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21 mai 2008

Drôles de lecteurs à Monbazillac

Les éditions Où sont les enfants ? se sont démultipliées ce week-end en prenant part à deux salons simultanés : celui qui se déroulait à Montauban et le festival Drôles de lecteurs, organisé à Monbazillac. Une expérience d'ubiquité riche d'enseignements.

Pour ma part, je vous parlerai du festival Drôles de lecteurs, dont c'était la première édition, organisé par l'association de promotion de la littérature jeunesse Eclats de Lire

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Un premier essai transformé en coup de maître puisque ce festival s'est déroulé à la perfection dans une ambiance chaleureuse, studieuse et conviviale. Eclats de lire n'avait pourtant pas choisi la facilité en organisant des rencontres et une programmation riches et variées, impliquant de nombreux intervenants d'univers différents.

Le vendredi était consacré aux rencontres avec les écoliers de Bergerac et Monbazillac. Tous les éditeurs, auteurs, illustrateurs invités au festival se sont prêtés au jeu des questions/réponses afin de piquer au vif et de satisfaire la curiosité de ces drôles de lecteurs. Où sont les enfants ? avait axé sa participation autour des photographies de Chrystelle Aguilar, qui a illustré La Nef des fous, Histoire à dormir debout et Amour à gogo. Les interventions se sont déroulées dans des très bonnes conditions grâce au travail préliminaire des enseignants qui avaient fait découvrir les albums à leurs élèves. Ces derniers étaient ravis de découvrir l'exposition des images de Chrystelle et de mieux comprendre comment ces photographies sont créées, prennent place dans l'histoire et finalement dans le livre. Ce fut aussi l'occasion de corriger moult préjugés et fausses idées sur le métier d'éditeur et d'en montrer les attraits et les aventures qu'il permet de vivre.

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 Atelier de Stéphane Nicolet, illustrateur, membre d'Eclats de lire et organisateur du festival © Monbazillac au jour le jour

 

La journée du samedi était ouverte au public, les enfants traînant leurs parents de stand en stand pour leur montrer et leur expliquer les merveilles découvertes la veille, les parents souvent heureux d'écouter l'enthousiasme de leurs enfants pour des livres, bien que parfois décontenancés par les livres originaux, atypiques qui leur étaient présentés, les éditeurs, auteurs et illustrateurs venant alors à la rescousse des enfants pour raconter leurs livres et leur maison. Des animations variées émaillaient la journée pour le plaisir des petits et des grands : ballade contée avec Dominique Corazza, Photo-conte avec Clémentine Magiera, ronde de roulottes pleines de surprises livresques, clown-dompteur de livres, chorégraphie de danse contemporaine autour des éléments traditionnels du conte, etc ...   

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 Une roulotte pleine de mystères et de surprises © Monbazillac au jour le jour

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 Un dompteur de livres plein d'humour et de poésie qui a bien fait rire les enfants

© Monbazillac au jour le jour

 

Autant de festivités auxquelles j'aurais aimé assister, notammant le photo-conte de Clémentine, mais le public était bien au rendez-vous pour cette première édition et j'étais occupée au stand toute la journée.

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Le stand Où sont les enfants ? avec l'exposition des photographies de Chrystelle Aguilar

Saurez vous reconnaître la sympathique auteur jeunesse qui feuillette nos albums ? © JML 

Quelle est donc la magie qu'Eclats de lire a su mettre en oeuvre pour faire de ce festival Drôles de lecteurs une réussite pour le public, pour les éditeurs et pour eux-mêmes ? Avant tout, je crois qu'ils ont su développer une vraie coopération avec les autres acteurs du livre de la région : les bibliothèques, les libraires, les enseignants, les conteurs... afin de créer une véritable dynamique locale qui a permis un travail en commun et en profondeur, puis l'affluence d'un public bien sensibilisé en amont. Eclats de lire bénéficie aussi d'un réseau de bénévoles agréables, bien organisés et motivés qui ont su mettre tout le monde à l'aise : les enfants, les parents, les éditeurs, les auteurs et les illustrateurs invités. Enfin, ce festival a su faire la part belle aux festivités et apporter des petits plus pleins de charme qui ont fait la différence.

Merci donc à tous ceux qui étaient là et avec qui j'ai partagé un très très agréable week-end.

Vivement l'année prochaine. 

c. 

19 mai 2008

E viva Espagna

Assistante éditoriale aux éditions Où sont les enfants ? je ne m'attendais pas à travailler avec des vrais enfants. Pourtant, dans le cadre du projet Comenius, ce sont les enfants de France, d'Espagne (Catalogne) et d'Italie (Ombrie) qui font le livre. Ils écrivent l'histoire à partir des contes folkloriques de leur région et créent l'illustration. Ce livre sera illustré par la technique du collage de photos. Mon rôle lors de ce voyage en Espagne était de présenter cette technique et son potentiel créatif aux enfants catalans.

Il est 12h, les regards des 50 élèves qui participent au projet Comenius en Espagne sont fixés sur moi. Ils ont entre 7 et 10 ans, sont de niveaux différents (du CE2 au CM2 dans notre système) et je sens qu'ils sont aussi curieux du résultat de notre rencontre que moi. C'est la première fois que j'interviens devant des enfants. Et là ils sont nombreux et nous ne parlons même pas la même langue.

Mais nous avons des alliés pour nous aider à relever le défi : un maître français, Michel et un maître espagnol, Félix, vont traduire mes propos, les questions et les exclamations de chacun pour que nous puissions nous comprendre.
La séance commence par un petit quart d'heure de théorie : Le collage dans l'histoire de l'art. Je commence, un peu angoissée, ma présentation ; les éclats de rire et les exclamations des enfants me rassurent vite. Ils accrochent avec les artistes que je leur montre, ils réagissent aux œuvres qui défilent et ne les laissent pas indifférents. Bref, ils participent et ils apprécient ce moment autant que moi.
 
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  Toutes les photographies sont de Bruno Joseph

Après la réflexion, l'action : les 2 prochaines heures sont consacrées à la mise en application de ce qu'ils viennent d'observer. Les quatre classes réunies choisissent chacune un thème : les plus petits travaillent sur les personnages, les niveaux intermédiaires sur le paysage et les plus grands sur l'architecture.
 
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A partir des brochures des 3 parcs régionaux (français, espagnol et italien), ils doivent sélectionner, découper des éléments et les réagencer sur le papier pour recomposer des univers imaginaires en fonction du thème choisi.Les enfants ont fait preuve d'une imagination et d'une créativité étonnante comme vous pouvez le découvrir sur les images qui accompagnent mon récit. Certains ont dépassé les contraintes du format du papier en rajoutant des éléments. D'autres, avec une minutie inouïe, ont composé des maisons en mosaïque de couleurs, des ciels dignes des impressionnistes et des montagnes très impressionnantes , des monstres bizarres et des animaux rigolos !
 
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Chacun a pu s'exprimer à la fin en présentant son œuvre aux autres, suscitant chaque fois de nombreuses réactions dans l'assemblée. Et dans les yeux brillait la même envie de mettre cette nouvelle découverte en œuvre dans le cadre du projet de livre.
Rendez vous sur le site du projet Comenius où les écoles participantes mettent en ligne les dernières avancées.       
 
c. 
 
 
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16 mai 2008

Dans la ville de Castan

 

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 Manuscrit de C.F. Ramuz

Juste pour dire que les photos de Marcella Barbieri sont exposées jusqu'au 31 mai à la librairie pour enfants Giannino Stoppani, à Bologne. Et qu'Où sont les enfants ? sera le 16 et 17 mai aux drôles lecteurs de Monbazillac, en Dordogne,  ainsi qu'au salon du livre jeunesse de Montauban le 17 et 18 mai.

A Monbazillac sont exposées les photographies de Chrystelle Aguilar tandis qu'à Montauban, ce sont les photos de Juliette Armagnac que l'on peut voir dans le hall de la médiathèque Montauriol. Et tant qu'à vivre loin de son jardin, on se réjouit rien qu'à l'idée de croiser Michel Piquemal et Oscar Brenifer dans la vieille ville de Félix Castan. Parce que c'est à lui qu'on pense en revenant à Montauban, à ce qu'il écrivait et à ce qu'il a martelé tout en forgeant son œuvre : « On n'est pas le produit d'un sol, on est le produit de l'action qu'on y mène. » 

Et comment raconter l'importance de Castan ? Il faudrait des nuits, et ce n'est pas Claude Sicre ou Michel Lablanquie qui diront le contraire, des nuits entières pour arpenter la pensée transcontinentale de Castan. Des Conversations Socratiques à Toulouse jusqu'à la Linha Imaginòt, « une ligne imaginaire qui tente de relier symboliquement les gens qui, chez eux s'organisent pour défendre la création, le respect des cultures, et l'échange de la solidarité, pour mener à la démocratisation absolue » (Claude Sicre). Castan n'imaginait rien d'autre que de manifester la beauté sur la terre, la beauté ici et maintenant et sa pensée immédiate, courageuse, inventive, partagée, perpétuée aujourd'hui dans la musique des Fabulous Trobadors, de Massilia Sound System et de Bernard Lubat.

Ils sont où les enfants de Castan ? 

T. 

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14 mai 2008

les photos des couvertures

C'est une maison d'où je ne repars jamais sans livres et sans fleurs. Dimanche, j'y ai feuilleté longuement Prenez soin de vous, de Sophie Calle, pendant que Noé faisait la course avec ses voitures. Alors dans mon sac, au retour, deux roses et Loin, un roman de Victoria Lancellotta. Sur la couverture, une photo de Francesca Woodman. C'est le mois d'août 2003. La journée, la librairie, et le midi, d'autres librairies. J'achète En ce bas monde juste pour la couverture du livre. C'est aussi une photographie de Francesca Woodman.

 

1158882355.2.jpgFrancesca Woodman a mis fin à ses jours le 19 janvier 1981, à l'âge de vingt-deux ans. Elle a laissé derrière elle plus de huit cent clichés, qui la mettent en scène la plupart du temps. L'identité, l'intime, la mise à nu : l'oeuvre de Francesca Woodman questionne le corps et l'existence dans des décors de rêves ou de cauchemars, des atmosphères étranges, mélancoliques, parfois surréalistes et souvent inquiétantes. On ne sait jamais vraiment ce qui opère en nous lorsqu'une image ne nous quitte pas. Dans chacune des librairies où je me rends, je cherche En ce bas monde.



En écrivant ces mots une autre image prend forme. Celle d'une autre librairie, à Grenoble, il y a longtemps, où j'avais trouvé Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas. Les textes de Christian Bobin et les photographies d'Edouart Boubat. Je ne sais pas dans quelle mesure les deux hommes sont maintenant associés pour moi. Je ne sais plus depuis longtemps lequel des deux m'a donné l'autre - lequel m'a appris à lire l'autre.

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m.

 

12 mai 2008

La Marcella

 

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Marcella Barbieri est une magicienne. Cette fois ce n'est pas seulement Où sont les enfants ? qui le raconte, mais l'équipe de VillaBar pour qui elle est venue faire des images : Elle arrive avec un gros sac dont elle sort un néon pour faire une épée de la Guerre des Etoiles, une longue vue en carton, des tissus rouges, verts, bleus, qu'on peut suspendre aux murs pour transformer un bar en palais vénitien, et tout un attirail de carnaval. Poser pour elle est facile, c'est un jeu. Les acteurs se reposent sous son objectif et les non acteurs deviennent acteurs. Et les photos ressemblent à des explosions de couleurs.

Et maintenant la Marcella a un site où l'on peut voir ses photos prises la nuit : http://www.marcellabarbieri.net/nuits.html 

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Litli au féminin

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Dans une école élémentaire du centre de Reykjavik, Severine Thevenet a rencontré une classe d'enfants âgés de 8 à 10 ans. Rosa Elin Davidsdottir l'accompagnait, qui lui servait aussi d'interprète auprès des enfants qui n'étaient pas anglophones. Certains d'entre eux ont dessiné Litli, mais une petite fille a eu l'idée d'inventer Litla, la petite sœur de Litli, perdue dans la nature avec son baluchon. Severine se souvient surtout de ce que Litla aimait bien le rose et qu'elle était partie à la recherche de son frère.

Ici, très loin de Reykjavik, deux petites filles du village viennent d'amener au local la vipère qu'elles sont très fières d'avoir capturée à mains nues.  La plus courageuse des deux tient la tête du serpent entre ses doigts, «c'est comme ça que j'ai vu faire à la télé». Son petit frère l'a pourtant prévenue  : les pythons ça peut vous cracher dans les yeux ! Alors elle porte les lunettes noires de sa maman.

A Reykjavik Saga a 12 ans et sait déjà qu'elle deviendra écrivain. Elle a écrit pour Severine l'histoire de Litli sans famille. Il est seul, triste et se souvient que sa famille habite quelque part en Islande. C'est en partant chercher les siens qu'il rencontre un premier elfe. La suite, il faudra la traduire, puis la donner à lire.

T.

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10 mai 2008

Mises en scène

C'est une habitude prise depuis longtemps. Elle me garde dans un coin de chez eux les journaux. Quand je viens je repars avec. J'ai déchiré la une du Monde des livres du samedi 19 avril 2008 pour l'afficher chez moi. Je l'ai coincée dans l'étagère, elle vient cacher les livres qui dorment désormais en-dessous.

C'est une photographie d'Ellen Kooi, déjà vue ici. A la foire de Bologne, j'ai fouillé trois jours entiers, passé et repassé des dizaines de fois devant le stand de Maschietto editore qui affichait en grand le travail de Virgilio Sieni. Hansel et Gretel perdus dans la forêt des contes. Je sais qu'il y a désormais quelque chose de moi qui cherche la mise en scène. Tu m'as dit tout à l'heure c'est l'une des bordures de la photographie. Croire qu'elle est là pour figer les choses, se débattre avec l'idée du temps, du noir et blanc, batailler - s'obstiner à inscrire des lieux et des gens dans la mémoire d'un temps mort.

Les images de Virgilio Sieni, de Mireille Loup, d'Ellen Kooi sont à l'exact opposé de cela. Elles fabriquent du merveilleux en triturant le réel. L'image est comme tirée d'un songe ou d'un film qu'on n'aurait jamais vu. A priori, tout est normal - dans cette forêt, on peut se promener, mais les dimensions sont faussées, les couleurs criées et c'est dans cette brèche là que vient s'engouffrer le rêve. L'étrange. C'est dans cette faille que les livres s'inventent.

m.
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© Ellen Kooi, Bloemendaal

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© Ellen Kooi, Houtwielen Ballonnen

09 mai 2008

Atelier "Litli" à Reykjavik

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Séverine Thévenet a animé dimanche 27 avril un atelier destiné à un jeune public à la Bibliothèque de la Ville, Tryggvagata. Elle a également accueilli vendredi 25 avril sur le lieu de l’exposition des élèves de Hvassaleitisskóli


Lors de ces ateliers, les enfants ont visité l’exposition, puis ont raconté ou dessiné leur histoire de "Litli".

Vous pouvez retrouver les textes et les dessins des enfants à la Bibliothèque de la Ville, ainsi que sur le blog de "Litli"

Les enfants qui n’ont pas pu participer à ces ateliers mais qui souhaiteraient partager leurs textes sur Litli peuvent les envoyer à Séverine Thévenet

 

Alice et Juliette

L'expo des photos du livre 

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

( en préparation et à paraître aux éditions Où sont les enfants ? en 2009 )

 est visible du 7 au 18 mai, dans le hall de la médiathèque Montauriol.

Centre Universitaire, 116 bd Montauriol 82000 MONTAUBAN

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Charivari derrière le miroir. Alice et Juliette
 
Comme un certain nombre d'artistes depuis plus d'un siècle, Juliette Armagnac a eu envie de se saisir de l'univers fantastique de Lewis Carroll et de l'éclairer de son propre imaginaire. Alice au pays des merveilles est un ovni littéraire, un maelström. Un labyrinthe. Se plonger dans l'entrelacs d'un tel texte, c'est à coup sûr s'y perdre. Pour se retrouver, disons, nu face au miroir, devant ou derrière. Les tribulations d'Alice nous renvoient sans cesse à ce qu'il y a de plus intime en nous.
 
Afin de débusquer l'invisible, Juliette Armagnac, qui est aussi illustratrice, a choisi la photographie. Ses images témoignent d'une capacité d'invention ou de réinvention du réel, du caractère fantastique du quotidien, de la puissance des rêves, de la métamorphose. Elles font cohabiter le géant et le minuscule, bousculent les échelles, les rapports.

L'exposition est, dans sa forme actuelle, le résultat d'un travail de six mois, alors que le travail est prévu pour durer deux ans. C'est du projet abouti que rendra compte en 2009 la parution d'une nouvelle édition d'Alice au pays des merveilles aux éditions Où sont les enfants ?  
 
 
Article publié dans la revue du salon du livre jeunesse de Montauban
 

Juliette et les enfants

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Quand elle photographie Juliette s'amuse. Quand c'est avec des enfants cela s'appelle un atelier et c'est aussi son travail. D'autres images comme celles-ci, élaborées avec des enfants, sont visibles sur le blog qui lui tient lieu de journal d'atelier. Cela se passe à Agen, dans la bibliothèque municipale où intervient aussi Henri Meunier. Les enfants d'Agen ont de la chance, comme à Montauban où Juliette expose ses photos d'Alice au Pays des merveilles, et où elle rencontrera plusieurs classes jusqu'au salon du livre jeunesse, le 17 et 18 mai.

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