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29 juillet 2009

Dans les photos qu'on n'oublie pas : Le grenier d'Estelle Dougier

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© Estelle Dougier - « Le grenier », 2007

Dans le courrier qu'on reçoit il y a parfois des ébauches de livres. Quelques photos et une idée. D'autres fois le livre existe déjà, objet précieux et important entre nos mains qui viennent d'ouvrir l'enveloppe. « Le grenier » est un de ces livres qu'on n'oublie pas, qu'on a gardé longtemps en hésitant. Un livre avec des photos d'Estelle Dougier et un poème d'Eléonore Cannone, qui avait fait paraître la même année  « Elle, pinces et dépendance», son premier roman aux éditions de l'Altiplano. Et puis un jour on décide que «Le grenier» ne sera pas un livre d'Où sont les enfants ? Une décision à contre cœur, parce que le texte est habité par l'esprit de l'enfance, au moins autant que les images. Il y a l'émerveillement des yeux qui découvrent, et en même temps la nostalgie pour une enfance passée. Cette nostalgie que les enfants ne peuvent pas ressentir. C'est ce projet, et quelques autres reçus au fil des mois, qui nous a fait imaginer une collection de photolittérature qui ne s'adresserait pas aux enfants.
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© Estelle Dougier - « Le grenier », 2007

Pendant l'été, Estelle Dougier est venue aux Rencontres d'Arles. L'occasion de croiser une photographe dont nous avions pu suivre depuis deux ans le travail, et d'imaginer avec elle d'autres livres. Le hasard a fait qu'elle avait exposé l'été dernier à L'atelier du midi, rue du Sauvage, ce lieu où Lucie Pastureau et Lionel Pralus montraient leur travail en juillet. Voici ce qu'Estelle disait des photographies du Grenier, à l'occasion d'une interview pour le webzine Platform (numéro 5) : « De façon générale, je suis très attirée par l'univers de l'enfance et des souvenirs qui y sont liés. J'ai eu l'idée ( je ne sais pas vraiment comment ) de faire des photographies d'un vieux grenier où l'on retrouverait des souvenirs de ces moments passés à travers de vieux jouets, d'anciens objets oubliés... J'aime ce type de lieu un peu fermé, à la fois nostalgique et poétique.»

D'autres photos d'Estelle Dougier sont visibles sur son site. Elles explorent les mondes de la nuit, de l'enfance et du spectacle tout autour de la rue Lepic où elle habite à Paris, dans d'autres villes à l'étranger où elle promène ce regard solitaire qui s'en va explorer. Il faut l'écouter raconter ses marches la nuit dans les villes, à l'affût des lumières et des reflets, son vieil Hasselblad 501 CM posé sans pied à même le sol. Accroupie au dessus du boitier, elle cherche l'image et inquiète un peu les noctambules qui viennent l'interroger, si bien qu'ils peuvent se retrouver eux aussi à l'intérieur de l'image. La photographie peut devenir ce piège que provoquent la nuit les rencontres.

A lire aussi : Estelle Dougier, poésie et nostalgie sur lesPHOTOGRAPHES.com
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© Estelle Dougier

Commentaires

C'est bien ce métier.
Bonjour du danemark.
Hanne

Écrit par : Hanne | 31 juillet 2009

Mais comment pouvez-vous dire "Cette nostalgie que les enfants ne peuvent pas ressentir".
Les enfants peuvent ressentir la nostalgie d'une enfance passée.

Écrit par : L.N. | 15 août 2009

"Adulte ? - jamais, comme l'existence
qui ne mûrit pas - reste toujours verte,
de jour splendide en jour splendide -
je ne puis que demeurer fidèle
à la monotonie superbe du mystère".

Pier Paolo Pasolini
Roma, 1950

Écrit par : édith | 18 août 2009

"Tu sais, au fond de mes réflexions puise une source d'enfance qui n'en finit pas de se révéler. Et c'est ça, tu vois, qui me pousse à toujours marcher plus avant vers le carrefour des carrefours."

Edith de CL, citée dans une biographie de la directrice de l’Agence AlmaSoror, par Katharina Flunch-Barrows.

Écrit par : Où sont les enfants ? | 20 août 2009

Les commentaires sont fermés.