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09 mars 2007

Tu existes encore

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© Patricia Baud - Terril, 2001. (photographie extraite du film "On arrive, préparez le futur !")

"Tu existes encore", c'est un album de Thierry Lenain paru chez Syros en 2005. Un poème illustré de photographies Noir et Blanc de Patricia Baud, un livre courageux pour parler de la mort sans rien éluder. A Où sont les enfants ?, on considérait ce livre comme une preuve absolue, s'il en fallait encore une, que la photo était capable de raconter la vie aux enfants, la vie et la mort, et de les raconter autrement. Comme l'écrit Thierry Lenain "Mais voilà, il ne s'en vendait plus assez, nettoyage du stock, et Tu Existes encore n'existe plus… " En découvrant cette info, j'ai repensé à cette volonté de faire exister les livres qui est à l'origine de tout travail d'édition. Comment expliquer cette décision, de retirer un livre aussi important, aussi différent, à partir du chiffre des ventes ? Comme beaucoup des albums de Thierry Lenain, ce livre est un détonateur d'émotions, et le faire disparaître de la circulation ressemble à un acte malveillant, comme s'il s'agissait de remplacer ces livres de haute densité par des ouvrages plus inoffensifs, plus aseptisés, et de participer ainsi à l'anesthésie programmée des enfants qui veulent encore lire.

medium_T.Lenain.2.jpg"Tu existes encore"était l'un des coups de cœur du site Ricochet. Ce livre, nous aurions pu le publier tant nous l'avions aimé. Voici ce qu'en écrivait Pascale Pineau pour Ricochet :  "Comment parler de la mort ? Thème douloureux que cet album aborde de façon directe dès les premières pages : « Tu es mort / mais tu existes encore ». Le propos est clair. Les photographies en noir et blanc de Patricia Baud évoquent un univers où tout glisse, se fane et se brise. La disparition est inéluctable mais rien ne disparaît vraiment. Emouvants, les clichés qui accompagnent le poème de Thierry Lenain donnent vie à une voix silencieuse qui délivre un message d’espoir. Images floues pour dire les visages qui disparaissent, face à demi cachée pour indiquer l’existence d’un monde secret et aussi présence de mains qui se touchent , montrent l’avenir et la continuité. Des mains jeunes prises dans une situation qui exprime surtout l’amitié et le partage. Côté texte qui appuie et éclaire les images, il y a un leitmotiv qui place la vie au-dessus de la mort. Le narrateur est anonyme, le disparu aussi, peu importe. Là ne réside pas l’essentiel. Langage de la lumière, des ombres et des reflets pour évoquer l’invisible secret de l’existence. Un beau livre marqué par la grisaille de la réalité, qui a la couleur de la mémoire et la magie des promesses."

Alors comment faire pour empêcher qu'un livre disparaisse?
Le rééditer ? Chiche !

Commentaires

Beaucoup d'éditeurs ne sont que des marchands, l'oeil rivé en permanence aux chiffres des ventes. De la part de Syros, c'est étonnant d'apprendre qu'ils ont rallié cette catégorie. Marchands de phrases, marchands d'images, tant pis pour eux si c'est pour le profit qu'ils travaillent. La littérature ira voir ailleurs !!!

Écrit par : Alexandre Rivelle | 09 mars 2007

Savez-vous que Syros a été racheté par Vivendi, puis par Nathan et donc Editis ? Ceci explique cela. Françoise Mateu a d'ailleurs quitté la maison qui ressemble maintenant à une coquille vide. Les livres comme ceux de T. Lenain vont être évacués un par un.

Écrit par : Jean-Patrice Berg | 09 mars 2007

Intéressant ! Il faudrait se renseigner mieux sur qui se cache derrière les maisons d'édition. Pour moi, Syros était partenaire d'Amnesty, et j'avais une autre image de leur travail. Merci pour ces infos...

Écrit par : Madeline Erandio | 09 mars 2007

Syros a une histoire. Ceux qui l'ont racheté s'en foutent. Pour Editis c'est une machine à fric. Le reste ils le foutront à la poubelle.

Écrit par : Chen Zen | 09 mars 2007

Syros a une histoire. Ceux qui l'ont racheté s'en foutent. Pour Editis c'est une machine à fric. Le reste ils le foutront à la poubelle.

Écrit par : Chen Zen | 09 mars 2007

Le constat effectivement de ces éditeurs qui ne remplissent pas leur rôle est inquiétant. Il me semble que votre rôle à vous, comme vous le suggérez, serait de rééditer un tel livre.

Écrit par : FRÉDERIC GUEGUEN | 09 mars 2007

Les commentaires sont fermés.