09 mai 2008

Atelier "Litli" à Reykjavik

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Séverine Thévenet a animé dimanche 27 avril un atelier destiné à un jeune public à la Bibliothèque de la Ville, Tryggvagata. Elle a également accueilli vendredi 25 avril sur le lieu de l’exposition des élèves de Hvassaleitisskóli


Lors de ces ateliers, les enfants ont visité l’exposition, puis ont raconté ou dessiné leur histoire de "Litli".

Vous pouvez retrouver les textes et les dessins des enfants à la Bibliothèque de la Ville, ainsi que sur le blog de "Litli"

Les enfants qui n’ont pas pu participer à ces ateliers mais qui souhaiteraient partager leurs textes sur Litli peuvent les envoyer à Séverine Thévenet

 

Alice et Juliette

L'expo des photos du livre 

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

( en préparation et à paraître aux éditions Où sont les enfants ? en 2009 )

 est visible du 7 au 18 mai, dans le hall de la médiathèque Montauriol.

Centre Universitaire, 116 bd Montauriol 82000 MONTAUBAN

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Charivari derrière le miroir. Alice et Juliette
 
Comme un certain nombre d'artistes depuis plus d'un siècle, Juliette Armagnac a eu envie de se saisir de l'univers fantastique de Lewis Carroll et de l'éclairer de son propre imaginaire. Alice au pays des merveilles est un ovni littéraire, un maelström. Un labyrinthe. Se plonger dans l'entrelacs d'un tel texte, c'est à coup sûr s'y perdre. Pour se retrouver, disons, nu face au miroir, devant ou derrière. Les tribulations d'Alice nous renvoient sans cesse à ce qu'il y a de plus intime en nous.
 
Afin de débusquer l'invisible, Juliette Armagnac, qui est aussi illustratrice, a choisi la photographie. Ses images témoignent d'une capacité d'invention ou de réinvention du réel, du caractère fantastique du quotidien, de la puissance des rêves, de la métamorphose. Elles font cohabiter le géant et le minuscule, bousculent les échelles, les rapports.

L'exposition est, dans sa forme actuelle, le résultat d'un travail de six mois, alors que le travail est prévu pour durer deux ans. C'est du projet abouti que rendra compte en 2009 la parution d'une nouvelle édition d'Alice au pays des merveilles aux éditions Où sont les enfants ?  
 
 
Article publié dans la revue du salon du livre jeunesse de Montauban
 

Juliette et les enfants

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Quand elle photographie Juliette s'amuse. Quand c'est avec des enfants cela s'appelle un atelier et c'est aussi son travail. D'autres images comme celles-ci, élaborées avec des enfants, sont visibles sur le blog qui lui tient lieu de journal d'atelier. Cela se passe à Agen, dans la bibliothèque municipale où intervient aussi Henri Meunier. Les enfants d'Agen ont de la chance, comme à Montauban où Juliette expose ses photos d'Alice au Pays des merveilles, et où elle rencontrera plusieurs classes jusqu'au salon du livre jeunesse, le 17 et 18 mai.

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08 mai 2008

Thór et Litli

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Bien avant que Litli ne devienne un livre, alors qu'elle séjournait en Islande, Severine a rencontré Thór Vilhjámsson à deux reprises, à deux ans d'intervalle. T. Vilhjámsson est un écrivain islandais qui a vécu à Paris et traduit dans sa langue certains des livres de Marguerite Yourcenar, d'Umberto Eco ou, bien plus périlleux encore tant leur langue est chargée de trouvailles, ceux de Raymond Roussel et de Victor Segalen. Comme souvent les voyageurs, Severine inscrit dans ses carnets la teneur de ses conversations et c'est un stratagème précieux pour qui veut déjouer l'oubli, sauver un peu des mots qu'on prononce et ceux qu'on entend. En juillet 2007, alors qu'elle était venue travailler la maquette de Litli à Vaillac, pendant ces longues journées d'été où nous cherchions avec Catherine le bon chemin entre phrases et photos, un peu inquiets à l'idée de se perdre dans le dédale des images, Severine m'a raconté les remarques de Thór Vilhjámsson sur son projet de livre. Il venait d'en découvrir les premières photographies déjà reliées comme un livre et il avait eu, lui aussi, ce sentiment que j'éprouverais quelques semaines plus tard en découvrant les mêmes images : il y avait dans l'ébauche de ce livre un présent, quelque chose qui s'offre comme un cadeau au regard et dans son enthousiasme, T. Vilhjámsson avait imaginé le pire : les éditeurs ne cherchent plus que des produits rentables et ce projet de livre est trop différent, trop inclassable pour trouver sa place dans le marché du livre.
 

2019775431.gifThór Vilhjámsson est un écrivain de la démesure. Régis Boyer, l'un de ses traducteurs en français, écrit qu'il est bien dommage que sa langue soit si difficile, si rebelle aussi à la traduction en raison de sa passion néologique et de ses jongleries syntaxiques. Dans l'un des romans qu'il a traduit pour Actes Sud en 1991, La mousse grise brûle, Thór Vilhjámsson écrit en parlant de l'Islande : « A l’instant même, il se trouva dans une autre réalité, dans un autre pays où rien ne ressemblait à celui-ci, où les forces primitives étaient aux prises. Le temps y était si vaste que sa vitesse s’abolissait. Avec des gens qui n’avaient rien à voir en face de ceux d’ici, des gens qui tiraient leur croissance et leur force de la peine que chacun avait à atteindre l’autre, chemin aride de l’un vers l’autre, long chemin. Silence. » C'est bien ce pays que Litli est allé arpenter, comme si d'instinct Severine devinait que ces terres inhabitées convenaient seules à son récit de la soliquiétude. Je crois que la rencontre entre l'auteur de ces lignes et les premières images de Litli a donné la certitude à Severine qu'elle devait aller au bout du livre imaginé. Ce n'est pas rien. Alors merci au vieil écrivain qui a su voir, le premier, la force d'un livre encore à naître.

T. 

07 mai 2008

Questions d'enfants

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Premier café avant l'aube. Sous l'œil du coq que la lumière de la cuisine a réveillé, désolé mon vieux. De l'autre côté de la vitre, ta tête hagarde de volatile préhistorique, c'est aussi le premier regard échangé quand je lève les yeux de mon livre - La nostalgie aborigène qu'Elzbieta vient de publier chez L'art à la page : un livre offert par Madeline, un livre avec des points d'interrogation, une ribambelle au fil des pages. Sa manière à elle d'écrire l'enfance qu'elle raconte : « Qu'y avait-il au-delà ? Nous savions à peine la petite ville, la plage semée de méduses, la campagne alentour. »

Je roule jusqu'au local d'Où sont les enfants ?, juste avant les premières lueurs sur le causse. Au bord de la route un blaireau qui boitille, deux chevreuils que mes phares viennent déranger et le premier oiseau face à moi, la buse endormie sur le grand chêne du virage. Les questions d'enfant que pose Elzbieta ne s'en vont pas non plus avec la route qui monte de virage en virage, du vallon jusqu'au village sur le causse : « Lorsqu'on a plus de terre à soi, dans quel jardin creuser un petit tombeau ? » Il y a des points d'interrogation définitifs et ce matin je pars avec.

Mais aujourd'hui, avant d'aller accrocher l'exposition de Juliette Armagnac à Montauban, avant de retrouver Laurence Carrara à l'I.U.F.M., je connais mon bonheur à l'avance : Lire le manuscrit reçu de Catherine Leblanc, les premières pages au moins, relire les mots de Lucien, un enfant de 8 ans qui interroge Litli avec ses mots sur le site Lecture & Cie« Est-ce que Litli a découvert le monde ? Est-ce qu'il a rêvé ? Est-ce qu'il a trouvé ce qu'il cherchait ? »

Questions d'enfant : d'emblée elles vont au cœur du livre me dit Severine au téléphone. Ces petits bonheurs d'éditeur, c'est bien assez pour déjeuner seul face au coq insomniaque. Les points d'interrogation d'Elzbieta avec le goût d'une pomme et du café pour faire face : « Où s'ancre la mémoire des vagabonds ? » Est-ce que quelqu'un par ici aurait la réponse ? 

 T.

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La nostalgie aborigène. Elzbieta.

Edts L'art à la page.
Format : 15 x 20 cm -

Tirage : 1000 exemplaires - Parution : 19 février 2008

06 mai 2008

Lent retour

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1442762398.JPGSeverine est rentrée d'Islande, quelque part aujourd'hui entre Lyon, Paris et Bruxelles avec son âme de nomade, habituée à jouer dans les rues avec ses marionnettes, on a parfois du mal à la suivre. Dans ses bagages elle a le livre de Litli qu'elle montre aux libraires, partout où elle va, saltimbanque obstinée, ambassadrice infatigable. On apprend. Voilà ce que c'est que faire des livres avec une artiste des rues. Elle a aussi ramené plusieurs photos de ses rencontres qu'on montrera.
 
Et raconter plus tard la rencontre de Litli et des enfants de Reykjavik.
 
 
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05 mai 2008

Histoires de cœur


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© Susanna Majuri - Ammæli (Anniversaire) - 2007 

Susanna Majuri a accroché ses photographies dans un village entre Sarrant et Lectoure. C'est à Miradoux, loin de tout mais pas trop d'où on vit, quelque part dans le Gers et il faut se garer devant l'église, chercher dans les ruelles à 14 heures quand le soleil va cogner. Rien n'indique le lieu où sont cachées les photos, les volets sont fermés et il faut chercher un peu, s'approcher d'une halle où des enfants jouent dans l'ombre sur un sol de ciment. Deux filles et un garçon qui s'ennuient comme on s'ennuie dans les villages. La bibliothèque est fermée, pas d'autre lieu où aller alors ils laissent tomber le ballon, la trottinette et parlent à cette femme blonde qui leur demande ce qu'ils pensent des photos. Il y a sept ou huit images dans une salle nue et une mauvaise lumière qui éblouit. Eux disent que ça parle d'amour. Des filles qui se suicident pour des histoires d'amour et c'est tout.

Peut-être qu'ils en veulent plus. Plus d'images, plus d'histoires. Ils ont piqué les rampes d'accès qu'ils transforment en tremplin pour la trottinette. L'exposition porte un titre qui voudrait raconter : Histoires de cœur, ça suffit pour l'envie d'aller voir mais pas ce samedi au soleil. Personne ne vient regarder, personne ne sait que les photos semblent arrachées d'un film qu'on ne pourra pas voir, un film qui n'existe même pas, l'histoire d'une jeune femme toujours seule dont le visage est caché. Elle est perdue, errante. Et elle cherche une autre présence que les lieux dissimulent. Face à elle, au dessus du cheval il y a deux mots inscrits à la peinture rouge, HAFA LOKAO, et les enfants de Miradoux ne savent pas ce qu'en finlandais ça veut dire. Qui sait ? On ne sait pas non plus de quoi c'est l'anniversaire et tant mieux, le point d'interrogation que garde une photo qu'on a pourtant scrutée, longtemps regardée c'est la montée des sentiments dans l'image.

En Finlande ils sont plusieurs photographes à approcher ce qui tremble, difficile à montrer. Dans le catalogue d'une exposition au musée de la photo, à Helsinki, Haari Laasko écrivait : « La photographie est souvent un art des petits moments, et donc idyllique. Le mot idylle vient de eidylion, ce qui signifiait à l'origine petite image. Les idylles alors abritaient toujours une idée de petitesse en elles. Dans son étymologie enfantine, l'idylle était aussi petite qu'un enfant, l'enfance d'une image. » C'est une définition que j'ai envie d'aimer, de questionner. Que j'apprendrais par cœur si j'avais la mémoire.

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 © Susanna Majuri - Salme - 2007

Plus d'info sur l'expo : Cheminements  

Clin d'oeil d'Alice Sidoli

Alice Sidoli raconte sa vision de PLASTICK. A l'origine de l'album, il y avait aussi les mots d'une chanson d'Alain Souchon.

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Comment t'est venue l'idée du personnage de Plastick ? Que représente-il pour toi ?

Plastick, c’est d’abord un texte de Stéphane. Quand je lui ai parlé de mon envie de faire un livre, en noir et blanc et pour les enfants, il m’a envoyé cette histoire. C’est un projet qui ne pouvait que me plaire parce que le thème m’importe et m’obsède même un petit peu ! Au départ, le carnet de bord d’un sdf à travers un sac qui se balade dans différents paysages. Et puis, je l’ai su après avoir fait les photos, un texte inspiré de la chanson d’Alain Souchon « C’est déjà ça » qui raconte un immigré soudanais à Paris. Souchon chante « Dans mon sac vert, il y a de l’air, c’est déjà ça ».

Stéphane arrive à raconter beaucoup avec peu de mots : la solitude, la différence, l’indifférence, la perte de repères... et toujours de manière légère et gaie. Et puis aussi l’amitié, l’amour, la liberté et tout ça !
Au fil de nos discussions – et de nos fous rires -, Plastick est devenu un vrai personnage avec un visage et des expressions. J’en ai usé des sacs plastiques pour faire ces photos… mais attention, je ne les ai pas jetés sur la voie publique !


Pourquoi avoir choisi de travailler en noir & blanc sur cet album ?

J’en avais envie ! J’aime le noir et blanc, même si je travaille aussi en couleur avec beaucoup de plaisir. Le noir et blanc, c’est une autre manière de voir, l’œil va à l’essentiel, l’image acquiert une certaine sobriété. Et on peut être gaie en noir et blanc, non !
Je voulais aussi le faire découvrir aux enfants. Je ne crois pas qu’ils vont se dire « il n’y a pas de couleur donc c’est nul ». Mais couleur ou noir et blanc, ce n’est pas le plus important. J’espère que Plastick va les émouvoir et les faire rire !
 

29 avril 2008

Plastick : les premières réactions

Plastick est encore chez le relieur en train d'être façonné et il provoque déjà des réactions chez ceux qui ont eu la chance de le découvrir en avant première.

Ainsi, Madeline Roth de la librairie l'Eau vive à Avignon :

Il y a quelque chose d'étrange dans les livres pour enfants. Quelque chose qui serait : on ouvre des pages comme on tend des mains, pour emmener ailleurs. PLASTICK, c'est la main qu'on tend pour l'autre qui n'a pas de visage, celui qu'on croise cent fois, peut-être chaque matin, assis au même endroit, celui qu'on ne voit plus et qui n'a même pas de nom.

"L'amour qu'on donne et celui qu'on reçoit, c'est des tatouages qu'on ne peut jamais effacer." Stéphane Servant n'est pas allé cherché bien loin l'ailleurs qu'il donne : dans les villes en noir et blanc, dans les rues que traversent chaque jour des milliers d'enfants.

C'est le deuxième livre, après 8h32, de Stéphane Servant et  Alice Sidoli. La deuxième pierre du monde que le regard de l'un et l'autre posent. Dans ce monde là, on donne la parole à ceux que l'on fait taire et alors, quelque chose change. Dans le reflet d'une flaque d'eau, le don de l'enfance.

 

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Le magazine Yaka mag nous a aussi livré une critique de l'album :

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Des premières réactions encourageantes auxquelles vous pourrez bientôt mêler les votres car PLASTICK sera disponible pour le feuilletage en ligne comme les autres albums Où sont les enfants ? 

 

Enfants de Reykjavik

 

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Severine Thevenet et Yumi, sa fille de deux ans, sont allées toutes les deux à la rencontre des enfants de Reykjavik avec Litli. Pour ceux qui comprennent un peu l'Islandais, on peut lire plus de détails sur le site de l'éducation et des écoles de Reykjavik : Litli fer í leiðangur