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29 avril 2007

Première question

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8h32, p.17 Pour le dossier de presse de 8h32, Marion Duquerroy a posé 3 questions à Stéphane Servant. On recopie ici la première, parce qu'on trouve la réponse vraiment trop belle : Marion : "Comment est né le projet d'écrire pour les enfants?" Stéphane : "Enfant, j'ai vécu dans les livres comme dans une maison. Les pages étaient mon refuge. Les mots un phare qui me permettait de voir plus loin. Sans les livres, j'aurais pu coucher dehors, me perdre, disparaître. Pour de vrai. Ces livres n'étaient certainement pas des chefs-d'oeuvre. Leurs auteurs n'ont jamais su que j'avais tourné leurs pages. Mais ils m'ont malgré tout aidé à me construire à cet âge où tout se construit. Bien plus tard, après bon nombre de chemins de traverse, j'ai poussé les portes d'une bibliothèque jeunesse. J'ai raconté des histoires. J'en ai inventé. Et, naturellement, j'ai commencé à en écrire. Pour le simple plaisir de dire et de partager. Comme un juste retour des choses. Avec juste l'espoir un peu fou que mes livres puissent un jour servir de parapluie, de terrain de jeux ou de cabane."

24 avril 2007

7 livres

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Jour de foire à Labastide-Murat.
 
 
Le 7ème livre d'Où sont les enfants? vient tout juste d'arriver, un jour de grand soleil. Des livres il y en avait trois palettes qu'il a fallu défaire, carton par carton, pour pouvoir les rentrer dans notre local. Et comme c'était jour de foire à Labastide-Murat, le déchargement a créé un véritable embouteillage dans le village. Les passants, venus acheter poussins et plants de tomates ont pu feuilleter 8h32 au milieu des étals.

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A partir d'aujourd'hui nous avons donc 7 livres. Un 8ème au mois de mai. Sans compter la réimpression de Petite brouette de survie, qui était épuisé depuis fin mars. Le petit local où nous travaillons se remplit peu à peu de livres qu'on empile comme on peut, entre la machine à café et les ordinateurs. Si ça continue, on sera obligés d'aller travailler dehors, dans le jardin d'en face qui appartient au curé, pour laisser toute la place aux prochains livres...

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22 avril 2007

Les enfants de Tamèrantong !

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La compagnie Tamèrantong, c'est 105 gamins aux couleurs de la terre, recrutés sans casting dans le Nord-Est parisien et dans les Yvelines pour faire du théâtre politique. Ils viennent de créer leur dernier spectacle, "Les bons, les brutes et les truands", au Café de la Danse à Paris. Défendant ardemment l'idéal des dignes chevaliers errants, armés de tongues et coiffés de shorts, ils embarquent dans des contes impossibles et hautes légendes des années 1994-2048 environ, ils relèvent des défis et gagnent toujours. Ils ont été jouer leur spectacle, "Zorro el Zapato" devant les troupes de l'EZLN au Chiapas, et nous ont transmis cette lettre à une maman de Belleville. Une de ces mamans magnifiques, directrice d'école, que Brecht appelait Mère courage.
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Salut à vous tous chevalières et chevaliers de la Tongue, Suite aux derniers incidents qui ont eu lieu à Belleville (altercation entre forces de l'ordre et parents d'élèves - garde à vue de la directrice d'école Valérie Boukoza) les enfants de Tamèrantong! se sont exprimés. Durant la pause goûter, entre deux répétitions, ils ont adressé une lettre à Valérie qui est une Mère en Tongue qu'ils connaissent bien. Un adulte en a pris note avec eux sans retoucher leurs paroles. Voici leur lettre :
 
Belleville, le 28 mars 2007
 
Chère Valérie,
On t’écrit au nom de nous tous, les Tamèrantonguiens du western électrique de Belleville. Bienvenue au club des aventures électriques parce que tu en traverses une. On est fier de toi pour ton courage. Tu es comme une résistante car tu n’as pas peur de la police. En ce moment ça va mal dans les quartiers car la police, qui devrait nous protéger, nous agresse. Cela fait peur aux enfants et aux sans papiers aussi. On t’envoie du courage pour la suite. On est avec toi, tu peux compter sur nous, on est dans ton cœur et tu es dans le notre. "Si tu as besoin d’une épaule pour t’appuyer." NON ! ça c’est dans le spectacle. Ce que tu as fait marque beaucoup notre vie car tu soutiens les sans papiers, les immigrés et tous ceux qui sont de toutes les couleurs. Tu es contre le racisme. Ce que tu as fait tout le monde devrait le faire et on espère que beaucoup de gens vont suivre ton exemple. Il y en a qui parlent trop mais toi, tu as agi avec du courage et ton cœur. Il ne faut pas que tu aies peur, tu n’es pas seule, nous sommes avec toi et tous ceux de Belleville aussi. MERCI ! ! MERCI d'être avec les habitants et les sans papiers. MERCI et BRAVO ! ! ! On t’envoie un " Wanchoui-Wanchoua !! ! ", c’est la force des guerrières et des guerriers de Tamèrantong ! et du Théâtre. Salut Valérie, nous sommes avec toi " dans ton impitoyable combat contre l’adversité! LIBEREZ VALÉRIE ! ! ! "... Bon ça, c’est encore dans le spectacle, mais ça ressemble à ton western à toi. ON T’AIME TOUS ! ! !
 
Les enfants de Tamèrantong ! : les Bons, les Brutes et les Truands. Stefen Chow, Mat-Mat, Didlina, Jeanne d’Arc, Chêpa, Tao, Philo, Mamamîa, Soucis, Marie, Sélia, Nénes, Fleur d’orange, Chispa, Ratatinator, François, Xa, Gogo, Jet Lee, Bruce Lee, Feuille de chêne, Yas, Pipelette , Morena.
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20 avril 2007

La Parenthèse à Liège

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La librairie Parenthèse, vue de l'intérieur.

 

    La Parenthèse, c'est une librairie jeunesse très loin d'ici, à Liège. Elle fait partie des librairies Sorcières et les libraires qui y travaillent sont très coriaces ! Caroline Fevry est l'une d'elles et nous l'avons rencontrée à Bruxelles, lors de la Foire du livre où elle a pris nos albums pour les présenter aux enfants et aux parents de Liège. C'était la première fois que les livres d'Où sont les enfants? avaient l'occasion d'être montrés tout là-bas, et nous voulions savoir quel accueil ils avaient pu y rencontrer. Voici la réponse de Caroline Fevry, qu'elle nous a autorisés à reproduire ici : "Vous me demandez quel écho ont eu les livres d'Où sont les enfants? dans notre librairie. Lorsque nous les avons ramenés de la foire du livre, je les ai présentés à notre équipe lors d'une réunion en expliquant aussi vos démarches. Chantal Cession (la gérante et créatrice du magasin) les a repris chez elle pour les lire et suite à cela, il a été convenu que vos livres feraient désormais partie de notre fonds. Pour l'accueil clientèle, c'est autre chose. Jusqu'à présent lorsque je proposais des livres à nos clients, j'imaginais que je défendais notre fonds, mais aussi mes coups de coeur. Ce qui est vrai, mais mes coups de coeur étaient dirigés vers des albums de littérature jeunesse classique (ex: Mon jour de chance chez L'Ecole des loisirs, Le jardin de Max et Gardénia chez Albin Michel,...). Jamais encore je ne m'étais attachée à quelque chose de "différent". Or aujourd'hui, je me rends compte que la démarche de proposition au public est très différente. Quand je propose des albums de L'Ecole des loisirs, je suis dans le classique, les clients sont peut-être agréablement étonnés devant certaines histoires mais ils restent dans le connu, dans l'attendu (une histoire et des illustrations). Ils ne sont pas habitués à voir intervenir des photos dans les livres d'histoires pour enfants, et du coup ils sont plus frileux ne serait-ce que pour feuilleter les albums. C'est là qu'intervient un vrai travail de défense et d'argumentation. Pour la première fois je me heurte à l'incompréhension et à une sorte de peur devant l'originalité et la nouveauté. Pour le moment, si je présente un de vos livres et un autre plus classique, les clients sont enthousiasmés par les deux sortes mais ils achèteront le classique. Alors il y a aussi les bibliothécaires, elles ne sont pas encore toutes passées, certaines ont acheté mais même elles, je les trouve assez fermées. C'est assez énervant surtout quand on est convaincu. Mais bon, je pense qu'il faudra un temps d'adaptation, les clients finiront par comprendre qu'on ne propose pas une nouveauté parmis tant d'autres. En revenant à la charge, ils verront que ces livres font partie intégrante de notre magasin. Ce qui est frustrant aussi, c'est que nous vendons aux parents qui pensent savoir ce qu'aiment leurs enfants, c'est assez rare que ceux-ci soient présents. Je suis sûre que c'est sur la bonne voie, nous sommes très coriaces, mais en tout cas c'est une sacrée expérience pour moi car vous êtes mon premier véritable combat !!"

19 avril 2007

Que fait-on du blanc quand la neige fond ?

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© Chantal Vey - Sans titre, Real, 2002.

 

    Bien sûr on aime les points d'interrogation, comme celui qui clôt le titre de cette expo. Et ce lieu, image/imatge
( L'imprimerie, 15, rue Aristide-Briand à Orthez ) est un lieu important puisqu'on peut y découvrir des photos qu'on ne voit pas si souvent, que ce soit celles de Gilbert Garcin, d'Alain Delorme ou de Patricia Swidzinski, et qu'image/imatge réfléchit à la manière de présenter ces photos aux enfants.

Que fait-on du blanc quand la neige fond ? est la troisième exposition que proposent la Bibliothèque municipale d'Orthez et l'association image/imatge. Elle aura lieu du 18 avril au 2 juin 2007. Les oeuvres de Christian Boltanski, Pipilotti Rist et Chantal Vey s'y regroupent autour de l'univers de l'enfance. Jeux, mises en scène et facéties sont les axes que Valérie Mazouin - commissaire associée - et Emilie Flory (image/imatge) ont souhaité aborder pour cette exposition basée sur la couleur.

Comme celle des années précédentes, cette manifestation est attentive au jeune et très jeune public. Un espace de découvertes et créations est installé au sein de l'exposition, accessible aux enfants en visite, aux groupes et aux scolaires. Alors...

Ne plus jamais oublier de danser

Trois pas de côté, un de l'autre
Sautent et frappent le sol...
les pieds sur la piste se mélangent.
Boots vernis, escarpins oranges,
Robe verte, cheveux courts,
cache-cache, pomme d'api,
Ruban violet et mains accrochées
que la lumière reste encore et encore
juste le temps d'une danse et puis d'une autre...
Mirifique...

17 avril 2007

Couleur locale

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    C'est en allant prendre notre café à l'auberge que nous avons trouvé l'article dans la Dépêche du Midi, écrit par Ria Calonius qui avait déjà publié, dans Dire Lot, un bel article pour annoncer la parution de notre premier livre, La nef des fous. Merci à elle. De plus en plus, Où sont les enfants? devient donc cette aventure collective qu'on imaginait dès l'origine. Sur la photo manque beaucoup de monde, à commencer par les auteur(e)s, les photographes, les enfants qui lisent et ceux qui jouent dans les photos des livres, les membres du comité de lecture, Magali Turquin qui est à Paris et Sandrine Bourguignon qui est à Fons, Philippe Gérard qui est à Assier et Maryvette Balcou qui est à la Réunion, Sara qui est notre fée-marraine et puis tous ceux qui nous ont apporté un coup de main pour faire chacun de ces sept livres. Un jour on la fera, cette photo où tout le monde sera là. Et puis, quitte à réunir tant de monde, on fera même une fête pour Où sont les enfants ?

16 avril 2007

L'aventure est au coin du jardin

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© Juliette ARMAGNAC pour Où sont les enfants ?
Octobre 2006

 
Mousse : Lit d'enfant. Nouveau-né, dentelle et bonne fée. Oreiller d'écureuil. Nourriture de nuage, vrai lit de rivière. Ne contient ni bruit ni souffle. Enfant-fougère silencieux. Boîte à source.
Ne jamais séparer la mousse de l'enfant.

Cathy DUTRUCH (Extrait de "Je suis au jardin" - 2004)

La preuve que certaines écritures, peut-être plus que d'autres, peuvent résonner à l'intérieur d'une image photographique. Amplification des deux sensualités. Multiplication de la poésie par l'image. Entrelacement du visuel et de l'écrit sous les yeux qui s'écarquillent et relisent, irrigués.

13 avril 2007

Zosia Zija

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©Zosia Zija


Zosia Zija vit et travaille à Varsovie, comme comédienne et photographe. Ses portraits d'enfants semblent raconter le début d'une histoire, une histoire simple et archaïque, un peu comme celles que raconte Clarissa Pinkola Estés pour guérir ses patientes.

S'il existe des blessures de l'enfance, on peut imaginer que certaines images liées au monde de la petite enfance puissent avoir, elles aussi, la capacité d'agir sur ces blessures comme un baume, un onguent dont l'effet bénéfique passerait par le regard porté chaque jour à ces images. D'anciennes médecines croyaient à la puissance opératoire des images. Elles donnaient au regard la capacité d'incorporer la puissance contenue dans l'image, et de la rendre active autant qu'une molécule agissant au contact d'autres organes. Les historiens de la médecine parlent d'images opératoires, ces dessins que le patient plaçait au contact d'une plaie, d'une fièvre ou d'une morsure venimeuse. La photographie donnant naissance à des images reproductibles, on pourrait donc imaginer l'hypothèse que certaines photos, comme celles de Josef Koudelka ou de Zosia Zija par exemple, auraient ce pouvoir de guérison collective sur nombre de regards blessés, altérés par d'anciens traumatismes qu'ils auraient partagé.

Serait-ce donner trop de pouvoir à ces photographes que d'imaginer, pour certaines de leurs images, une fonction d'ex-voto ou bien de talisman quand on sait combien de leurs photos sont punaisées au mur d'une chambre, encadrées et exposées au milieu d'une salle à manger qu'envahissent d'autres images maléfiques, comme celles de la télévision ou d'un magazine mal imprimé à des milliers d'exemplaires ? Images protectrices, fragiles, intimes, instinctives, images sommées de monter la garde face aux nuées d'images nocives que déversent, chaque jour et sous nos yeux déjà repus, la presse et la télévision.

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©Zosia Zija