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24 septembre 2008

Un voyage photographique

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© Alice Sidoli - Vitrine de la librairie Les trois mages, Marseille

Au début de l'été on a fait un voyage avec Alice Sidoli, un beau voyage à travers le grand sud. Une virée dans les librairies jeunesse du côté de Toulouse, Montauban, Marseille, Miramas et jusqu'à Avignon. Alice était venue jusqu'à Marseille par le train, puis on a fait la tournée en voiture, sous le soleil de juin. Ce sont les premières photos destinées au livre de chroniques de Madeline Roth, parues au fil des pages de la revue Citrouille. Des chroniques où elle raconte par l'émotion les journées d'une libraire amoureuse, passionnée de littérature jeunesse.

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© Alice Sidoli - Librairie Bull'Images, Miramas
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© Alice Sidoli - Une vie d'escargot à la librairie Le bateau livre, à Montauban
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© Alice Sidoli - A travers la vitrine de la librairie Le bateau livre, à Montauban
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© Alice Sidoli - Une lectrice de la librairie L'eau vive, à Avignon
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© Alice Sidoli - Lecture à deux, librairie L'eau vive, Avignon

19 septembre 2008

Tourne la Page à la Cité du Petit Bois

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© Alice Sidoli

Alice Sidoli a réalisé un reportage sur une bibliothèque de rue en banlieue parisienne. Je viens d'en découvrir les images mises en ligne. Ce travail, souvent mené par des bénévoles, m'a toujours fasciné : porter les livres là où manque leur présence. Pour voir l'ensemble du reportage c'est sur le site de BASOH, photographes associés.

Comme tous les mercredis après-midi, depuis deux ans, la bibliothèque de rue « Tourne la Page » s'installe au milieu de ce quartier décentré de Carrières-sur-Seine dans le 78. Deux grands tapis, des coussins multicolores et surtout des livres pour deux heures de bonheur sur le carré d'herbe de la cité.
Les enfants ont entre 4 et 13 ans. Les plus grands accompagnent les plus petits, les parents gardent un oeil aux fenêtres. Chaque enfant choisit son livre, il peut lire seul, regarder les images ou se faire lire une histoire.
Un petit groupe de copines s'est formé pour accompagner bénévolement, chaque semaine, ces enfants sur le chemin des mots, des livres et de l'imaginaire. Un moyen de défendre l'accès de tous à la culture et une manière de tisser un lien positif avec la langue. Mais aussi le bonheur de goûter ces moments intenses de lecture partagée.

16 septembre 2008

Les photographies

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© Taraf Zélie Bordela

C'est un passage. Et un apprentissage en même temps alors on continue, on continue d'inventer des livres tant qu'on pourra. C'est pendant les déménagements que les photos se perdent, écrit Duras dans La vie matérielle. Pour ma mère, la photo d'un enfant petit était sacrée. Pour revoir son enfant petit, on en passait par la photo. On le fait toujours. C'est mystérieux.

Et plus loin : Je crois  qu'au contraire de ce qu'auraient cru les gens et de ce qu'on croit encore, la photo aide à l'oubli. Elle a plutôt cette fonction dans le monde moderne. Elle écrivait ce livre en 1987, l'année où je suis allé la voir un soir, parler de l'écriture, des livres et de cette idée qu'ils sont adressés à quelqu'un, autant qu'une lettre dans une enveloppe, avec un nom écrit dessus. Les livres d'Où sont les enfants ? sont adressés aux enfants. Certains d'entre eux nous écrivent, ils disent que le livre est arrivé à destination, merci beaucoup, comme Lucien qui a huit ans. Je crois que Litli s'adressait à Lucien, et qu'en faisant le livre on ne savait pas très bien, on espérait quand même un peu. Oui. C'est difficile à avouer. On espérait juste que Lucien existe et qu'il rencontre un our le livre.

Les livres qu'on prépare, ils sont pour Juan venu d'Argentine jusqu'à Espedaillac. Maintenant que je sais je peux le dire. Ils sont pour Eliane aussi qui s'ennuie le dimanche à Limoges, pour Noé et son cousin Igor, Nasser à Beyrouth et Terek le tchétchène réfugié au village, pour eux oui, pour Gaëlle qui a cinq ans et Severo qui en a presque neuf, les yeux ouverts la nuit à Tarascon où il habite avec sa tante et Maria, sa maman sans papiers. Je parle des livres qu'on veut, ceux qu'on s'obstine à façonner. Des livres qui auraient le pouvoir de raconter un morceau du monde à Juan, à Igor & Noé parce qu'il ne voient pas pourquoi il est tellement zarbi, ce monde-là. Zarbi et palpitant (dans les photos parfois un cœur palpite, et les enfants le savent, ils regardent et ils savent). Il y a 20 livres qu'on prépare, impatients comme Noé à deux ans, 20 livres à dessiner avec à l'intérieur un cœur assez puissant.

 T.

08 septembre 2008

Frail Heroines

La photo était accrochée dans la cuisine depuis juillet.

Hier c'était le dernier jour de l'exposition. On s'est perdus pour y arriver.

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Des fenêtres du Centre d'art contemporain intercommunal d'Istres, on voit les ruelles pavées et une petite fille en robe bleue princesse qui se tient très fière la main gauche sur la hanche. L'exposition Frail Heroines & Songs réunit une sélection de tirages réalisés entre 2005 et 2008 par la photographe arlésienne Caroline Chevalier.

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Des portraits de femmes, fragiles, saisies chez elles, dans la nudité d'un décor (« Cela créé une intimité, on a la sensation d'être invité, mais par effraction, on dérange une solitude ») ; ou en extérieur, comme posées là, incongrues, en décalage, témoins curieux d'un espace hors du temps où une jeune reine descend les marches d'un bassin vide. Quatre salles je crois, et dans la lumière du soleil qui enfle lorsqu'on quitte le Centre, la même et étrange impression de solitude qui suintait une nuit de juillet dernier du travail de Cécile Menendez.

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Cécile Menendez et Caroline Chevalier étaient deux des photographes exposés dans les Voies Off des Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles cet été. On n'a pas fini de chercher à dire pourquoi leurs solitudes se rencontrent - et dépassent quelque chose. Donnent.

« C'est au "creux" même de ces instants vides (...) que se dessinent des lignes de fuite et de résistance. » (Jean-Emmanuel Denave, extrait du catalogue de Lyon, Septembre de la photographie 2008).

                            m.