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04 janvier 2010

OK Severine

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Comme toute bonne voyouse qui se respecte, je n'ai jamais aimé noël ou alors peut être au tout debut.

Le jour ou j'ai appris que le père noël n'existait pas, je crois que ma vie a basculé ;)

Un Monde s'effondrait, j'ai commencé par perdre une partie de ma naïveté (heureusement) mais surtout par connaître le sentiment de trahison...

Mais maintenant que je suis grande je ne peux plus noircir le tableau alors avec Yu on en a fait un beau sapin de noël des villes.

J'espère qu'il vous plaira et si un père noel inventé viendrait a visiter cette page alors voici ma liste:

-Une maison pour les enfants perdus et seuls

-moins de colère (en commencant par la mienne)

-plus de respect

-toutes ces choses qui n'arriveront jamais mais qu'on proclame depuis la nuit des temps.

Je vous souhaite une belle fin d'année...

Seve / Severine Thévenet

Volé sur le Journal d'une voyouse, parce qu'on aime bien les voyouses.
De plus en plus.


(Et pour ceux qui ne l'ont pas encore rencontrée, Yu c'est Yumi, une très petite fille, la grande alliée de Severine, jeune enfant au sourire de voyouse.)

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Severine Thevenet, mariographe.

12 novembre 2009

Appel

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© Tamara Dean

Le 20 novembre sera le 20ème anniversaire de la Convention des droits de l'enfant.

Chaque jour de novembre, d'octobre et de septembre, chaque jour de cette année, de celle d'avant le gouvernement français s'emploie à nier ces droits. Pour mettre en place une politique de préférence nationale digne du F.Haine, des enfants sont séparés de leur parents,  détenus derrière les murs de centres de rétention, puis renvoyés dans un pays qu'ils avaient fui. Ici, place de la mairie d'Arles, RESF nous invite à une mise en scène pour alerter l'opinion, vite. C'est le samedi 21 novembre, à partir de 10 heures avec chiens et enfants.

(“Pour moi, ces gens-là (Besson, Hortefeux et leur chef), ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible” déclarait Marie NDiaye dans une interview des inrocks.)

09 septembre 2009

Dixième famille et la générosité inventive


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Arthur Tress, Shadow. The prisoner, 1974


Dixieme famille ok.gifC'est un portail qu'on vient de découvrir, celui de la Générosité inventive et c'est une notion qui nous parle. La démarche de l'association Dixième famille est particulièrement innovante et, semble-t'il, fructueuse : Neuf familles se rassemblent pour en aider une dixième, en difficulté ou en détresse sociale.

Le site de Dixième famille est ici, lié à un autre blog, Solidaricielblog où nous venons de découvrir un article sur nos livres, touchés qu'ils soient remarqués par des militants confrontés avant tout à l'urgence sociale.

« Très petit – je n’avais pas trois ans – je demandais souvent à mes parents pourquoi les riches ne mettaient pas la moitié de leur fortune dans une gigantesque boite qui servirait aux ″très pauvres″ en cas de besoin?

Quelques vies plus tard, - j’ai 55 ans - je n’ai pas renoncé à mon rêve en me disant que je n’avais qu’à remplacer l’argent de la boite par le savoir. C’est ainsi qu’est né dixiemefamille.com» C'est ce qu'explique Gary Généreux, président et fondateur de Dixième famille. Dans la charte de l'association, on trouve aussi ces 4 constats :

« Pour cesser de se battre, partageons quelque chose. » ( Jean Monet )
« Toute société quel que soit son niveau socioculturel et économique, possède en son sein 8 à 10% d'individus animés de pulsions altruistes. Le problème demeurant de les “synergiser”, en dépit de la micro atomisation de la population urbaine. » ( Edgar Morin )
« Personne ne sait tout, tout le monde sait quelque chose. » ( Michel Serres )
Et enfin Pierre Bourdieu, parlant de la violence symbolique des institutions « la toute puissance d'une hégémonie culturelle qui légitime les inégalités sociales ».


L’ECHO DES GALAXIES N°3(mercredi 26 août 2009)

DECOUVRIR LE MONDE AUTREMENT

La photo a plein d’histoires à raconter aux enfants

En cette période de rentrée scolaire, il est nécessaire de rappeler que de nombreux écoliers sont fâchés avec la lecture et qu’un élève ayant des difficultés à déchiffrer un texte, aura des lacunes dans les différentes matières enseignées.

L’apprentissage se fait dans un premier temps par l’observation, l’écoute et dans la transcription pour finir.

En tant que parents, nous en sommes les vecteurs permettant  leur apprentissage, alors faisons un effort en leurs proposant et en mettant des ouvrages à leurs dispositions. Pour les petits budgets, il existe des bibliothèques de prêts, des bourses aux livres …

Les livres se déclinent de bien des manières et il y en a pour tous les goûts sur tous les sujets, J’ai découvert un petit éditeur pas loin de chez moi qui fait des choses formidables,

Les livres qu’il présente sont des albums racontant des histoires par l’image.

C’est magnifique, drôle et émouvant…pour un moment à partager en famille.

Vous pourrez découvrir les diaporamas de ces albums sur le lien suivant: http://ousontlesenfants.hautetfort.com

Editions, où sont les enfants à Vaillac dans le Lot…vous ne serez pas déçu.

LES ENFANTS REGARDENT LE MONDE.

DONNONS-LEUR DES LIVRES

QUI NE BAISSENT PAS LES YEUX.

 

28 avril 2008

Colères du présent : Maryvette Balcou à Arras

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Maryvette Balcou vit et travaille à La Réunion, mais c'est aussi une voyageuse infatigable. Elle sera à Arras, au salon du livre d'expression populaire et de critique sociale qui aura lieu au quartier des arts, toute la journée du 1er mai. Parce que l'expression littéraire et la critique sociale alimentent d'autres luttes qui se mènent aujourd'hui... Maryvette écrit souvent dans le mouvement de la colère, et tisse pour les enfants des textes qui vont d'Arras au Sénégal en passant par le Mali, tout en résonnant du côté de l'Océan Indien, entre Madagascar et la Réunion. Des textes aux prises avec les réalités sociales de ces pays où les enfants doivent comprendre vite, aussi vite qu'ils grandissent à l'intérieur d'un monde qui n'épargne pas leur regard.

Au matin du 29 avril, Maryvette Balcou animera à Arras une conférence-débat intitulée : « Explorer les problématiques sociales dans la littérature pour la jeunesse. » De 9h30 à 12h, salle de spectacle de l'hôtel de Guines, rue des jongleurs. Plus de renseignements en appelant Colères du présent au 03 21 15 35 87.

27 février 2008

Les enfants sont des prisonniers politiques

 

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Robin Rhode, Marongrong, 2002, Digital animation
  © R. Rhode & galerie Perry Rubenstein, New York

Derniers humains à n'avoir pas encore le droit de vote, comme autrefois les femmes et les esclaves, comme aujourd'hui certains condamnés, les enfants d'ici et maintenant subissent un système qui a longtemps prétendu préparer leur avenir, alors qu'il n'est plus question désormais que de le saccager au plus vite. Les lois du commerce s'étendent aujourd'hui jusqu'aux écoles, jusqu'au creuset des vies familiales, encore renforcées par une logique de contrôle systématique (fichier "Base-élèves") et la volonté de faire porter aux enfants tout le poids d'une mort industrielle, dernière avancée d'un totalitarisme bio-politique qui ravagera les possibilités d'une pensée inventive propre à l'enfance, joueuse et capable encore d'échapper, de donner naissance à d'autres formes de vivre-ensemble.
 
Il n'y a donc plus de cabanes dans les arbres, plus trace d'aucun refuge pour des enfants-pirates qui rêveraient d'échapper. Alors parions que les livres pourraient devenir cabanes et radeaux imaginaires pour chercher une issue, dégager un chemin. Parions que les livres soient devenus les derniers radeaux possibles pour relier les enfants d'aujourd'hui à ce qui s'invente ailleurs, ultime résistance aux nouvelles formes de dictatures commerciales et biopolitiques.
 
Rue du monde a voulu créer des livres pour un enfant citoyen. Le projet était sûrement nécessaire, et c'est un consensus aujourd'hui que de penser qu'en devenant citoyen, l'enfant construira mieux son avenir, une idée à laquelle nous voudrions pouvoir continuer de croire. Mais en dix ans le monde a tourné, et l'on ne devient plus citoyen quand auparavant on fait de vous une proie, un prisonnier politique incapable de se défendre, incapable de se révolter et d'apprendre à penser. A nos yeux aujourd'hui, il est urgent de créer des livres pour des enfants pirates.
 
En 1720, le pirate Bellamy déclarait à l'ouverture de son procès : « Ils nous condamnent, ces crapules, alors que la seule différence entre eux et nous, c’est qu’ils volent les pauvres grâce à la loi, et que nous pillons les riches armés de notre seul courage. » Les pirates d'aujourd'hui ont d'autres visages mais des convictions similaires, qu'ils soient réfugiés dans les forêts du Chiapas ou qu'ils deviennent faucheurs volontaires, qu'ils pratiquent le "terrorisme poétique" ou le "sabotage artistique", qu'ils œuvrent au sein des black blocs ou embarquent sur le Steve Irwin de Sea Shepherd pour dérouter les flottes baleinières, peu importe, il s'agit de raconter aux enfants, d'indiquer envers et contre tous les consensus que le totalitarisme marchand n'a pas encore cadenassé complètement l'horizon.
 
Les enfants sont des prisonniers politiques ? Les utopies pirates leur apprendront peut-être à échapper à une enfance devenue partout carcérale. 
 

04 janvier 2008

« Nous sommes hantés par un peuple d’images »

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Double-page extraite des Cahiers de l'Immuable / 2 

Dans ma tête Deligny est une nébuleuse, bonhomme hors-normes dont la pensée affrontait tout ce qui pouvait servir à explorer la double énigme du langage et du non-langage. Et bien sûr c'est énorme, inclassable, intrépide et casse-gueule mais sa pensée dure longtemps, et en traversant les années elle s'amplifie au point de revenir innerver, aujourd'hui, nombre de tentatives parmi les plus inclassables.

A cause d'un film-météore, à cause de ses lignes d'erre dessinées comme des cartographies psycho-géographiques, et pour vingt phrases au moins que personne ne sait aujourd'hui où ranger, les questionnements de Deligny restent vivaces, indispensables. Parce qu'il vivait au milieu d'enfants sans parole, parce qu'il avait choisi une existence hors des frontières du langage Deligny interrogeait le mystère de la parole avec une urgence très concrète, bien décidé à questionner tout ce qui pouvait alimenter une pensée vagabonde et furieuse, une pensée fleuve capable de tout emporter, que ce soit l'écriture mise à nu de Beckett ou la beauté du cinéma muet, les intuitions de Wittgenstein ou la nature primitive et secrète de l'image.

Deligny devait comprendre, inventer une pensée opératoire et il ne s'arreterait pas avant d'avoir élucidé, un peu, pourquoi certains enfants venaient au monde sans l'usage de la parole, et ce que leur existence pouvait encore nous apprendre. Il n'avait pas pour ambition de les guérir puisqu'il n'était pas sûr qu'ils soient malades, il voulait juste comprendre ce que c'était la vie humaine sans parole, et s'il était possible d'inventer une langue sans sujet, une langue infinitive et concrète.

L'écriture de Deligny est une réserve à peu près inépuisable de carburant mental pas encore raffiné, or noir à l'état brut encore de poésie tenace, "directement branchée sur la vie qu'il partage avec les enfants"(1). Mais il aura fallu des années d'intelligence et un courage éditorial hors-normes, lui aussi, pour rendre cette écriture aussi directement accessible. Les éditions de l'Arachnéen ont relevé ce défi et édité, à l'automne, ce livre-monument. Sandra Alvarez de Toledo aura travaillé de nombreuses années pour parvenir à ce recueil des Œuvres de Fernand Deligny qui paraît un peu plus de dix ans après sa mort, en 1996. L'ouvrage reconstitue en 1848 pages de textes, images, fac-similés, les étapes d’une interrogation expérimentale de l’autisme. Il rassemble pour la première fois l’essentiel de son œuvre, éditée et inédite : de Pavillon 3, ses premières nouvelles (1944), aux textes sur l’image des années 1980. Il s’achève sur quelques pages manuscrites de sa dernière et monumentale tentative autobiographique, L’Enfant de citadelle.

Et pour commencer il y a ce texte : L'inactualité de Fernand Deligny.

(1) : Sandra Alvarez de Toledo, "L'inactualité de Fernand Deligny", Fernand Deligny, Œuvres, Ed. de L'Arachnéen, 2007, p 24.

13 novembre 2007

L'œil du cheval, l'obstination d'un enfant

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Parfois ce sont des lettres d'enfants qu'on reçoit. Pas souvent, mais on ne les oublie pas. Quelquepart dans la grande étagère avec les livres, il y a une boite où on les garde. Vendredi, c'était la lettre de trois sœurs à Paris, et leur adresse portait un nom de rue qu'il y a longtemps j'empruntais tous les jours, pas loin du métro Chateau Rouge. Les petites filles n'écrivent pas leur âge, elles parlent de Petite brouette de survie qu'elles ont lu à l'école, et du voyage qu'elles voudraient faire jusqu'en afrique, dans cette Guinée où sont nés leurs parents. Avec la lettre elles envoient une photo d'elles, où l'on peut voir la plus jeune souffler sur ses bougies d'anniversaire. J'en compte sept en bas de l'image, mais le cadre de la photo ne montre pas le gâteau en entier. Ces enfants n'ont pas d'âge, elles ont seulement envie d'imaginer un voyage vers l'afrique, le long de l'océan qu'elles ne connaissent que par images à la télé, à travers les récits qu'en ont fait leurs parents. La lettre est assez longue et explique le principe du voyage : Leur oncle vient de mourir, il leur a laissé son seul cheval en héritage. Et les fillettes ont décidé de le ramener jusqu'à Barbès.
 
Le mot d'une enseignante accompagne la lettre des enfants. Elle dit que ce n'est pas un conte, mais l'idée fixe de trois enfants qui n'en démordront pas, malgré ce que répondent les adultes à propos des frontières, des paperasses et des lois qui empêchent. Les gamines comptent leurs sous, le nombre de kilomètres qu'il faudra faire. Elles ne parlent pas d'autre chose que du cheval à ramener. Alors elles veulent savoir si l'enfant de Petite brouette a bien fait le voyage jusqu'à la mer. S'il l'a fait alors elles le feront, je peux comprendre cette logique. Elle appartient à l'enfance. Et pour répondre à leur lettre j'ai cherché mes mots tout dimanche : Faisons un livre. Un livre capable de raconter la première vision du cheval, le voyage jusqu'à lui, la traversée des frontières. 
 
Dans une histoire qu'on vient de recevoir, l'histoire de Géraldine Collet il y a cette phrase : "Un voyage commence toujours par le rêve qu'on en fait." Cette phrase, pour répondre aux trois petites filles, j'ai eu envie de la voler. Et depuis longtemps je guette ce moment-là, le jour où nos livres naîtront eux aussi de l'obstination d'un enfant. 

14 août 2007

ON NE PRATIQUE PAS LA CHASSE A L'ENFANT SANS « DEGATS COLLATERAUX »

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C'est un enfant, il a douze ans, il est entre la vie et la mort à Amiens. Il aurait pu être Chinois, être plus âgé, et le drame aurait pu avoir lieu à Dôle, Lyon, Lille ou n'importe où en France. Ce n'est pas un accident. C'est l'effet direct et inéluctable de la politique imposée aux préfectures et aux policiers par le gouvernement. Les services sont soumis à des quotas en matière d'interpellation (125 000 exigés par le ministre en 2007) et d'expulsions (25 000).
Oui, les sans-papiers sont pourchassés par la police. Jusque chez eux.
D’autres drames, moins spectaculaires, se déroulent partout en France : à l'heure où nous écrivons, 10 parents (pères ou mères) d'enfants scolarisés sont placés en centre de rétention par la préfecture de police de Paris, en attente de leur expulsion pendant qu'à la maison le parent échappé à la rafle et les enfants sont dévorés d'inquiétude devant leur avenir de demi-orphelins. A Metz, un autre père de famille risque l’expulsion par l’Allemagne vers la Mongolie. Et on pourrait poursuivre cette liste qui dénombrera toujours en deçà de la réalité arrestations et expulsions, familles déchirées et vies brisées….
Le Réseau sans frontières est fier de défendre ces familles, ces enfants ; il s’efforce de construire la solidarité nécessaire, même en cette période où l’Etat, quoiqu’il en dise, en profite pour mettre les bouchées doubles.

Les enfants de ce pays, où leurs familles sont venues chercher tolérance et liberté ont le droit de vivre comme tous les enfants, sans la peur quotidienne au ventre, de même que leurs parents.
Il faut mettre fin aux expulsions, et aux pratiques auxquelles les forces de police se livrent, et donner à ceux qui vivent à nos côtés le droit au séjour..

Réseau national des militants, collectifs d’établissements, syndicats et associations pour l’information et le soutien aux jeunes scolarisés étrangers sans papiers

Adresse postale : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris - HYPERLINK "mailto:educsansfrontieres@free.fr" educsansfrontieres@free.fr / HYPERLINK "http://www.educationsansfrontieres.org" www.educationsansfrontieres.org
Contacts sur ce dossier : Jean Pierre Fournier : 06 13 26 33 42 - Armelle Gardien : 06 89 49 48 47
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22 avril 2007

Les enfants de Tamèrantong !

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La compagnie Tamèrantong, c'est 105 gamins aux couleurs de la terre, recrutés sans casting dans le Nord-Est parisien et dans les Yvelines pour faire du théâtre politique. Ils viennent de créer leur dernier spectacle, "Les bons, les brutes et les truands", au Café de la Danse à Paris. Défendant ardemment l'idéal des dignes chevaliers errants, armés de tongues et coiffés de shorts, ils embarquent dans des contes impossibles et hautes légendes des années 1994-2048 environ, ils relèvent des défis et gagnent toujours. Ils ont été jouer leur spectacle, "Zorro el Zapato" devant les troupes de l'EZLN au Chiapas, et nous ont transmis cette lettre à une maman de Belleville. Une de ces mamans magnifiques, directrice d'école, que Brecht appelait Mère courage.
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Salut à vous tous chevalières et chevaliers de la Tongue, Suite aux derniers incidents qui ont eu lieu à Belleville (altercation entre forces de l'ordre et parents d'élèves - garde à vue de la directrice d'école Valérie Boukoza) les enfants de Tamèrantong! se sont exprimés. Durant la pause goûter, entre deux répétitions, ils ont adressé une lettre à Valérie qui est une Mère en Tongue qu'ils connaissent bien. Un adulte en a pris note avec eux sans retoucher leurs paroles. Voici leur lettre :
 
Belleville, le 28 mars 2007
 
Chère Valérie,
On t’écrit au nom de nous tous, les Tamèrantonguiens du western électrique de Belleville. Bienvenue au club des aventures électriques parce que tu en traverses une. On est fier de toi pour ton courage. Tu es comme une résistante car tu n’as pas peur de la police. En ce moment ça va mal dans les quartiers car la police, qui devrait nous protéger, nous agresse. Cela fait peur aux enfants et aux sans papiers aussi. On t’envoie du courage pour la suite. On est avec toi, tu peux compter sur nous, on est dans ton cœur et tu es dans le notre. "Si tu as besoin d’une épaule pour t’appuyer." NON ! ça c’est dans le spectacle. Ce que tu as fait marque beaucoup notre vie car tu soutiens les sans papiers, les immigrés et tous ceux qui sont de toutes les couleurs. Tu es contre le racisme. Ce que tu as fait tout le monde devrait le faire et on espère que beaucoup de gens vont suivre ton exemple. Il y en a qui parlent trop mais toi, tu as agi avec du courage et ton cœur. Il ne faut pas que tu aies peur, tu n’es pas seule, nous sommes avec toi et tous ceux de Belleville aussi. MERCI ! ! MERCI d'être avec les habitants et les sans papiers. MERCI et BRAVO ! ! ! On t’envoie un " Wanchoui-Wanchoua !! ! ", c’est la force des guerrières et des guerriers de Tamèrantong ! et du Théâtre. Salut Valérie, nous sommes avec toi " dans ton impitoyable combat contre l’adversité! LIBEREZ VALÉRIE ! ! ! "... Bon ça, c’est encore dans le spectacle, mais ça ressemble à ton western à toi. ON T’AIME TOUS ! ! !
 
Les enfants de Tamèrantong ! : les Bons, les Brutes et les Truands. Stefen Chow, Mat-Mat, Didlina, Jeanne d’Arc, Chêpa, Tao, Philo, Mamamîa, Soucis, Marie, Sélia, Nénes, Fleur d’orange, Chispa, Ratatinator, François, Xa, Gogo, Jet Lee, Bruce Lee, Feuille de chêne, Yas, Pipelette , Morena.
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22 février 2007

La différence des sexes

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© Philip-Lorca diCorcia - Story book life - DeBruce, 1999.

Comme son nom l'indique, Lab-elle est un label créé pour désigner, dans le flot des livres édités pour les enfants, les quelques "albums attentifs aux potentiels féminins". Brigitte Praplan, de l' Institut suisse Jeunesse et Médias AROLE, vient de nous contacter pour nous dire que deux de nos albums, Melle Zazie et les femmes nues et Amour à gogo avaient retenu toute leur attention. Tant mieux! Mais j'ai voulu en savoir plus sur ce lab-elle et j'ai trouvé la démarche plutôt passionnante, vraiment, mais du même coup très inquiétante : "Lab-elle – laboratoire pour elle - est né en automne 2006 d’une initiative de deux chercheuses genevoises en Sciences sociales – Anne Dafflon Novelle et Christine Keim - et de notre équipe - l’ Institut suisse Jeunesse et Médias et Jeunesse et Médias AROLE (Association suisse francophone de littérature pour l’enfance et la jeunesse).

Lab-elle vise à mettre en évidence les albums attentifs aux potentiels féminins. En effet, des recherches récentes soulignent que de nombreux albums véhiculent des clichés sexistes, notamment du côté féminin: quantitativement, les héroïnes sont nettement moins nombreuses que les héros, alors que, qualitativement, les personnages de sexe féminin sont souvent représentés de manière stéréotypée. Dans ce contexte, lab-elle cherche à attirer l'attention sur des livres qui décrivent de manière positive et valorisée le féminin, soit à travers des personnages de sexe féminin, soit en témoignant d'une ouverture d'esprit vis-à-vis des activités associées aux filles et aux garçons."


Et d'un seul coup j'en deviens inquiet, très inquiet même : Des albums pour enfants qui véhiculent des clichés sexistes ? Malheur de malheur ! Je regarde la pile de livres posés sur ma table et je commence à m'interroger. Thierry Lenain et Maryvette Balcou, les auteurs des deux livres qui semblent intéresser Lab-elle, sont tous les deux particulièrement sensibles à ces questions. C'est une problématique qui revient à travers plusieurs de leurs albums, et ce choix n'advient pas par hasard. Mais qui sont ces auteurs, ces éditeurs qui "véhiculent des clichés sexistes"? Comment vivent-ils leur relation à l'autre sexe, à leurs enfants, aux professionnels qui les lisent ? De quel monde se font-ils les propagandistes ? La question me turlupine sérieusement. En attendant, vous pouvez aller découvrir & soutenir la démarche de Lab-elle sur leur site, en cliquant ici.

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© William Eggleston - Boy in the red cardigan, 1971