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16 octobre 2008

Dans l'atelier des roues

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© Lucien Clergue, Mannequin chez le chiffonnier, Arles, 1956. 

2008 était l'été des grandes métamorphoses. La liste a été longue des remises en question, discussions, nouvelles ébauches après trois ans d'existence et dix livres parus. L'association qui portait le projet de maison d'édition a donc été dissoute, par liquidation judiciaire et manque chronique de trésorerie, et surtout parce que des trois fondateurs il n'en restait qu'un seul à la barre, Anton continuant de piloter un projet humanitaire entre Mogadiscio, Genève et Nairobi, Michèle étant accaparée par d'autres soucis. Inventer des livres dans un hameau du Lot n'est pas non plus toujours simple quand la première graphiste est à une heure de route, que les téléphones portables ne passent qu'après la chapelle, au bout du pré et que chaque orage un peu violent vous prive d'électricité, de fax et de téléphone pendant deux ou trois jours.

Les projets de livres qu'on préparait nécessitaient sûrement une autre façon de travailler, en commençant par salarier - au moins un peu - ceux qui trimaient à Où sont les enfants ? jour après jour. Il fallait d'autres financements que nos économies et droits d'auteurs pour continuer de développer un projet qui rencontrait l'écho des lecteurs et prescripteurs, mais qui représentait aussi une charge de travail qu'aucun bénévole ne pouvait plus endosser.

L'envie d'Arles est venue peu à peu, comme une utopie à laquelle on n'osait pas vraiment croire. Parce qu'on y passait chaque été plusieurs jours, le temps de voir les dizaines d'expositions photo des Rencontres, et parce qu'on prenait conscience que chaque été, le petit monde des photographes transitait par ce morceau de camargue où il était plus simple d'organiser rendez-vous et séances de travail. Et puis la ville d'Arles avait ce projet de Maison des éditeurs dans une friche industrielle - les anciens ateliers SNCF - qui accueillerait bientôt le Parc des ateliers, sorte d'utopie culturelle dédiée à la photo, dessinée par Frank O. Gehry, portée par la Fondation LUMA et la région PACA.

Et puis soyons francs : L'envie d'Arles c'est aussi - en premier - retrouver la femme que j'aime, et puis ensuite plein d'autres très bonnes raisons qui font plus sérieux, comme travailler dans une ville où la municipalité - communiste - soutient depuis plusieurs mandats des éditeurs comme Actes Sud, Analogues, les éditions de la Nuit, Philippe Picquier ou les Fondeurs de Briques et La Fabrique Sensible, une ville où la bibliothèque de l'Ecole Nationale Supérieure de la Photographie permet toutes les recherches et où plusieurs structures, comme Voies off et Buena Vista exposent et soutiennent le travail de jeunes photographes. Arles maintenant, nous y avons une adresse, une nouvelle structure sous forme de SARL qui permettra d'éditer les livres en projet, tout en créant deux nouvelles collections avec la même volonté : l'alliance de la littérature et de la photographie.

T.

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L'atelier des roues. Arles, mai 2008.

Commentaires

un message d'espoir, d'encouragement, de soutien, d'adhésion, de félicitations... suite à la lecture de ce beau texte

Écrit par : noelle | 16 octobre 2008

ces locaux ont l air magnifiques:::

seve

Écrit par : seve | 22 octobre 2008

La vie fait que s'offrent à nous d'autres chemins.....il faut savoir les emprunter pour aller parfois vers de meilleurs lendemains;...en tout cas Arles semble riche de promesses....

Écrit par : katou | 22 octobre 2008

Un point de précision quant à votre chronique sur le nouvel emploi de l'Atelier des roues en tant que "Maison de l'édition" (patronnée par les "petits éditeurs indépendants" Actes sud et Harmonia M. et chaperonée par des technocrates bobos): même si nous avions notre siège social à Arles, Les Fondeurs de Briques n'ont jamais obtenu de soutien, ni même sollicité!!!, de la ville d'Arles. Pas par positionement anti ou pro-communiste (remarque à mettre en relation avec votre commentaire sur la couleur politique de la ville; quel rapport...?!il faut s'en étonner, s'en féliciter ???) mais simplement car Arles fut un port d'attache un moment sur notre route, sans oui-ouisme, ni révérence particulière, juste peut-être par une attitude que l'on pourrait par soucis de classification hative qualifiée de post-situ. pas sûr non plus que les confrères des éditions La Nuit puissent se reconnaître dans la mention que vous faites de leur activisme...

Écrit par : jf bourdic | 30 octobre 2008

Et puis quoi encore ?
Averti de vos propos, je viens les rectifier — et m’associe, ce faisant, au précédent message de Jean-François Bourdic — en précisant que, pas plus que les Fondeurs de Briques, les éditions de La Nuit n’ont été ni ne sont aidées en quoi que ce soit par la municipalité d’Arles à laquelle nous n’avons jamais rien demandé, au cours d’aucun mandat. Mais par ailleurs, ils nous convient d’ajouter que le satisfecit à quoi se réduit l’étrange déclaration dont nous démentons la partie qui nous concerne pourrait permettre à ceux qui ne nous connaissent pas de croire que nous aurions enfin atteint le point de résignation général, et au même moment le désir d’effusion qui l’accompagne — « embrassons-nous Folleville ! » — propre à ceux qui tiennent à faire savoir qu’enfin c’est la fête ! sous l’œil glacé des scénographes chargés de donner de la couleur à l’unification artificielle par l’économie d’une société déchirée. Il suffit de lire nos livres pour apprendre ce que nous pouvons penser de cette sorte de psittacisme.

Écrit par : Irénée D. Lastelle | 08 novembre 2008

A Katou : Les promesses liées à Arles - un lieu fonctionnel pour travailler - pour l'instant elles se font attendre, c'est vrai et ça peut énerver. La patience n'est pas la première qualité d'Où sont les enfants ?
A JF Bourdic : Lecteurs de Traven et d'Unamuno, nous avions croisé déjà vos livres (dont Comment on fait un roman, emprunté à la médiathèque d'Arles justement), et c'est vrai que l'idée de travailler à quelques rues ne nous était pas indifférente. C'est par Le matricule des anges que nous avions appris votre départ d'Arles - pour Toulouse si je me souviens bien. Quant à l'étiquette post ou néo-situ, il y a quelques temps déjà qu'elle n'est plus gage d'indépendance, revendiquée aussi bien par les pires courtisans. Où sont les enfants ? vient d'un village dont le maire ne savait pas ce qu'éditer voulait dire. Alors oui, venir à Arles où H. Schiavetti nous a reçu en prenant le temps d'écouter, de raconter cela peut se prendre comme un signe de bienvenue. Pour avoir habité et travaillé avec des villes communistes en banlieue parisienne, j'ai pu éprouver l'attachement particulier de ces élus à une vie culturelle partagée, et à cette notion très peu situ d'éducation populaire qui nous importe, oui, faisant avant tout des livres pour le peuple qui vient, le peuple des enfants.
A Irénée D. Lastelle : Salutations et vous redire que la maison des éditeurs est un outil, une proposition dont on peut valider, pourquoi pas, plusieurs dispositifs qu'elle propose à de petites structures éditoriales plus que fragiles. Mais pas d'effusion, rassurez-vous, juste l'envie d'éprouver cet outil vite à l'intérieur d'une ville que des éditeurs ont marquée en vingt ans, une ville qui a bâti son poids de livres et sa projection dans l'imaginaire d'apprentis-éditeurs, travailleurs à la recherche du bon outillage et certains, pour l'avoir éprouvé, que l'isolement à l'intérieur d'une enclave géographique reste avant tout une entrave à l'invention de livres qui manquaient.

Écrit par : Où sont les enfants ? | 25 novembre 2008

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