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28 octobre 2007

" Fantasy ! C’est pas du jeu " - Une expo autour des images de l'enfant

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  Santeri Tuori - Karlotta, Videostills N°1, 2003
 
    Objet et cible privilégiée de la publicité, l’enfant est aussi fréquemment représenté par l’art contemporain, notamment en photographie et vidéo. Si les œuvres rassemblées dans cette exposition renvoient à la période de l’enfance, à son ambiguïté, à son ambivalence, aux joies et aux angoisses liées aux pulsions, les mises en scène affirmées, les manipulations numériques évidentes, ou exagérées, apparaissent comme des formes de résistances à une vision idyllique de l’enfance, aux projections des désirs des adultes et aux rôles qu’ils voudraient leur faire jouer. Le titre de l’exposition, en reprenant une expression enfantine, qui pose des limites, " C’est pas du jeu ! ", insiste sur ce phénomène, orchestré par l’artiste même.
 
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Santeri Tuori - Karlotta, Videostills N°2, 2003 
 
    Entre rêve et cauchemar, les images d’Ellen Kooi nous confrontent à d’étranges mises en scène. Dans Alphen a/d Rijn-Pad, (2002-2003) une interminable file de personnages vue de dos se dirige vers une destination énigmatique tandis qu’un petit garçon accroupi, le regard inquiet, nous fait face. Il tient dans ses mains un crapaud (élément cher aux frères Grimm ou à H. C Andersen): à la dimension historique que l’on prête facilement à cette file, aux allures d’exode, s’oppose une dimension atemporelle, mythologique, et fantastique. Si chez Ellen Kooi, le paysage fascine le spectateur par son étrangeté, chez Mireille Loup il exacerbe la vulnérabilité de l’enfant. Dans la série Esquives, une petite fille évolue à travers des paysages grandioses, sublimes qui renforcent sa solitude et sa possible mise en danger face à cette immensité.
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Santeri Tuori - Karlotta, Videostills N°1, 2003
 
    L’étrangeté traverse aussi les travaux de Loretta Lux qui utilise les codes du portrait classique (pose, décor, apprêt), le logiciel de retouche se substituant à la palette, pour construire une image idéale de l’enfant. Celui-ci n’est pas représenté en tant qu’individu, mais comme sujet déshumanisé, aussi idéalisé qu’une poupée, dont les disproportions en font un monstre fascinant. Catherine Larré, juxtapose avec audace des vêtements, des perruques à l’image d’une fillette. Dans le petit théâtre de son atelier, elle crée une situation inédite : devant l’image projetée et statique des objets sont mis en scène. De subtils décalages s’opèrent : anachronismes vestimentaires, dentelles figées inadaptées au corps en mouvement, gestes impossibles. Ces photographies à l’esthétique éthérée, quasi symbolique, ne sont pas sans rappeler l’univers gothique. L’enfant n’est plus présenté comme une " miniature d’homme ", mais comme un autre radical, un être mystérieux, parfois hostile, voire cruel, pour autant fragile et vulnérable. Les images plus épurées et réalistes d’Yveline Loiseur, dont certaines évoquent le calme froid de la peinture de Vermeer, présentent une série à travers laquelle une petite fille semble déjà touchée par les tourments de l’âge adulte.
 
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 Yveline Loiseur
 
    Avec une sobriété et une dimension psychologique équivalentes, les vidéos de Maria Marshall nous plongent dans l’enfance, entre fascination et malaise, et provoquent le sentiment d’une violence sous-jacente. Evoquer l’enfance c’est aussi convoquer une aptitude perdue. Dans ses montages vidéo qui mettent en scène des enfants autour de dessins à la craie figurant balançoire ou tourniquet, Robin Rhode restitue cette capacité qu’a l’enfant à alimenter la réalité par l’imaginaire, au point qu’ils se confondent. Bribes de fictions cinématographiques, réactivations de contes, fragments de récits entre fables et mystères, l’enfant joue ici toute sa complexité.
 
Artistes exposés :
Maider Fortuné, Mireille Loup, Ellen Kooi, Catherine Larré, Yveline Loiseur, Alessandra Sanguinetti, Santeri Tuori, Robin Rhode, Loretta Lux, Kerry Tribe, Maria Marshall, otohiko Odani, Ralph Eugène Meatyard, Shoji Ueda

Centre Photographique d’Ile-de-France
107, avenue de la République. 77340 Pontault-Combault
Tél : 01 70 05 49 80
Site: www.cpif.net/

25 octobre 2007

Un véritable enfant, quoi !

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Severine Thevenet - Les lettres qui piquent

Avant de travailler avec Où sont les enfants ?, je n’imaginais pas que la photo puisse être aussi inventive pour illustrer un texte. Elle peut, autant qu’un dessin et parfois plus, faire appel à l’imaginaire, introduire ombre et lumière entre les mots.
 
Dans d’autres maisons d’édition, il m’est arrivé de découvrir les illustrations ou la couverture une fois le livre prêt à être imprimé ou même en chemin vers les librairies. La cohérence du texte et de l’image n’était pas toujours évidente… Avec Où sont les enfants ?, l’échange  commence dès la première image de l’album. C’est une tout autre aventure !
 
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Angelle  - La classe de Mme Lampion
 
La première photo, quelle découverte, quel choc ! Le regard du photographe s’allie à la voix de l’auteur. Le texte en est conforté, reconnu et aussi mis en mouvement,  recrée, interprété.
Chacun apporte son univers et peu à peu  la rencontre s’approfondit.  Ce travail est encore en cours pour La classe de madame Lampion et Les lettres  qui piquent, deux albums en préparation avec Angelle et Séverine Thévenet. Travailler à plusieurs crée  une dynamique. Les remarques, les questions font naitre des idées neuves. Tieri Briet et les graphistes  Laure Bex ou Emilie Clerici  donnent leur point de vue, font des propositions. La confrontation permet aussi de préciser ce à quoi chacun tient vraiment. L’enjeu est d’inventer un livre à la fois proche de ce qu’on avait rêvé et tellement au-delà en même temps,  autre et surprenant,  un véritable enfant, quoi ! Une voix plus un regard, c’est déjà un visage…
 

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Severine Thevenet - Litli
 
Pour Litli l’expérience a été entièrement nouvelle pour moi. Ce n’est pas le texte qui était à l’origine du projet. Les photos de Séverine avaient déjà construit une histoire, le livre était quasiment achevé. Il s’agissait de poser  quelques mots sur quelques pages. Trouver une résonnance en moi de ces images sans dénaturer la construction ni la paraphraser,  quel travail délicat et qui aide à comprendre ce qu’ont à faire habituellement les illustrateurs ! 
 
Catherine Leblanc

12 octobre 2007

Le jour des bonnes nouvelles

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Un beau voyage - Photos d'Anne Sol - Texte de Lydia Devos
 
D'accord on tire la langue, on vit pire que des éditeurs albanais - ici on dit bouffeurs de chataignes - on compte chaque sou pour payer imprimeurs et auteurs. Mais les bonnes nouvelles arrivent, nous aident à tenir bon. La première est un projet de livre qu'une photographe nous envoie. En ouvrant le courrier le matin on en pleure. Presque. Les larmes sont là, je les retiens devant Marion, mais la beauté parfois me fait pleurer de joie.
 
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Librairie Flammarion, Beaubourg © Ryuta Amae   

Anne Sol a découvert nos livres à Beaubourg, dans cette librairie en bas remplie de livres d'art. Elle travaillait sur Un beau voyage depuis des mois, butant sur le texte, jusqu'à en demander l'écriture à celle qui fût sa prof de philo au lycée, Lydia Devos. Ensemble elles ont cherché les mots, et inventé un livre peu à peu. Le livre d'un grand voyage, comme ceux qu'accomplissent les enfants dans leurs jeux, sans sortir de leur chambre.

 
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 8h32 - Alice Sidoli & Stéphane Servant
 
Encore une bonne nouvelle ? Celle-là vient de l'Eau vive, qui fête ses 30 ans de librairie jeunesse à Avignon. Malgré les lectures, les rencontres d'auteurs, les expositions autour de cet anniversaire, on reçoit ce message hier matin, juste après Un beau voyage. 8h32 fait partie de la nouvelle liste des ouvrages de littérature jeunesse pour le cycle 2, que vient tout juste d'établir l'Education Nationale. Un livre d'Où sont les enfants ? dans les écoles, Stéphane a du mal à y croire. Les bonnes nouvelles ressemblent parfois plus à des contes qu'à la vraie vie. Mais elles aident à tenir. Tant mieux, avec les chataignes on boira du champagne.

11 octobre 2007

La cabane du dragon

 

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 Alice Sidoli - Bibliothèque de rue

La librairie Le dragon Savant est rue de La Villette, tout au nord de Paris. J'y suis allé un jour porter 8h32, il y a longtemps, l'album venait de sortir et je m'étais perdu. Pour Lire en fête, la librairie organise des ateliers pour les enfants. Des trucs incroyables où les gamins du quartier peuvent venir avec leur sac de couchage écouter des histoires toute la nuit. Pour que la littérature vienne abreuver les rêves en profondeur, avec les voix humaines pour raconter. C'est dans la cabane du dragon, juste à côté de la librairie, un lieu pour continuer l'aventure des livres et cette idée, les sacs de couchage au milieu d'une librairie, cette idée depuis dix jours m'émerveille.

Le 20 octobre, à partir de 15h, il y aura un chapiteau à l'espace piéton Fessard, juste derrière l'église Saint Jean Baptiste de Belleville. Alice Sidoli y sera, avec d'autres, pour proposer des ateliers aux gamins qui sortiront de leurs sacs de couchage, et leur montrer 8h32. 

 

07 octobre 2007

Voir Tiguida

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Tiguida et la potion magique, page 18 

 

Pour les curieux, pour les fanas, pour ceux qui vivent loin des librairies, et puis tous ceux qui auraient besoin du livre avec la vraie recette de la potion magique, on vient de mettre des pages de Tiguida en ligne. Vous pouvez allez voir par ici.

A bientôt. 

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 Tiguida et la potion magique, page 20
 
 

06 octobre 2007

Les enfants d'Helen Levitt


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  Helen Levitt - New York, 1959

    Parmi les livres que j'accumule sur la table où je travaille, je retrouve ce texte d'Hervé Guibert, qui semble répondre aux commentaires de Sophiegda.

    Paru dans le journal Le monde pour lequel il chroniquait expos et festivals photo, en 1981, il a été  réédité dans le recueil d'articles que Gallimard a publié en 1999, La photo, inéluctablement :

LES ENFANTS D'HELEN LEVITT 

    En 1940, à New York, dans les quartiers pauvres, à Harlem, dans la banlieue de Brooklyn, les enfants sont dans la rue. Ils jouent avec trois fois rien, masqués d'un morceau de papier, ils deviennent des gentlemen louches, puis ils se transforment en gangsters et en flics, ils se tuent, ils s'embrassent, ils se contorsionnent, ils se dénudent pour se doucher sous les geysers des lances à incendie, puisqu'une nouvelle loi le leur permet. Ils grimpent aux arbres comme de petits singes accrochés à la vie, ils inventent tous les drames, ils caricaturent les actions des adultes, et une femme est là pour les regarder, à distance, et pour capturer leur génie inconscient.

    En 1940, Helen Levitt a vingt-deux ans. Elle vient de découvrir la photo, à travers une exposition de Cartier-Bresson qu'elle n'a pas encore rencontré. « Mon inspiration a été Henri, raconte-t-elle. J'ai vu quelques-unes de ses photographies, dans les années trente, je ne me souviens pas où. A l'époque, je n'avais pas d'ambitions particulières, je venais d'une famille pauvre de la banlieue de Brooklyn, j'avais arrêté mes études, j'étais une drop out. D'abord, je n'ai pas compris ce que je regardais, mais j'ai réalisé l'infini des possibilités. Ses photos m'ont révélé un moyen d'être en vie. Je devais trouver mon propre chemin.

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 Helen Levitt - New York City, 1973 

    « J'ai commencé à travailler dans les quartiers pauvres, parce que là les gens vivaient leur vie dans la rue. Dans les quartiers riches, ils s'enferment dans les étages. Et, dans les quartiers d'affaires, ils courent trop vite. Je n'étais pas bonne pour le mouvement, j'étais meilleure pour les choses établies. Je m'asseyais sur les escaliers, je marchais beaucoup, seule, il y avait beaucoup à voir et beaucoup à photographier. Je n'avais pas de relations avec les gens, je restais à distance et je m'évanouissais dès que la photo était prise, vous savez comment travaille Henri.

    « Depuis, New York a beaucoup changé. Dans les années quarante, les gens ne voyaient pas l'appareil photo. Maintenant tout le monde est conscient, tout le monde possède un appareil, et c'est très difficile de prendre une photo sans se faire remarquer. Les gens vous disent : "Vous allez mettre la photo dans un magazine, vous allez m'exploiter." Dans les quartiers pauvres, à cause de la drogue, on vous prend pour un espion de la police. Les gens deviennent agressifs. Il n'y a plus que dans  les quartiers d'affaires qu'ils ne remarquent pas l'appareil, ils courent, ils n'ont le temps de rien voir.

    « Les adultes sont toujours assis ou debout. Les enfants prennent mille positions. Si j'ai eu cette attraction pour eux, ce n'est pas parce qu'ils sont mignons, comme on dit, mais parce qu'ils ne sont pas statiques. Ils ont des émotions, ils sont imaginatifs, ils jouent, et leurs relations s'inversent constamment dans le jeu, ils se masquent, ils s'assemblent par compositions.»

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Walker Evans

Children playing on the street, 1938 

    Vers la fin des années trente, Helen Levitt va trouver Walker Evans , qui a une trentaine d'années, pour lui montrer ses photographies et lui demander conseil, comme les jeunes photographes viennent maintenant la trouver. « Nous sommes devenus amis, raconte-t-elle, et j'ai passé beaucoup de temps avec lui. Il m'a appris un grand nombre de choses, mais pas spécialement en photographie, il n'était pas un professeur. L'entendre parler d'art ou de littérature à ses amis était déjà une sorte d'instruction, il ne travaillait pas beaucoup ; quand je l'ai connu, la plus grande partie de son œuvre était déjà accomplie.

    « Mais je l'ai accompagné quand il a eu l'idée de prendre des photos dans le métro. Nous étions assis l'un à côté de l'autre, et nous feignions de bavarder ; le fil du déclencheur était caché dans sa manche, il le tenait dans sa main et l'appareil pendait autour de son cou, comme une chose inactive. Maintenant, dans le métro, si vous vous asseyez en face de quelqu'un avec un appareil photo, il change aussitôt de place...»

    Aujourd'hui, Helen Levitt vit seule dans l'obscurité d'un dernier étage, pas très loin de Washington Square, dans le quartier des antiquaires. Les photos sèchent entre les pinces, prêtes à être envoyées à des collectionneurs. «Autrefois, raconte-t-elle, il n'y avait pas de marché de la photographie, et pas de pression pour ceux qui la pratiquaient. On était content quand on vendait une photo 5 dollars, mais ce n'était pas un moyen de survie.»

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Helen Levitt - New York City 

    Le chat est assoupi sur le canapé, Helen Levitt mange des graines de citrouille pour s'empêcher de fumer, elle n'aime pas parler de photographie, comme elle n'aime pas non plus les galeries de photo, dont elle a repoussé toutes les avances.

    Après de nombreuses interruptions, découragée parce qu'on lui avait volé son matériel, ou ne trouvant pas assez d'énergie pour mener de front un travail dans l'industrie cinématographique et la photographie, Helen Levitt s'est remise à prendre des photos, en couleurs, toujours des scènes de rue. Mais cette fois la couleur prend une sorte de signification émotive et humaine, et échappe au graphisme extérieur, au colorisme pur. « J'ai fait en couleurs la même chose qu'en noir et blanc, explique-t-elle, mais la couleur est plus facile. Avec elle on obtient plus de sensualité, elle donne immédiatement un matériel supplémentaire. Il y a certaines photos en couleurs que je ne prendrais pas en noir et blanc. Avec le noir et blanc, on a seulement la forme, le dessin et le sujet. »

                                                   Hervé Guibert.
 

05 octobre 2007

La vieille dame qui photographiait les enfants

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Helen Levitt - New York, 1980 
 

Si les rues de New York étaient des jardins, Helen Levitt aurait cherché ce qu'il y avait de plus intense à travers leurs allées. Et ses photos seraient remplies de fleurs. Mais les trottoirs d'East Harlem sont aussi verts que le ponton d'un porte-avion, seuls les gamins y poussent encore et c'est dans leurs visages que passe l'intensité. Alors Helen Levitt s'approche des coins où ils vont jouer, deux marches au seuil d'un immeuble, un morceau de trottoir où ils ont dessiné à la craie, et pendant 40 ans elle va s'y obstiner, tenace, certaine d'y approcher un trésor si elle apprend à ne pas effrayer. C'est dans leurs jeux sûrement que la vie passe, et dans leurs corps qu'elle viendra se montrer, elle sait tout ça d'instinct et les photos le vérifient. Son vieil instinct de femme qui court avec les loups. Alors elle y va, à la frontière des rues. C'est là qu'elle viendra prendre toutes ses images, avec dedans les yeux braqués sur elle.

 

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Helen Levitt - New York, 1940

 

Helen Levitt. Fondation Cartier-Bresson.
2, impasse Lebouis, Paris-14e.  Jusqu'au 23 décembre.