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26 février 2007

TAPATOUVU !

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© Philip-Lorca diCorcia - Story book Life - Skopelos, 1993

Une collection pour les plus petits ? On y travaille. Un moment déjà que ça cogitait. Maintenant on y va ! Cela s'appellera "TAPATOUVU !", une collection dirigée par Magali Turquin.

Toute littérature et toute poésie sont « palpitantes du palpitement même du monde », pour reprendre l’expression d’Aimé Césaire.

Aux toutes premières années de l’enfance, les petits vont découvrir que le monde a une peau, une peau sensible et changeante qui, partout sous leurs yeux, palpite et respire. Le monde est vivant, sa peau résonne et vibre. C’est là, en plein milieu du monde, que les yeux des plus jeunes enfants veulent tout voir : le grain de chaque pierre, la chair de chaque fruit, la matière de chaque maison, la couleur de l’eau et la profondeur du feu. Et s’il existe un seul langage capable de restituer toutes ces sensations aux plus petits, ce sera la photographie, ce regard perpétuel qui va là où vont tous les yeux des enfants.

Les albums de la collection « TAPATOUVU ! » racontent une histoire. Une histoire faite d’images photographiques, de phrases simples pour apprendre à mieux imaginer à travers ce qu’on voit.

(Où sont les enfants ? - février 2007)

23 février 2007

Jouer avec le feu

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© Philip-Lorca diCorcia - DeBruce

Des émeutes ont lieu en France. Les journaux n'en parlent pas. Le mot d'ordre semble avoir été donné de faire silence, comme pour étouffer le feu qui continue de couver, comme s'il s'agissait d'une menace pour la vacuité des débats liés aux Présidentielles. Pourtant, les arrestations se multiplient. Parmi ceux qu'on arrête, la proportion d'enfants ne cesse de grandir. Des enfants plus nombreux, plus jeunes aussi.

Fin 2005, 577 mineurs avaient été présentés aux juges pour enfants à la suite des émeutes. En 2007, aucun chiffre n'a encore été publié, mais les arrestations continuent.

22 février 2007

La différence des sexes

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© Philip-Lorca diCorcia - Story book life - DeBruce, 1999.

Comme son nom l'indique, Lab-elle est un label créé pour désigner, dans le flot des livres édités pour les enfants, les quelques "albums attentifs aux potentiels féminins". Brigitte Praplan, de l' Institut suisse Jeunesse et Médias AROLE, vient de nous contacter pour nous dire que deux de nos albums, Melle Zazie et les femmes nues et Amour à gogo avaient retenu toute leur attention. Tant mieux! Mais j'ai voulu en savoir plus sur ce lab-elle et j'ai trouvé la démarche plutôt passionnante, vraiment, mais du même coup très inquiétante : "Lab-elle – laboratoire pour elle - est né en automne 2006 d’une initiative de deux chercheuses genevoises en Sciences sociales – Anne Dafflon Novelle et Christine Keim - et de notre équipe - l’ Institut suisse Jeunesse et Médias et Jeunesse et Médias AROLE (Association suisse francophone de littérature pour l’enfance et la jeunesse).

Lab-elle vise à mettre en évidence les albums attentifs aux potentiels féminins. En effet, des recherches récentes soulignent que de nombreux albums véhiculent des clichés sexistes, notamment du côté féminin: quantitativement, les héroïnes sont nettement moins nombreuses que les héros, alors que, qualitativement, les personnages de sexe féminin sont souvent représentés de manière stéréotypée. Dans ce contexte, lab-elle cherche à attirer l'attention sur des livres qui décrivent de manière positive et valorisée le féminin, soit à travers des personnages de sexe féminin, soit en témoignant d'une ouverture d'esprit vis-à-vis des activités associées aux filles et aux garçons."


Et d'un seul coup j'en deviens inquiet, très inquiet même : Des albums pour enfants qui véhiculent des clichés sexistes ? Malheur de malheur ! Je regarde la pile de livres posés sur ma table et je commence à m'interroger. Thierry Lenain et Maryvette Balcou, les auteurs des deux livres qui semblent intéresser Lab-elle, sont tous les deux particulièrement sensibles à ces questions. C'est une problématique qui revient à travers plusieurs de leurs albums, et ce choix n'advient pas par hasard. Mais qui sont ces auteurs, ces éditeurs qui "véhiculent des clichés sexistes"? Comment vivent-ils leur relation à l'autre sexe, à leurs enfants, aux professionnels qui les lisent ? De quel monde se font-ils les propagandistes ? La question me turlupine sérieusement. En attendant, vous pouvez aller découvrir & soutenir la démarche de Lab-elle sur leur site, en cliquant ici.

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© William Eggleston - Boy in the red cardigan, 1971

Le chemin des livres

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© Nan Goldin - Isabella as a Ghost, St. Remy, France

Pour rencontrer les enfants qui les liront, les livres suivent quantité de chemins, des chemins de traverse et parfois de véritables autoroutes.

Le chemin de traverse, c'est par exemple Catherine Favergeat et son association La Boîte à Malice , qui part de temps en temps lire Petite brouette de survie dans les écoles et les bibiliothèques autour d'Oloron Sainte-Marie.
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Les routes à grande vitesse, ce sont les deux prix pour lesquels nos livres viennent d'être sélectionnés. Les deux nous font plaisir, bien sûr, parce qu'ils amènent les livres entre les mains des gamins. Ainsi Petite brouette de survie vient d'être choisi pour le Prix premiers lecteurs , et servira au sein d'ateliers scolaires créés, au sein de 700 classes de CP, pour accompagner de petits groupes d'enfants en difficulté de lecture.

De son côté, Amour à Gogo vient d'être sélectionné pour le Prix Chronos Vacances 2007 , et sera lu par un jury composé de lecteurs de classes de maternelle, de primaire, de collège, de lycée, mais aussi d'enfants et de jeunes fréquentant les bibliothèques et d'adultes de tous âges. Ce prix veut sensibiliser les lecteurs à la découverte du parcours de vie, de la naissance à la mort, aux relations entre les générations, à la transmission du savoir, c'est-à-dire :

"Grandir, c'est Vieillir ; Vieillir, c'est Grandir"

Les Prix Chronos, décernés depuis 1996, veulent permettre à des personnes de tous âges de réfléchir sur la valeur des étapes du parcours de vie.
Primer les meilleurs albums et romans traitant des relations entre les générations, de la vieillesse...
Développer le goût de la lecture chez les jeunes et la découverte de la langue française chez les jurés étrangers.
Promouvoir et favoriser la rédaction et l’illustration d’ouvrages sur cette thématique.
Encourager les éditeurs à publier des ouvrages sur le sujet.
Éduquer à la citoyenneté grâce au vote individuel.

Et nous, c'est un programme qui nous va !

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Amour à gogo, page 8 - Photo Chrystelle Aguilar - Mise en page Laure Bex

18 février 2007

Un nounours au Turkestan

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Enfant cavalier, Turkestan russe ©Thècle de Bardin

Thècle de Bardin est une baroudeuse, catégorie Bruce Chatwin ou J.M.G. Le Clézio. Elle parcourt le Turkestan, le Kirghizstan avec son side-car et son nounours, photographie la mer d'Aral et les enfants croisés tout au long du périple. Samedi, elle débarquait à la gare de Gourdon pour qu'on réfléchisse ensemble à un projet de livre. Elle a des milliers de photos, l'envie de raconter ses voyages aux gamins à l'aide d'un nounours acheté à Tachkent, peluche multicolore qu'elle ballade comme passager de son side-car, complice loufoque pour repartir en vadrouille, un outil aussi pour provoquer la rencontre. Les photos qu'elle ramène et nous montre, aventures d'un nounours sur les anciennes routes de la soie, racontent aussi des enfants différents, des enfants travailleurs, leurs vies nomades aux frontières de la Chine. On boit du café en regardant les images, en imaginant avec Laure un livre capable de raconter l'aventure, la vie différente, le nomadisme aussi. Un livre de gitans, un livre Fluxus, un livre avec plusieurs fleuves et le vent en plein milieu des pages.

Un livre pour aventurer les enfants.

Comment s'y prendre pour inventer des livres pareils ? On essaye juste d'imaginer. Comment naissaient, dans les années 60, les livres que Dominique Darbois inventait pour Fernand Nathan ? Peut-être aussi de cette envie d'aller rencontrer d'autres enfants. De cette envie de raconter, aux enfants d'ici, les vies différentes des enfants de là-bas. Thècle de Bardin semble avoir hérité, elle aussi de cette envie très spéciale, et trépigner à l'idée de repartir encore arpenter ces lieux où l'Eurasie s'invente, celle de Joseph Beuys et de Name June Paik.

Une expo de ses photos de voyage se tient à Paris pendant tout le mois de février 2007, au Zango, 58 rue Daguerre, Paris 14.

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Nomades Kazakhs © Thècle de Bardin

15 février 2007

Le temps des enfants

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©Alice Sidoli - collectif BasoH

Le temps nouveau est le temps des enfants

Pendant des siècles, la mentalité des enfants n'a pas changé sensiblement. Elle est restée le reflet d'une lutte de pouvoir : devenir grand pour échapper aux brimades et en infliger aux plus faibles. C'est ce qu'on nommait la cruauté de l'enfance.

En quelques années, elle s'est mise soudain à évoluer. Ce fut d'abord un certain désarroi, un refus de vieillir et de s'intégrer au monde absurde et odieux des adultes. Comme ce monde-là se donnait sans réplique pour le seul possible, un certain goût de la mort traduisit le désenchantement d'une démarche sans issue. Puis s'affirma la résolution de grandir autrement, de devenir un homme qui porte les fruits d'une enfance heureuse, non le bois stérile de sa négation. Exclu d'une histoire faite dans le mépris de la nature et de l'humain, l'enfant y entre le temps d'en tourner la dernière page, de claquer la porte sur l'archaïsme d'une civilisation qui, en somme, n'intéresse plus personne.

Sa présence a suffi pour porter au moulin de l'opinion publique de nouvelles banalités qui feront farine. L'enfant n'est pas né pour produire mais pour recréer la vie qui l'a créé. Il naît dans la gratuité de l'amour et la gratuité de l'amour est le fondement de son apprentissage, car il n'est plus vrai que la main, pour utiliser habilement un outil, doive désapprendre à caresser et à jouer, comme il n'est plus vrai qu'apprendre à vivre soit apprendre à souffrir, à se mutiler, à se sacrifier, à se décarcasser, ni que l'affection doive se prostituer en marchandage de famille, d'école, de société pour s'étonner ensuite que les petits instruits fassent de bien grands tourmentés.

A ceux qui se mettent aujourd'hui à étudier sa paradoxale nouveauté, il est presque utile de le rappeler : l'enfant n'est pas issu d'une autre planète, il porte en gestation une planète radicalement autre.

Etudier le comportement de l'embryon et du bébé ne prendra sa véritable importance que dans un projet plus vaste, dans une volonté de restaurer la spécificité de l'enfant, d'empêcher que sévisse plus longtemps l'entreprise de dénaturation qui le détruit comme elle détruit la terre entière.

En l'enfant comme en ce qui subsiste de flore et de faune bat le coeur d'une vie sans partage. Dans la rumeur de mort qui rythme la progression de la planète vers son économie définitive, il tient au salut de chacun qu'une telle musique nous ensorcelle.
Raoul Vaneigem, Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire, Chapitre 4.

Raoul Vaneigem vit retiré dans la campagne belge qui l’a vu naître. C’est dans ce repaire qu’il écrit. Et quand il n’écrit pas, il se promène, contemple son jardin, échange avec son voisin des livres contre des légumes, relit ses classiques (Nietzsche, Marx, Shakespeare, Montaigne, Fourier, Kafka), écoute beaucoup de musique, dont il dit avoir besoin : il se dit mélomane « jusqu’à Schubert ».

14 février 2007

Les photos d'Alice

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Alice Sidoli aime bien regarder le monde à travers son appareil photo. Mais pas la peine d'aller au bout du monde pour faire des photos : au coin de la rue, il se passe tant de choses qu'on ne regarde plus ! Clic-clac : des gens sans maison, des gens différents, des gens comme toi et moi, des gens autrement... Clic-clac : il y a aussi les enfants, leurs jeux, leurs joies et leurs peines. Et des fois ça fait des photos dans le journal. Et des fois ça fait des livres... Clic-clac : c'est sûr, les photos, ça fait plein d'histoires à raconter.
Stéphane Servant

Alice Sidoli est membre du collectif BASOH. Elle a réalisé les photos de 8h32 aux Editions Où sont les enfants ? et de Primitifs en position d'entraver aux Editions de l'Amourier
Pour voir d'autres images d'Alice Sidoli, c'est par ici.

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12 février 2007

Enfants citoyens de demain

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Même s'il est de plus en plus obsédé par le spectre de sarko, Thierry Lenain est toujours aussi actif sur le net. Il a créé un forum autour de la parution de Melle Zazie et les femmes nues, dans lequel les discussions n'ont pas manqué d'être vives ou au moins passionnées. Ce site est consultable ici. Nous en recopions le dernier commentaire, posté par Jessica Blanc, marionnettiste, ce dimanche 11 février :

"Bonjour à tous. Je connais Thierry Lenain depuis un ptit moment (Dis donc, ça fait 8 ans maintenant). Je viens de découvrir son site, et virtuelement, ce livre. La plupart des livres de Thierry Lenain sont des vrais coup de coeur pour moi. Et celui-ci ne fait pas exception. Il dit tout fort ce que j'ai pu resentir comme gêne ou malaise, en étant petite face à ses femmes nues. J'étais pas aidée par ma mère sûrement, pour qui le sexe était sale, les choses du corps, un tabou. Mais ces images là n'avaient rien de libérateur pour autant. C'était comme une autre sorte d'enfermement du corps, une façon de le limiter, de le réduire. Aujourd'hui, je suis maman, d'une petite fille et d'un garçon. Et j'ai bien envie de trouver "Zazie et les femmes nues" en librairie, pour leur faire partager. J'aime ces livres qui, après, permettent de discuter.
Je suis marionnettiste. Mon métier à moi aussi c'est de raconter des histoires, de produire des images; je suis femme de photographe aussi. Et à vrai dire, j'étais surprise par ces critiques. J'aime ces images et je les trouve très libres. Elles me laissent libre. Ces enfants qui s'amusent, je les trouve plus vrais comme ça. Je crois que ces histoires de filles - garçons, y a un âge où c'est important de s'amuser avec. Les enfants ont besoin de ça. Et j'crois, qu'au contraire, ils se reconnaîtront dans les enfants.
J'aime ce coté "féministe" mais comme je crois au "féminisme mixte" c'est un superbe livre pour aborder le sujet avec les filles et les garçons. (Et je pense que les garçons aussi souffrent de certaines représentations de la "virilité"). Quand on a parlé de "raccolage passif", on est plusieurs qui aurions aimé que Mr Sarko l'applique à la pub, plutôt que de chasser les prostituées. Mais c'est comme si ce raccolage passif là n'existait pas, alors qu'il est bien plus présent, omniprésent.
J'aime aussi le coté citoyen, c'est la démarche des anti-pub. Reconquérir l'espace public, par la liberté d'expression. Une démarche citoyenne, mais pas permise par cette société. Alors vivent tous ceux, qui nous aident à rester ou devenir libres dans nos têtes, à apprendre à nos enfants, que les citoyens de demain, c'est eux. Et qu'ils peuvent réagir. Merci encore à ces deux artistes."

Jessica Blanc.

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© Alice Sidoli / Basoh

10 février 2007

Les lois pédophiles du Baby marketing

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En France, un enfant reçoit 20 000 messages publicitaires chaque année, et 40 000 aux Etats-Unis. Si le dressage des êtres humains est une tradition dont, hormis Michel Foucault et Patrick Champagne, l'histoire n'a pas encore vraiment été écrite, les techniques de ce dressage, elles, ont été récupérées et développées par les publicitaires.

Ainsi l'univers mental d'un enfant est-il violé 20 000 fois par an. Je dis violé parce que les publicitaires jouent avec le fonctionnement affectif et imaginaire des gamins. Aujourd'hui, on enseigne le "baby marketing", comme l'une de ces techniques fabuleuses du marketing situationnel : medium_117405401_6p.2.jpg"Le retour sur investissement est énorme," explique Hélène Huteau, journaliste à Stratégies. Dans les écoles de communication où s'est formée une nouvelle génération de publicitaires, on étudie donc aujourd'hui le dessin animé et la littérature jeunesse, pour comprendre mieux comment coloniser en profondeur la pensée et l'inconscient de l'enfant. C'est ce que j'ai pu comprendre en étant invité dans une de ces écoles, pour raconter les rapports de l'enfant avec la photographie. Inutile de préciser que j'ai décliné l'invitation par un courrier un peu énervé. Pourtant, aucun de ces violeurs d'enfants d'un nouveau genre n'a encore été inquiété par la justice.

Sur le site de BabyAdgency, on explique aux annonceurs que "la naissance d'un enfant génère une frénésie d'achats qui se portent sur tous les secteurs." Bonne nouvelle, mais comment faire ? Alors c'est expliqué sur le site : "Recrutez une clientèle surconsommatrice de 2 300 000 foyers en pratiquant le baby marketing, et en utilisant le savoir-faire de BabyAdgency."

Et la stratégie BabyAdgency est implacable. Les enfants n'ont aucune chance d'y échapper, et les parents n'y songent même pas. Le piège qu'on leur fabrique est une nasse qui s'étend de l'école à la maison, du gymnase aux salles de cinéma, une nasse aux dimensions d'une société marchande où on leur gave le cerveau comme s'il était devenu extensible. Ce n'est plus de la chair à canon qu'enfantent les mères, mais de la chair à pubs, c'est plus joli et ça sent bon.

Anne Krupicka, enseignante au Centre européen des produits de l’enfant, écrit dans L’enfant consommateur : « Comprendre comment se forment les préférences de l’enfant pour certaines marques est d’autant plus important que ces dernières vont durablement structurer ses choix de consommation. » Si les chercheurs en marketing travaillent à comprendre les mécaniques du désir chez l'enfant, c'est seulement pour les falsifier, les détourner au profit d'un produit qui va ensuite proliférer, devenir un enjeu dans sa vie. Cela s'appelle aussi bien violer la conscience d'un être sous influence. Mais en France, en Europe (Suède exceptée), cela n'est pas encore un crime.

Le 24 mai 2007, jour de mon anniversaire, BabyAdgency organisera un séminaire de propagande publicitaire. Leurs complices y seront Suzanne Goirand, directrice de Classes Junior, cabinet de marketing spécialisé en produits et services pour l'enfant ; Stéphane Barthélémy, président d'Adress Company, spécialiste des fichiers postaux, téléphoniques et e-mail de jeunes parents ; Stéphane Moullé-Berteaux, directeur commercial du groupe Bleucom, leader de la presse prénatale ; Amalric Poncet, directeur général de magicmaman.com, site leader sur la cible des futures et jeunes mamans et Christophe Cassagne, Gérant de Cdclik, spécialiste de la cible des professionnels de l'enfance.

Inscrivez-vous, vous y apprendrez l'évolution de l'image de l'enfant, de la mère et du père dans la communication parentale, l'univers des supports media et hors-media dédiés à la cible des futurs et des jeunes parents, les 24 Erreurs de communication à éviter, les 18 Lois de la Communication maternelle de BabyAdgency, les différents fichiers de futurs et jeunes parents, l'utilisation des circuits de prescription (sages-femmes, puéricultrices, gynécologues, pédiatres), l'utilisation d'Internet pour toucher les jeunes familles, les 7 séquences d'une opération type de communication maternelle.

Passionnant, non ?
Inscrivez-vous vite : Frais d'inscription par participant : 850 € HT (+ TVA 19,6 %) soit 1016,60 € TTC. Soit un mois de salaire minimum pour une journée de formation, deux mois et demi de RMI mais mieux vaut le savoir, il n'y aura pas de tarif réduit accordé. Mais ce sera le jour de mon anniversaire, au diable l'avarice si l'on peut y apprendre tant de choses sur la manière de vendre n'importe quoi aux enfants...

09 février 2007

Mauvais rêve

Connaissez-vous la collection Autres Mondes chez Mango ?
Des romans S.F. pour ados, traitant de thèmes plutôt passionnants.
Denis Guiot dirige cette collection, et vient d'adresser la lettre suivante à ses auteurs comme à ses amis. Spécialiste de la S.F. pour la jeunesse,Denis Guiot a d'abord dirigé la collection Vertige Science-Fiction pour Hachette Jeunesse, avant de travailler pour Mango, qui appartient aujourd'hui à Fleurus. Ce qui se passe ici est la parfaite illustration de ce pouvoir que prennent les actionnaires au sein des maisons d'édition dont ils investissent le capital. Pas même besoin d'une décision au sein du Conseil d'Administration, puisque les responsables éditoriaux baissent l'échine avant même qu'on ne leur demande.

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Couverture de Mauvais rêve,
un roman de Christian Léourier édité chez Mango




Communiqué aux amis d' "Autres Mondes"

(Le jour où Charlie Hebdo passe en jugement pour les caricatures de Mahomet, le télescopage ne manque pas de sens.)

"Bonjour la tribu "Autres Mondes".
La belle aventure est en train de se terminer.
Christophe Savouré, responsable éditorial de Fleurus et Mango Jeunesse m'a téléphoné pour m'annoncer qu'il refusait de publier le prochain roman de Nathalie Le Gendre "Les Orphelins de Naja" (la parution était prévue pour mai).
La raison : le roman de Nathalie dénonçait certaines pratiques pédophiles au sein d'une Eglise du futur sur une planète nouvellement colonisée. Et Christophe Savouré a été très clair : il ne veut pas d'emmerdes avec les actionnaires.
C'est vrai que dans une collection publiée par Fleurus, ça ferait désordre...
Vous comprenez bien qu'il ne m'est plus possible de travailler dans une maison d'édition qui pratique la censure. C'est toute l'orientation de la collection, son esprit qui sont ainsi remis en cause.
Je me refuse à ce qu'"Autres Mondes" soit dénaturé.
Donc voilà.
Je tenais à ce que vous en soyez le plus rapidement informés
Bises à tous

Denis Guiot
PS : bien entendu, on se tient au courant de "la suite des évènements"