie Benson, Alain Boudet, Farid Boudjellal, Lisa Bresner, Tieri Briet, Alain Crozon, Alex Cousseau, Jean-Loup Craipeau, Jihad Darwich, Dominique Delord, Gaëtan Dorémus, Philippe Dorin, Corinne Dreyfuss, Sophie Ducharme, Béatrice Egémar, Marie-Florence Ehret, Eglal Errera, Françoise Escarpit, Patrice Favar, Robert Gaillot, Gervais, Philippe Godard, Guillaume Guéraud, Béatrice Hammer, Bruno Heitz, Florence Hinckel, Jo Hoestlandt, Emmanuelle Houdart, Didier Jean, Patrick Joquel, Alain Korkos, Catherine Leblanc, Thierry Lenain, Maryvonne Le Quellec, Agnès de Lestrade, Virginie Lou, Antonin Louchard, Jean-Luc Luciani, Françoise Malaval, Frédérick Mansot, Véronique Massenot, Henri Meunier, Jean Molla, Marie-Aude Murail, Stéphane Nicolet, Nathalie Novi, Joseph Perigot, Xavier-Laurent Petit, Dorothée Piatek, Michel Piquemal, Pittau, Antonin Quetal, Anouk Ricard, Cécile Roumiguière, Marie-Sabine Roger, Jocelyne Sauvard, Stéphane Servant, Bertrand Solet, Frédéric Stehr, Magali Turquin, Claire Ubac, Jacques Vénuleth, Joëlle Wintrebert, Zad, Emmanuelle Zicot.

10:05 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfants

23 mai 2006

Collectif Aïssata

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Le 30 juin, c'est bientôt.

Et le 30 juin, la circulaire ministérielle suspendant les expulsions d'enfants «sans papiers» mais scolarisés sera caduque.

Un Collectif d'auteurs et illustrateurs jeunesse ( Patrice Favaro, Thierry Lenain, Virginie Lou, Henri Meunier,
Françoise Malaval, Marie-Aude Murail, Joseph Perigot et Marie-Sabine Roger, très vite rejoints par une cinquantaine d'autres ) s'est créé en soutien à ces enfants.

Ce Collectif est notamment en lien avec le Réseau Education Sans Frontières du Loiret pour parrainer Aïssata (3 ans) et Mohamed (5 ans) afin de s'opposer à leur expulsion.

L'objectif est d'offrir, en appui à l'action de terrain des parents, des enseignants, des citoyens, une visibilité et une publicité de notre soutien.

Par ailleurs, chaque membre du Collectif envoie à RESF45 un de ses livres dédicacé pour Mohamed et Aïssata, afin que soit constitué à Orléans un «cordon de protection» symbolique pour ces deux enfants. Cet assemblage de livres sera exposé dans des lieux publics.

Enfin, chaque membre du Collectif est invité à mettre en ligne un texte ou un dessin dédié à Mohamed, Aïssata - un peu comme ces textes et ces dessins que les enfants nous offrent quand nous allons à leur rencontre dans les écoles.

Voici l'adresse :

http://aissata.hautetfort.com

(pas de www)

N'hésitez pas à nous rejoindre ! Et si vous voulez le faire, ne tardez pas : le 30 juin, c'est bientôt.

Le Collectif Aïssata

Merci de faire circuler cette information autant que possible.

09:47 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfants

13 mai 2006

Ouverture de la chasse à l'enfant

medium_enfant-expulse.jpgMariam SYLLA, mère Malienne de Mohamed, cinq ans, et d’Aïssata, trois ans, est en rétention depuis le 11 mai à Rouen avec ses deux enfants.
Elle vit à Orléans où ses enfants sont scolarisés : Mohamed en grande section à l'école maternelle Jolibois à Orléans-La Source, Aïssata en petite section à l'école maternelle Claude Bernard à Orléans-La Source. Elle a été interpellée à Dreux, où elle s’était rendue pour visiter une amie. La préfecture de l’Eure a immédiatement pris un APRF (Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) et les a placés en rétention, en famille.
Madame Sylla vit en France depuis sept ans. Elle a été victime de graves violences conjugales qui lui ont laissé un lourd déficit auditif (elle a de ce fait temporairement bénéficié d’un titre de séjour pour raisons médicales).
Ces faits sont honteux, dans tous leurs aspects. D’abord parce qu’ils contreviennent ouvertement aux dispositions de la circulaire ministérielle du 31 octobre (prise, paraît-il, pour des raisons humanitaires !) qui suspend explicitement les reconduites de jeunes majeurs scolarisés et de parents d’enfants scolarisés jusqu’à la fin de l’année scolaire 2005-2006.
Mais surtout, le placement en rétention d’une jeune femme handicapée par les séquelles des violences qu’elle a subies et le fait que deux gamins de 3 et 5 ans soient, eux aussi, enfermés ne peuvent susciter indignation et colère. Est-ce un avant goût de ce que prépare Monsieur Sarkozy pour cet été ?
Quoi qu’il en soit, les enseignants, les élèves et leurs parents, les militants des droits de l’Homme ne peuvent accepter qu’un tel traitement soit infligé à des enfants et à leur mère. Ni maintenant, ni après la fin de l’année scolaire !
Nous demandons la libération immédiate de Mariam, Mohamed et Aïssata SYLLA. Nous demandons également l’engagement public du gouvernement et du ministre de l’Intérieur de ne faire procéder à aucune expulsion d’enfants scolarisés ou de parents d’enfants scolarisés pendant les congés d’été.

NON A LA CHASSE A L’ENFANT !

12:15 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : enfants