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30 juillet 2007

La fête à Juliette

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© Juliette & Wanny Armagnac, juillet 2007

Aujourd'hui lundi c'est la fête à Juliette. Elle passe ses journées dans les arbres à photographier Wanny, sa cousine. Elles cherchent les images, la matière et l'élan des images qui serviront à faire ce livre, Enfin seule. Juliette regarde et apprend, Wanny donne et échappe. C'est la fête à Juliette, elle reçoit les offrandes d'une enfant, attentive à ce qu'elle peut inventer avec elle, comme un jeu, et c'est en jouant qu'on trouve les images capables d'exploser. On l'a appris avec Petite brouette de survie.

L'important c'est donc de jouer au milieu des enfants. Sinon les livres ressemblent aux autres livres, ces milliers d'albums qu'on publie chaque année, écrits et dessinés par des adultes. Juliette le sait : nous on fabrique les livres avec les enfants. C'est peut-être bizarre, pas orthodoxe mais c'est une intuition qu'on avait en créant un comité de lecture d'enfants. Aujourd'hui on continue à l'instinct, au milieu des enfants qui ne sont plus seulement les comédiens des livres, mais les complices, les grands perturbateurs, petits instigateurs de l'aventure à travers dérives et bifurcations, tout l'imprévu qu'ils amènent.

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On leur donne une histoire, un texte d'auteur, un territoire. On leur donne aussi des objets, animaux, véhicules et lumières, autant qu'on pourra. Ils comprennent vite que la situation n'est pas normale, le grand bordel d'un seul coup est possible. Et puis on les laisse inventer, trafiquer, réécrire. Ce qu'ils amènent est impensable, inimaginé, toujours. C'est la matière de l'enfance. Je ne sais pas d'où ça vient. Les enfants ne pensent pas comme nous. Ils se fabriquent un petit monde avec une énergie très simple, assez rudimentaire et vite perdue dès qu'on est grand. Les machines à photos essayent de tout capter comme elles peuvent, malgré le flou, les tremblements et tous les monstres du hors-champ.

Alors Manu Causse est revenu chez Juliette, regarder ce qu'elles ramenaient, elle et Wanny, comme images impensées. C'est un écrivain, il n'a pas peur de réécrire, de reprendre son texte parce qu'en étant complices d'une enfant, on est obligés maintenant de tout réinventer. Maintenant on le sait. Tant pis pour nous. C'est une façon de travailler aux livres et de ne plus en sortir. C'est dangereux aussi, quand même un peu.

Alors Manu Causse réécrit tout. Obligé. Et tenu par l'instinct :

Je joue seul sous l'arbre.

Les méchants ne me trouveront jamais. Ils ont été emportés par une tornade. Ils ont disparu, ils se sont enfuis. Un animal qui m'aime est venu leur faire peur, leur dire d'arrêter, de me laisser tranquille. Les méchants pleurent et me demandent pardon, mais je suis loin maintenant.
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