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04 mai 2007

Question N° 2

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Suite de l'interview : Marion : "Votre écriture semble très proche de celle des enfants, comment s'est-elle élaborée?" Stéphane : "Je me souviens : au début, je me régalais des mots. C'était comme des bonbons. Je pouvais garder le même dans la bouche toute la journée. Jusqu'à ce qu'il fonde. L'écriture, c'était le moyen de faire durer le plaisir. Mais c'était sans compter avec les salles de classe où on m'a contraint à rester bien sage dans mes pages. A suivre la ligne, à traquer la faute, à éviter la rature, à ne pas empiéter sur les marges, à décrire le monde tel qu'il est. Heureusement, plus tard, mes lectures, mes musiques, mes voyages et la pratique du conte ont réveillé en moi le cancre, celui qui attend la sonnerie de la récré en griffonant un poème maladroit sur un coin de table. Ecrire c'est rêvasser, se libérer, voyager, dévoiler la magie derrière les fils du quotidien et non pas s'enfermer dans le carcan d'une écriture figée et d'un monde sans surprises. C'est comme ça que j'ai cherché à me débarasser de l'inutile. Du superflu. De l'appliqué. De l'ampoulé. De tout ce qui peut éloigner le lecteur - et surtout l'enfant-du livre. Je cherche toujours la spontanéité, la simplicité, le plaisir primitif et magique du mot simple. Et ma poubelle contient plus de manuscrits que mon disque dur. Parce que la simplicité, contrairement aux apparences, n'admet pas d'erreur.

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