Au coin de la rue, un jongleur a lancé 8 balles en l'air.
De l'eau coulait dans le caniveau.
De la gauche vers la droite.
Sur sa balançoire, Camille renversait la tête en arrière.
Elle a fait 6 allers-retours.
Au pied de l'immeuble n° 10, madame Diabaté est montée dans un taxi.
En bas de chez moi, un rouge-gorge s'est posé sur la tête du chat.
J'étais à la fenêtre et je regardais ma rue.
Le 11 juillet dernier, entre 8h31 et 8h32, je m'ennuyais.
Je me demandais pourquoi tout était toujours pareil.
Pourquoi le monde était obligé de tourner si lentement.
Un passant a dit "A vos souhaits" et madame Pouffard a rendu l'âme.
Dans le ciel, il ne restait plus qu'une grande ligne toute blanche.
A 8h32 j'ai entendu la sonnette de la porte d'entrée.
J'ai crié "j'y vais !" et j'ai dévalé l'escalier.
Quand j'ai ouvert, Camille était là.
Elle m'a pris par la main et on est allé faire de la balançoire tous les 2.
MERCI aux acteurs de cette belle histoire :
Romain, Camille, Djoë, Gigia, Jean-François, Fatoumata, Romuald Urbaniak (du collectif Plugin Circus, en résidence à la Guillotine à Montreuil), Caouette et Benji. Merci également aux mamans et aux papas de Romain, de Camille et de Djoë.
A Cédric, l'homme au balai, à Anne et à sa rue des Fêtes, à Thierry, à Loula pour son dessin d'oiseau, à Nicolas et Kro, à Laure.
Merci à Philippe Gérard, gardien de la langue. Merci à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à cette aventure.
Et, enfin, merci aussi aux carambars, au soleil, au canal Saint-Martin, à Belleville, aux quatre saisons et au temps qui passe - parfois trop vite, parfois trop lentement...
Le 11 juillet dernier, entre 8h30 et 8h31, je m'ennuyais.
Je me demandais pourquoi tout était toujours pareil.
Pourquoi le monde était obligé de tourner si lentement.
Alors, entre 8h31 et 8h32, j'ai fermé les yeux et j'ai fait tourner le monde.