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29 juin 2006

Zazie et les femmes nues

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© Magali Schmitzler

Les prises de vues de "Zazie et les femmes nues" sont lancées. Elles auront lieu aux premiers jours des vacances de juillet, avec six enfants venus des écoles de Saint-Cernin, Labastide-Murat et Souillac : Salomé, Oriane, Avoutra, Paëkan, Guillaume et Vincent incarneront les personnages de Zazie, de Max et de leurs copains pour une histoire qui raconte la difficulté des enfants d'aujourd'hui face à la nudité, celle qui s'affiche sur les murs des villes et dans les magazines. Le texte de Thierry Lenain, refusé par de nombreux éditeurs, a ce courage de parler du rapport qu'ont les enfants avec ces photos conçues pour vendre et détourner le désir. Comment réagissent les enfants face à ces femmes nues qui harcèlent le regard ? De quelle manière ces images viennent-elles troubler le rapport qu'ils ont avec la nudité, à commencer par la leur ? Le texte aborde ces questions à travers le personnage de Zazie, une petite fille déjà croisée dans d'autres albums de Thierry Lenain, et qui cette fois se rebiffe. C'est une révolte d'enfant que le livre raconte, une révolte face à l'insupportable et une discussion entre filles et garçons qui, sur cette question, ne partagent pas le même avis.

Magali Schmitzler viendra de Paris réaliser ces photos à partir du texte de Thierry Lenain. Photographe, graphiste et maman, elle a réalisé de nombreuses couvertures pour les romans jeunesse parus chez Rageot. Elle utilise l'image photographique pour façonner un monde plus mystérieux, où les visages deviennent des masques et où les regards gagnent en intensité. Ses créations sont visibles sur http://www.loeilcurieux.com/

21 juin 2006

Un collectif d'éditeurs se crée

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Illustration de Stéphane Servant

Un collectif d'éditeurs jeunesse vient de se créer : Le collectif Miradie, qui rassemble un peu plus d'une vingtaine d'éditeurs pour soutenir les enfants menacés d'expulsion avec leurs familles. En voici l'appel :

Appel des éditeurs

Parce que nous éditons des livres pour enfants, nous restons attentifs à la situation faite aujourd'hui, en France, à certains enfants qu'on appelle "sans papiers". Et parce que le sort qui leur est fait est devenu inacceptable, les membres du Collectif Miradie lancent un appel à venir en aide à ces enfants. Menacés d'expulsion, ils sont voués par milliers à la pire des incertitudes quant à leur avenir, et c'est leur enfance même qui se trouve désormais soumise à un harcèlement administratif digne des pires répressions.

Quelle que soit l'histoire de leurs familles à travers les frontières, ces enfants ne sont pas des proies, encore moins des ennemis. Ils ont le droit de vivre dans ce pays que leurs parents ont choisi pour leur donner une enfance digne de ce nom, ne serait-ce qu'en les plaçant à l'abri de la misère et des guerres qu'ils ont été forcés de fuir.

A travers ce collectif, des éditeurs jeunesse se sont réunis pour s'opposer à une politique aveugle et inhumaine. A nos yeux, la création et l'édition de livres pour enfants ne peut se faire à l'intérieur d'un pays qui par ailleurs se prépare à expulser certains de ces enfants. Autant que les autres, et peut-être même plus encore, ces enfants sans papiers auront besoin de paix et de livres pour cheminer dans l'existence. En accord avec RESF et le Collectif Aïssata, nous dénonçons publiquement les expulsions passées, présentes et à venir. Le Collectif Miradie encourage chacun à rejoindre le mouvement de désobéissance civile qui se met en place pour protéger les enfants, à signer la pétition nationale de RESF et à s'opposer de toute urgence, par tous les moyens imaginables, aux expulsions d'enfants que les préfectures entendent multiplier dès le 30 juin 2006. Le Collectif Miradie veut utiliser les livres jeunesse édités par ses membres comme une protection symbolique, un rempart destiné à mettre ces enfants à l'abri des persécutions dont ils sont les victimes. Leurs papiers, ce sont nos livres. Et nous en sommes fiers.

Le blog du collectif Miradie : http://editeurs.hautetfort.com/

12 juin 2006

Des livres qu'on expulse

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Samedi matin le totem et le tipi constitué avec les livres envoyés par 100 illustrateurs et écrivains jeunesse n'étaient plus dans le halll de la médiathèque d'Orléans. Disparu, le tipi signé collectivement par eux pour Mohamed et Aïssata, et confié à la Médiathèque d'Orléans en attendant que les deux enfants puissent disposer paisiblement de ces livres... Le directeur de la médiathèque, estimant qu'il ne disposait pas des autorisations nécessaires de la mairie, l'a envoyé au placard.

Voici la lettre que Maryvette Balcou a fait parvenir au directeur de la Médiathèque d'Orléans.

Monsieur,

Tout en étant à dix mille kilomètres de la métropole, j'ai appris que les
livres offerts généreusement par plusieurs auteurs pour la jeunesse, et
destinés à protéger les enfants qui n'ont pas demandé à quitter la France,
ont été sortis de la médiathèque, supposée être un "temple" des livres et de
la lecture. Je me permets de réagir vivement contre ce fait, car en tant
qu'auteur, je ne puis comprendre le bien fondé de telles actions. Nous
écrivons pour que la lecture puisse éveiller les esprits, sans barrières,
sans exclusions. Lorsque nous offrons le temps que nous consacrons à
l'écriture, c'est parce que nous savons que des enfants ont besoin de nos
mots, de nos histoires, et de notre soutien protecteur. Nos livres sont des
portes ouvertes sur le monde, et la France se doit, me semble-t-il, de
ressembler à l'image que nous avons des livres. J'ose espérer que l'action
qui a été menée dans la médiathèque n'a été qu'une sorte d'erreur, et je
suis certaine que vous ne manquerez pas l'occasion de vous enrichir de cette
magnifique expérience de soutien aux plus déshérités, et de solidarité
nationale. Il suffirait, pour cela, que vous puissiez être heureux et fier
de prendre la décision... de remettre les livres protecteurs là où les murs
que vous avez construits ont précisément le pouvoir... de les protéger.
En vous remerciant d'avance, avec une corbeille de mots métissés, remplis
d'espoir et de soleil.
Maryvette Balcou

09:20 Publié dans Alter-enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tipi

03 juin 2006

Celle qui déchire

medium_arton23.2.jpgSur le site de Sara ( http://universdesara.org/), on vient d'aller lire ces deux textes à propos de Petite brouette de survie. Des mots qui approchent l'état d'aventure dans lequel nous avions entrepris ces prises de vues, en embarquant dans une camionnette avec les chiens et le poisson, l'enfant et son grand frère qui, tout au long du voyage, s'occupa d'arroser le poisson et de garder les chiens au calme, sans oublier non plus tous les tatouages qu'il a fallu dessiner sur les bras de l'enfant, jusqu'à ce grand dragon recopié d'un album d'Elzbieta dans son dos.

Je recopie ici le texte de Sara puis celui d'Edith de Cornulier-Lucinière :

"Oscar est un poisson. Un gros poisson. Il est enfermé dans un frigo et quand l’enfant ouvre la porte, Oscar lui demande de le ramener à la mer. L’expédition commence.

Une brouette d’air frais

Les illustrations de cet album sont des photos d’enfant, de chien, de poisson, de la campagne, de la mer.
Ce qu’il y a de magique dans cet album, c’est que c’est vrai. Et en même temps tout est une "histoire". C’est comme si on réalisait un rêve d’enfance : celui de créer son histoire avec les moyens du bord. La brouette est un mélange de char de l’ancien temps et de bateau de pirate. Les chiens participent activement à l’aventure...Enfin ! Dans l’imagination ! Passer sous le pont devient très dangereux. Aller au bord de la mer en poussant une brouette ne pose pas de problème majeur.
Comme les trois autres livres de cette maison d’éditions, ce livre raconte des histoires aux enfants dont ce sont les enfants (de tous âges)) qui sont les héros mais aussi les acteurs. Bien sûr, ce sont des professionnels de l’image et du récit qui réalisent ces livres. Mais comme toute l’équipe est toute neuve dans le monde de l’édition, cela donne un grand courant d’air frais qui balaie toutes les vieilles idées débattues autour du livre. "
26 mai 2006
Sara
Le rêve du poisson
"La nuit, au milieu d’une photo noire et jaune, un poisson du frigo demande au petit garçon de le ramener jusqu’à la mer.
L’enfant écoute la demande. Le jour suivant, à l’école, il rassemble les informations dont il a besoin. Alors, grâce au rêve du poisson, l’enfant vit une aventure magnifique.
Fini, l’école, les obligations. On construit une brouette-cabane et on part.
On va chercher la mer. Les chiens sont d’accord pour venir.
Même les adultes n’osent plus refermer les arches et les ponts qui laissent l’enfant, les chiens et le poisson passer. Les photos sont très belles et l’une d’elle rappelle le film Arizona dream, qui est une autre histoire de poisson.
Le poisson a peur des allumettes, du feu et de la folie des hommes. Mais l’enfant n’a pas peur du ventre de la mer, ni de la très ancienne langue animale difficile à comprendre.
La plus belle page, c’est quand l’écume des petites vagues rafraîchit les jambes du petit garçon, et qu’enfin le poisson va entrer dans la mer.
C’est bien d’avoir les pieds dans la mer, de rendre l’océan aux poissons, et de rendre les poissons à l’océan. Ce livre me rappelle une phrase du chef Indien Nez-Percé Smohalla. "Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves."
25 mai 2006
Edith de Cornulier-Lucinière

01 juin 2006

Des nouvelles d'Aïssata et des siens

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Aujourd'hui, 1er juin, à peine 30 jours avant l'ouverture de la chasse aux enfants annoncée par le Ministère de l'Intérieur, les livres des 134 auteurs et illustrateurs qui ont rejoint le Collectif Aïssata continuent d'arriver. Il y a les livres d'auteurs qu'on aime lire, ceux d'illustrateurs dont on est heureux de découvrir les noms et les images sur le site, et puis il y a nos livres à nous, Où sont les enfants ?, postés hier et pas encore arrivés.

Là-bas, le comité de soutien local a commencé à réaliser un tipi avec tous ces livres. Un lieu de refuge symbolique. Un abri pour le peuple des enfants menacés. Le tipi sera exposé à la médiathèque d'Orléans, au milieu de banderoles qui dénoncent et racontent.

Ce qui se passe autour de ces deux enfants est important, même si la presse n'apporte à ce jour aucun écho à cette mobilisation. Une médiathèque est entrée en résistance, avec à ses côtés des parents, des enseignants et ceux qui inventent des livres pour les enfants, écrivains et illustrateurs. Cette résistance qui s'invente aujourd'hui, nous devons lui faire un écho aussi large que possible.

Par ailleurs, un collectif de poètes vient de se créer pour apporter son aide à Astrid-Mira, une petite fille qui a eu 7 ans voici deux jours, menacée d'expulsion elle aussi avec sa maman. Vous pouvez apporter votre soutien à Astrid-Mira par le site http://poetes.hautetfort.com/
Eux aussi ont besoin de vos signatures, de vos idées, de votre volonté de ne pas oublier le sort qui est fait, dans notre pays, à une mère qui a voulu sauver son enfant de la guerre.