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23 octobre 2006

Les Zenfants de Zazie

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Laure et moi avions rendez-vous avec les enfants de Zazie ce samedi, à la bibliothèque de Souillac. Nous voulions leur montrer la maquette du livre avant de l'expédier chez l'imprimeur, et puis leur offrir Amour à gogo ainsi qu'un petit album de photos-souvenirs des quelques jours passés ensemble cet été, avec Magali et Marie-Magdeleine. Les parents et les petits frères et sœurs étaient venus eux aussi, curieux, attentifs quand la maman de Paikan a lu à voix haute la nouvelle version du texte de Thierry Lenain. Bien sûr, Oriane a mis un moment à s'habituer à cette chevelure couleur du ciel, mais tous les yeux sont restés rivés un moment aux images de Magali. On l'a dit, c'est un livre acidulé et espiègle. Les enfants sont d'accord. Un livre qui leur ressemble. T.B.

11 octobre 2006

Petite critique littéraire enfantine

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La rentrée littéraire enfantine est magnifique. Les albums pour les enfants sont nombreux; malgré certaines modes, les styles d’histoires et d’illustrations sont extrêmement variés. Il est intéressant de quitter les rayons les plus grand public pour explorer les créations originales des éditeurs, qu’ils soient indépendants ou aient pignon sur rue.


Cette rentrée voit sortir Amour à gogo, un nouvel album des Editions Où sont les enfants ?

Le concept de cette petite maison d’édition est d’illustrer des textes par des photographies.

Cela avait été déjà fait, au début des années 1980 : Bim, le petit âne, Crin Blanc. Ce choix met l’enfant face à un monde étrangement réel... On a l’impression brutale d’être éclaboussé par la fraîcheur de l’enfance quand on plonge dans ces livres.


Critique littéraire

L’histoire raconte la douleur d’un enfant qui voit sa maman se séparer de son compagnon ; et les joies offertes par les grands-parents qui font de leur mieux pour consoler leur petit-fils et leur fille. Un texte simple et direct, qui use de métaphores fines pour décrire la souffrance et le bonheur affectifs. Et pour expliquer les larmes qui montent tout d’un coup, en voyant deux pauvres escargots écrasés : « Personne n’aime voir ce qui s’est cassé en mille morceaux. »


Critique photographique

L’étrangeté des photos de Amour à gogo, c’est que leur cadrage leur donne deux centres : là où se passe l’action, et un autre centre, une feuille, un vide, un bourgeon, qui, comme une question, empêche de se faire une idée trop facile de l’image. Elles sont assez belles, sans être esthétisantes ; toujours vivantes. On sent parfois la retouche...

L’image la plus puissante, c’est celle du visage de la maman, qui s’épanouit enfin quand elle reçoit de la pluie et éclate de rire. Les visages sont vrais : l’enfant et les adultes n’ont manifestement pas été choisis pour correspondre à la mode, mais parce qu’ils étaient expressifs, et contenaient leur beauté propre, faite de vie et de choix intérieurs.


Critique typographique

Comme dans les autres livres de cet éditeur, les photos prennent toute la page, et le texte est « posé » sur la photo. Ne vaudrait-il pas mieux réduire les photos et laisser un encadré pour le texte ? La lecture en serait facilitée.


Critique éditoriale

Amour à gogo est le cinquième livre des Editions Où sont les enfants, dont le credo est : « Les enfants regardent le monde. Donnons-leur des livres qui ne baissent pas les yeux. » Les livres, effectivement, ne baissent pas les yeux : pas de guimauve ; pas de facilités pour contourner les questions des enfants.

Il paraît que le comité de lecture de Où sont les enfants ? est composé d’enfants.

Alors émergent des questions, face à cette démarche radicale.

Un enfant peut-il être un styliste, un éditeur ?

Les livres pour les enfants doivent-ils se tordre pour leur plaire ? Ne devraient-ils pas amener les enfants quelque part où ils n’auraient pas eux-mêmes l’idée d’aller ?

Un comité de lecture enfantin peut-il être réellement libre ?

La question est ouverte. Elle interroge, au-delà de la littérature enfantine, notre rapport à l’enfance, à la culture, à l’éducation, à la liberté.

Sur leur blog, les Editions Où sont les enfants ? expliquent qu’elles créent des livres intenses pour « pour indiquer [à l’enfant] qu’il y a encore des aventures à mener, des émerveillements à éprouver et des révoltes à vivre jusqu’au bout de l’enfance ». Mais au bout de quelle enfance ? Celle des enfants ? Où celle qu’on regrette, qu’on idéalise et qu’on réinvente ? Eternel paradoxe des adultes qui abordent le monde mystérieux, désormais inaccessible, de l’enfance.


Il n’est pas nécessaire d’avoir des enfants pour s’intéresser à leurs livres. Les livres pour enfants, en initiant à la lecture, au rêve, à la pensée, à la société, construisent la vision des adultes de demain. Il est étrange que nous les lisions si peu. Où sont les adultes ?

Edith de Cornulier-Lucinière
Article paru sur Agora Vox
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=14061

LES PRUNELLES D'ANGELLE

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7 d'un coup
(série 18 #2)
Photographie d'Angelle

Angelle fait des photos tous les jours. Elle les publie sur des sites comme "Les prunelles d'Angelle", sur http://les.prunelles.free.fr/

Ce qui nous fascine dans ses images, c'est qu'elles contiennent toutes le germe d'une histoire. Comme si le désir d'un récit en train de naître était lié à chaque fois au désir de photographier. Quelquefois, les images sont effectivement organisées en séquences et, sans aucun texte, racontent bel et bien une histoire. C'est le cas pour la série "7 d'un coup", dont cette image est extraite. C'est le cas pour d'autres séries, comme "Feux de croisement" ou "Duologue", qui explorent jusqu'à ses limites la capacité qu'ont les images de générer un récit.

Il y a dans ce travail photographique une maîtrise d'œuvre, une vision d'ensemble capable d'assumer entièrement la charge littéraire des images, une capacité qui d'habitude n'est pas contenue dans la façon qu'ont les photographes de produire leurs images. Et pour le montrer, mieux vaut laisser parler les images d'Angelle.
Les trois photos ci-dessous constituent la "Petite série #6". Non seulement elles décrivent quelque chose qui ressurgit de l'enfance, mais elles en font le récit, sans besoin d'aucun mot. Il suffit de regarder :

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Ces trois images pourraient être au cœur d'un livre pour enfants. Elles ont ce pouvoir de raconter à l'enfant ce passage inquiétant et fascinant de la veille au sommeil, elles racontent l'endormissement et l'attrait qu'ont les rêves à la fin d'une journée. Et surtout, elles répondent à cette bêtise qu'on rencontre tous les jours, quand on entend rabâcher ici et là que la photo serait trop réaliste pour l'imaginaire des enfants.

Antonin Quetal

10 octobre 2006

La couve de Zazie

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La couverture de Zazie est presque prête. Le livre de Thierry Lenain et Magali Schmitzler doit partir bientôt à l'imprimerie, et sera là pour le Salon de Montreuil.
Samedi 21 octobre, nous rencontrerons Avoutra, Guillaume, Oriane, Paikan, Salomé et Vincent, les six enfants du livre à la bibliothèque de Souillac. Ils découvriront la maquette et ce sera l'occasion de parler de la suite à donner à notre aventure.

05 octobre 2006

La Clef des songes à Quissac

medium_enfant-mais.jpg La clé des songes est une librairie de village, créée en juillet 2005 à Quissac, dans les Cévennes. Nous avions rencontré Valentine Sagnes l'an dernier, sur le chemin de Nîmes. A 26 ans, elle venait de créer sa librairie et avait pris nos livres, curieuse, avec l'envie de sortir des sentiers battus. Et parce que nous habitons un département très rural où les vraies librairies se comptent sur les doigts d'une seule main, le fait de croiser une librairie indépendante et fière de l'être au milieu d'un village, nous donne envie de croire que la pensée et la littérature peuvent encore se nicher jusqu'au bout du monde. Tant mieux.

Les libraires sont des passeurs, mieux vaut ne pas l'oublier. Et c'est parce que cette librairie existe que nous partons rencontrer, vendredi 6 octobre, deux classes maternelles de Quissac, à propos de l'album Petite brouette de survie. Le dimanche aura lieu la première Journée du livre à Quissac, où la Clef des songes présentera nos livres avec ceux du Navire en pleine ville, des Editions du Bonhomme vert et du Diable Vauvert. Habitants des Cévennes et du Gard, allez jeter un œil dans ces livres que Valentine Sagnes a le courage de montrer. Des livres différents, des livres qui inventent, des livres qui résistent, à commencer par ce livre d'entretiens avec Angela Davis qui vient de paraître au diable vauvert : "Les goulags de la démocratie"

Se basant sur les récents scandales des prisons d'Abu Ghraïb, de Guantanamo et d'Aghanistan, Angela Davis délivre au fil de quatre entretiens une analyse impitoyable d'un système qui s'obstine à bâtir des complexes pénitentiaires gigantesques sur les ruines d'un passé esclavagiste et d'une idéologie raciste et inégalitaire. Paru le 7 septembre 2006, Les Goulags de la démocratie est une nouvelle pierre ajoutée à la critique de l'ordre carcéral, miroir d'inégalités flagrantes, aux États-Unis comme dans le reste du monde démocratique.

C'est ce genre de livres qu'on trouve dans un village des Cévennes. Et nous, rien que de le savoir, ça nous donne envie d'y aller, de continuer à rencontrer des enfants et des livres.