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13 avril 2007

Zosia Zija

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©Zosia Zija


Zosia Zija vit et travaille à Varsovie, comme comédienne et photographe. Ses portraits d'enfants semblent raconter le début d'une histoire, une histoire simple et archaïque, un peu comme celles que raconte Clarissa Pinkola Estés pour guérir ses patientes.

S'il existe des blessures de l'enfance, on peut imaginer que certaines images liées au monde de la petite enfance puissent avoir, elles aussi, la capacité d'agir sur ces blessures comme un baume, un onguent dont l'effet bénéfique passerait par le regard porté chaque jour à ces images. D'anciennes médecines croyaient à la puissance opératoire des images. Elles donnaient au regard la capacité d'incorporer la puissance contenue dans l'image, et de la rendre active autant qu'une molécule agissant au contact d'autres organes. Les historiens de la médecine parlent d'images opératoires, ces dessins que le patient plaçait au contact d'une plaie, d'une fièvre ou d'une morsure venimeuse. La photographie donnant naissance à des images reproductibles, on pourrait donc imaginer l'hypothèse que certaines photos, comme celles de Josef Koudelka ou de Zosia Zija par exemple, auraient ce pouvoir de guérison collective sur nombre de regards blessés, altérés par d'anciens traumatismes qu'ils auraient partagé.

Serait-ce donner trop de pouvoir à ces photographes que d'imaginer, pour certaines de leurs images, une fonction d'ex-voto ou bien de talisman quand on sait combien de leurs photos sont punaisées au mur d'une chambre, encadrées et exposées au milieu d'une salle à manger qu'envahissent d'autres images maléfiques, comme celles de la télévision ou d'un magazine mal imprimé à des milliers d'exemplaires ? Images protectrices, fragiles, intimes, instinctives, images sommées de monter la garde face aux nuées d'images nocives que déversent, chaque jour et sous nos yeux déjà repus, la presse et la télévision.

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©Zosia Zija

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