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25 juillet 2008

Kamil Vojnar

Peut-être que c'est quelque chose qui reviendra souvent. Les photos des couvertures. Les rencontres que les livres donnent.

"Je pensais qu'un livre était comme un arbre, un animal - une chose qui naît" (Clarice Lispector, in La femme qui tuait les poissons).

couvoisomoqueur.jpg



Dans mon sac le badge des rencontres de la photographie à Arles - et combien de fois devant combien d'images les pieds ont cessé leur course cet été ? - mais la seule qui me reste, dans ce soir lourd d'orage, c'est une image de Kamil Vojnar, en couverture du livre de Jean Rhys, L'oiseau moqueur et autres nouvelles.


L'histoire est belle. C'est le début de juillet et on a pris place tout en haut du cloître des Célestins pour assister à Faunes, d'Olivier Dubois. Avant qu'il entre dans ce lieu magnifique, c'est Christophe Honoré qui l'a filmé. Et dans cette projection, Olivier Dubois lit un livre. Il est allongé à Paris dans une chambre d'hôtel, le film est tourné dans un vieux noir et blanc un peu sale, et l'extrait qu'il lit me plait. "Comment s'obliger à écrire un poème (au moins un) chaque matin ?"

Du livre on ne voit que la couverture, très vite. Et cette image me poursuit.

C'est quelques jours plus tard et Romain me tend le livre. Reçu par erreur à la librairie, à la place d'un autre. Non, pas par erreur. Ou alors le genre d'erreur qui fait douter du hasard. Je le parcours, vite, à la recherche des mots déjà entendus. Et je tiens dans mes mains cette couverture magnifique.

Kamil Vojnar fait des images d'un autre temps. Des flous, des anges, de l'eau, du ciel. Des photographies imprimées sur du papier japonais, très mince, retouchées légèrement avec du pétrole, et vernies à la cire.

acrobatkamilvojnar2.jpg



L'image d'une couverture aperçue dans un film. Deux rencontres, Kamil Vojnar et Jean Rhys. "La juste moyenne détruit l'âme", écrivait cette femme dont je vais maintenant chercher les livres. J'ai bien peur qu'aujourd'hui, ses mots à elle soient associés à ses images à lui.

m.



 

Commentaires

J'aime beaucoup Clarice Lispector; je me souviens de ma lecture , il y a longtemps, de près du coeur sauvage , un roman qu'elle a écrit très jeune et qui fut un choc pour moi tant il était singulier, inclassable, étrange et fulgurant par moments.

Merci de faire découvrir les photos de kamil Vojnar

Écrit par : catherine leblanc | 26 juillet 2008

la lumière des clair-obscurs a quelque chose de magnétique. mon regard s'y accroche et tout à coup, l'ombre n'est plus inquiétante.
j'aime...

Écrit par : sophie | 26 juillet 2008

le dernier jours a Arles
le dernier jour je fais les boutiques au hasard des rues d Arles et une boutique attire mon attention , non pour ces objets mais 2 photos y sont exposés, magnifiques, je lie ce nom "Kamil Voljnar" et je me dis: c'est ici finalement que s'arrête mon regard apres toutes ce IN et OFF.
de retour chez mon père je vais sur le carnet d OSLE et je decouvre 2 nouvelles images et a nouveau ce nom Kamil...
malgre mes apprehensions sur le devenir de la photographie, il y a encore des choses qui me prouvent le contraire de temps en temps et cela les rends encore plus belle et unique, et de le voir en plus deux jours apres sur le carnet d Osle sans en avoir parlé, ça me rend....
c'est ça les belles rencontres
bon mois d aout

Écrit par : seve | 26 juillet 2008

j'ai beaucoup repensé à ce dernier jour à Arles avec vous. Beaucoup repensé à la dernière image de Litli, où l'on te voit, Seve, avec lui. Non, ce n'était pas une erreur, comme les mots de ce petit garçon "c'est la maman de Litli ?". Oui, c'est la maman de Litli, et la petite fille de Mamie Violette, peut-être. Il faut sacrément aimer pour donner vie aux marionnettes.

Qu'aurai-je éprouvé en passant et repassant devant la vitrine d'Harmonia Mundi, si je n'avais pas connu le livre avant ? Sûre que je serais entrée le découvrir, ce petit bonhomme au milieu de l'immense. Ce mois de juillet était riche et qu'il s'achève me laisse une impression étrange. Maintenant il est l'heure de rêver aux prochains bonheurs.

Écrit par : m. | 26 juillet 2008

alors rêve bien. et à ton réveil, tu nous racontes ! pour qu'on rêve un peu des mêmes couleurs.

Écrit par : sophie | 28 juillet 2008

je me promenais dans les rues de Saint Rémy de Provence cet été. Et je me suis arrêtée devant une vitrine, subjuguée par les photos d'art qui y étaient exposées. Je suis restée très longtemps devant cet atelier, les bras ballants, tant la beauté et la sérénité qui se dégagaient de ces portraits étaient... intenses. C'était l'atelier de Kamil Vojnar.

Écrit par : karine | 17 octobre 2008

Les commentaires sont fermés.