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24 avril 2006

L'affiche

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Laure BEX vient de mettre la dernière touche à l'affiche de l'expo Où sont les enfants ? qui aura lieu du 3 au 31 mai 2006, dans le cadre des rencontres de Ricochet à la bibliothèque de Bogny-sur-Meuse, près de Charleville-Mézières.
Bibliothèque Municipale de Bogny-sur-Meuse
Place de l'Hôtel de Ville
08120 Bogny-sur-Meuse

19 avril 2006

Amour à gogo !

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Histoire d’un album

Comme toutes les histoires d’amour, “Amour à Gogo !” a une préhistoire un peu longue et tortueuse. Et bien avant de devenir ce livre qui doit sortir en 2006 aux Editions Où sont les enfants ?, le texte a d'abord émergé d’un atelier d’écriture mené par Maryvette Balcou, en avril 2003, au salon du livre de Pointe-à-Pitre. “Une dizaine d’heures consacrées à travailler, ensemble, autour du thème de l’amour”, m'a-t-elle écrit l'autre jour.

C’est la troisième version de ce texte, patiemment réécrite par Maryvette à St Denis de la Réunion, que nous avons reçue à Où sont les enfants? en janvier 2005. Nous avions déjà décidé de faire un premier livre avec Maryvette, et son écriture nous avait donné envie de lire d’autres histoires, toutes ses histoires, celles publiées déjà aux Editions de l'Océan, mais surtout celles qui restaient inédites. “Amour à Gogo !” parlait d’amour et justement, nous avions très envie de photographier une histoire d’amour pour les enfants.

Alors comment expliquer ce qui, dans les récits de Maryvette Balcou, apporte une réalité à la fois étrangère et familière, tout en colportant à tous les coups une charge d'émotion inhabituelle en littérature jeunesse? Ce n’est pas simple mais en lisant, les gamins l’éprouvent et le disent. Ceux qui participent à notre comité de lecture d’enfants l’écrivent dans une de leurs fiches : “On dirait un voyage, un voyage pour apprendre quelque chose de difficile à expliquer”, criait le plus jeune de nos lecteurs, celui qui était aussi le plus excité.

Dans une petite structure comme la nôtre, les livres ont besoin de chance pour exister. De chance et de rencontres. Et ce livre-là n’en a pas manqué. Pour inventer un livre pareil, il nous fallait d'abord un photographe. Un œil ! C'est primordial un œil pour faire un livre rempli d'images. Et dans ces petits villages du causse, au milieu du Lot et des forêts où nous travaillons, les photographes ne se bousculent pas au portillon. Dans les villes bien sûr les photographes sont plus nombreux. Mais pour cette histoire il nous fallait un photographe tout terrain, du genre barroudeur qui n’a pas peur des enfants. Par chance, nous en connaissions une. Une photographe qui non seulement sait parler aux enfants, mais qui en plus n’a pas peur d’aller grimper, au milieu de la nuit, en haut des fourches d’un tracteur pour obtenir l’image qu’elle s’imagine.

Chrystelle Aguilar est une photographe obstinée. C’est elle qui a réalisé toutes les photos de La nef des fous, et je me souviens qu'il y en avait plusieurs milliers. C’est encore elle qui a imaginé toutes les images d’Histoire à dormir debout, et je vous donne ma parole que ce n’était pas une mince affaire. Chrystelle avance un peu à la manière de certains cinéastes avec qui j'ai pu travailler. Avec patience et détermination bien sûr, mais surtout avec cette tendresse assez rare pour les personnages qu’il s’agit de faire jouer. Il faut aimer les gens, et les gamins encore plus. C'est elle qui le dit : "la plus grande difficulté réside dans le fait qu’il est très important que les enfants prennent autant de plaisir que nous à ce travail." Chrystelle sait qu’il faut parler longtemps aux gamins, écouter ce qu’ils racontent, ce qu'ils imaginent eux aussi avant d’aller mettre son œil à elle dans l’objectif. Nous avions envie de lui donner encore cette histoire, de réfléchir avec elle à la façon dont nous pourrions en inventer une à une les images.

La chance est survenue après. Et parce que Maryvette habite la Réunion. Une chance dont nous avions besoin. Parce que nous venions de publier "Histoire à dormir debout", Où sont les enfants? a été invité au premier Salon du livre jeunesse, qui se tenait en octobre 2005 à la Réunion. C'était un beau voyage et l'occasion, pour Chrystelle, de réaliser les prises de vues sur une de ces îles où "Amour à Gogo" avait été écrit et réécrit, entre les Antilles et La Réunion. Une chance à ne pas laisser passer. Et comme l'écrit Thierry Lenain, "un salon n'est pas seulement un lieu pour paraître ou vendre, mais aussi un lieu de rencontres qui peut déboucher sur la création."


Encore une fois, comme pour les livres déjà parus, il a fallu que la petite troupe d'Où sont les enfants? se transforme en équipe de tournage. Avant notre venue, Maryvette avait mené tambour battant les repérages des décors et assuré le casting. Chrystelle serait au cadre, à la lumière et à la direction d'acteurs. Michèle Leydet assurerait le dérushage et la post-production sur un ordinateur qui rendait l'âme tandis que de mon côté, je devais m'occuper de la régie, des transports tout en apprenant mon rôle de figurant alors que j'essayais aussi de faire l'accessoiriste de plateau. Ce jeu de rôles multi-casquettes a quelque chose d'épuisant. Il me rappelle les court-métrages fauchés auxquels j'ai pu participer. C'est une économie de bouts de ficelles, un savant mélange d'acharnement et de bonne volonté pour engendrer parfois quelques images qui en valent la peine, qui justifient toute l'aventure et l'épuisement qu'elle laisse en nous longtemps après.

Les séances de prises de vues avaient été préparées, autant que possible, à partir du story-board dessiné par Chrystelle. Nous devions mettre en scène douze images en quatre jours, en tenant compte des mauvais coups de la météo tropicale, des kilomètres et des embouteillages qui séparaient les décors les uns des autres.

Mais la magie de cette aventure est venue d'un enfant. Matiss a 4 ans, c'est l'enfant qui raconte toute l'histoire dans le livre. " Et Matiss a posé beaucoup de questions. Il était important pour lui de comprendre ce que vivait le petit garçon de l’histoire, quelle était sa souffrance et quelle serait la porte de sortie,", raconte Chrystelle. Autour de lui, dans la vraie vie se tenait une famille magnifique : des parents, des oncles, des cousins et des grands parents qui non seulement ont incarné tous les personnages de notre histoire, mais ont su apporter une amitié et un dévouement qui ont nourri chacune de nos images.

La famille Nourly n'est pas une famille comme les autres. Pour commencer c'est une famille créole et métisse, dans toute la puissance qu'Edouard Glissant donne à ces deux notions. Mais c'est aussi une petite tribu où se pratique une solidarité permanente, une joie de vivre à toute épreuve, le goût des retrouvailles au quotidien, de la musique et du chant pour sceller l'amitié. Et je crois que notre livre, les douze images de notre livre et cette histoire d'amour se sont trouvées emportées par cette hospitalité, ce goût du bonheur et cet amour très tendre et solidaire qui les lie. Je crois que notre livre s'en est trouvé irradié, comme si son titre, "Amour à gogo", avait prédestiné à cette intensité.

Pourtant, dans les mois qui suivirent, une épreuve imprévue devait venir entraver la mise en pages du livre. Le texte était écrit depuis longtemps, toutes les images étaient à l'intérieur de l'ordinateur mais c'est Michèle qui devait tomber malade en novembre, épuisée et malade au point de ne plus pouvoir assurer la conception graphique du livre, comme elle l'avait fait avec tant d'invention pour nos quatre premiers albums. Ce coup dur a mis en danger toute l'aventure. Pas seulement ce cinquième livre mais le projet même d'Où sont les enfants?, que nous avions toujours imaginé comme une aventure collective.

Aujourd'hui, avec ce cinquième livre l'aventure continue : une aventure de bouts de ficelle et un bazar de saltimbanques. Une "aventure humaine", comme répétait sans cesse Michèle pour provoquer le sort à chaque épreuve, une aventure qui garde encore la trace de sa folie, de toute la passion qu'elle avait pour continuer à inventer d'autres livres. Alors bien sûr ce livre lui est dédié, dédié à la mémoire de l'aventureuse.

Derrière la rue,
avril 2006.

13 avril 2006

Inventer d'autres écoles

Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rebellion, de bienfaisance.
René Char

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Nane chavem nane bacht.
Pas de bonheur sans enfants.
Proverbe rom

Dans les textes de l'Education Nationale, l'école existe pour tous les enfants. Dans la réalité, les choses ne sont pas aussi évidentes. Toujours sur la route, les Tsiganes ont de plus en plus de difficultés pour stationner, et trouver comment scolariser leurs s enfants.
Depuis de nombreuses années, Yvon Massardier rêvait d'un camion scolaire. Le 24 mai 1988, il a créé une Association, L'A.R.I.V., avec laquelle a été tentée l'invention d'une école mobile. L'expérience a débuté en octobre 1993. Les instituteurs, s'arrêtent sur les terrains ou stationnent les Gens du Voyage. Cette école est adaptée au monde du voyage.
Elle est un trait d'union avec l'école traditionnelle.
Depuis 1994, à la fin de chaque année, des enfants auront appris à lire.Une belle victoire sur ce qui semblait à peu près impossible. Depuis, un deuxième camion a pris la route depuis octobre 2004.

L'aventure d'Yvon Massardier est retracée sur http://mayvon.chez-alice.fr/


Yvon Massardier avec la famille Weis

Education Sans Frontières

Appel du Réseau Education Sans Frontières
Pétition nationale : nous les prenons sous notre protection !
mardi 11 avril 2006.

(Bien sûr il y a urgence, bien sûr nous avons signé.
Des deux mains. Et nous vous invitons à en faire autant.
Ou à nous expliquer pourquoi vous ne signeriez pas, ça nous intéresse.
L'adresse d'Education sans frontières : http://www.educationsansfrontieres.org/
ien à vous.
Antonin & Tieri.)

"Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents tombera. Des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, verront leur avenir et leur vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police.

Pour des milliers d’enfants et de jeunes majeurs, le 30 juin 2006 ne marquera pas le début des vacances d’été, mais bien le commencement d’un calvaire. En effet, à cette date, le sursis que M. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers scolarisés et aux parents d’enfants scolarisés tombera. Suspendues parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient, les expulsions reprendront.

Ainsi, en guise de vacances, des milliers de jeunes et d’enfants joueront aux fugitifs, en vrai, avec ou sans leurs parents, guettant les bruits de pas à l’heure du laitier, tremblant à la vue d’un uniforme et vivant dans la hantise de perdre à jamais leur école, leurs enseignants, leurs copains. S’ils sont arrêtés, le grand jeu de leur été sera un petit rôle dans un film policier sordide : l’interpellation, seul ou en famille, les parents rudoyés, 48 heures de garde à vue dans une cellule de commissariat puis deux ou quatre semaines en rétention, crasse, bruit, violence et promiscuité assurés, et, pour finir, un aller-simple vers un pays qu’ils ne connaissent pas ou plus, dont certains ne parlent pas (ou plus) la langue, papa-maman menottés, entravés comme des bêtes et attachés à leurs sièges.

A l’arrivée, ce sera pour la plupart l’extrême misère : pas de logement ou le bidonville, pas de travail et pas d’espoir d’en trouver. Des persécutions, parfois les plus atroces, contre ceux que la France a débouté du droit d’asile. Ils paieront pour les raisons pour lesquelles ils avaient fui et certains pour avoir dénoncé leurs tortionnaires à l’étranger. Pour les enfants, pas d’école, dans des pays où la scolarisation est un luxe. C’est ce gâchis qui se cache derrière les chiffres records d’expulsions annoncés avec satisfaction par le ministre de l’Intérieur : des milliers de vies propulsées dans l’indigence et parfois achevées sous la torture !

Nous ne laisserons pas détruire la vie de ces enfants, de ces adolescents et de leurs parents. Ils sont nos élèves, les copains de nos élèves ou de nos enfants. Ils ont commencé d’étudier dans ce pays, ils en parlent la langue, ils ont les mêmes joies et, hélas, des soucis bien plus grands que les camarades de leur âge. S’ils décident (ou, pour les plus jeunes, si leurs parents décident) d’échapper à une expulsion honteuse, nous les y aiderons comme nous avons aidé Rachel et Jonathan à Sens, Samuel à Pau, Ming et Wei-Ying à Evreux. Nous sommes solidaires de ceux qui les accueilleraient. S’ils demandent asile, nous ne fermerons pas notre porte.

Cela contrevient aux lois en vigueur. Mais l’enseignement que nous avons à dispenser à nos élèves ou l’éducation que nous devons à nos enfants ne peut pas être l’exemple de la soumission à un ordre injuste. Chacun a en mémoire les épisodes où face à des persécutions insupportables, chacun a dû faire des choix. Et où ne pas choisir était choisir de laisser faire. Et pas seulement dans les périodes de dictature. Rosa Parks, emprisonnée à Atlanta en 1951 pour avoir enfreint les lois ségrégationnistes aurait-elle dû se soumettre au prétexte que ces lois avaient été « démocratiquement » prises ? Le général Paris de la Bollardière, mis aux arrêts pour avoir dénoncé les tortures de l’armée française en Algérie, aurait-il dû se taire parce que la France était une démocratie ?

Nous ne laisserons pas se commettre des infamies en notre nom.

12 avril 2006

DENYS COLOMB DE DAUNANT

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Denys Colom de Daunant vient de mourir, à l'âge de 84 ans.
Comme l'écrit son éditeur, Le diable Vauvert, Denys vient de rejoindre le paradis des chevaux sauvages.
Et nous voulions lui rendre hommage. Si les Edts Où sont les enfants ? sont nées un jour, c'est parce qu'enfants nous avions lu Crin-Blanc, ce livre gitan que Denys Colomb de Daunant avait écrit avec Albert Lamorisse. Un livre avec des photos pour raconter la vie sauvage de Folco, petit garçon de Camargue. Un livre gitan, pour reprendre l'expression de Stéphane Nicolet à propos de nos livres. Etrange concept : Un livre gitan, un livre fils du vent : Donc un livre pour donner envie de vivre libre. C'est bien l'histoire de Crin Blanc. Un livre pour ensauvager les enfants. Un livre comme ceux qu'on veut inventer ici et maintenant.

"Célèbre pour avoir écrit le film et l'histoire de Crin Blanc avec Albert
Lamorisse, fils d'une grande famille protestante nîmoise, grand cavalier,
manadier, photographe, poète, réalisateur et écrivain, Denys Colomb était un
homme extraordinaire devenu un sage, qui avait eu une vie passionnée et
aventureuse. Il a vécu sa vie au Mas Cacharel en Camargue, entouré de
l'amitié d'artistes aujourd'hui mythiques, tels Angel Peralta, Conchita
Citron, Dali, Pagnol, Hemingway, Chagall, Picasso.
L'écriture fut toujours pour lui une nécessité et une pratique continue."

Nous lui avions rendu visite en 2004, au moment où nous cogitions le projet d'Où sont les enfants ?
Nous avions découvert, en plus d'un auteur, un incroyable photographe. Il faudra un jour donner aux enfants d'autres livres remplis de ses images.

04 avril 2006

Escale

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Où sont les enfants ? était à Escale, le Salon du livre de Bordeaux, sur le stand de La Compagnie créative.
Beaucoup de rencontres, à commencer par notre voisin de gauche sur le stand, Stéphane NICOLET, qui est illustrateur pour les Editions Rouge Safran. Stéphane dessine tout le temps. Et durant les trois jours du salon, il s'est amusé à redessiner, à sa manière, Petite brouette de survie. Cela donne une autre histoire qui n'a besoin ni de légende, ni de texte.