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06 mars 2008

Dans la langue des enfants

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Catherine Leblanc écrit des récits, des poèmes dans la langue des enfants. La simplicité se conquiert, elle n'est pas donnée d'emblée m'écrivait-elle tout à l'heure. Et je sais qu'elle a raison. La simplicité est un travail périlleux pour les écrivains, une façon de retirer ses vêtements et d'avancer nu dans une foule qui s'est parée de vêtements séduisants. Face à la langue technicienne des journaux, face aux langues de séduction et de camouflage qu'on parle tous les jours, l'écrivain véritable est celui qui continue de parler et d'écrire à voix nue.
 
Dans tous ses livres Catherine continue ce travail élémentaire, primordial, elle y parle à voix nue. La simplicité dont elle parle, d'accord avec elle, elle se conquiert page après page, mais je sais qu'elle existe et scintille depuis longtemps à l'intérieur de son écriture. C'est elle aussi que je cherche chaque fois que je reviens lire ses textes. Et parce que c'est le printemps des poètes, Catherine signera ses livres à La Luciole, la librairie Sorcière qu'on trouve à Angers, rue des Poëliers. J'y suis allé hier porter Litli, curieux aussi de découvrir une librairie jeunesse où je n'avais pas encore mis les pieds.
 
Sur la vitrine était affiché un poème de Catherine, le texte d'un album qui vient de paraître aux éditions Sarbacane : Viens, on va chercher un poème. Le titre à lui seul est déjà une trouvaille, une révolution qu'on pourrait commencer aujourd'hui pour changer vite, c'est urgent, la vie des enfants qui n'en peuvent plus de ces vies qu'on leur donne. Imaginez : Allez venez les enfants, aujourd'hui c'est pas pareil, aujourd'hui on va chercher un poème ! Et la vie change, celle des enfants, celle des parents, la vie des gens.
 
Dans la vitrine de la Luciole sont affichées des phrases comme « Il n'est pas facile à trouver, perdu dans la foule.» ou encore « Est-ce que c'est un poème qui boitille en parlant tout seul ? Pourquoi pas ?» J'y suis allé. Les phrases je les ai vues et la rue des poeliers n'était déjà plus une rue marchande comme les autres, il y avait de la poésie en travers, les mots de quelqu'un qui écrit à voix nue.
 
Allez-y voir, lire et relire. Vous verrez. C'est devenu un phénomène dans le boucan obligatoire, face à la surenchère des discours énervés : quelqu'un qui écrit à voix nue.
 
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