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18 avril 2008
Photographier les anges
Il n'y a pas tant de repaires aujourd'hui où des contrebandiers explorent les fulgurances de la photo-littérature. Ces repaires forment un réseau à peu près clandestin où s'invente une autre littérature, une littérature dont les secousses psycho-géographiques risquent de modifier les perspectives d'un paysage mental encore vivable. C'est un ouvroir comme autrefois celui de l'Oulipo. Un ouvroir de littérature potentielle où la photo vient décupler l'impact des mots à l'intérieur de la pensée. C'est un ouvroir dangereux, comme toutes les tentatives de haute intensité.
«La dernière auberge raconte une histoire ouverte, onirique. Loin des scénarios aussi limpides que balisés les mots suggèrent plus qu’ils ne racontent, ils dévoilent plus qu’ils ne confessent. J’ai eu l’impression aussi que cela parlait du jour et de la nuit. Un ange se promène au Manoir de VillaBar et tente d’entraîner les fêtards du Manoir sur les routes de perdition. Il y parvient, et Dieu-Saturne n’y peut rien : il arrive trop tard pour sauver ses ouailles.»
VillaBar est une folie. Une folie comme seuls en portent ceux qu'ici on appelle des Furieux. Le dernier visage de cette folie est un roman photo, le septième produit par AlmaSoror. Les photos sont de Marcella Barbieri la magicienne, Isabelle Ferrier Trismégiste et Sara, Fée Marraine d'Où sont les enfants ? Les acteurs sont les clients du Piston Pélican qui ne rateraient, pour rien au monde, ce rendez-vous à 19h, chaque troisième dimanche du mois au Pélican, un bar de la rue de Bagnolet à Paris.
Un extrait de l'histoire : « La fête continue. Conciliabules, entre parasites qui cherchent un peu de miettes, d’argent et de distraction. Ils se pâment dans la jeunesse et l’insouciance. Seuls quelques êtres diffèrent. Ceux-là soupçonnent l’issue. » C'est une écriture d'action directe, aussi mystérieuse que les images. Avec à l'intérieur les échos d'une poésie de guerilla, lent retour des bandes sonores et des poèmes hurlés dans les films de F.J.Ossang, Le trésor des Iles Chiennes ou Docteur Chance. Le même mariage y opérait, autrement : un texte arraché à des images en danger, des scènes volées à des comédiens en pleine fièvre.
11:38 Publié dans Les photographes qui racontaient des histoires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, photo, oulipo, photographie







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