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11 juillet 2007

En revenant d'Arles (la folie des photos)

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© Pascal Mirande - Icare, Guérande, Loire Atlantique, 2004.

 


C'est dans Arles, au milieu de la nuit, à moitié somnambule que j'ai compris d'un seul coup toute l'ampleur du problème : La photo rend fou. Sérieusement. Et Arles est devenue la ville de cette folie dans laquelle je marchais. Les photographes qu'on y croise sont tous des allumés de l'image, c'est impressionnant, ils vendraient leur âme, bricoleraient une vie entière pour réussir une bonne photo, la photo d'une vie, celle qu'on ne pourra contempler qu'à l'intérieur des rêves si on n'est pas foutu de venir la piéger en plein jour.

La photo rend fou et c'est une folie magnifique, qui peut vous transformer en mage halluciné ou en sdf acharné, selon ces lois mentales que la photo intègre à l'intérieur de son dédale. En deux jours et deux nuits, j'ai rencontré des fous magnifiques, des fous de l'enfance, des fous de l'origine du monde, des fous venus de l'océan des images où l'on va se noyer à minuit, et puis des fous dont les pensées se bardaient de photos hypnotiques.

Je crois qu'on n'imaginait pas pareille épidémie. Les prévisions de l'OMS étaient très en dessous du phénomène actuel : La contagion sidérante de Mireille Loup, la fièvre d'enfant de Pascal Mirande et une nouvelle pathologie d'images mentales, les photographies de Marcella Barbieri, jeune italienne venue étudier la photo à Paris. Ses photos viennent du cinéma intérieur qu'on invente en rêvant, comme si le manifeste surréaliste avait enfin trouvé son imagerie définitive. C'est venu à travers Méliès et Sarah Moon, dans une retrouvaille tremblante de la couleur au commencement. Elle n'a pas encore exposé, rien montré aux journaux, juste creusé au plus profond de l'enfance. Pas trace de ses images sur le web, pas la peine de chercher. On attend le courrier qu'elle nous envoie avec ses 17 premières photos dans l'enveloppe, on est dans l'impatience de les revoir, la petite étoile jaune dans la nuit rose et verte, l'homme à tête de cheval dont j'ai rêvé la nuit suivante. Après on vous montre, toujours dans la même impatience. Et ensuite, ensuite on fait un livre. Pour la circulation des images entre les mains des enfants.
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© Pascal Mirande, Arche refuge,
Le vent des forêts, Dompcevrin, 2000.
 
 

Commentaires

Maintenant on voudra voir, ces photos, celles de l'étudiante italienne qui prend l'écran des rêves en photo. Et ensuite, faut il attendre un album de M. Loup à Où sont lesenfants?, un autre de P. Mirande ? On voudrait bien savoir quelles merveilles on peut attendre. Après les deux albums qui viennent de sortir, on ne veut plus que ça. Des merveilles, encore des merveilles ! Et puis vous remercier.

Écrit par : Danielle Fouet | 11 juillet 2007

Allez voir à Arles les photos de Patrick Taberna, celles de Julia Fullerton-batten, il y a aussi un drôle de monde dans leur facon de voir les choses, c'est proche de vos livres que j'ai découvert aussi là-bas, chez Actes-sud

Écrit par : Carole Pieux | 11 juillet 2007

Merci du tuyau.
On ira voir oui.
On ne demande que ça, d'y retourner.
Les propositions d'hébergement sont les bienvenues...

Écrit par : tieri b. | 11 juillet 2007

< pour la circulation des images entre les mains d'enfants

alors moi, j'veux rester enfant tout le reste de ma vie d'adulte, alors !!!

Écrit par : sophiegda | 11 juillet 2007

Les photos de jetin sharma, il photographie ses enfants et vraimen c'est impressionant. a voir il est dans les rencontres aussi

Écrit par : paulo ray | 11 juillet 2007

Les commentaires sont fermés.