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14 janvier 2007

Where are the children (W.A.T.CH)

medium_Adriana_Portillo.2.jpgOù sont les enfants ?

Quand Adriana Portillo est arrivée chez son père, à Guatemala City, il y avait des militaires partout. Ils lui dirent que son père et sa belle-mère étaient certainement partis avec ses deux petites filles, Rosaura et Glenda. Dans la maison, les soldats étaient occupés à laver le sol. L’armée annonça par la suite qu’elle avait découvert une cache de la guérilla communiste, bourrée d’armes et d’explosifs, mais que les criminels avaient eu le temps de s’enfuir. Cependant, des témoins avaient vu la police arrêter le père d’Adriana sur son lieu de travail tandis que sa belle-mère, ses filles et d’autres proches étaient enlevés par les militaires. Cela se passait en septembre 1981. Adriana Portillo n’a pas eu de nouvelles de ses enfants et de ses parents depuis cette date. Aujourd’hui, au siège des Nations Unies à Genève, elle demande au gouvernement guatémaltèque d’ouvrir enfin une enquête sur les disparitions.

Adriana Portillo vit à présent aux Etats-Unis où elle a fondé l’association « Where Are The Children » (WATCH) dont l’objectif est de faire la lumière sur les 6 000 enfants que la police et l’armée du Guatemala ont fait disparaître au cours des années quatre-vingts. Au total, plus de 200 000 personnes auraient été victimes de ces pratiques dont l’objectif était de semer la peur et l’incertitude dans les esprits afin de décourager toute forme de rébellion. Avec la fin de la guerre civile, en 1996, l’espoir revint d’obtenir justice mais, jusqu'à présent, l’impunité prévaut dans ce pays laminé par plus de trente années d’horreurs et de génocide des populations indigènes. Les membres de la commission d’enquête mise en place par l’Eglise catholique font l’objet d’intimidations constantes. En 1998, l’évêque Juan Gerardi fut même assassiné juste après avoir rendu public son rapport sur les violations des droits de l’homme commises durant la guerre. Pourtant, Adriana Portillo garde l’espoir : si ses parents ont certainement été assassinés, ses filles ont pu être épargnées du fait de leur âge et vivent sans doute quelque part actuellement : certains enfants ont, en effet, été élevés par des militaires guatémaltèques et d’autres ont été adoptés à l’étranger...

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