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24 février 2010

La chambre abandonnée de Sara

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Le domino

Pour travailler aux romans de Focale, Edith est venue passer quelques jours du côté d'Arles. Dans la voiture sous la pluie, face au Rhône, elle m'a raconté Résurrection, le film qu'elle vient tout juste de terminer avec Sara : la construction des décors dans la chambre, le jeu de patience avec les poupées, l'émotion de ceux qui ont assisté à la première projection. Sur le site de Sara, j'ai trouvé quelques photographies de La dispute, un récit photographique pour continuer le film. Sara, qui est aussi la fée-marraine d'Où sont les enfants ?, nous a autorisé à les reproduire ici. Pour le plaisir de regarder.

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Eulalie

« L’idée de Résurrection a deux origines, raconte Sara. Mes rêves nocturnes d’abord. Après chaque deuil que j’ai vécu depuis ma jeunesse, j’ai fait ce rêve de la personne morte (humaine ou animale) revenant vivante, proche de moi et pourtant ignorante de ma présence. Je la voyais se mouvoir avec effort comme s’il lui était difficile d’avancer. Pourtant elle allait quelque part. Mais elle restait inaccessible.
Une rencontre dans la bibliothèque de Saint Germain en Laye ensuite, avec une classe de moyenne maternelle à qui j’ai “lu” mon album “du Temps”. Une discussion s’est élevée entre ces enfants au sujet du chien noir qui surgit dans la seconde moitié du livre : certains soutenaient qu’il était une réincarnation du chien mort, d’autres ont répliqué qu’il avait simplement ressuscité. Quelques libres-penseurs ont haussé les épaules en affirmant que quand on était mort, on ne revivait pas.
Mes rêves auraient pu m’évoquer les “revenants”. La discussion de ces enfants, si claire, si affirmée, m’a décidé à choisir la résurrection de la poupée morte.
»

À partir de février ou mars, l'exposition La chambre abandonnée, composée d'un film de 8mn et d'un récit photo circulera dans les bibliothèques de Seine Saint-Denis.

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Colère

18 février 2010

Pour faire le portrait d'un enfant

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Toute une vie d’enfant

Dix ou douze années d’une existence racontée avec leurs mots à eux et quelques photos, fragments d’une vie vécue comme une aventure dans le monde d’aujourd’hui.

Les mots qu'ont les enfants pour dire le monde sont différents, chargés d'un autre regard et d'une énergie réellement différente. Et ces mots sont parfois difficiles à entendre si l’on n’y prête pas suffisamment attention. D’où l’idée de les recueillir, de les donner à lire aux lectrices et lecteurs de la presse, journaux ou magazines.

Le portrait d’un regard enfantin

L’idée est de proposer, dans la presse écrite, de véritables portraits d'enfants, en recueillant leur parole et en photographiant leur vie de tous les jours, comme s'il s'agissait de personnalités importantes, véritablement détentrices d'une vision sur le monde et l'existence, une vision capable de nous montrer quelque chose que d'habitude nous ne percevons pas.

Voici quelques années, Leàn – 6 ans – me demande : « Quand on envoie un missile sur une ville, est-ce que ça tue aussi les animaux ? » Je lui réponds que oui, malheureusement, les animaux font aussi partie des victimes. Elle me fait remarquer que le journal télévisé oublie systématiquement de comptabiliser les animaux morts. Elle a raison, et elle vient de m'ouvrir les yeux sur une vérité oubliée.

Ce genre de vérités élémentaires auxquelles on ne pense plus. Comme si les mots des enfants avaient véritablement ce pouvoir d’ouvrir les yeux aux adultes.

Trois photographies d’une existence

L'idée de ces portraits serait d'entrecroiser le récit d'une existence d'enfant – sa biographie d’abord, son quotidien ensuite - avec ses propres phrases recueillies au cours d'une véritable interview. Les photos, deux ou trois pour une double page, seraient le résultat d'une journée passées avec l'enfant, par l’un des photographes ayant déjà réalisé des albums au sein d' Où sont les enfants ? La particularité de ces photographes étant de savoir mettre en oeuvre une véritable complicité avec les enfants.

Dans un premier temps, les enfants seraient choisis parmi ceux qui envoient à Où sont les enfants ? une lettre spontanée, où ils proposent d'être à leur tour les comédiens d'un prochain album. Dans une tranche d'âge allant de 5 à 9 ans. Dans un second temps, la tranche d'âge serait élargie jusqu'aux années collège, 14 ou 15 ans.

Le « casting » des enfants choisis pour réaliser ces portraits est primordial, et devra refléter la diversité des enfants dans le monde d’aujourd’hui, ainsi que des parcours de vie très différents les uns des autres, dont on percevra la nature dès le titre.

- Mathis, l’enfant qui rêvait d’être Viking
- Aude, la petite fille qui prenait sa vie pour un théâtre.
- Tony, grand inventeur de mots qui n’existent pas
- Tahar, un médecin des moineaux à la cité Debussy
- Melissa, fan de Soprano
- Camille, allergique à l’école
- Sarah, esthéticienne pour grand-mères

& la notion d’aventure

Le texte de chaque portrait aurait trois à quatre feuillets, entrelaçant le récit assez précis d'une biographie et d'une vie quotidienne avec des phrases issues de l'interview enregistrée. L’axe de chacun de ces portraits serait de raconter l’existence d’un enfant, mais aussi de sa famille comme une véritable aventure.

Parce qu’il est des enfances aujourd’hui qui ressemblent à des épopées, guidées par une passion suffisamment démesurée pour guider un gamin à réaliser son rêve, tout seul contre l’incrédulité ou l’indifférence des adultes, et malgré une existence chargée par des journées d’école et autres contraintes.

Qu’un enfant se déguise le soir en personnage de manga, qu’il rêve de partir vivre la vraie vie des Vikings ou qu’il s’entraîne pour devenir champion de ping-pong au prochain tournoi de Tarascon, il porte en lui assez d’aventure pour qu’on puisse raconter son existence sous un angle suffisamment romanesque, et faire de lui le petit héros d’une existence différente, où les récits des livres et des chansons l’aideront à s’inventer une vie imprévue, juste un peu plus aventureuse.

09 février 2010

Avoir feu et lieu

Avant la parution de Septième et L'avenir, Edith de CL et Daniel Andorc'h travaillent depuis quelques jours à actualiser le blog de Focale. Et pour commencer par le commencement, Edith a ouvert le dictionnaire historique de la langue française à "FOCALE" :

 

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© Sara

Focal, ale, aux

adj. et n.f.

dérivé savant (1761) du latin classique focus "foyer" ; on relève en latin médiéval le dérivé focalis "qui concerne le bois à brûler" (1320) et en moyen français tenir focale résidence "avoir feu et lieu" (XVème siècle, attestation isolée).

Focal s'emploie en physique, sans qu'il y ait un souvenir d'un emploi ancien, et signifie "qui concerne le foyer d'un instrument optique". Distance focale (1761 au sens mod.) s'emploie aussi en photographie d'où la focale, non féminin pour "longueur focale". Au figuré, l'adjectif signifie "central" (mil.XXème siècle).

Focaliser, v. tr. (1929, sans doute antérieur) s'emploie en physique et au figuré (1967) pour "concentrer en un point". En dérivent FOCALISATION, FOCALISABLE, FOCALISATEUR/TRICE, FOCALISEUR.

Édith